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ETATS UNIS
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CHICAGO : Art Institute
" Edward Hopper"
Du 16 février au 10 mai 2008
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Dans la suite de l'exposition de la National Gallery of
Art de Washington, l'Art Institute propose l'une des premières grandes expositions
consacrées depuis plus de 25 ans au peintre américain Edward Hopper, la dernière grande
rétrospective américaine de l'oeuvre d'Hopper remontant à 1980 au Whitney Museum
de New York
Edward Hopper (1882-1967) est le peintre d'une Amérique profonde qui s'interroge sur les
mutations du monde moderne et sur les angoisses profondes des hommes de son époque. Il
nous représente les images de la solitude et de l'absence, du silence et l'attente, comme
autant d'énigmes de l'existence et du désir, du temps et de la mort. Ses oeuvres sont
probablement parmi les représentations les plus fortes de l'angoisse humaine dans l'art
contemporain.
Cette rétrospective rassemble près d'une centaine d'oeuvres, faite des dessins,
d'aquarelles et huiles dont le fameux tableau "Nighthawks" de 1942 , qui
représente au travers la vitre d'un café dans la nuit, un couple accoudé au comptoir
dans l'éclairage d' une lumière blafarde.
Edward Hopper est un peintre réaliste, mais énigmatique dans la simplicité de son
inspiration. Son oeuvre figurative rassemble avec évidence une force et une profondeur
intérieure qui projette au delà de l
' immédiate objectivité, et conduit le spectateur à s'interroger sur la réalité, sa
réalité, la réalité du monde, et l'illusion de la réalité.
Né et formé à New York, Edward Hopper n'a jamais appartenu à aucun mouvement, ni à
aucune école. Inscrit à la New York Scholl of Art en 1900, il suit les cours de Robert
Henri et s'intéresse à l'oeuvre de Manet, mais aussi à celle des peintres tels
que Daumier, Courbet, Degas, Gauguin ou encore Van Gogh.
Il est également très marqué par l' impressionnisme français, auquel il fait
référence comme Pissarro, Renoir, mais aussi Sisley, qui resteront longtemps comme les
repères d'une sorte d'inspiration souterraine permanente dans son oeuvre. Son intérêt
pour la culture française l'aménera d'ailleurs à faire plusieurs séjours à Paris
entre 1906 et 1910. Dès 1906, d'ailleurs il est fasciné par la physionomie et l'ambiance
de la ville : " Les rues y sont très anciennes, encaissées, et les
façades qui s'inclinent en arrière à partir de la base du premier étage confèrent une
physionomie massive et très imposante aux maisons. Les débits de boisson et les
boutiques de rez-de-chaussée sont de couleur rouge ou vert sombre, ce qui tranche
violemment sur le reste de la façade. Sur les toits se dressent des centaines de cheminées avec leur mitre qui donnent un aspect
particulier à l'horizon. les toits sont tous à la Mansard, couverts d'ardoise grise ou
de zinc.. par temps couvert, ce même gris-bleu iùrègne toute chose ..." ( lettre
à sa soeur du 29 novembre 2006).
Cela l'aménera à peindre en 1907 des oeuvres
telles que " Le Louvre et la Seine", " Boulevard St Michel", "
Pont du Carroussel dans le brouillard ", " Notre Dame " et
de nombreux autres tableaux sur Paris, probablement aussi sous l'influence d'Albert
Marquet, dont il découvre la peinture dans une exposition à la Galerie
Druet.
Il est intéressé par le mode de vie des parisiens qu'il représente dans
de nombreux dessins, mais aussi par les femmes françaises qu'il considère comme de
redoutables séductrices, et auxquelles il ne manquera pas de penser dans des oeuvres de
maturité, telles " Summertime " en 1923, ou " Night Windows "
en 1928 . |

Edward Hopper :
" Automat "
1927
Huile sur toile 71,4 x 91,5 cm
© Des Moines Art Center
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Edward Hopper - 1950-
Photo de George Platt Lynes (1907-1955),
©
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De retour aux Etats-Unis, en 1908 il est contraint de gagner sa vie comme
illustrateur, mais parvient à participer à une exposition où il présente trois toiles
et un dessin réalisés en France, mais sans succès. Il revient brièvement en France,
dont il apprécie tant la langue et la culture puis visite l'Espagne avant de revenir à
New York en mai 1910.
Là, il continue à peindre ses souvenirs de Paris et présente dans des expositions des
oeuvres inspirées par la France mêlées aux tableaux qu'il peint de New York ou de la
campagne américaine, avant d'épouser en juillet 1924, Joséphine Verstille Nivison,
" Jo ", qui partage son amour pour la culture française.
La fin de l'année 1924 marque une rupture dans l'oeuvre d'Hopper, dans le sens où il
décide de rompre avec cette nostalgie de la France et de peindre en observation directe
la vie américaine. Il dit " Aujourd'hui ou dans un proche avenir, il faudra bien
retirer l'art américain à sa mère française ".
A partir de
là, c'est à une peinture strictement de sujets américains qu'il s'attèle. Les oeuvres
peintes en extérieur deviennent rares, et les scènes d'actions en suspens de la vie
américaine se multiplient. Depuis son appartement de Greenwich Village qu'il habitera
toute sa vie, il saisit les toits new-yorkais avec leurs citernes, comme dans
"Roofs" en 1926, les façades de briques rouges dans"Early Sunday
Morning", en 1930, les intérieurs de chambres d'hôtel dénudées dans
"Night Windows" en 1928 ou encore les stations d'essence désertes , comme
dans "Gas" en 1940.
Il devient le peintre de la vie et de la réalité au quotidien, avec des compositions où
des personnages énigmatiques et solitaires, prennent place de plus en plus souvent, telle
cette ouvreuse de cinéma plongée dans ses pensées dans "New York Movie" en
1939.
Il s'intéresse dans son atelier à l'architecture des maisons, de la ville, puis aux
rendus de la lumière dans les intérieurs clos et aux caractères des personnages qu'il
représente souvent seuls comme enfermés dans le silence et la solitude.
Une oeuvre telle que " Morning Sun " en 1952 constitue un des exemples les plus
marquants de l'évolution de la peinture d'Hopper. Cette femme de "Morning Sun",
est une femme qui a vieilli, assise sur son lit, face à sa fenêtre ouverte sur les toits
de la ville et au soleil levant. Edward Hopper y représente à la fois la profonde
solitude, l'attente, le regard porté sur le passé, et une certaine obssession charnelle
de la mort. Ces thèmes sont plus récurrents dans ces années d'après guerre : les
regards, les gestes suspendus, les silences, les rêveries dans des univers dépouillés
gagnent son oeuvre, comme une réalité obsédante de l'existence, jusqu'à la disparition
même du sujet comme dans "Rooms by the sea " peinte en 1951, où il ne reste
plus qu'une porte ouverte directement sur la profondeur de la mer.
Edward Hopper a souvent inspiré les cinéastes, notamment Alfred Hitchcock, qui choisira
dans "Psychose" une maison sur le modèle d'une demeure victorienne peinte par
Hopper.
Connu pour ses profonds silences lorsqu'on un journaliste l'interrogeait, Edward
Hopper avait souvent coutume de répondre: "Si vous pouviez le dire avec des
mots, il n'y aurait aucune raison de le peindre".
Art Institute of
Chicago
(LMDA) |
Informations pratiques
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CHICAGO - The Art
Institute
111 South Michigan Avenue - Chicago - Illinois
Tél : 312 443 -3600
Ouvert : Tous les jours
de 10 h à 17 h
Fermé le lundi, et jours fériés
Site Internet :
http://www.artic.edu/aic
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