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Exposition
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PARIS : Pinacothèque de Paris
" Suzanne Valadon - Maurice
Utrillo "
Du 06 mars au 15 septembre 2009
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images/Valadon8.jpg
Suzanne Valadon
" La femme aux bas blancs"
Huile sur toile - 1924
© Musée des Beaux Arts - Nancy
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La Pinacothèque de Paris rend hommage
à Suzanne Valadon et à son fils, Maurice Utrillo, peintres longtemps boudés par les
musées et les galeries.
Les oeuvres de Maurice Utrillo sont ici exposées avec celles de sa mère artiste restée
longtemps peu connue, mais qui a pourtant fortement influencé son fils et dont les
peintures ont été malheureusement
trop longtemps sous-estimées.
Plus de cent cinquante oeuvres de Maurice Utrillo (1883 - 1955), et de Suzanne Valadon
(1865 - 1938) ont pu être ainsi réunies dans cette superbe exposition. Celle-ci ayant
pour objet de mettre en évidence la transition qui s'est opérée alors entre
lImpressionnisme et lEcole de Paris avec l'évolution concrète entre deux
styles, de manière très progressive chez Suzanne Valadon vers une nouvelle expression
picturale en mutation lente à partir de l'impressionnisme, et d'une manière plus brutale
chez Maurice Utrillo avec une indéniable rupture avec le passé.
Artiste maudit et alcoolique, Utrillo sévertuait surtout à représenter les
quartiers de Paris et surtout Montmartre dans un style dépouillé et coloré, mais très
souvent déserts, et sans vie. C'est ce style quelque peu minimaliste qui fait sa
renommée dans les années 1910, et qui lui permet d'être la figure essentielle de
lEcole de Paris.
Suzanne Valadon de son côté s'était peu à peu affranchie des codes et des règles de
l'impressionnisme pour une peinture libre de contraintes avec des toiles plus colorées et
plus énergiques mais dont l'influence sur son fils sont indéniables.
Fille dune blanchisseuse et d'un père inconnu, Suzanne Valadon est née en 1865.
Elle devient acrobate de cirque à l'âge de quinze ans, jusquà ce quun
accident la contraigne à mette fin à cette activité. Dans le quartier de Montmartre où
elle vit avec sa mère, elle se fait remarquer par sa beauté jusqu'à attirer le ragard
des artistes qui lui demandent de devenir leur modèle. C'est ainsi qu'elle pose pour
Degas, Toulouse Lautrec, Renoir ou encore Puvis de Chavannes.
Cela lui donne l'envie elle-même de dessiner et de peindre, mais les artistes qu'elle
côtoie et pour lesquels elle pose la découragent. Seul Edgar Degas, qui remarque les
lignes vives de ses dessins l'encourage et la conseille. Suzanne Valadon aime aussi
à peindre des natures mortes et des paysages marquées par la force de leur composition
et leurs couleurs vibrantes. Ses premières expositions des années 1890 comportaient
principalement des portraits, parmi lesquels un saissisant Erik Satie avec qui elle eut
une relation en 1893.
En 1894, Suzanne Valadon fut la première femme a être admise à la Société Nationale
des Beaux-Arts.
A la recherche permanente de la perfection, elle travaillait parfois plusieurs années sur
un tableau avant de le présenter à une exposition . La ressemblance entre certains
tableaux et ceux du maître est certaine surtout dans la manière de dessiner et de
colorer les nus , par exemple comme dans "Nu se coiffant "de 1916
Elle connait alors un certain succès et réussit à gagner suffisamment d'argent
avec la vente de ses tableaux pour se mettre à labri des difficultés financières.
Elle peut pourvoir ainsi aux besoins de son fils, Maurice né en 1885, qui prendra
plus tard le nom de famille de son père : Utrillo.
