Le mONDE dEs ARTS 

Le mONDE dEs ARTS

Marc Chenaye  © Espace St Jean -MelunArmand Cassagne : " L'atelier en forêt de Fontainebleau " -  Aquarelle et fusain  77x58 cm -   © Musée de MelunRené Magritte © ADAGPUtagawa Hiroshige : ©Maurice Denis  © ADAGPVincent Van Gogh : " Autoportrait " ©

" Le meilleur tableau est celui
que la raison ne peut admettre ."
Guillaume Corneille


Et pour vous
qu'est-ce que l'art ?

 

------

ACCUEIL

EXPOSITIONS
EN COURS

EXPOS
 MUSEES à PARIS
et en ILE DE FRANCE
 

EXPOS
 MUSEES 
EN REGIONS

EXPOS
MUSEES
 DANS LE MONDE

EXPOS
 GALERIES À PARIS
ET EN ILE DE FRANCE 
 •
EXPOS
GALERIES
EN REGIONS
 •
 EXPOS
GALERIES

DANS LE MONDE

EXPOS
Le mONDE dEs ARTS

ARTS, HISTOIRE,
PATRIMOINE

PROPOS & CITATIONS

 LIVRES D'ARTS

ARCHIVES

ARTICLES

VIDEOS

RECHERCHE

LIENS


LETTRE D'INFORMATION MENSUELLE

¤¤¤¤¤

Pour nous écrire
Le mONDE dEs ARTS
 lmda(at)lemondedesarts.com

PUBLICITE
------







¤¤¤¤¤

PUBLICITE
------












¤¤¤¤¤

PUBLICITE
------











EXPOSITIONS
PASSEES
PARIS & ILE DE FRANCE
Année 20
10

         


Exposition terminée


PARIS : Centre Georges Pompidou
" Arman "
Du 22 septembre 2010 au 10 janvier 2011





Image non disponible

images/Arman19.jpg
Arman :
"Tuez les tous. Dieu reconnaitra les siens "
1961
© ADAGP


L’oeuvre d’Arman ( 1928 - 2005 ) ne peut pas se résumer à une simple chronologie de périodes qui dans son parcours se succèderaient l’une après l’autre. Il lui arrivait constamment de revenir sur ses travaux, de refaire, de revisiter ce qu’il appelait ses
« procédures », telles que les "Accumulations", les "Poubelles", les "Coupes", les "Colères", les "Combustions"…en inventant ainsi une communication permanente entre le présent et le passé, dans un dialogue vivant, s’exprimant au gré de ses découvertes ou au fil de ses inventions.

Arman n’était pas un récupérateur d’objets, bien qu’il les appréciaient pour ce qu’ils représentaient dans leur contexte contemporain. Il ne procédait pas par l’ accumulation de ceux-ci de manière désordonnée ou aléatoire, mais plutôt selon le mode du collectionneur, ou de l’artisan qui classe ses richesses par catégories, par formes, par dimensions, par matières, par couleurs, dans des cases structurées et organisées.


Cette grande rétrospective du Centre Pompidou, cinq ans après la disparition de l'artiste rassemble près de 120 oeuvres, organisée dans une perspective regroupant sept thèmes majeurs
A l’entrée c’est « La Victoire de Salemotrice » Accumulation Renault n°101 de 1967, faite d’éléments de R4 assemblés et soudés qui accueille le visiteur, et le conduit ensuite à sept salles bien différenciées.
Dans la salle 1 : « de l’informel à l’objet », avec les « Premiers cachets » et les « Allures d’objets » qui amorcent les premiers travaux d’accumulation et initient la présence de l’objet au sein même de la surface du tableau.
Dans la salle 2 , « Les Poubelles et le Plein » rassemblent les déchets de verres, d’objets électriques ou des accumulations d’ordures ménagères dans des boîtes de plexiglas.
La salle 3 , « La masse critique de l’objet » dont Arman dit «mille compte-gouttes sont plus compte-gouttes qu’un seul compte-gouttes.» , où l’objet est mis en perspective dans le contexte de sa fabrication en séries quasi illimitées, parfaitement identiques, mais cependant unique pour chacun d’entre eux.
La salle 4, « Colères et Coupes », présente les premières « Colères » réalisées à partir de 1961, rassemblant les objets trouvés et brisés par l’artiste sous le vent de ses violences artistiques : instruments de musiques désarticulés ou écartelés, postes de radios écrasés, pichets et bouilloires coupés en morceaux, télévisions brisées dans du plexiglas, ainsi que la toute première « explosion » d’Arman « Die Wise Orchid » de 1963, carcasse de voiture de sport provenant d’une performance faite à Essen en Allemagne ainsi que « Conscious Vandalism »,autre performance de l’artiste faite à la John Gibson Gallery à New York en 1975.
La salle 5, « l’Archéologie du futur » montre des objets brûlés, décomposés, ou arrachés, découpés, pris dans des inclusions de résines, de plexiglas, de béton ou encore de polyester, comme autant d’ objets rescapés d’une archéologie moderne, retrouvés après une catastrophe ou un séisme.
La salle 6, « Art et Industrie » réunit des travaux réalisés entre 1967 et 1969 période pendant laquelle Arman va créer de grandes accumulations, parfois sculptures, parfois ensembles monochromes de pièces métalliques, de moteurs ou de carrosseries sortant directement des chaînes de montages des usines Renault.
La salle 7 , "J’ai refait le peintre " où Arman revient à la « peinture » au travers des compositions dans lesquelles les matériaux : tubes, brosses, pâte, pinceaux, et flacons d’additifs, deviennent partie
intégrante de l’oeuvre et démontre la démarche de l’artiste qui recherche à donner de nouvelles dimensions, et à traduire de nouvelles significations possibles à la peinture, mais également aux arts en général.



Image non disponible

images/Arman11.jpg
Arman
" Chopin's waterloo "
1962
Photo Adam Rzepka
© ADAGP 2010
© Collection Centre Pompidou - RMN Paris




Arman

Arman
© ADAGP



Armand Pierre Fernandez est né à Nice le 17 novembre 1928. Son père, d’origine espagnole possède un magasin de meubles Rue du Maréchal Joffre, à Nice. C’est dans cet univers qu’Armand passe son enfance parmi des meubles et multiples objets de brocante, et qu’il lui vient le goût de collectionner. Son père, qui est aussi peintre amateur, lui enseigne les rudiments de la techniques de la peinture à l’huile et lui fait découvrir dans les foires les coupes de moteurs montrant le fonctionnement des mécanismes, ce qui le fascine littéralement. Armand se révèle rapidement doué pour la peinture et les arts plastiques. Il entre à l’École Nationale des Arts Décoratifs de Nice où il fait un brillant passage, mais où il s’ennuie rapidement.

