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PARIS : Musée du Luxembourg
" Vlaminck, un instinct fauve "
Du 20 février au 20 juillet 2008
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Maurice de Vlaminck
" Paysage aux arbres rouges"
Huile sur toile 1906
© Musée d'Art Moderne Paris
© ADAGP
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Maurice de Vlaminck (1876-1958), a été sans doute lun des représentants
les plus importants du fauvisme, dès les
premières années du XXème siècle. Le cinquantième anniversaire de sa mort donne
loccasion de présenter dans le cadre de cette superbe exposition les oeuvres de
jeunesse de l'artiste, allant des années 1900 à 1915, sachant que ses
premières peintures réalisées à partir de l'âge de 17 ans, entre 1893 et 1900, ont
disparu.
Dans cette première période on découvre déjà la profonde révolte qui fut celle de
l'artiste durant toute sa vie, au travers la violence dune expression très
caractéristique qui l'anime déjà, jusqu'au début de la Première Guerre
mondiale, et qui témoigne de ses recherches sur la restitution de lespace, sur la
couleur, sur l'expression autant que sur la composition.
Ce voyage dans l'oeuvre du Vlaminck à cette époque met en
évidence l'engagement qui fut le sien, dans le renouvellement de la peinture.
Linventivité de sa démarche et des recherches quil mena avec son ami d'alors
André Derain, placent Chatou, où ils travaillaient ensemble, comme lun des
lieux les plus avant-gardistes de ce renouveau de la peinture, non loin des lieux où
Monet et Renoir quelques années auparavant avaient inventés l'impressionnisme.
Dans cette période des remises en question sociales et des interrogations sur l'art, la
volonté de Vlaminck et de Derain est de travailler à une réinvention de la peinture
paysagiste. Chaque jour, ils discutent, expérimentent et peignent ensemble, Vlaminck avec
la véhémence de son caractère, et Derain avec sa lucidité intellectuelle.
1901 est l'année où il rencontre l'oeuvre de Van Gogh dans une exposition de la Galerie
Bernheim-Jeune, " J'aime Van Gogh plus que mon père " dira -t'il, et
le travail d'Henri Matisse, de sept ans son aîné, pour lequel il avoue son
admiration.
La conjugaison dans son esprit de la peinture de VanGogh, des idées de Matisse, de
l'intellectualisme de Derain, et sa découverte de l'art nègre, cristallisent en lui une
force instinctive et une révolte, par laquelle, les couleurs, les lignes, les taches, les
compositions nourrissent ses émotions et son travail d'artiste.
Il réinvente la réalité, la fait coïncider avec le subjectif, l'impulsion, la tension
intellectuelle lesquelles naissent dans la spontanéité, vivent et s'achèvent dans
chacune de ses oeuvres. Il se livre totalement dans l' expression, dévoilant tout
de lui-même , ses sentiments et sa pensée, ses angoisses et sa moralité, ses impulsions
et ses révoltes, sa foi et son désespoir en l'homme. " J'ai ainsi satisfait ma
volonté de détruire les vieilles conventions, de désobéir ... ce que je n'aurais pu
faire, si ce n'est en jetant une bombe, j'ai pensé le réaliser par la peinture, en
utilisant au maximum la couleur pure ".
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Maurice de Vlaminck
dans son atelier
vers 1933 -1934
© Coll. part.
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Ainsi
l'uvre de Vlaminck est à considérer à la fois à travers sa relation à la
génération post-impressionniste des peintres qui lont précédé : Van Gogh,
Gauguin, Cézanne, Signac, les Nabis, et à travers sa propre audace qui le conduit vers
une expression gestuelle dans l'acte de peindre, les outrances des couleurs et les
déformations des lignes, ne craignant aucun débordement, ne s'interdisant aucune
exhaltation. " A la base de l'art disait-il, il y a l'instinct " .
Le Salon d'Automne de 1905, lui donne l'occasion, au côté de Matisse, Van Dongen,
Rouault, Rousseau, Vuillard, Derain, et Marquet de présenter huit tableaux, dont
" La Seine à Marly" . Cette exposition déclenche le scandale, avec en tête le
critique d'Art du Figaro Camille Mauclair qui écrit " " On a jeté un pot de
peinture à la face du public " et dans un autre article " Ce sont des fauves
dans un cirque ".