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images/Utrillo7.jpg
Maurice Utrillo
" Le Sacré Coeur depuis la Rue St Rustique " "
© ADAGP
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Maurice Utrillo, Suzanne Valadon et André Utter
en 1919
©
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Maurice Utrillo dès son plus jeune âge un garçon très dissipé. Il fait même quelques
séjours à Saint Anne et goûte tôt à l'alcoolisme. Au contact dAndré Utter, un
étudiant aux Beaux-Arts, Utrillo décide de se mette à peindre et à exposer ses
tableaux, principalement dans les cabarets qu'il fréquente. Rapidement, il produit
beaucoup
en raison de la nécessité pour lui de payer ses excès de boissons, et prêt à vendre
souvent ses toiles au rabais pour un peu d'alcool. Maurice Utrillo se révéle rapidement
avoir du talent, lequel avec les conseils de sa mère, se transformé en une technique
parfaitement maîtrisée de la composition et de la peinture jusqu'à un certain génie.
Avec André Utter, il commence à peindre des paysages dans la lignée des
impressionnistes, mais passe rapidement à la représentation de Paris et de son quartier
de Montmartre.
Son style et ses sujets saffirment au fil des semaines, peignant les rues, les
cafés, les restaurants et les guinguettes qu'il fréquente régulièrement. Ses tableaux
représentent fréquemment des lieux vides de présence humaine, souvent avec des couleurs
ternes avec une végétation quasiment absente ou dans des scènes où lhiver semble
permanent jusqu'à l'angoisse.
Maurice Utrillo se complaît dans une vie de bohème dans les quartiers mal famés de
Paris, passant de bar en bar et de son errance dans les rues à son atelier. Dans les
années 1912-1914, il fait quelques séjours dans la clinique du Docteur Revertégat à
Sannois non loin de la capitale, pour se soigner, mais aussi parcequ'il aime le
charme de cette campagne, qui lui permet de se consacrer entièrement à son art. Cette
période est celle que l'on qualifie de "période blanche " dans l'oeuvre
d'Utrillo, car retrouvant une certaine sérénité, il se prête à l'ajout de plâtre
dans sa peinture, et découvre par cette tecnique toutes les subtilités et la richesse
des variations du blanc, par lesquelles s' expriment pour lui, à la fois la lumière, la
beauté et la vérité des choses.
Maurice Utrillo voit les sujets qu'il peint au travers leur forme et leur substance. Il ne
s'intéresse pas aux tendances du moment, ni au pointillisme de Seurat, ni au symbolisme
des Nabis. Il ignore le cubisme, le surréalisme et l'abstraction.
Seule l'intéresse la figuration, dans sa forme première, spontanée, naïve, et en cela
davantage que les rares paysages qu'il peint , la représentation des des villages,
des rues, des carrefours de la ville. Il est un peintre urbain, dans le prolongement d'une
peinture de la ville chère au XVIIème siècle avec Bellini et Carpaccio à Venise, et
celle par exemple de Vermer à Delft, ou encore avec Pannini, Canaletto, Belloto ou Guardi
à Rome quelques années plus tard.
Par certains de ces aspects, il peut être rapproché de Pissarro peignant l'Avenue de
l'Opéra, ou plus tard, Vlaminck et Marquet sous leurs palettes fauvistes.
Maurice Utrillo apparaît comme le témoignage de lémergence dun nouveau type
de peintres, issus des milieux populaires. Aux couleurs vives d'un Renoir tachetées
de toutes les nuances de la lumière, sopposent les couleurs de la réalité,
sombres, terreuses ou blanchâtres des faubourgs dUtrillo.
Suzanne Valadon de son côté s'émancipe des sujets préférés des peintres hommes, et
brise les conventions auxquelles les femmes étaient assignées, par exemple avec la
réalisation de nus ou de portraits. Par ses oeuvres colorées et énergiques, elle aura eu une influence
profonde et définitive sur son fils et le conduisit à son affranchissement pour des
sujets totalement différents, mais révélateurs de son esprit d'indépendance.
Pinacothèque de Paris
Vidéos
(LMDA) |
Informations pratiques
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PARIS - Pinacothèque de Paris -
28, Place de la Madeleine - 75008 Paris
Métro : Madeleine
Tél : 01 42 68 81 05
Ouvert : Tous les jours
de 10 h30 à 18 h30.
Site Internet : http://www.pinacotheque.com
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