Armand fait alors la connaissance d’Yves Klein et de Claude Pascal lesquels sont fascinés par Vincent Van Gogh. Par admiration pour lui, pour sa technique, ses couleurs pures, Klein et Armand décident de n’utiliser que leurs prénoms pour signer leurs premières oeuvres.
En 1948, Armand découvre les oeuvres des Dadaïstes et des Surréalistes qui marqueront ensuite toujours son travail de peintre. En 1949, il s’inscrit à l’École du Louvre et s’installe à Paris.

Avec Yves Klein et Claude Pascal, il fréquente le milieu artistique parisien et rencontre Anna Staritsky qui concentre son travail vers une peinture non-figurative. Le travail de Jackson Pollock qu’il découvre au Studio Facchetti l’impressionne tout autant que le non-figutratif et l’influence dans les oeuvres qu’il réalise alors.

Il épouse Éliane Radigue le 17 février 1953. Sa peinture devient de plus en plus abstraite et montre l’influence de Poliakoff et de Nicolas de Staël. Peu après en 1954, il découvre le travail de Kurt Schwitters qui met en scène des objets de rebut, des fragments de papier et de cartons.A Nice, où il travaille dans le magasin de son père, il récupère les tampons encreurs pour les utiliser dans ses compositions en s’intéressant surtout au côté formel du cachet. Il expose ses « Cachets » à Paris en 1956.
 À l’occasion de sa première exposition personnelle en Juin 1957 à la Galerie La Roue, une faute typographique de l’imprimeur sur une affiche transforme son nom en «Arman». C’est ainsi qu’il décide de supprimer le «d» de son prénom qui devient son nom d’artiste.
Il rencontre peu après le Groupe de Recherches Musicales dirigé par
Pierre Schaeffer, un ingénieur du son, qui travaille sur des appareils qui permettent de modifier les sons, de les prolonger ou de les ralentir et qu’il appelle les « Allures du son ».
Arman lui emprunte ce concept et se met à travailler sur ses « Allures d’objets », qui le conduiront ensuite aux premières « Colères » et aux « Accumulations ».

En 1959, il crée ses premières « Poubelles » qui rassemblent les déchets de verres, d’objets électriques ou des accumulations d’ordures ménagères dans des boîtes de plexiglas.
En avril 1959, la « Galleria Apollinaire » de Milan expose les dernières oeuvres d’Yves Klein, de Jacques Villeglé, de Jean Tinguely, et les « Allures » et « Colères » d’Arman. C’est à cette occasion que la notion de « Nouveau Réalisme » est employée pour qualifier ce type de recherches artistiques mettant en relief les affres de la société industrielle, productrice d’objets de consommation  et de déchets en grandes quantités.
En juin 1959, son exposition de Düsseldorf intitulée «Poubelles et Accumulations» lui permettra de se faire connaître plus largement, grâce à un texte intitulé « Réalisme des accumulations » où il explique que l’objet possède une valeur en soi, et que l’accumulation permet de lui redonner un contexte en lui-même.

L’année 1960, est riche en événements pour Arman qui par l’exposition «Le Plein», répond à l’exposition «Vide» de son ami Yves Klein, avec une invitation au vernissage composée d’une boîte de sardines remplie de déchets avec un texte de Pierre Restany, qui estime que cette présentation donne au « Nouveau Réalisme » sa véritable dimension.
Arman crée ensuite une série de portraits-robots, dont le portrait d’Yves Klein réunissant certains de ses objets personnels dans une boîte. Le 27 octobre 1960, est créé le groupe des « Nouveaux Réalistes » avec Raymond Hains, Yves Klein, Martial Raysse, Daniel Spoerri, Jean Tinguely et Jacques Villeglé et un manifeste dont le texte rédigé par Pierre Restany est intitulé «À 40° au-dessus de Dada».
En septembre 1961, Arman réalise en direct pour la télévision américaine une « Colère » de contrebasse qu’il nomme «NBC Rage».

C’est alors qu’il commence à utiliser de nouvelles techniques moins contraignantes, telle que la résine de polyester, pour faire des inclusions d’objets. C’est la période où à l’occasion d’une exposition au Musée d’Art Moderne de New York, intitulée «The Art of Assemblage» qu' il découpe les objets en tranche. Cette technique , « Les Coupes » lui permet de transformer l’objet à volonté avec des liens de rappels avec le cubisme, le constructivisme ou le futurisme. De son côté Yves Klein réalise le portrait-relief d’Arman en janvier et meurt brutalement le 6 juin 1962.
Les « Nouveaux Réalistes » après la disparition de Klein décident de se séparer.

Arman qui commence à être connu décide de s’installer à New York. Il poursuit aux Etats-Unis ses « Coupes « et ses « Accumulations », et accentue ses déstructurations des objets.Il développe l’utilisation du polyester, en multipliant les inclusions.
En 1964, il expose pour la première fois dans un musée: le Walker Art Center de Minneapolis, puis le Stedelijk Museum d’Amsterdam.
C’est Alain Jouffroy qui organise en France l’exposition « Les Objecteurs de la Vision» en janvier 1966 où la peinture est abandonnée pour laisser place à l’objet avec des oeuvres d’Arman et de Spoerri présentés commeles initiateurs de cette nouvelle tendance de l’art moderne.

En 1966, Arman travaille sur des « Accumulations » de tubes de peinture en suspension dans le plexiglas; avec des coulées de couleurs échappées de leurs tubes, et réfléchit à travailler avec l’objet le plus représentatif de la société moderne et industrielle: l’automobile. Il noue un accord avec la firme Renault qui lui permettra sur ce thème la création d’une centaine d’oeuvres.

Les années 1968 et 1969 sont riches en événements pour Arman avec en particulier une exposition au MoMa de New york sur le thème « Dada, Surréalisme et leur héritage». En juin de la même année, il représente la France à la Biennale et se voit en mars 1969, présenté avec ses « Accumulations Renault « au Stedelijk Museum» d’Amsterdam. Il créée quelque temps après sa « Colline des pianos » composée de pianos inclus dans des résines polyester.

