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LA FIGURATION LIBRE

Rémi BLANCHARD
François BOISROND
Robert COMBAS
Hervé DI ROSA
Richard DI ROSA



        



Fin des années 60


Tous deux originaires de Sète, Robert Combas et Hervé Di Rosa – qui ne se connaissent pas encore – fréquentent le mercredi après-midi les ateliers de dessin de l’école municipale des Beaux-Arts.


1976

A Sète, Robert Combas et son amie Catherine (dite Ketty) Brindel, Hervé Di Rosa et son jeune frère Richard (dit Buddy) se lient d’amitié autour du mouvement punk et de la musique rock.


1978


Création par Ketty Brindel, Robert Combas et Buddy Di Rosa d’un groupe de rock dénommé " Les Démodés ".

Hervé Di Rosa entre à l’Ecole des Arts Décoratifs à Paris. Il y rencontre François Boisrond.



1979


Création par Hervé Di Rosa, Robert Combas et Ketty Brindel de la revue " Bato ", journal entièrement fabriqué à la main. Fait de collages, de photocopies, de dessins répétés et d’objets sous plastiques, il est tiré à cent exemplaires. Il n’en paraîtra que 4 numéros.


1980

Hervé Di Rosa publie deux bandes dessinées dans Charlie Mensuel et quelques dessins dans Libération et Marie-Claire.

Première exposition personnelle de Combas à la Galerie Errata de Montpellier.

Bernard Ceysson, directeur du Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne, invite Robert Combas à participer à l’exposition " Après le classicisme ".


1981

Premières expositions personnelles de Robert Combas et de Hervé Di Rosa à la Galerie Eva Keppel à Düsseldorf et à la Galerie Riekje Swart à Amsterdam.

Le critique d’art Bernard Lamarche-Vadel organise dans son loft, rue Fondary, Paris 15e, une exposition intitulée " Finir en beauté " à laquelle participent Combas, Di Rosa, Boisrond et quelques autres, dont Rémi Blanchard.

Pendant l’été, l’exposition " 2 Sétois à Nice : Ben expose Robert Combas et Hervé Di Rosa " est l’occasion pour Ben de lancer le terme de " figuration libre " qui lui sert à qualifier leur travail.

En octobre, Hervé Perdriolle organise à son tour, rue des Blancs-Manteaux, Paris 3 e, une exposition en lieu off - " To end in a Believe of Glory ou le Paris australien " - réunissant Combas, Blanchard, Boisrond, Di Rosa et Catherine Viollet.

Combas et Di Rosa participent à l’exposition " Ateliers 81-82 " organisée par Suzanne Pagé à l’ARC, au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.


1982

En février, le critique d’art Otto Hahn organise une vaste exposition d’artistes français à New York, " Statements New York 82. Leading contemporary artists from France ". Il y invite notamment Blanchard et Combas qui exposent chez Holly Solomon, laquelle tient à présenter en même temps Di Rosa et Boisrond.

L’exposition " L’Air du Temps. Figuration Libre en France " organisée par Marc Sanchez et Ben à la Galerie d’Art Contemporain de Nice réunit une quinzaine d’artistes dont Blanchard, Boisrond, Combas et Di Rosa.

Première exposition personnelle de Combas à la Galerie Yvon Lambert à Paris, de Boisrond à la Galerie Farideh Cadot et de Hervé Di Rosa à la Galerie Gillepsie-Laage-Salomon, à l’occasion de laquelle il présente certains de ses personnages mis en volume par son frère.

Exposition " Figuration Libre " à la Galerie Swart à Amsterdam.


1983

" Figures imposées Hiver 83 " à l’ELAC (Espace Lyonnais d’Art Contemporain) réunit dix-sept artistes dont Blanchard, Boisrond, Combas et Di Rosa.

Importante exposition " Blanchard, Boisrond, Combas, Di Rosa " au Groninger Museum à Groningen.

Di Rosa et Boisrond qui ont obtenu une bourse de résidence séjournent à New York. Ils y font notamment la connaissance de Keith Haring et de Kenny Scharf.

Premières expositions personnelles à New York de Combas à la Galerie Léo Castelli, de Boisrond chez Annina Nosei et de Hervé Di Rosa chez Barbara Gladstone, puis chez Tony Shafrazi où il réalise avec Buddy sa première grande installation.

