Exposition
terminée
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SERIGNAN :
Musée Régional d'Art Contemporain
" Hommage à Dado : dessins,
collages, gravures " Du 17 septembre
2011 au 22
janvier 2012
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Le Musée Régional d’Art Contemporain
Languedoc-Roussillon présente avec cette exposition un hommage à l’artiste
Dado disparu en novembre 2010. Dado a définitivement marqué la ville de
Sérignan où trois expositions ont été consacrées à son oeuvre en 1993, 1999
et 2007 et où, surtout, il a résidé régulièrement de 1994 à 2002 pour
réaliser une oeuvre monumentale et magistrale au Domaine des Orpellières,
inaugurée et ouverte au public en 1999.
Cette exposition au Cabinet
d’Arts Graphiques présente un ensemble d’oeuvres sur papier depuis les
dessins des années cinquante de l’ancienne collection Jernej Vilfan,
présentés pour la première fois au public, de nombreuses gravures, technique
à laquelle l’artiste s’est consacré de nombreuses années, jusqu’aux derniers
dessins réalisés pour sa petite-fille Diotime en 2010.
Dado, immense
dessinateur, a toujours considéré ses dessins comme autonomes. Devant ses
oeuvres sur papier, on est saisi par sa virtuosité technique, la qualité du
trait, la ligne sûre et appuyée, l’intensité des figures d’un seul trait car
le dessin ne supporte aucune hésitation. On lit la naissance d’une forme
jusqu’à son épanouissement. Le dessin s’engendre lui-même pour mettre en
place un monde énigmatique peuplé de monstres étranges, de plantes
exubérantes, d’hybridations anatomiques, de ruines, projections de rêves
entre horreur et merveilleux. Cette aptitude virtuose le range dans la
grande Histoire de l’Art, en successeur légitime de Dürer.
Une salle,
dans les espaces dédiés aux collections du musée, est aussi entièrement
consacrée à son oeuvre peint de 1957 à 2005.
À l’occasion de cet
hommage, est mis en relief le travail réalisé par l’artiste au Domaine des
Orpellières à Sérignan Plage. Ce site entre fleuve et mer, est un espace
naturel exceptionnel, réserve naturelle pour la faune et la flore typiques
des terrains salins. Au milieu de ce territoire, les bâtiments
abandonnés d’une ancienne ferme viticole, le Domaine des Orpellières, ont
été investis par Dado qui a recouvert les murs et piliers intérieurs
d’immenses peintures murales aux couleurs vives et profondes, où il a
accumulé des objets fétiches de l’enfance. Les fresques, réalisées sur
des tags anonymes, figurent des personnages monstrueux, corps mutilés et
souffrants, des gueules béantes et yeux globuleux, des organes disséminés,
des pantins gesticulant, des visages figés dans une vraisemblable douleur.
Eparpillés dans l’espace, des voitures ossuaires, une collection de
squelettes, des poupées démantibulées participent à cet univers d’une force
créatrice incroyable. Débutée au moment de la guerre des Balkans, cette
oeuvre est un véritable manifeste qui dénonce l’horreur de la guerre. Dado a
composé un « manuscrit ouvert » sur la violence du monde, une sorte de «
Guernica en couleur ».
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images/Dado16.jpg
Dado: Sans titre (cours de tennis à Cetinje - 1955.
Encre et lavis sur papier - 29 x 42 cm - © Collection de Diotime,
petite-fille de Dado
© ADAGP

images/Dado14.jpg
Dado: " Barbey d’Aurevilly, Le Bonheur dans le crime
"- 1989 Aquatinte et pointe sèche - 38 x 56 cm
© Courtesy - Alain
Controu © ADAGP

Dado © ADAGP
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«
Ils sont tous là – remontés de la ténèbre intérieure de Dado et venus
s’écraser sur les murs des Orpellières ou s’agglutiner en monceaux de
sculptures hybrides et délirantes, les rompus, les torturés, les déchirés,
les déchaînés, toute la lie de l’enfance, toute l’engeance des cauchemars.