À partir de 1970, il revient aux « Coupes » en procédant au découpage en tranches de statues qu’il réassemble.En novembre 1970, avec Pierre Restany il organise une nouvelle grande exposition rétrospective à Milan, pour le 10 ème anniversaire des Nouveaux Réalistes, avec des « portraits » d’artistes qui consistent à demander à ses amis artistes de rassembler leurs déchets dans des conteneurs. C’est ainsi que Christo, Roy Lichtenstein, Sol LeWitt, Robert Rauschenberg, Claes Oldenburg, Andy Warhol, se trouvent « portraitisés» par Arman, en regard de leurs poubelles.

Arman se sépare d’avec sa femme Éliane Radigue en janvier 1971, et épouse quelque temps plus tard Corice Canton à Nice. Il travaille alors à nouveau sur une série de « Poubelles » organiques de détritus jetés d’un bloc dans la résine. Il veut témoigner par ces actions de l’explosion de la sur-consommation moderne et de l’envahissement du monde par les déchets .

Devenu citoyen américain en 1972, il décide de faire le portrait de New York au travers les déchets et les détritus de la ville, tandis qu’à Paris il expose les « Poubelles organiques ».
En 1975, le Musée d’Art Moderne de Paris regroupe une nouvelle exposition des « Coupes » et des « Colères » prises dans le bétons qu’il baptise «Objets armés».
Le 5 avril 1975, Arman réalise une action de happening « Conscious Vandalism » à la John Gibson Gallery de New York consistant à détruire un appartement qu’il avait installé avec soin.
En 1982, il réalise au Château du Montcel, à Jouy-en-Josas; « Long Term Parking », une composition de deux mille tonnes de béton, entassant une soixantaine de voitures sur 18 mètres de hauteur.

Le Musée Picasso d’Antibes lui permet lors d’une rétrospective qui lui est consacrée de présenter une « Accumulation de trente guitares » en bronze baptisée « À ma jolie », en référence aux tableaux cubistes de Picasso de 1912.
Le 14 juillet 1984 , à Paris est inaugurée, une nouvelle pièce de cinq tonnes et de trois mètres dix de haut représentant une « accumulation » de deux cents drapeaux, dans le hall d’honneur du Palais de l’Élysée.
Il présente quelque semaines plus tard «The Day After», une « Combustion » d’un salon complet de style Louis XV, en bronze, pour illustrer l’angoisse d’une destruction totale et d’une vision pessimiste sur un éventuel anéantissement de notre société.
En 1985, il travaille à une nouvelle série d’ »Accumulations » avec des tubes de peinture sur toile , puis à une « Accumulation » de deux mille trois cents tambours de machines à laver dans sa maison de Vence. En juin 1988, il réalise une nouvelle intervention sur la scène du Palais du Peuple, Place Tien Anmen, à Pékin: le en exécute une « Colère » d’instruments, au profit du sauvetage de la Grande Muraille de Chine.

En 1989, de retour à New York, Arman manifeste le souhait d’en revenir à la peinture et à la couleur à sa façon . Il entame la série des « Shooting Paintings » et des « Dirty Paintings ».
 "Je suis de nouveau un peintre" dit-il. Il s’agit de mêler de la peinture à des tubes de couleur écrasés, au milieu d’autres objets et de couches de couleurs : pâtes, brosses et pinceaux.

En août 1994, il inaugure à Beyrouth, au Liban, « Hope for Peace », une « Accumulation » monumentale en béton de trente-deux mètres de haut, incluant quatre-vingt-trois chars de combat.
Le 26 janvier 1998 Paris lui ouvre une grande rétrospective à la Galerie Nationale du Jeu de Paume avec la présentation d’ une centaine d’oeuvres réalisées de de 1959 à 1997.
Arman travaille alors à des nouvelles séries, dont la « Nec Mergitur » consistant en une série d’objets en suspension dans un amalgame de boue et de pétrole, pour traduire sa révolte contre les marées noires. Son but est de projeter le spectateur dans une interrogation sur l’après de la sur-consommation et des pollutions qui envahissent la planète

En 2000, une nouvelle rétrospective intitulée «Arman, la traversée des objets», est organisée par Tita Reut présentée à la Fondation Émile-Hugues de Vence. Il renoue avec la peinture avec une série intitulée «Serious Paintings », qui allient la mise en relief de la musique en peinture.
A New York, le 22 octobre 2005, il meurt des suites d’un cancer.


Centre Pompidou - Paris

(LMDA)




Exposition terminée


PARIS : Monnaie de Paris

" Willy Ronis : une poétique de l'engagement "
Du 16 avril au 22 août  2010








Image non disponible

images/Ronis88.jpg
Willy Ronis :

" 14 juillet 1936 "
© ADAGP



Ce sont 150 photographies qui sont rassemblées dans cette exposition en hommage à l'un des photographes les plus emblématiques du XXème siècle, disparu en septembre 2009.

Toujours l'oeil vif et en mémoire toute sa vie, Willy Ronis ( 1910 -2009 ), a toujours aimé Paris. Il aura traversé le  siècle avec son appareil photo et connu toutes les facettes du métier de photographe, depuis les années vingt jusqu'à nos jours.

Fils d’un émigré juif d’Odessa en Ukraine et d’une pianiste juive lituanienne, en fuite au début du XXème siècle en raison des pogroms, ses parents se réfugient à Paris dans le 9ème arrondissement. Son père, après un emploi de retoucheur en photographie, ouvre son propre studio, sous le pseudonyme de Roness.

Leur fils, Willy, naît à Paris, en 1910 au pied de la Butte Montmartre, Cité Condorcet. Il veut devenir compositeur de musique .Mais lors de son retour du service militaire en 1932, son père, très malade, lui demande de l’aider dans son travail au studio.

Il ne s'intéresse pas à la photographie conventionnelle faite de portraits et de photos de famille,  mais il aime les expositions photographiques. Il fait des études de dessin et de violon, et il commence à photographier Paris.
Il est sensible à la condition matérielle et à la vie  difficile des personnes qu'il rencontre.  Ses opinions politiques penchent à gauche. C'est ainsi qu' il photographie les manifestations ouvrières de 1934.

Mais le décés de son père en 1936, et la faillite de son studio de photos-portraits, le conduisent à s'essayer à la photo reportage, en réalisant des piges pour la presse de gauche dont il se sent proche.

