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NICOLAS
DE STAEL
(1914 -1955)
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Nicolas de
Staël né à Saint-Petersbourg en 1914 et jusqu'à son suicide, n'a conservé de son
ascendance slave que le romantisme et le désespoir. Proche du Tsar, son père est
vice-gouverneur de la forteresse Pierre-et-Paul. La révolution russe de 1917 contraint sa
famille à s'exiler en Pologne, où meurent ses parents. Orphelin, il est recueilli par un
couple russe de Bruxelles.
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Nicolas de Staël dans son atelier 1954
© Coll. Part.
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Nicolas de Staël 1954
© Coll. Part. |
A 16 ans, inscrit à l'Académie Royale des Beaux-Arts il est fasciné par
la découverte des oeuvers de Rembrandt et de Vermeer. Arrivé en France en 1919, il
découvre Matisse, Braque, Soutine, Cézanne, et voyage en Espagne, en Italie, en Algérie
et au Maroc.
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En 1939, il
s'engage dans la Légion Etrangère et arrive au début des années 1940, à Nice avec sa
compagne, Jeanine, rencontrée au Maroc. Il rencontre là Jean Arp, Sonia et Robert
Delaunay, Alberto Magnelli, et sous leur influence, peint ses premières toiles
abstraites qu'il baptise "Compositions".
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N. de Staël
" Barabane "
1944 Huile sur toile 80 x 115 cm
© Coll. Part. |
En 1943, il
arrive à Paris, où il fait la connaissance de César Domela, un autre peintre de
l'abstraction. C'est une période difficile. Il souffre de la faim et du froid et doit
brûler les boiseries de son appartement pour se chauffer. Jeanine sa compagne meurt de
cette misère, mais il continue à peindre, quelques oeuvres figuratives, mais aussi des
oeuvres abastraites au besoin sur les draps de son lit, qui montrent l'influence sur lui
de Magnelli et de Domela. La Galerie Jeanne Bucher accepte en 1944 de l'exposer, en pleine
occupation allemande, alors que les nazis qualifient l'abstraction d' "art
dégénéré".
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N. de Staël
" Composition abstraite "
1948 Huile sur toile 60 x 80,5 cm
© Musée d'Art Moderne Troyes |

N. de Staël
" Dessin "
1948 Dessin encre de Chine
102 x 74 cm
© Musée d'Antibes |
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Il continue
néanmoins de travailler avec acharnement assailli en permanence par le doute, tiraillé
entre l'illumination et le désespoir. Il se tourne de plus en plus vers l'abstraction, et
ses oeuvres constituées d'un enchevêtrement de lignes et d'arabesques, révèlent une
palette pétrie d'angoisse.
Il passe un tournant entre 1950 et 1952, et se lance dans la composition de paysages, de
natures mortes selon une approche de la réalité résolument nouvelle, sans doute sous
l'influence de Braque, de Lapicque ou de Lanskoy.
Il simplifie ses compositions, éclaircit sa palette, la peinture prend de la matière
avec de larges à-plats, au couteau ou à la spatule. De ses tableaux émergent alors la
couleur, la lumière, la vie, l'espace.
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N. de Staël
" Composition "
1949 Huile sur toile 60 x 81 cm
© Musée des Beaux Arts Rennes |

N. de Staël
" Le Lavandou "
1952 Huile sur toile 97 x 195 cm
© Musée d'Art Moderne Paris |

N. de Staël
" Figures au Bord de la mer "
1952 Huile sur toile 161,5 x129,5 cm
© Kunstsammlung Nordhrein Westfalen |
Il décide de
retrouver alors la lumière du Midi, et s'installe à Antibes, à l'automne 1954, dans un
atelier ouvert sur la mer. En six mois, il réalise, solitaire, plus de 300 toiles, aux
thèmes variés, des natures mortes, des paysages, des scènes sur le port, un bateau, un
vol de mouettes, une carafe sur une étagère. Sa peinture, qu'il applique alors au coton,
apparaît de plus en plus transparente et fluide. "Je n'ai plus la force de
parachever mes tableaux", écrit-il alors. C'est au pied du fort Vauban au Cap
d'Antibes que s'achève le 16 mars 1955 son parcours. Une immense toile qu'il n'a pas
achevée, " Le Grand concert" reste orpheline ce jour là.
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N. de Staël
" Fleurs à Fontenay "
1954 Huile sur toile 100 x 73 cm
© Coll. Part. |

N. de Staël
" Le Grand Concert "
1955 Huile sur toile 350 x 600 cm
© Musée d'Antibes |
Toute l'uvre de Nicolas de
Staël s'est développée en un temps très court d'une douzaine d'année à partir de
1940, et c'est plus de mille toiles qu'il a peint pendant cette période, dans une
violence de création et une passion rares caractérisées par l'antinomie constante entre
l'expression figurative et l'abstraction. La forte personnalité du peintre alliée
à l' intelligence aiguë de son art et la perception particulière qu'il a de la
lumière et de l'espace l'ont amené à réaliser une uvre clé de l'histoire
de l'art contemporain. Ses uvres sont l'expression d'une passion permanente, et
d'une simple relation du peintre avec ce qu'il voit : l'espace et la couleur sont les
dominantes constantes de son art.
L'uvre de Nicolas de Staël appartient à un registre élevé dans lequel s'exprime
le passionnel et le lyrisme comme si le destin lui avait imposé tout au long de sa vie
une trajectoire pour faire naître un nouveau rapport esthétique avec le réel.
Nicolas de Staël, au travers sa peinture, recherchait l'absolu.
"Toute ma vie, j'ai eu besoin de penser peinture, de voir des tableaux, de faire de
la peinture pour m'aider à vivre, pour me libérer de mes impressions, de toutes les
sensations, de toutes les inquiétudes auxquelles je n'ai trouvé d'autre issue que la
peinture."
Le Monde des Arts
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N. de Staël
" Nature morte au chandelier
sur fond bleu"
1955 Huile sur toile 89 x130 cm
© Musée d'Antibes
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Nicolas de Staël en 1954
© Coll. Part. |
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