
Clovis Trouille
" Remembrance"
86 x 70 cm - Huile sur toile -1930
© Coll. part. © ADAGP
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A la suite de la rétrospective de 2007 du Musée d'Amiens et de l'acquisition de la toile
"Le grand poème d'Amiens" (1945-1963), par le Musée de Picardie, le Musée
Louis Senlecq rend hommage dans cette exposition, à Clovis Trouille, peintre iconoclatse,
découvert par Salvador Dali en 1930, et apparenté au surréalisme, mais trop oublié
aujourd'hui et baptisé alors par André Breton lui-même " le grand maître du
tout est permis".
Né dans l'Aisne en 1889, Clovis Trouille fréquente l'école des Beaux-Arts d'Amiens de
1905 à 1910, et devient peintre illustrateur. Travaillant pour des journaux
régionaux, il se fait d'abord remarquer en 1907 par une toile impressionniste intitulée
" Paysage au vieux mur ", puis la même année par une autre toile" Palais
des Merveilles" qui illustre une fête foraine où il présente des femmes aux
déshabillés suggestifs, qui marque à partir de là son goût pour la provocation et
l'érotisme.
A partir de 1920, installé à Paris, et employé comme maquilleur-retoucheur dans une
fabrique de mannequin en cire pour vitrines de magasins, il commence à développer une
oeuvre subversive, antimilitariste, et anticléricale.
Lors d'une exposition à laquelle il participe en 1930, il est remarqué par les
surréalistes tels André Breton, Dali et Aragon, pour une toile intitulée "
Remembrance" sur laquelle sont représentés un prêtre et un académicien exprimant
une lubricité des plus explicites.
C'est à la suite de cette exposition qu'il se rapproche des surréalistes, tout en
travaillant de manière très solitaire à son oeuvre personnelle.
Bien que signataire de tracts surréalistes en 1948, 1949 et 1951, Clovis Trouille n'a
participé que de manière périodique à l'activité du groupe.
C'est à Salvador Dali qu'il doit son goût pour une technique picturale soignée, proche
de l'exactitude photographique, mais dans le style particulièrement anticonformiste
qui est le sien.
Sensible aux ornements, aux costumes religieux, à la pompe des cérémonies, il trouve
dans cette solennité, sous son air tranquille, matière à exprimer ses conceptions
anticléricales, antimorales et antisociales : ces robes, ces costumes, ces déguisements,
offrent pour lui un charme trouble, équivoque, et subversif, et l'envie de dévoiler tout
ce qui se cache dessous ou derrière. Il s'interrogeait : « J'ai toujours été contre
l'imposture des religions. Est-ce en peignant la cathédrale d'Amiens que j'ai pris
conscience de tout ce music-hall ? »
Les dessous féminins, les prêtres érotiques, les nonnes
cloîtrées laissant parler leurs corps, qu'il représente comme dans " Rêve
Claustral ", témoignent sans aucun doute de son anticonformisme, mais aussi de la
pure expression de la réalité naturelle des hommes et des femmes, à la recherche de
leur jouissance de la vie.
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Auteur d'environ 120 tableaux, Clovis Trouille aborde sous différentes formes ses thèmes
favoris que sont l'érotisme, la mort, la religion, la patrie, dans une recherche
iconoclaste et parodique, et une critique parfois violente de la société.
Sa peinture magnifiquement libre, exaltant la couleur et la liberté des moeurs, fait de
lui un peintre totalement à part dans la mouvance surréaliste. Revendiquant ses
influences de la Renaissance, Clovis Trouille disait qu'il n'y avait pas eu de grands
peintres entre Léonard de Vinci et lui, que Max Ernst et Miro n'étaient que des
"barbouilleurs".
Il resta peu connu car il n'a jamais recherché les honneurs ou la gloire. N'ayant presque
jamais participé à aucune exposition autres qu'à quelques unes du Salon des
Indépendants, il peignait pendant ses loisirs des toiles où les thèmes de
l'anticléricalisme et de l'antimilitarisme revenaient en permanence. Il se disait avoir
été très traumatisé par la Première Guerre mondiale, et manifesta à toute occasion
son antimilitarisme, et son attachement depuis toujours aux idées anarchistes, ce
jusqu'à sa mort en septembre 1975 dans la région parisienne.
Musée
Louis Senlecq - L'Isle Adam
( LMDA)
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