La première photo qu'il vend à un journal, est une photo prise le 14 juillet 1936 : une fillette coiffée d'un bonnet phrygien et levant le poing, juchée sur les épaules de son père. Cette photo sera l'une des photos-icônes du Front Populaire.

A partir de cette date, il se consacre totalement au reportage, et se rapproche des idées de Robert Capa et de David Seymour, photographes déjà célèbres avec lesquels il partage
les mêmes conceptions.

Il fait aussi alors la connaissance de Kertesz, de Brassaï et de Cartier-Bresson . Mais, par rapport à la  vision de ses amis photographes, Willy Ronis développe une véritable originalité , marquée par l’attention portée à « l’ harmonie des mouvements de foule et à la joie des fêtes populaires ».

Après la guerre, où il s'est réfugié en zone libre, il décroche des commandes pour de grands magazines comme Time-Life, Point de Vue, Regards, et entre à l'agence Rapho. C'est l'âge d'or de la photographie humaniste française et Willy Ronis couvre tous les sujets parisiens.

En 1947, ses photos de Belleville et Ménilmontant, avec lesquelles il réalisera un album devenu un livre-culte "Belleville-Ménilmontant", maintes fois réédité depuis 1954, puis ses photos des bords de la Marne quelques années plus tard le feront connaître du grand public.

Willy Ronis : " Autoportrait "  - 1990 - © Coll. Part. © ADAGP - Paris

Willy Ronis
" Autoportrait "  - 1990 -
© Coll. Part. © ADAGP - Paris


" Si je remonte dans le temps, j'avais eu la commande d'un reportage sur les guinguettes. C'est comme ça que je suis allé sur les bords de la Marne avec ma moto, comme ça, au hasard. Quand on ne connait pas le coin, c'est absolument ébouriffant, avec la boucle de la Marne à Champigny. Tout à coup, on traverse, on trouve la Marne, et on ne comprend pas pourquoi ... On sortait de l' Occupation. Il y avait un souffle et un enthousiasme lié à ce que nous avions retrouvé la liberté. Et cela se sentait dans la vie quotidienne, malgré les difficultés ... et en 58, ce n'était pas encore dissipé, on croyait encore à une vie sans souci majeur ".

A la demande d'Edmonde Charles-Roux, rédactrice en chef, alors, de Vogue, il réalise en 1957-58 des photographies de mode, en extérieurs. C'est un aspect moins connu du travail de Willy Ronis.
Cependant les années 60 sont moins prospères pour Willy Ronis, lequel décide de quitter Paris en 1972, pour s'installer à l'Isle-sur-Sorgue et se consacrer à l'enseignement, tout en réalisant des reportages sur la Provence.

Son objectif  fixe le temps et ses mouvements. La société évolue plus vite que ces lieux qui semblent résister à l'inconstance des hommes. Les photos réalisées jusque vers les années 80, sont souvent faites lors de longues promenades avec son épouse, et montrent la douceur de vivre avec des déjeuners sous les platanes, la beauté de la nature, comme autant des clins d'oeil à Jacques Prévert.

En 1980, un éditeur lui propose de rassembler ses photos dans un album rétrospectif. Ce livre "Sur le fil du hasard", qui paraît en 1981, obtient le prix Nadar et relance brusquement sa carrière. Ses photographies font alors l'objet d'un véritable engouement, tandis que les livres, les articles, les expositions se succèdent à Paris, New-York, Moscou ou Oxford.

Il décide alors de revenir habiter à Paris, dans son cher 20ème arrondissement, et recommence à photographier et à travailler à la réédition de ses photos, lui qui n'a utilisé en tout et pour tout dans sa vie que trois appareils photographiques, et très peu travaillé en couleurs.

En 1983, Willy Ronis décide de léguer son oeuvre à l'Etat français. Il meurt dans la nuit du 11 au 12 septembre 2009 à l’âge de 99 ans.



Monnaie de Paris

(LMDA)



Exposition terminée


PARIS : Pinacothèque

" Edvard Munch ou l'Anti-Cri"
Du 19 février au 18 juillet 2010
>>> Prolongation jusqu'au 08 Août 2010








Image non disponible
images/Munch17.jpg
Edvard Munch
" L'enfant malade"
1885
Huile sur toile 119,5 x 118,5 cm
© Nasjonalgalleriet - Oslo








Image non disponible

images/Munch33.jpg
Edvard Munch
" Labours de printemps"
1916
Huile sur toile 84 x 109 cm
© Munchmuseet - Oslo


En dehors d’une oeuvre emblématique et essentielle, "Le Cri ", tableau peint en 1893,  Edvard Munch (1863-1944) reste peu connu du garnd public. La notoriété mondiale de ce tableau jusqu’à aujourd’hui a eu pour effet d’occulter la dimension réelle, l’intérêt et l’influence de l’artiste dans l’art moderne.

Munch qui a peint près de 1700 toiles au cours de sa carrière et exécuta quantité de dessins, d’études et de gravures se distingua très tôt, dès 1880 en s’opposant par son style à toutes les conventions liées aux artistes et aux influences de son époque.
Appliqué à travailler dans un réalisme stylisé, de manière à ce que les détails et les couleurs expriment librement son sujet, il considère travailler dans un style qui serait celui du dessin technique avec la précision qui pourrait être celle d’une composition photographique. Une de ses premières oeuvres telle que "La vieille église d’Aker " en 1881 montre déjà un style particulier avec une dominante sombre et angoissante qui peut  le définir comme étant le pionnier de l’impressionnisme.
Il travaille par couches de couleur parfois épaisses, et laisse volontiers quelquefois ses toiles sous la pluie et la neige, pour les reprendre et les retravailler, en les grattant ou selon, en diluant les couleurs pour leur donner de la transparence, ou du relief afin de transmettre une émotion ou une impression au spectateur.
Il s’inscrit sans doute dans la lignée de William Turner et de Gustave Courbet et peut-être considéré comme le trait d’union entre l’expressivité de Rembrandt, Vélasquez, ou Goya et dans l’art moderne du XXème siècle, Picasso, Pollock ou Jean Dubuffet.
Edvard Munch a été un peintre du dépassement de lui-même, sans doute à la faveur d’une angoisse intérieure constante face à la vie et à la mort, et à la fragilité de sa santé et de ses souffrances nerveuses. Il dira plus tard : " L’angoisse devant la vie me poursuit depuis ma naissance. Mon art a été comme une suite d’appels désespérés comme émis par l’opérateur de radio d’un navire en perdition". 


