En hommage à Giorgio de Chirico (1888 - 1978),
considéré comme le peintre de la "métaphysique en art ", la présente
exposition réunit plus de cent cent quarante peintures, accompagnées d'un ensemble
de documents et darchives, et retrace le parcours complet de lartiste de 1909
à 1975.
Cette rétrospective vise à reconstituer le cheminement de lartiste dans une
présentation en sept thématiques, qui met en relief l'évolution de l'artiste
qui,dans les années 1920, avait une célébrité comparable à celle de Picasso dans ses
périodes bleues ou roses.
Giorgio de Chirico (1888 - 1978), admiré par Guillaume Apollinaire, puis par André
Breton est considéré comme un artiste majeur du XXème siècle. Mondialement connu pour
certaines de ses oeuvres représentant ces fameuses scènes de places italiennes vides
écrasées sous le soleil, de tours ou d'arcades aux perspectives oniriques, son parcours
entre ses scènes de la mythologie, ses paysages, ses sujets orientalistes et ses
autoportraits entremêlés d'oeuvres cubistes ou surréalistes, demeure finalement mal
connu du grand public, en ayant toujours échappé à tout classement dans l'histoire de
l'art moderne.
Né en Grèce à Volo en juillet 1888, Giorgio de Chirico suit à partir de 1899 des cours
de dessins à Athènes où ses parents viennent de s'installer, et s'initie au portait et
à la peinture auprès de Jacobidis.
Son père décédé en 1905, amène sa mère à quitter la Grèce pour l'Italie. De son
côté Giorgio de Chirico souhaite poursuivre ses études en Allemagne, où il s'inscrit
à l'Académie des Beaux-Arts de Munich. Il lit Nietzsche, Schopenhauer et découvre les
peintres Arnold Böcklin et Max Klinger qui l'impressionnent considérablement. Il reste
à Munich jusqu'en 1910 et y peint ses premières oeuvres connues inspirées de Böcklin.
Il retourne à Florence quelques mois , où il peint quelques nouveaux tableaux, sa série
des " Enigmes " où apparaissent ses premières inspirations de style
métaphysique.
Dans ses Mémoires, il écrit : " Je peignais de temps en temps des toiles de
petites dimensions; ma période böcklinienne était terminée et j'avais commencé à
peindre des sujets où je cherchais à exprimer ce sentiment mystérieux et puissant que
j'avais découvert dans les livres de Nietzsche : la mélancolie des belles journées
d'automne, l'après-midi dans les villes italiennes "
Il sinstalle en juillet 1911 à Paris, où il rencontre en premier lieu Guillaume
Apollinaire qui, dès 1913, l'introduit dans le milieu artistique parisien. Il fait la
connaissance de Picasso, Derain, Max Jacob, Braque, Picabia, ainsi que Paul Guillaume, qui
sera son premier marchand.
Au Salon d'Automne, puis au Salon des Indépendants de 1913, il présente plusieurs
oeuvres et vend son premier tableau intitulé " La Tour Rouge ".
Avec la guerre, Giorgio de Chirico doit retourner en Italie où il est appelé sous les
drapeaux. Affecté à Carrare, il rencontre Filipo de Pisis et Carlo Carrà.
De ces rencontres, naît la "peinture métaphysique " .
De Chirico expose alors sa conception de l'art dans la revue " Valori Plastici",
laquelle sera le premier support théorique des peintres futuristes et dadaïstes
italiens.
En 1919, il publie un " Manifeste Métaphysique " dans lequel il exprime qu'il
existe une perception d'une réalité invisible derrière une réalité visible.
Cette même année, il a une nouvelle révélation après une visite au Musée de la Villa
Borghèse. " En regardant les tableaux des maîtres, je n'y avais vu
jusqu'alors que ce que tout le monde voit : des images peintes ".
Mais pour lui, c'est au delà qu'il faut aller, pour trouver l'essence de l'art : voir
comme si nous y voyions pour la première fois, vivre cet instant comme si nous étions
nous-même à la place de l'artiste en train de produire l'oeuvre que nous regardons.
Lonirisme, les dimensions métaphysiques et prophétiques, se répètent dans les
années 20 dans son oeuvre et influence dimmédiates résonances dans le mouvement
surréaliste naissant, notamment chez Magritte, Max Ernst, Picabia et Paul Eluard.
André Breton voit en lui lartiste de la " nouvelle mythologie moderne" en
formation.
Ayant fait connaissance de Raïssa Gurievich, une danseuse russe qui deviendra sa femme,
il s'installe de nouveau à Paris en 1925. Mais la nouvelle orientation que prend alors sa
peinture, quittant insensiblement la voie métaphysique, et l'empreinte du surréalisme,
le conduit à une rupture avec André Breton.
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Giorgio de Chirico
" Place d'Italie : La Tour Rouge "
Huile sur toile - 1943
© Coll. Part.

Giorgio de Chirico
" Le Consolateur"
Huile sur toile 100 x 81 cm - 1958
© Coll. Part.
Rome

Giorgio de Chirico
dans son atelier
©
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Il expose en 1927 et 1928 avec les artistes du Groupe
Novecento en Italie, puis en Angleterre et aux Etats-Unis tandis que la critique
s'interroge sur son nouveau style.
En 1930, il réalise une série de lithographies pour illustrer les " Calligrammes
" d'Apollinaire, réalise des décors et des costumes pour les Ballets Ruses de
Diaghilev, et fait la rencontre de son deuxième épouse Isabella Pakszwer avec qui il
vivra jusqu'à ses derniers jours.
Les années suivantes conduisent Giorgio de Chirico en Italie, aux Etats-Unis, à la fois
pour des travaux pour le théâtre, mais aussi pour des expositions, tandis que ses
oeuvres s'orientent vers des compositions baroques inspirées de thèmes du XVIIème
siècle. En 1944, Giorgio de Chirico décide de s'installer définitivement à Rome.
C'est sa période " métaphysique " qui intéresse le public et la critique,
davantage que sa production récente, malgré toutes les expositions auxquelles il
participe, comme la Biennale de Venise en 1948, dans laquelle il présente ses dernières
oeuvres.
Jusque dans les années 1955 à 1960, ses expositions sont nombreuses. Mais il ne cesse de
dénoncer les falsifications qui envahissent le marché de l'art; il veut continuer à
peindre en marge des tendances contemporaines, tout en reprenant de temps à autres les
thèmes métaphysiques qui l'intéressent, mais en se refusant de s'inscrire dans un genre
dans lequel on veut l'enfermer.
Les années qui suivent, sont consacrées à la sculpture, mais aussi aux décors pour le
théâtre, avec différentes expositions en Italie, aux Etats-Unis, au Japon, en France,
jusqu'à son décès le 20 novembre 1978, à Rome.
Rome
: Palais des Expositions
( LMDA)
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