Ils grouillent et souillent. Si l’on s’abstrait des bruits ordinaires de la
vie et si l’on prête l’oreille, par-delà le silence propre à la peinture, au
colloque des formes, c’est un concert qui nous saisit, de hurlements, de
gémissements, d’imprécations. L’âme serait soulagée si elle entendait sinon
une parole du moins un rire. Mais ici les bouches ne sont tracées que pour
le cri, de même que les yeux, quand ils ne sont pas vides, ne se signalent
que par les larmes. Aux Orpellières, pour une éternité aux dimensions de
l’humain, l’exode des figures de la douleur et de la déréliction s’est
arrêté. Les murs retiennent les monstres. Ils n’iront pas plus loin. En
quelque sorte, les voilà sauvés – rescapés arrêtés dans la fureur et absous
par la plus sombre et la plus tumultueuse beauté qui soit. Encore
savons-nous bien que d’autres hordes dadomorphes se sont exilées de tous les
malheurs de nos temps et se sont engouffrées dans d’autres refuges. Tant
qu’il y aura Dado et tant qu’il y aura des murs, le peuple des saccages
continuera de proliférer et ses essaims de saturer les lieux de repos
jusqu’à la destruction du monde. » Claude Louis-Combet, 2006
Miodrag Djuric, plus connu
sous le nom de Dado, surnom que lui donne sa mère lorsqu'il est enfant, est
né le 4 octobre 1933 à Cetinje, en ex-Yougoslavie (Monténégro). – Décédé en
2010 à Pontoise. Très tôt, il est confronté à l'horreur de la guerre,
puisque la région est occupée par l'armée nazie et par les fascistes
italiens. Il raconte avoir dû passer pendant plusieurs jours, pour aller et
venir chez sa tante, devant deux partisans pendus sur la place du village et
laissés en état de décomposition. Cet épisode, qui se déroule en janvier
1944, marque profondément le petit garçon de dix ans qu'était Dado.
Très tôt, il est attiré par l’organique et le corps humain. Véritable figure
tutélaire, son grand-père maternel, médecin hygiéniste, traducteur d’Homère
et de Tolstoï, encourage sa vocation, tout comme sa mère, professeur de
biologie. Il lui confie la réalisation de dessins pour illustrer ses
ouvrages et l’encourage à « recopier » des planches anatomiques.
Après la disparition de sa mère en 1944, Dado est recueilli par son oncle
peintre. Il fréquente ensuite, entre 1947 et 1952, l'École des beaux-arts de
Herceg Novi puis celle de Belgrade.
Exilé volontaire, Dado arrive en
France en 1956. Travaillant dans un atelier de lithographie, il est très
vite amené à rencontrer beaucoup d'artistes parisiens. L'un d'entre eux,
Jean Dubuffet, avec qui Dado se lie d'amitié, lui présente son galeriste,
Daniel Cordier, qui lui achète son premier tableau en 1957. Héros de la
Résistance, Daniel Cordier devient alors son marchand d’art.
Le
collectionneur est dans un premier temps intéressé par des oeuvres plus
anciennes qui procèdent certes d’une part d’enfance et d’une mythologie très
personnelle, mais aussi d’une culture visuelle et intellectuelle qui n’avait
pas grand-chose à voir avec le tissu culturel français des années 1950.
L’arrivée à Paris, la confrontation avec un nouvel environnement, les
relations nouées avec d’autres artistes, des aînés comme Dubuffet,
Giacometti ou Michaux, son amitié fraternelle avec Bernard Réquichot
bouleversent la scène visionnaire de l’enfance, l’enrichissent d’éléments
formels. Son don exceptionnel d’observation le conduit à s’émerveiller
devant ce qui d’ordinaire est considéré comme laid, monstrueux – ce devant
quoi on apprend à détourner le regard. Peintre de l’organique, l'artiste
nourrit une immense admiration pour Buffon, célèbre naturaliste du XVIIIe
siècle. En référence à son bestiaire artistique monstrueux, on l'a souvent
désigné comme le Jérôme Bosch du XXe siècle.
Très vite, les
expositions s'enchaînent partout en Europe, aux États-Unis à partir de 1962.
Une grande rétrospective lui est consacrée au Centre National d'Art
Contemporain à Paris en 1970. Au cours des années 1980, le Musée
National d'Art Moderne accorde une place importante à l'artiste, grâce aux
importantes donations de Daniel Cordier et à l’exposition de 1981 au Cabinet
d’art graphique, « L’Exaspération du trait ». En 1991, l'artiste voit se
créer un musée portant son nom dans sa ville natale, Cetinje. Il représente
le Monténégro à la 53e Biennale de Venise en 2009 et à l’Exposition
Universelle de Shanghai en 2010.
Artiste inclassable, Dado multiplie
les médiums : peinture, dessin, gravure, collage, sculpture, céramique,
fresques murales in situ (notamment au Domaine des Orpellières à Sérignan, à
la chapelle Saint-Luc de la Maladrerie Saint-Lazare à Gisors, dans un
blockhaus de Fécamp et dans l'« Ambassade de la IVe Internationale » à
Montjavoult). Les dernières années de sa vie, il va même jusqu’à se
passionner pour Internet et le numérique, absorbé par la création
testamentaire d’un « anti-musée virtuel en ligne » ( http://www.dado.fr).