Edvard Munch nait et grandit dans la capitale norvégienne, qui s'appelle alors Christiania. Son père, médecin militaire, a de modestes revenus, mais est profondément croyant. Sa mère, qui a  20 ans de moins que son mari, meurt prématurément de tuberculose alors qu'Edvard n'a que cinq ans.
Celui-ci est d’une nature maladive, et sa soeur ainée Sophie décède elle aussi de la phtisie, une des formes de la tuberculose. Sa plus jeune soeur souffre elle même  de dépression chronique. Des cinq enfants de la famille, seul son frère Andréas se marie, mais il meurt quelques semaines après son mariage.
L’atmosphère de la maison parentale est envahie par ces effets de la maladie, de la mort et de la tristesse dont Edvard Munch ne peut se défaire et qui restera toujours dans son œeuvre.

Après avoir étudié à l'école technique, Edvard Munch décide dès l’âge de 17 ans de se consacrer très sérieusement à l'art. Il étudie les anciens maîtres, suit les cours de dessin de nu à l'Ecole Royale.
En 1885, à l’issue d’un court séjour qu’il fait à Paris, il peint un tableau décisif pour lui "L’enfant malade " qui représente sa sœeur Sophie. Il travaillera beaucoup à ce tableau à la recherche de l’expression de sa tristesse et de sa douleur au travers la composition et les couleurs, afin de témoigner à la fois de sa peine et de l’amour qu’il ressent alors. Là il rompt avec le réalisme en renonçant à l'espace et à la forme plastique, pour une composition très laborieuse, élevant cette oeuvre sombre au rang d’une représentation religieuse.

Les oeuvres qui suivront sont moins provocantes et plus réalistes telles que "Inger sur la plage" ou "Le Printemps"  en 1889, et montrent l'aptitude que Munch peut développer dans la représentation d'atmosphère lyrique, dans la même veine que le néoromantisme de l'époque.

En 1889, il peint aussi le portrait de l'écrivain norvégien Hans Jæger qui marque un tournant dans sa vie en le mettant en contact avec un groupe anarchiste aux idées radicales et le conduit à une intense réflexion sur lui-même. "Chacun doit écrire sa vie"  dit-il.
C'est à cette époque que commence sa vaste production biographique qu'il reprendra à plusieurs moments de son existence. En accord avec les idées de Jæger, il veut retranscrire par une capture la plus proche et la plus fidèle possible les affres et les ennuis de la vie moderne : il veut  peindre sa propre vie.

À l'automne 1889, Edvard Munch a droit à une grande exposition de ses oeuvres à Christiana, où l'État lui accorde une bourse d'artiste. Il retourne en voyage à Paris, où il devient pour un moment l'élève de Léon Bonnat.Durant trois ans, résidant à St Cloud et à Neuilly, il s’implique dans la vie artistique de la capitale française et découvre les œeuvres de Van Gogh et de Gauguin.

Mais peu de temps après son arrivée à Paris, il reçoit la nouvelle de la mort de son père, ce qui le renvoie aux souvenirs des décès de sa sœeur et de sa mère, et le fait sombrer à nouveau dans la mélancolie extrême.
Le tableau "Nuit à St Cloud " peint en 1890 témoigne de cet accablement : "Je vis en compagnie de la mort… tous les souvenirs, les plus petites choses affleurent sans cesse " écrit-il . L'intérieur sombre avec la seule figure à la fenêtre est totalement dominée par les tons bleus, peints ton sur ton.
Il peint également une série de tableaux dans un style impressionniste et pointilliste, avec des sujets comme "La Rue LaFayette" à Paris, ou encore "La Rue Karl Johan"» de Christiana.

Mais ce qui intéresse surtout Munch, ce sont les impressions de l'âme, les expressions des tensions internes dues aux angoisses de la vie, et non les représentations superficielles des sens.
Durant l’été 1891, il peint "Jappe sur la plage ou Mélancolie" qui préfigure ce que sera son oeuvre majeure " Le Cri ", dans le cadre d’une vaste série qu‘il appellera "La Frise de la Vie" dans laquelle il veut décrire les forces auxquelles l’individu est confronté dans son existence : le plaisir, l’amour, la peur et la mort.
Lors de sa nouvelle exposition de l'automne 1891 à Christiana, Munch montre des oeuvres dans lesquelles dominent le sentiment de mélancolie et de désespoir avec une simplification et une stylisation utilisée inspirées de Gauguin.


Edvard Munch dans son atelier le 12 décembre 1943 © Munchmuseet - Oslo

Edvard Munch
dans son atelier
le 12 décembre 1943
© Munchmuseet - Oslo

Au sujet du "Cri " Edvard Munch écrira : "Je me promenais sur un sentier avec deux amis et le soleil se couchait. Tout d'un coup le ciel devint rouge sang Je me suis arrêté, fatigué, et je me suis appuyé sur une clôture Il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir et sur la ville Mes amis continuèrent leur chemin, et moi je suis resté sur place,immobilisé et tremblant d'anxiété. Je sentis alors un cri infini qui passa à travers l'univers".

Il peint ce tableau à Asgadstrand, une petite ville des alentours de Horten en Norvège. Le littoral très sinueux caractéristique de cette région, est un motif qui se retrouvera dans de nombreuses compositions de Munch.

À l'automne 1892, invité par le "Club d'Art de Berlin" (Berliner Kunstverein), Munch présente ses dernières oeuvres qui font scandale, car le public et les vieux peintres y voient comme une provocation anarchiste. L'exposition doit être fermée à cause de la protestation.
Mais Munch qui s'est ainsi fait un nom à Berlin, décide de s’y établir. Il côtoie des artistes et d'intellectuels où les scandinaves sont fortement représentés tels que l’écrivain August Strindberg, le danois Holger Drachmann et l'historien de l'art allemand Julius Meier-Gräfe.  Dans ce cercle, on y discute de la philosophie de Nietzsche, de politique, d'occultisme, de psychologie et de la sexualité.


En décembre 1893, Munch expose à nouveau et présente six peintures sous le titre " Étude en une série : l'Amour". On y retrouve des motifs comme "La tempête" , "Clair de lune " et " Nuit étoilée", où l'on peut sentir l'influence du peintre germano-suisse Arnold Böcklin. D'autres motifs éclairent le côté nocturne de l'amour, comme "Rose et Amélie " et " Vampire". Plusieurs tableaux ont la mort comme thème, et le plus marquant est " La mort dans la chambre de la malade ". Cette composition montre ce que doit Munch aux symbolistes français. Avec ses couleurs crues et blafardes, le tableau montre une scène fortement figée, comparable au tableau final d'une pièce d'Ibsen. La scène rappelle la mort de sa soeur Sophie, et toute la famille est représentée. La mourante, assise dans un fauteuil, est représentée de dos, mais attire le regard sur le personnage qui représente Munch lui-même.

