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EXPOSITIONS PASSEES
PARIS & ILE DE FRANCE
Année 2009 |
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Exposition terminée |
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PONTOISE : Musée Tavet-Delacour
" Otto Freundlich - ( 1878 - 1943
)"
Du 16 mai au 27 septembre 2009
>>> Prolongation jusqu'au 31
octobre 2009
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images/Freundlich7.jpg
Otto Freundlich
" Mon ciel est rouge "
1933
Huile sur toile 162 x 130,5 cm
© Centre Georges Pompidou
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En 1969, le Musée Tavet-Delacour de Pontoise inaugurait les salles dédiées à la
Fondation Freundrich, l'un des premiers grands créateurs de l'art non figuratif.
Pour les 40 ans de la Donation Otto Freundlich, le Musée de Pontoise présente dans cette
exposition, l'intégralité de la donation et les oeuvres de l'artiste réalisées selon
les techniques de la mosaïque et du vitrail.
Plusieurs de ces oeuvres réalisées ont fait lobjet de restaurations récentes ce
qui donne loccasion de proposer au public la découverte de l'oeuvre d' un artiste,
encore peu connu en France, et dont la dernière présentation remonte à plus d'une
quinzaine d'années.
La donation et les acquisitions ultérieures du musée entourées dautres
euvres de lartiste conservées dans les collections privées et publiques
françaises comme le Musée National dArt Moderne mais aussi le Musée dArt
Moderne de Paris, et le Musée dEchirolles permettent d'apprécier la richesse du
parcours d'Otto Freundlich.
Sachant que le régime nazi en allemagne a détruit systématiquement ses oeuvres
conservées dans les collections allemandes d'avant-guerre, à la suite de
lexposition " Entartete Kunst " ("art dégénéré"), l'ensemble
des oeuvres présentées ici proviennent de son fonds datelier, et constitue la
collection la plus importante au monde de cet artiste.
Otto Freundlich né à Stolp en Allemagne en 1878 , est mort en 1943 dans le camp de
concentration de Lublin-Maidanek en Pologne.
Il étudie lhistoire de lart à Munich, puis à Florence en Italie avant
dexécuter ses premières euvres, proches du Jugendstil,
en 1907. Il séjourne régulièrement à Paris à partir de1908, et y fait la connaissance
d'Apollinaire, de Braque, Picasso, Gargallo, Juan Gris et André Salmon et décide de
s'installer dans l'un des ateliers du Bateau-Lavoir.
Il sintéresse surtout alors aux techniques de la mosaïque et du vitrail et
réalise dès 1911, ses premières peintures non figuratives qui ouvrent la voie à une
expression artistique fondée sur la figuration géométrie jusqu'à la composition
abstraite élaborée à partir de variations de couleurs.
Il travaille à la restauration des vitraux de la Cathédrale de Chartres en 1914, et aime
à aller très régulièrement à Auvers-sur-Oise durant les années 1930 sur les traces
de Vincent Van Gogh pour lequel il nourrit une grande admiration. Sa compagne Jeanine
Kosnik-Kloss sera d'ailleurs enterrée face à la tombe des frères Van Gogh.
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Otto Freundlich
1925
© Musée Tavet-Delacour
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Après la révolution de 1918 en Allemagne, Freundlich s'engage politiquement comme membre
du Novembergruppe et il organise
en 1919 avec Max Ernst, la première exposition Dadaïste en Allemagne, à Cologne.
Participant au groupe "Cercle et carré" crée en
1930, puis au groupe "Abstraction-Création "
en1931, il fonde en 1936 à Paris une académie privée qu'il baptise "Le Mur". Il y enseigne le dessin et la gravure, mais
aussi la peinture.
En 1936, Otto Freundlich rencontre Gaston Chaissac et lui conseille de se consacrer à la
peinture. Voyant l'une de ses oeuvres, il déclare "Un maître nous est né".
Chaissac reconnaitra toujours ensuite l'importance énorme qu'aura eu Otto Freundlich et
sa compagne Jeanine Kosnick-Kloss dans sa vocation artistique, par les encouragements qui
auront été les leurs durant cette période.