Première monographie d’Hervé Di Rosa à l’occasion de son exposition personnelle à Paris chez Gillepsie-Laage-Salomon.

Exposition " Images de la France, Bilder aus Frankreich " organisée à Innsbrück par la Galerie Krinzinger.


1984

Première grande exposition personnelle de Combas à la Galerie l’ARCA, à Marseille, à l’occasion de laquelle est publiée la première monographie de l’artiste.

Avec son frère Buddy, Hervé Di Rosa transforme la Robert Frazer Gallery de Londres en un monumental " Dirozoo ", par suite reconstitué à l’ARC.

François Boisrond participe à l’exposition " Art et Sport " organisée au Mans ; il y retrouve Keith Haring rencontré à New York deux ans auparavant.

Hervé Di Rosa et François Boisrond participent à l’exposition " French Spirit Today " présentée à l’USC Fischer Art Gallery de Los Angeles et au Musée d’Art Contemporain de La Jolla puis à la Biennale de Sydney en Australie.

Ouverture de la boutique " L’Art Modeste ", rue Beaubourg à Paris. Tous les personnages de Di Rosa sont transformés en figurines ou reproduits sur toutes sortes de produits dérivés.

Au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, l’exposition " 5/5 : Figuration Libre, France-USA " orchestre la confrontation des œuvres de Basquiat, Blanchard, Boisrond, Combas, Crash, les Di Rosa, Haring, Jammes, Kwang Chi et Scharf.


1985

Première rétrospective de Robert Combas au Musée de l’Abbaye Sainte-Croix des Sables-d’Olonne, présentée par suite au Gemeente Museum d’Helmond et en 1986 au Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne.

Exposition personnelle de Boisrond au capc Musée d’Art Contemporain de Bordeaux.

Hervé Di Rosa réalise l’affiche et la couverture du catalogue de la Biennale de Paris.

Le Monde des Arts
(avec l'aide des aimables informations communiquées par Olivier Gaulon, pour les différentes rédactions de cette page.)

        


Image non disponible


Rémi Blanchard
" Sans titre " 1984

huile et acrylique sur toile
195 x 260 cm
© Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris © PMVP/Trocaz



Rémi Blanchard
est né à Nantes en 1958. Décédé à Paris en 1993.Il fait ses études à l’Ecole des Beaux-Arts de Quimper, puis s’établit à Paris, où il participe à la fondation du mouvement de la  Figuration Libre. Forte d’une iconographie animale, sa peinture évolue ensuite progressivement  vers une imagerie populaire et poétique qui se démarque du groupe.


" A la 3ème année des Beaux-Arts, j’en avais ras-le-bol, je ne m’entendais plus avec les professeurs, je n’avais pas d’argent. C’est Bernard Lamarche-Vadel qui m’a conseillé de venir à Paris, il m’a poussé pour que je travaille, je pense qu’il m’a bien aidé. "
Rémy Blanchard, propos recueillis par Catherine Brindel (Catalogue de l’exposition " Blanchard, Boisrond, Combas, Di Rosa ", Groninger Museum, 19 février – 27 mars 1983)

" J’ai un atelier juste derrière Belleville (…) Il y a beaucoup d’arbres dans mon atelier, on se croirait en forêt. Mes chats adoraient cet endroit mais en arrivant je les ai tués car ils voulaient me prendre l’oiseau. Je pris l’oiseau sur mes genoux pour lui raconter une histoire, mais je crois qu’il ne comprenait pas très bien, je ne devrais jamais parler de peinture, lui se débattait comme un beau diable. Je voulais le retenir, lui raconter une autre histoire, mon histoire, je le serrais très fort. Il devenait très lourd, il était mort. Je desserrais mes mains mais aussitôt il prenait son envol et le bruit de ses ailes raisonnait dans ma tête comme un rire intolérable. J’enterrais les chats dans le jardin et me remis au travail. Je devais finir ces peintures ce soir. "
Rémi Blanchard, 20 janvier 1982 (Catalogue de l’exposition " L’air du temps ", Galerie d’Art Contemporain des Musées de Nice, 22 février – 11 avril 1982)

        



François Boisrond
est né en 1959 à Boulogne-Billancourt. Il a fait ses études à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris où il rencontre Hervé Di Rosa, avec lequel il va s’engager dans le mouvement de la Figuration Libre. Il vit et travaille à Paris.