L'année suivante, la "Frise de la Vie continue avec des tableaux comme "La peur", "Cendres", "Madonne", ou "Les trois âges de la femme ", un tableau monumental totalement dans l'esprit du symbolisme.

En 1896, Munch abandonne Berlin pour retourner à Paris, où séjournent notamment August Strindberg et Meier-Gräfe. Il se concentre de plus en plus sur les moyens graphiques, aux dépens de la peinture. Il réalise des lithographies en couleurs et des gravures sur bois. Il réalise deux affiches de programmes pour le "Peer Gynt " d’Henrik Ibsen et l'illustration partielle d’une édition des "Fleurs du Mal " de Baudelaire.


En 1899, Munch peint " La danse de la vie ", tableau qui peut être résumé comme une " monumentalisation" personnelle et audacieuse d’un nouveau style décoratif, puis une série de paysages du fjord de Christiana, études délicates et décoratives de la nature. Il peint "Les filles sur le pont ", tableau classique chargé d'émotions, pendant l'été 1901 à Asgardstrand , où il a acheté une petite maison.

En 1902, il présente " La Frise de la Vie" dans son intégralité à la Sécession Berlin. Une exposition qui suit à Prague influence de nombreux artistes tchèques. Les portraits, souvent en pied, prennent une place de plus en plus importante dans son oeuvre. Le portrait de groupe " Les quatre fils du Docteur Max Linde " (1904) compte parmi les plus grands chefs-d'œeuvre du portrait moderne.puis il peint une série de nouveaux tableaux, certains dans des formats plus grands, partiellement empreints de l'esthétique du Jugendstil.
Commence alors une période pour Munch faite d'expériences nouvelles. Un style décoratif et vif se manifeste, influencé par l'art des Nabis, et notamment par Maurice Denis.

En 1908, il peint "Maçons et ouvriers", qui est la première oeuvre d’une série qu’il consacre au monde du labeur et de l’industrie. Il retourne vivre en Norvège en 1909 et travaille aux études des peintures murales qui lui ont été commandées par l’Université, dont la fresque "Le Soleil" qui sera installée en 1916.
Les années qui suivent montrent l’intérêt d’Edvard Munch pour une certaine peinture réaliste représentant les hommes et leur travail :  "Les pelleteurs de neige"  en 1913, "Les ouvriers à la sortie de l’usine"   en 1915, "Le Bûcheron"  en 1915, puis "Labours de printemps" en 1916, lesquelles acheminent le peintre vers un expressionnisme de plus en plus marqué qui le rapproche de la peinture allemande.
Dans les années 1930 et 1940, les nazis jugent son oeuvre comme de "l’ art dégénéré " et retirent ses tableaux des musées allemands. Munch est profondément marqué par cette situation, lui qui est antifasciste et qui considérait l'Allemagne comme sa seconde patrie.

Le 23 janvier 1944, Edvard Munch meurt à Ekely. Il lègue à la municipalité d’Oslo, toutes ses oeuvres en sa possession, soit mille peintures, quinze mille  eaux fortes, lithographies et gravures et quatre mille aquarelles et dessins, ainsi que six sculptures.

Edvard Munch peut être considéré comme le pionnier de l'expressionnisme dans la peinture moderne. Il a ouvert ouvert une nouvelle époque artistique en Allemagne et en Europe centrale, avec une oeuvre mal connue, dont on est en train de reconnaître aujourd’hui en Europe et dans le monde, l’importance dans l’évolution de l’histoire de l’art moderne.
Les peintures les plus connues de Munch sont celles des années 1890, notamment "Le Cri ". Mais sa production plus tardive attire maintenant l'attention, et inspire de plus en plus les artistes contemporains, par la puissance qui est la sienne.


Pinacothèque de Paris

(LMDA)




Exposition terminée


L'ISLE ADAM
Musée Louis Senlecq

" Clovis Trouille : voyous, voyants, voyeurs "
Du 28 novembre au 07 mars 2010




Image non disponible

images/TrouilleClovis7.jpg
Clovis Trouille

" Remembrance"

86 x 70 cm - Huile sur toile -1930
© Coll. part. © ADAGP


 


A la suite de la rétrospective de 2007 du Musée d'Amiens et de l'acquisition de la toile "Le grand poème d'Amiens" (1945-1963), par le Musée de Picardie, le Musée Louis Senlecq rend hommage dans cette exposition, à Clovis Trouille, peintre iconoclatse, découvert par Salvador Dali en 1930, et apparenté au surréalisme, mais trop oublié aujourd'hui et baptisé alors par André Breton lui-même " le grand maître du tout est permis".

Né dans l'Aisne en 1889, Clovis Trouille fréquente l'école des Beaux-Arts d'Amiens de 1905 à 1910, et devient peintre illustrateur. Travaillant  pour des journaux régionaux, il se fait d'abord remarquer en 1907 par une toile impressionniste intitulée " Paysage au vieux mur ", puis la même année par une autre toile" Palais des Merveilles" qui illustre une fête foraine où il présente des femmes aux déshabillés suggestifs, qui marque à partir de là son goût pour la provocation et l'érotisme.

A partir de 1920, installé à Paris, et employé comme maquilleur-retoucheur dans une fabrique de mannequin en cire pour vitrines de magasins, il commence à développer une oeuvre subversive, antimilitariste, et anticléricale.
Lors d'une exposition à laquelle il participe en 1930, il est remarqué par les surréalistes tels André Breton, Dali et Aragon, pour une toile intitulée " Remembrance" sur laquelle sont représentés un prêtre et un académicien exprimant une lubricité des plus explicites.
C'est à la suite de cette exposition qu'il se rapproche des surréalistes, tout en travaillant de manière très solitaire à son oeuvre personnelle.