Considéré comme l'un des précurseurs de l'art abstrait, Otto Freundlich voit sa
sculpture " l' homme nouveau " de 1912, présentée en première page de
couverture du catalogue réalisé par les nazis pour leur exposition itinérante en
Allemagne de 1937 sur "l'art dégénéré", et ses oeuvres, qui étaient
conservées jusqu'alors dans différentes collections, soumises à la vindicte
national-socialmiste et systématiquement détruites.
Lorsqu'éclate la guerre, Otto Freundlich est arrêté par les autorités françaises. Il
est interné puis est libéré grâce aux démarches et à l'action de Pablo
Picasso.
Il parvient à rester en France jusqu'en 1940, où il se réfugie à
Saint-Paul-de-Fenouillet dans les Pyrénées-Orientales grâce à son ami et sculpteur
René Iché.
Mais dénoncé et arrêté le 23 février 1943, il est déporté vers le Camp de
concentration de Lublin-Maidanek en Pologne. Il y est éxécuté le jour même de
son arrivée, à l'âge de soixante-cinq ans.
Musée Tavet-Delacour
(LMDA)
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Exposition
terminée |
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PARIS : Pinacothèque de Paris
" Suzanne Valadon - Maurice
Utrillo "
Du 06 mars au 15 septembre 2009
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images/Valadon8.jpg
Suzanne Valadon
" La femme aux bas blancs"
Huile sur toile - 1924
© Musée des Beaux Arts - Nancy
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La Pinacothèque de Paris rend hommage
à Suzanne Valadon et à son fils, Maurice Utrillo, peintres longtemps boudés par les
musées et les galeries.
Les oeuvres de Maurice Utrillo sont ici exposées avec celles de sa mère artiste restée
longtemps peu connue, mais qui a pourtant fortement influencé son fils et dont les
peintures ont été malheureusement
trop longtemps sous-estimées.
Plus de cent cinquante oeuvres de Maurice Utrillo (1883 - 1955), et de Suzanne Valadon
(1865 - 1938) ont pu être ainsi réunies dans cette superbe exposition. Celle-ci ayant
pour objet de mettre en évidence la transition qui s'est opérée alors entre
lImpressionnisme et lEcole de Paris avec l'évolution concrète entre deux
styles, de manière très progressive chez Suzanne Valadon vers une nouvelle expression
picturale en mutation lente à partir de l'impressionnisme, et d'une manière plus brutale
chez Maurice Utrillo avec une indéniable rupture avec le passé.
Artiste maudit et alcoolique, Utrillo sévertuait surtout à représenter les
quartiers de Paris et surtout Montmartre dans un style dépouillé et coloré, mais très
souvent déserts, et sans vie. C'est ce style quelque peu minimaliste qui fait sa
renommée dans les années 1910, et qui lui permet d'être la figure essentielle de
lEcole de Paris.
Suzanne Valadon de son côté s'était peu à peu affranchie des codes et des règles de
l'impressionnisme pour une peinture libre de contraintes avec des toiles plus colorées et
plus énergiques mais dont l'influence sur son fils sont indéniables.
Fille dune blanchisseuse et d'un père inconnu, Suzanne Valadon est née en 1865.
Elle devient acrobate de cirque à l'âge de quinze ans, jusquà ce quun
accident la contraigne à mette fin à cette activité. Dans le quartier de Montmartre où
elle vit avec sa mère, elle se fait remarquer par sa beauté jusqu'à attirer le ragard
des artistes qui lui demandent de devenir leur modèle. C'est ainsi qu'elle pose pour
Degas, Toulouse Lautrec, Renoir ou encore Puvis de Chavannes.
Cela lui donne l'envie elle-même de dessiner et de peindre, mais les artistes qu'elle
côtoie et pour lesquels elle pose la découragent. Seul Edgar Degas, qui remarque les
lignes vives de ses dessins l'encourage et la conseille. Suzanne Valadon aime aussi
à peindre des natures mortes et des paysages marquées par la force de leur composition
et leurs couleurs vibrantes. Ses premières expositions des années 1890 comportaient
principalement des portraits, parmi lesquels un saissisant Erik Satie avec qui elle eut
une relation en 1893.