"Fauves", c'est le nom que prendra ce groupe d'artistes à partir de là.
L"année 1906, est l'année où les discussions
ardentes amplifient le scandale du Salon, où les rencontres de forment, les
oppositions les plus passionnées s'expriment. Vlaminck stimulé par ces
oppositions, poursuit ses recherches, au moment même où Picasso propose de nouvelles
inventions plastiques, qui l'interpellent, autant que ses amis. Cela se traduit chez lui,
par de nouvelles recherches sur les volumes, les masses, les rapports entre la lumière et
l'ombre, dont " Le Pont sur le Chemin de Fer " de 1908 synthétise l'esprit. Ce
sont des années de pleine créativité pour Vlaminck, mais en même temps, celles d'une
évolution de la palette qui s'assombrit, et qui semble s'ouvrir et s'interroger sur la
découverte de nouvelles possibilités dramatiques.
On s'approche des années de la guerre. L'atmosphère change imperceptiblement : les
espoirs et les illusions laissent place à la cruelle réalité de l'histoire des hommes.
C'est la crise en France et en Europe avec le déclenchement du conflit. Ce qui
compte alors avant tout, c'est de durer dans la conjoncture difficile du temps.
Profondément opposé à la guerre, Vlaminck se retrouve mobilisé comme soldat à Rouen,
puis à Paris, puis dans les campagnes du Nord. Il ne renonce pas à peindre : c'est sa
manière de répondre au dégoût qui l'envahit, et en même temps sa manière d'affirmer
sa foi en lui-même et aux valeurs qui sont les siennes. Il peint alors de vastes
campagnes, des fleuves, des ciels envahis de nuages sombres, des routes boueuses, des
arbres battus par les vents, des maisons aux murs délabrés, des plaines
enneigées, où dominent la désolation et l'angoisse.
La guerre et l'après guerre entrainent un bouleversement profond chez les peintres, les
artistes, les écrivains, comme dans toute la société : une interrogation sur
l'histoire, les hommes, la politique, les valeurs . Vlaminck a horreur de l'art pour
l'art, il pense que toute avant-garde ne peut s'exprimer que dans le cynisme à l'égard
de son époque et il ressent alors l'immense solitude de l'artiste qui s'engage dans la
défense de ses valeurs profondes " La solitude est une des plus grandes
vérités de ce monde " et il ajoute : " Je suis heureux tout seul,
dans le vent, dans la pluie, dans les éléments, avec ma pipe " .
Prémisses à un renfermement progressif sur lui-même, tout en conservant sa conscience
et sa révolte secrétement, contre tous les opportunismes et tous les intellectualismes
de son époque.
Son crédo est alors " Si tu es peintre, ne regarde que dans toi-même" . Ce
qui lui importe, c'est la réalité, la réalité dans son moment historique, comme un
stade de la dialectique de l'histoire et c'est la conscience de son époque. Dans sa
cohérence morale la plus intime qui persistera dans la continuité de son oeuvre, la
peinture est, et demeure pour lui un langage physique, un langage des émotions, une
langage de la vie dans son élan vital contre la mort.
Quelques années plus tard, à la veille de la seconde guerre, en mai 1939, au 16 de la
Rue des Quatre Vents, à Paris, Vlaminck réunit des amis au restaurant des "
Compagnons du Tour de France " . Ils brûlent alors dans une revendication commune
contre les manaces allemandes, un portrait d'Adolf Hitler " critique d'art qui s'est
permis, en qualité d'ex peintre en bâtiment, d'affirmer que tous les artistes de l'Ecole
Française, les Braque, Derain, Gauguin, Laurencin, Valadon, Kisling, Matisse.... étaient
des peintres dégénérés ".
Une exposition à voir absolument pour comprendre le rôle essentiel que joua Maurice de
Vlaminck dans l'évolution de la peinture moderne du début du XXème siècle.
Voir Dossier
Vlaminck
Voir Musée du Luxembourg
(LMDA)
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Informations
pratiques
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PARIS - Musée du Luxembourg -
19, Rue de Vaugirard - 75006 Paris
Métro : Luxembourg ou St Sulpice
Tél : 01 42 34 25 95
Ouvert : Tous les jours de 11h à 19h
le dimanche de 9h à 19h.
Nocturne le lundi et vendredi jusqu'à 22h30
Site Internet : http://www.museeduluxembourg.fr
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