Bien que signataire de tracts surréalistes en 1948, 1949 et 1951, Clovis Trouille n'a participé que de manière périodique à l'activité du groupe.
C'est à Salvador Dali qu'il doit son goût pour une technique picturale soignée, proche de l'exactitude photographique, mais dans le style particulièrement  anticonformiste qui est le sien.
Sensible aux ornements, aux costumes religieux, à la pompe des cérémonies, il trouve dans cette solennité, sous son air tranquille, matière à exprimer ses conceptions anticléricales, antimorales et antisociales : ces robes, ces costumes, ces déguisements, offrent pour lui un charme trouble, équivoque, et subversif, et l'envie de dévoiler tout ce qui se cache dessous ou derrière
. Il s'interrogeait : « J'ai toujours été contre l'imposture des religions. Est-ce en peignant la cathédrale d'Amiens que j'ai pris conscience de tout ce music-hall ? »

Les dessous féminins, les prêtres érotiques, les nonnes cloîtrées laissant parler leurs corps, qu'il représente comme dans " Rêve Claustral ", témoignent sans aucun doute de son anticonformisme, mais aussi de la pure expression de la réalité naturelle des hommes et des femmes, à la recherche de leur jouissance de la vie.



Clovis Trouille vers 1960 © ADAGP

Clovis Trouille vers 1960
© ADAGP


Auteur d'environ 120 tableaux, Clovis Trouille aborde sous différentes formes ses thèmes favoris que sont l'érotisme, la mort, la religion, la patrie, dans une recherche iconoclaste et parodique, et une critique parfois violente de la société.

Sa peinture magnifiquement libre, exaltant la couleur et la liberté des moeurs, fait de lui un peintre totalement à part dans la mouvance surréaliste. Revendiquant ses influences de la Renaissance, Clovis Trouille disait qu'il n'y avait pas eu de grands peintres entre Léonard de Vinci et lui, que Max Ernst et Miro n'étaient que des "barbouilleurs".

Il resta peu connu car il n'a jamais recherché les honneurs ou la gloire. N'ayant presque jamais participé à aucune exposition autres qu'à quelques unes du Salon des Indépendants, il peignait pendant ses loisirs des toiles où les thèmes de l'anticléricalisme et de l'antimilitarisme revenaient en permanence. Il se disait avoir été très traumatisé par la Première Guerre mondiale, et manifesta à toute occasion son antimilitarisme, et son attachement depuis toujours aux idées anarchistes, ce jusqu'à sa mort en septembre 1975 dans la région parisienne.

Musée Louis Senlecq - L'Isle Adam

( LMDA)


Exposition terminée


PARIS : Musée Marmottan Monet
" Fauves et Expressionnistes : de Van Dongen à Otto Dix "
Du 28 octobre 2009 au 20 février 2010
>>> prolongation jusqu'au 07 mars 2010





Image non disponible

images/Kirchner7.jpg
Ernst Ludwig Kirchner
" Femmes dans la rue "
1914. Huile sur toile 126 x 90 cm
© Von der Heydt Museum - Wuppertal




Cette très belle exposition, offre un parcours dans l'évolution de l'art moderne au début du XXème siècle allant des peintres fauves à l'expressionnisme, jusqu'à la Nouvelle Objectivité, au travers les chefs-d’oeuvres prêtés par le Musée Von der Heydt de Wuppertal en Allemagne.

De Munch à Van Dongen, de Vlaminck à Otto Dix, mais aussi avec Nolde, Braque, Dufy, avec les artistes du "Pont" (Die Brücke) et du "Cavalier Bleu" (Der Blaue Reiter), jusqu’à Beckmann, et Grosz, avec un ensemble de cinquante oeuvres, le visiteur est immergé dans l'atmsophère de l’avant-garde de l'époque, partagée entre les fauves français et les espressionnistes allemands

L’ouverture de l'exposition commence par un portrait de jeune fille réalisé en 1905 par le peintre norvégien Edvard Munch, qui met en relief la problématique existentielle qui caractérise cette époque début de siècle.
Car s'il  s'agit alors de traduire les sentiments authentiques de l’homme, pour les expressionnistes allemands, il s'agit pour le fauvisme français de s'affranchir des conventions et d'exprimer la vie par la force des couleurs et de la matière.
Les deux principaux mouvements qui marquèrent l’avènement de l’art moderne en Europe juste avant la Première Guerre mondiale, sont ainsi mis en face à face.

D'un côté, ce sont donc les expressionnistes du groupe "Die Brücke" fondé à Dresde en 1905, avec des artistes tels que Kirchner, Heckel, et Otto Müller, et ceux de la  Nouvelle Association des Artistes de Munich, qui donneront ensuite naissance en 1911 au " Blaue Reiter ", avec en particulier Kandinsky, Jawlensky, Marc, ou Macke.

De l'autre, en France, le fauvisme est incarné par Dufy, Braque, Vlaminck et Van Dongen, lesquels montrent une préoccupation commune avec les artistes allemands de l'avant-garde.

Les oeuvres de Munch, ou de Nolde apparaissent comme des précurseurs de l’expressionnisme, mais les tableaux de Kokoschka  par exemple ou d’Oppenheimer mettent également en relief la caractère spécifique et indépendant de cette avant-garde.
Car les apports artistiques des peintres allemands des années 1920 se nourrissent des turbulences de la guerre et engendrent une seconde génération d'artistes expressionnistes révolutionnaires, à l'approche de la Seconde Guerre mondiale, tels que Felixmüller, Otta Dix et Max Beckmann, au sein d'un courant appelé " La Nouvelle Objectivité ".

La mise en comparaison des artistes de " Die Brücke", du " Blaue Reiter" et de leurs successeurs, avec les Fauves français dans la même démarche d'une recherche de l'humanité authentique, met en relief l’exacerbation des couleurs, du mouvement et de la spontanéité dans le Fauvisme. Les couleurs, la densité de la matière et du mouvement sont les représentations même de la jouissance de la vie, de l’extase, et de la quête de la plénitude de l'existence. Ces recherches de l'authenticité conduisent les fauves à retrouver les arts des origines, ce qui les conduit à s'intéresser aux arts tribaux africains ou océaniens et à l’art dit "primitif ".
Dans l'expressionnisme allemand, c'est davantage la réalité de l'époque, l'angoisse, la fuite du temps qui préocuppent les artistes, comme une prémonition aux événements futures. L'intérêt pour les arts " primitifs chez les artistes de "Die Brücke" apparaîtra  un peu plus tard vers 1910,  lorsque ceux-ci peindront ensemble sur les bords du lac de Moritzburg des nus en plein air.




