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Née en 1886 en Suisse, Sophie Taeuber dès ses
premières années dartiste, de 1907 à 1914, s'était inscrite dans les courants du
renouveau des arts apparu à partir des années 1850.
Avec ses formes géométriques issues de sa formation aux arts appliqués, elle niait le
principe d'une hiérarchie dans les arts, et cherchait à utiliser les moyens
dexpression les plus variés, dans lesquels prédominaient les formes géométriques
élémentaires : lignes, carrés, rectangles, cercles, remplis de couleurs à plat.
Avec ce vocabulaire formel, Sophie Taeuber avait trouvé ses racines et son inspiration
dans l'art textile et le tissage, grâce à la formation qu'elle avait eue à Munich dans
les Ateliers pour les Arts Libres et Appliqués, mais aussi par le fait qu'elle avait
été professeur de tissage, et directrice de la section textile de l'Ecole des Arts
Appliqués de Zurich entre1916 et 1929.
Considérant qu'il n'y avait pas d'art mineur, elle se consacrait avec autant de passion
que pour la peinture, par exemple, à la confection de marionnettes, comme par exemple
pour la pièce "Le Roi Cerf " de Carlo Gozzi, ou pour la danse, la
scénographie, pour la décoration intérieure modulable du mobilier peint de couleurs
vives de sa maison de Clamart, ou encore pour l'architecture.
Ainsi pour ce havre de paix qu'était sa maison de Clamart, Sophie Taeuber
l'avait imaginée en 1927, d'une structure cubique avec ses trois niveaux et ses petites
terrasses composée d'éléments en béton brut, et de matériaux utilisés dans le
voisinage, tels que la pierre meulière, et s'était directement inspirée du Bauhaus.
Elle travailla dans ce lieu aux côtés de Jean Arp, qu'elle avait épousé en 1922,
lequel conserve d'ailleurs encore aujourd'hui d'une partie du mobilier quelle
dessina, ainsi quune collection dune soixantaine duvres, de
dessins, d'esquisses, de gouaches, de sculptures, et d'objets dart.
Par une inspiration mutuelle, tous deux travaillaient là souvent ensemble : tableaux,
sculptures, collages, illustration de livres, mais aussi, travaux sur le textile et le
bois. " Nos oeuvres sont un reniement de l'égotisme des hommes ... elles
cherchent à atteindre par delà-l'humain, l'infini et l'éternel ", disait Jean
Arp au sujet de leurs travaux en commun.
De 1929 à 1940, cette maison-atelier fût un centre de réflexion et de rencontre avec de
nombreux artistes majeurs du XXème siècle, dont Picabia, Max Ernst, Miro, Duchamp, René
Char, et le lieu pour Sophie Taeuber d'une création intense, avec une vision libre et
synthétique sur l'ensemble des arts, dans lesquels elle s'exprima.
Après s'être réfugiée à Grasse de 1941 à 1942, avec Jean Arp et certains artistes
comme Alberto Magnelli, ou encore Sonia Delaunay, elle décède le 13 janvier 1943 lors
d'un séjour à Zurich.
(LMDA) |