Musée d'Art
Contemporain -Sérignan
Dado
LMDA ( avec nos remerciements à
Isabelle Durand Musée Régional d'Art Contemporain
Languedoc-Roussillon ) |
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Exposition
terminée
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QUIMPER :
Musée des Beaux Arts
"
Jacques Doucet,
le CoBrA français " Du 14 octobre 2011 au 09
janvier 2012
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Après l'exposition au LAAC de Dunkerque, le Musée des Beaux Arts de Quimper
a réunit ici plus de 60 peintures, et dessins de Jacques Doucet (1924-1994), artiste qui
s'inscrit dans la mouvance du groupe CoBrA, et qui lui restera fidèle tout
au long de sa vie.
Cette présentation offre la possibilité d’une
redécouverte d’un artiste parfois un peu oublié par le grand public avec des
oeuvres telles que gouaches, pastels, papiers collés, huiles souvent proches
des dessins d’enfants ou des graffitis muraux, toujours poétiques, mais
sombres et tourmentées, ou vibrantes des couleurs les plus vives, qui
montrent les recherches permanentes qui ont été les siennes au travers la
véritable soif de liberté et d'indépendance qu’il a toujours exprimée.
Jacques Doucet est né à Boulogne dans les Hauts de Seine le 9 avril
1924, de parents bretons, et est décèdé à Paris le 11 mars 1994.
Dans son adolescence, Doucet se passionne pour la poésie et la peinture.
Entre ces deux pôles, il se cherche. En 1942, il rend visite au poète Max
Jacob à Saint-Benoît sur- Loire lequel le pousse à cultiver ses dons et pour
la poésie et pour la peinture. Son choix finalement se porte sur la peinture
et il expose plusieurs oeuvres au Salon d’Automne en 1943 et en 1944.
Parlant de Max Jacob, il dira " Son jugement était tout en nuance,
mais j'ai compris dans la complexité de ses critiques qu'il faut se
chercher, se poser des questions continuellement" .
Pendant
l’Occupation, il s’engage politiquement, mais il est rapidement dénoncé,
puis arrêté par la milice de Vichy, et emprisonné à la Prison de la Santé à
Paris. Ses oeuvres sont alors confisquées
Cette période l’affectera
profondément et laissera une trace profonde dans la poursuite deson travail
de peintre. Après la Libération, il reprend son activité, expose au
Salon des Sur indépendants en 1945 et 1946. Il fait connaissance du
peintre hollandais Corneille à Budapest, sur l’invitation l’un et l’autre
d’une collectionneuse hongroise qui a remarqué leurs travaux respectifs.
Là, le contact qu’il prend avec les fondateurs de l’Europai Iskola – l’École
européenne -, lui permet de découvrir l’oeuvre de Paul Klee.
"
Il dessinait comme un enfant qui trace à la craie tout un monde sur le
trottoir, il dessinait des bonshommes comme ceux que l'on voit sur les
pissotières ou sur les murs des grandes villes... un dessin où le trait
courait tout naturellement, plein de verve, truculent, insolent, qui
rejoignait la belle vérité crue populaire." disait de lui Corneille.
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images/DoucetJacques6.jpg
Jacques Doucet " Est-Ouest " - 1990
Huile sur toile 150 x 150 cm
© ADAGP-Coll Andrée Doucet
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Jacques Doucet
dans son atelier
© ADAGP
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A son retour à Paris, il se rapproche du Groupe Surréaliste révolutionnaire
tandis qu’à Amsterdam, Corneille crée avec Constant et Karel Appel la Revue
Reflex. Après la dissolution du Groupe Surréaliste révolutionnaire,
Jacques Doucet adhère au mouvement CoBrA, avec Jean Michel Atlan, dont ils
deviennent les deux représentants français. Atlan et Doucet
participeront dès lors à chacune des manifestations de CoBrA, et à la
première exposition d’Art expérimental au Stedelijk Museum d’Amsterdam en
1949 jusqu’à l’ultime exposition de Liège de novembre 1951 organisée par
Pierre Alechinsky.
A partir de 1949, Jacques Doucet exposera ensuite
dans de nombreuses galeries, dont à la Galerie Rotta de Gênes; puis en 1950,
à la Galerie Maeght et en 1951, à la Galerie Suzanne Feigel de Zurich. De
1954 à 1989, il exposera également à la Galerie Ariel puis à la Galerie Dina
Vierny,.entre autres.
Il participe ensuite à de nombreuses
expositions en Europe : Italie, Belgique, Suède, Hollande, Luxembourg,
Danemark mais aussi aux États-Unis.
En 1983, il est présent à la
grande rétrospective CoBrA du Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, puis
au Musée de Liège à Cobra 93, au Cobra Museum d’Amstelveen en Hollande.
Musée des Beaux Arts - Quimper
Voir Article " Le Mouvement CoBrA "
(LMDA)
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