Image non disponible

images/Mueller2.jpg
Otto Mueller

" Autoportrait avec pentagramme "
1922. Huile sur toile 120 x 75,5 cm.
© Von der Heydt Museum/Wuppertal



L’exposition montre ainsi les évolutions ultérieures de "Die Brücke", jusqu'à l’éclatement du groupe qui survient en 1913. Jusqu’aux années 1920, la guerre et les événements de l'immédiate après-guerre conduisent à des oeuvres très marquées par l'ambiance troublée de l'époque : chez Kirchner, les scènes de rue apparaissent dès 1913 jusqu'en 1915 avec '"Femmes de Rue ", dans lesquelles il restitue l’atmosphère oppressante de la capitale, mais aussi l'inquiétude devant le passé et l'angoisse face à l'avenir.

Les oeuvres du " Blaue Reiter " mettent de leur côté en relief moins le devenir de l'homme que la volonté de s'élever au dessus de la réalité dans une démarche plus spirituelle et abstraite. C'est ainsi que  Kandinsky, Jawlensky, Marc ou encore Macke défendent l’idée d'une union nécessaire entre l'impression et l'expression, entre l'intérieur et l'extérieur du sens artistique, en introduisant le "spirituel dans l’art".
La stylisation des formes, la dynamisation des couleurs, amènent ainsi Kandinsky dans une oeuvre telle que " l'Église sur les bords du lac de Rieg " peinte en 1908 aux premiers instants de l’abstraction. Jawlensky de son côté avec "Jeune fille aux pivoines" en 1909 témoigne déjà de la dimension mystique et spirituelle de sa démarche. La création du " Blaue Reiter " par Kandinsky et Marc les conduisent à organiser des expositions av
ec des artistes plus proches de leurs visions, et de leur volonté de faire une synthèse entre ces différentes tendances. Leurs recherches seront brutalement interrompues par la guerre .

Une deuxième génération d'artistes tels que Felixmüller, Dix et Grosz, s'engagera dans une critique de la  société dominée par la corruption et la décadence tandis que Max Beckmann de son côté tentear de traduire ce qu' a été le traumatisme de la guerre, et la dérision de l’existence humaine. Ces artistes de la "Nouvelle Objectivité " seront ensuite les victimes du régime hitlérien, avec la confiscation de nombreues de leurs oeuvres en 1937 -1938 considérées comme "dégénérées" par les  nazis.

Ces oeuvres, fruits de dons et d'acquisitions ont enrichis peu à peu le Musée Von der Heydt, et constituent la collection la plus complète d’art expressionniste. Elles sont présentées ici aux côtés des oeuvres des fauvistes français, dans un ensemble où elles se mettent mutuellement en valeur, et permettent de mieux comprendre les évolutions artistiques engendrées par l'histoire de l'époque.

Musée Monet-Marmottan



(LMDA)

Exposition terminée


PARIS : Centre Georges Pompido
u

" La subversion des images "
Du 23 septembre au 11 janvier 2010



Image non disponible
images/ManRay10.jpg
Man Ray
" Noire et blanche "

24,1 x 29,2 cm - 1926
© ADAGP






Image non disponible
images/ManRay11.jpg
Man Ray
" La Prière "

Photographie sur toile
- 32 x 23 cm - 1930
© ADAGP




L'exposition « La subversion des images : Surréalisme, photographie, film » proposée par le Centre Georges Pompidou rassemble plus de  400 oeuvres et offre en cela un panorama exceptionnel de la période des Surréalistes.

Une large sélection des photos de Man Ray, Hans Bellmer, Claude Cahun, Raoul Ubac, Jacques-André Boiffard, Maurice Tabard sont réunies auprès de clichés inédits, démontrant la variété des utilisations surréalistes de la photographie comme technique de transformation des images à des fins poétiques ou artistiques : collections d'images, documents bruts, photomatons, photographies de groupe, publications dans les revues, livres d'artistes, publicités, etc...

L'exposition révèle au public des ensembles méconnus de montages photographiques et de collages, de la part d'artistes  tels Paul Eluard, André Breton, mais aussi Antonin Artaud ou Georges Hugnet, ainsi que les jeux photographiques de Léo Malet ou de Victor Brauner et met en relief les travaux d'artistes moins connus, comme ceux d'Artür Harfaux ou de Benjamin Fondane, qu'elle contribue à faire redécouvrir au grand public.


La subversion des images" se donne comme objet de s'interroger sur la photographie en questionnant précisément les utilisations de la photographie et de l'image, telle qu'elle a été traitée par les artistes surréalistes.

Il s'agit aussi de présenter au public, un ensemble d'oeuvres peu ou pas connues, pour illustrer dans toutes ses dimensions ce qu'a été la culture photographique du surréalisme.

Les différentes salles de l'exposition s'organisent autour de concepts-clés, qui permettent de croiser les travaux des artistes avec les différentes applications qui en ont été faites.
Les principes essentiels du surréalisme ont pu en effet trouver dans la photographie la manifestation la plus complète et la technique la plus directe d'une expression subversive de l'art développée dans la revue " La Révolution Surréaliste".


L'exposition présente également une série de films et de courts-métrages réalisés par Luis Buñuel, Man Ray ou Germaine Dulac.



Centre Georges Pompidou


(LMDA)




 

   
 

------

        
 

WebAnalytics


Hit-Parade

¤¤¤¤¤
exposition

 Hommage
à
Wassil Ivanov
( 1909 - 1976 )


sur
Le mONDE dEs ARTS
Wassil Ivanov " Sans titre  " Craies sur papier 1974 © LMDA  / F.A.B - W.I.

¤¤¤¤¤

 
exposition

Musée de la Marine
Paris

Mathurin Méheut

Du 27 février au 30 juin 2013

 Affiche de l'exposotion Mathurin Méheut - Musée de la Marine Paris  © Lot84 © ADAGP 2012

¤¤¤¤¤

 
cinéma















¤¤¤¤¤

 
cinéma











¤¤¤¤¤

 
théâtre

Voyage
au bout de la nuit
d'après
Louis- Ferdinand Céline


Mise en scène
Françoise Petit 

avec
Jean-François Balmer

Théâtre de l'Oeuvre
55, Rue de Clichy
Paris - 75009

Jusqu'au 24 mars 2013

Affiche Theâtre : "Voyage au bout de la nuit " - Theâtre de l'Oeuvre-Paris

¤¤¤¤¤

 

¤¤¤¤¤

¤¤¤¤¤