Giuseppe Arcimboldo ( 1526 -1593), célèbre pour ses
portraits en anamorphoses composés de plantes, de fruits, danimaux ou d'objets de
toute nature, et reproduits de multiples fois tant dans les ouvrages scolaires que
par la publicité, reste, paradoxalement, un peintre encore mystérieux.
Cette présentation exceptionnelle avec pour la première fois la présence d'une centaine
de ses oeuvres et certaines oeuvres qui n'ont jamais été exposées, permet de révéler
en cet artiste un véritable successeur de Léonard de Vinci.
Né en 1527 dans une famille de peintres de la noblesse milanaise, Giuseppe Arcimboldo
réalise en 1549 sa première oeuvre reconnue, au travers la conception de cartons de
vitraux pour la cathédrale de Milan, où il travaille aux côtés de son père, Biagio.
Quelques temps après en 1551, il reçoit de Ferdinand de Bohème, le futur empereur
Ferdinand Ier, une commande pour la réalisation de blasons, qui assure sa renommée. Il
devient peu après portraitiste de cour à Prague, auprès de l'empereur.
En 1562, il part pour Vienne au service du roi Maximilien et débute alors pour lui une
carrière de vingt-cinq années à la cour des Habsbourg. Après Ferdinand Ier, Maximilien
II, et Rodolphe II admirent son esprit inventif et ses compositions
originales.
En effet en marge de son activité de portraitiste -copiste de la famille impériale,
oubliée aujourd'hui en raison des difficultés didentification de certains de ces
tableaux de facture classique, il réalise en effet les fameuses séries anamorphiques des
Quatre Saisons en 1563, des Quatre Eléments en 1566 et la série des métiers qui
suscitent à la fois ladmiration, le respect et l'amusement de ses contemporains.
Le chef-duvre qui lui est reconnu est son portrait de
" Rodolphe II en Vertumne", le dieu grec des récoltes et de l'abondance qu'il
peint plus tardivement vers 1590.
De nombreuses autres charges lui sont confiées chez les
Habsbourg : il est certes peintre et dessinateur, mais il est aussi maître de
cérémonie et organisateur des célébrations et festivités de la famille impériale,
créateur de jeux d'eau, découvreur et acquéreur d'objets d'art et d'antiquités pour
son souverain, expert et illustrateur en sciences naturelles.
Il est un esprit universel à l'image de Léonard de Vinci et s'emploie durant ses années
de cour, dans un climat propice aux échanges d'idées, à observer par exemple la flore
et la faune, et à travailler à l'illustration d'ouvrages scientifiques, à observer les
techniques et les métiers de ses contemporains, à inventer des diverstissements
comme ses tableaux que l'on peut regarder à l'endroit, comme à l'envers dans les deux
sens et à renouveler le genre du portrait classique.
Il est annobli par l'empereur Rodolphe II en devenant Comte Palatin en 1590, et obtient de
lui de pouvoir revenir dès 1587 en Italie. "Flora " sera l'un de ses
derniers tableaux, qu'il peint à Milan où il vit retiré . Il meurt le 11 juillet 1593.
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Guiseppe
Arcimboldo
" Le bibliothécaire "
Huile sur toile
100 x 76,5 cm - 1565
© Skokloster Slott - Suède
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Adulé de son vivant, Arcimboldo après sa mort tombe dans
loubli, et ses uvres sont vites oubliées, et mal comprises par leur
caractère étrange ou extravagant.
C'est le début du XXème siècle qui permet à Arcimboldo de sortir de l'oubli
définitif, grâce aux artistes surréalistes qui considérent alors le peintre comme
étant l'un des précurseurs de lart moderne.
Parmi les euvres méconnues d'Arcimboldo présentées dans cette exposition,
figurent par exemple le carton d'une tapisserie réalisée en 1558 pour la cathédrale de
Côme, quelques portraits classiques des membres de la cour impériale, des études
animalières, des études pour des projets de char, ou encore des esquisses pour costumes,
au côté bien sûr des différentes séries qui ont fait sa récente célébrité.
Un autre aspect intéressant de cette superbe exposition est de replacer Giuseppe
Arcimboldo dans son époque, au XVIème siècle, avec l'accrochage d'uvres de ses
contemporains comme Bernardino Luini, Giovan Palolo Lomazzo, ou encore Carlo Urbino et son
"Art Culinaire", portrait réalisé à partir d'ustensiles de cuisine.
Par ailleurs des objets d'art venant du célèbre cabinet des curiosités de Rodolphe II,
et des ouvrages illustrés par l'artiste permettent aussi de comprendre le contexte de
l'époque dans lequel il a évolué avec son goût de la découverte et sa curiosité pour
l'art fantastique.
Il faut cependant se rappeler qu'à son époque existait la tradition depuis
l'antique, d' un goût pour les masques formés à partir d'éléments pris dans la
nature. Des artistes tels que Léonard de Vinci et Jérôme Bosch, sétaient déjà
intéressés aux visages monstrueux, et aux compositions à base déléments
détournés.
Kunsthistorisches Museum
(LMDA) |