Image non disponible

François Boisrond
" Sans titre " 1982
quadriptyque acrylique sur papier kraft
234 x 236 cm
© Collection de l’artiste


" Après le lycée, je suis rentré à l’école de médecine, j’étais très attiré par la psychiatrie. Au bout de 3 mois j’en ai eu marre et je suis allé dans un atelier de peinture. (…)
Je m’extériorise assez, c’est ‘genre’ un peu de la magie noire, vis à vis de ça. Je suis très superstitieux. Par exemple j’utilise toujours le même crayon, le même pinceau, si j’en perds un, je ‘flippe’. "
François Boisrond, propos recueillis par Catherine Brindel (Catalogue de l’exposition " Blanchard, Boisrond, Combas, Di Rosa ", Groninger Museum, 19 février – 27 mars 1983)

" Ma peinture ne cherche pas à être intelligente (…)
La faiblesse a un sens dans les œuvres, pas tellement ce qui est maîtrisé. Je me sens romantique, c’est à dire vulnérable et je pense que cette faiblesse fait partie de la qualité de ma peinture. Je me sens solitaire, pas militant, pas professionnel mais singulier et j’y crois ! "

François Boisrond, janvier 1982, propos recueillis par Jean de Loisy (Catalogue de l’exposition " L’air du temps ", Galerie d’Art Contemporain des Musées de Nice, 22 février – 11 avril 1982)

" Il appartient à cette génération qui a découvert la vie, l’amour, la guerre à travers la télévision ou le cinéma, et pour laquelle le réel n’est que l’imitation décevante de l’image transmise qu’ils [les artistes de la Figuration Libre] ont d’abord reçue. "

Farideh Cadot, 1983

        


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Robert Combas
" Banania " 1981 – acrylique et collages de papier sur carton – 92,5 x 119,5 cm
© Collection particulière - Courtesy Galerie Jérôme de Noirmont, Paris



Robert Combas
est né en 1957 à Lyon. Il passe son enfance et son adolescence à Sète. Il est diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Montpellier. Avec Hervé Di Rosa, il est l’instigateur de la " Figuration Libre " telle que l’a nommée Ben. Il vit et travaille à Paris.


" La recherche du feeling. Le feeling, c’est le rythme, c’est le batteur fou dans la jungle et les danses vaudou, c’est les Rolling Stones copiant les vieux morceaux des noirs, des bluesmen, et sans le vouloir, créant une musique nouvelle.
Moi, c’est un peu comme ça pour la peinture, avoir le rythme (feeling) des écritures et des peintures publicitaires chinoises, arabes, méditerranéennes.
Ma peinture c’est du rock. "
Robert Combas (Catalogue de l’exposition " L’air du temps ", Galerie d’Art Contemporain des Musées de Nice, 22 février – 11 avril 1982)

" Les Batailles, c’est un sujet riche, exploitable à long terme. Elles ont un coté violent, enlevé qui me plaît. Un air expressionniste très coloré. (…)
Quand je suis arrivé à Paris, je me suis senti beaucoup plus Sétois que de coutume. Peut-être parce que je viens d’une ville où on parle beaucoup et qu’ici, je n’ai jamais réussi à me lier avec les gens. J’ai ainsi gardé mon accent. Et le seul endroit où j’allais me balader au début, c’était à Barbès. Le faux or, les montres volées, la pacotille, son air arabe me plaisaient. La calligraphie de l’Islam c’est mieux qu’un Pollock ! Je me retrouvais un peu chez moi dans cette ambiance méditerranéenne. "
Robert Combas, propos recueillis par Brigitte Cornand (Catalogue de sa première grande exposition personnelle, ARCA de Marseille, 6 novembre – 31 décembre 1984)

        


Hervé Di Rosa
est né en 1959 à Sète. Il a fait ses études à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Avec Robert Combas, il est l’instigateur de la " Figuration Libre " telle que l’a nommée Ben. Il vit et travaille à Mexico.

" Que faire si un jour ils apprennent que ce n’est pas de la peinture mais de la bande dessinée ? "
Hervé Di Rosa, 1982 (Catalogue de l’exposition " L’air du temps ", Galerie d’Art Contemporain des Musées de Nice, 22 février – 11 avril 1982)




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Hervé Di Rosa
" Misérable qu’as tu fait ? "
1982
– diptyque – acrylique sur papier
– 85 x 176 cm
© Collection Galerie Louis Carré & Cie, Paris


" A 14 ans, j’écoutais les Stones, Lou Reed, Iggy Pop… (…) Mon héroïne, c’est Barbarella. Pour un héros, il faudrait que je réfléchisse… (…)
En ce moment, il y a un truc qui me passionne, c’est ‘genre’ ce que fait Richard Long. Ça n’a aucun rapport avec moi, mais en ce moment, je suis attiré par le Land-Art en général.. (…)
Quand je suis arrivé à Paris, je suis allé présenter mon travail dans les revues de BD, mais ils m’ont jeté, ils trouvaient que ça faisait trop peinture. J’ai quand même été édité dans le magazine ‘Charlie’ et j’ai fait aussi des illustrations dans le journal ‘Libération’.

Hervé Di Rosa, propos recueillis par Catherine Brindel (Catalogue de l’exposition " Blanchard, Boisrond, Combas, Di Rosa ", Groninger Museum, 19 février – 27 mars 1983)

" Au départ, mon René, c’est un Français moyen, qui travaille à l’usine mais qui aime bien s’habiller tous les soirs pour sortir en boîte. Il se marie alors avec Renée, avec qui ils ont un premier môme alors qu’ils habitent encore dans la rue du Malheur. Un jour que leur rue vient à être détruite par les Vingt Mille Ennemis, toute la petite famille est obligée de se réfugier dans le sud de la France, au bord de la mer ; et comme ils ont la particularité de se reproduire comme des souris, c’est à dire par centaines, ça crée très vite un vrai petit peuple de René… "
Hervé Di Rosa, 1985

        


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Richard Di Rosa
" René " 1983, 124 x 63 x 73 cm

" Renée " 1983, 150 x 67 x 69 cm
" Bébé René " 1983, 92 x 50 x 86 cm
technique mixte
Collection O.E. Finck
© JP Lamirand



Richard Di Rosa
est né en 1963 à Sète. Il reçoit le surnom de Buddy , en référence à Buddy Holly, souvenir de ses premières amours, la musique. Sculpteur, il a commencé par mettre en volume les personnages de son frère Hervé pour développer un travail indépendant. Il vit et travaille entre Paris et sa région natale.


Richard Di Rosa a 15 ans lorsqu’il fonde avec Robert Combas et Ketty Brindel le groupe ‘Les Démodés’. Robert Combas compose chansons, paroles et musique. Richard tient la batterie, Ketty Brindel est la chanteuse vedette. " Pour partir jouer, dit Richard, il me fallait presque l’autorisation de ma mère tellement j’étais jeune. " (…)
Richard Di Rosa visite la Fondation Maeght, à Saint-Paul-de-Vence, en 1982. Pour la première fois, il voit une sculpture de Mirò. " Sur le moment, cela n’a pas fonctionné, mais quelques années après, la pièce a refait surface ", raconte Richard, qui ajoute : " Il y a peu d’œuvres fortes ; il y a Mirò, Calder et Oldenburg. Je les mets dans mon panthéon, parmi mes saints protecteurs. " (…) " Je suis plus attiré par la force physique d’une œuvre que par son attrait intellectuel. Quand je vois une chaise de Mirò, surmontée d’une fourche, je reste fasciné : tout est dit avec le minimum. "

Richard Di Rosa, propos recueillis par Otto Hahn, à l’occasion de la parution aux Presses du Languedoc de sa monographie en 1989

" Parce que frère de… et pointant mon museau au tout début des années 80, j’ai été rattaché à la Figuration Libre. Mais le débat entre art abstrait et art figuratif n’est pas ce qui m’importe vraiment. (…) L’art contemporain se doit d’être vrai, beau, juste, juste pour les gens, les peuples. C’est de l’art pour tous, des sensations à bon compte qui ne comptent pas pour rien. "
Richard Di Rosa, 1986

        

 


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des livres originaux, des auteurs libres,
des éditeurs indépendants,
que vous ne trouverez donc pas forcément dans toutes les bonnes
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Jean-Louis Foulqier
Peintre
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Affiche de l'Exposition " Jean-Louis Foulquier Peintre " -  Musée de la Poste - Paris

Exposition du
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Exposition " Lanterne magique et film peint " - Cinémathèque Française  - Paris

jusqu'au 28 mars 2010

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