En 1894, Suzanne Valadon fut la première femme a être admise à la Société Nationale
des Beaux-Arts.
A la recherche permanente de la perfection, elle travaillait parfois plusieurs années sur
un tableau avant de le présenter à une exposition . La ressemblance entre certains
tableaux et ceux du maître est certaine surtout dans la manière de dessiner et de
colorer les nus , par exemple comme dans "Nu se coiffant "de 1916
Elle connait alors un certain succès et réussit à gagner suffisamment d'argent
avec la vente de ses tableaux pour se mettre à labri des difficultés financières.
Elle peut pourvoir ainsi aux besoins de son fils, Maurice né en 1885, qui prendra
plus tard le nom de famille de son père : Utrillo.
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images/Utrillo7.jpg
Maurice Utrillo
" Le Sacré Coeur depuis la Rue St Rustique " "
© ADAGP
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Maurice Utrillo, Suzanne Valadon et André Utter
en 1919
©
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Maurice Utrillo dès son plus jeune âge un garçon très dissipé. Il fait même quelques
séjours à Saint Anne et goûte tôt à l'alcoolisme. Au contact dAndré Utter, un
étudiant aux Beaux-Arts, Utrillo décide de se mette à peindre et à exposer ses
tableaux, principalement dans les cabarets qu'il fréquente. Rapidement, il produit
beaucoup
en raison de la nécessité pour lui de payer ses excès de boissons, et prêt à vendre
souvent ses toiles au rabais pour un peu d'alcool. Maurice Utrillo se révéle rapidement
avoir du talent, lequel avec les conseils de sa mère, se transformé en une technique
parfaitement maîtrisée de la composition et de la peinture jusqu'à un certain génie.
Avec André Utter, il commence à peindre des paysages dans la lignée des
impressionnistes, mais passe rapidement à la représentation de Paris et de son quartier
de Montmartre.
Son style et ses sujets saffirment au fil des semaines, peignant les rues, les
cafés, les restaurants et les guinguettes qu'il fréquente régulièrement. Ses tableaux
représentent fréquemment des lieux vides de présence humaine, souvent avec des couleurs
ternes avec une végétation quasiment absente ou dans des scènes où lhiver semble
permanent jusqu'à l'angoisse.
Maurice Utrillo se complaît dans une vie de bohème dans les quartiers mal famés de
Paris, passant de bar en bar et de son errance dans les rues à son atelier. Dans les
années 1912-1914, il fait quelques séjours dans la clinique du Docteur Revertégat à
Sannois non loin de la capitale, pour se soigner, mais aussi parcequ'il aime le
charme de cette campagne, qui lui permet de se consacrer entièrement à son art. Cette
période est celle que l'on qualifie de "période blanche " dans l'oeuvre
d'Utrillo, car retrouvant une certaine sérénité, il se prête à l'ajout de plâtre
dans sa peinture, et découvre par cette tecnique toutes les subtilités et la richesse
des variations du blanc, par lesquelles s' expriment pour lui, à la fois la lumière, la
beauté et la vérité des choses.
Maurice Utrillo voit les sujets qu'il peint au travers leur forme et leur substance. Il ne
s'intéresse pas aux tendances du moment, ni au pointillisme de Seurat, ni au symbolisme
des Nabis. Il ignore le cubisme, le surréalisme et l'abstraction.
Seule l'intéresse la figuration, dans sa forme première, spontanée, naïve, et en cela
davantage que les rares paysages qu'il peint , la représentation des des villages,
des rues, des carrefours de la ville. Il est un peintre urbain, dans le prolongement d'une
peinture de la ville chère au XVIIème siècle avec Bellini et Carpaccio à Venise, et
celle par exemple de Vermer à Delft, ou encore avec Pannini, Canaletto, Belloto ou Guardi
à Rome quelques années plus tard.
Par certains de ces aspects, il peut être rapproché de Pissarro peignant l'Avenue de
l'Opéra, ou plus tard, Vlaminck et Marquet sous leurs palettes fauvistes.
Maurice Utrillo apparaît comme le témoignage de lémergence dun nouveau type
de peintres, issus des milieux populaires. Aux couleurs vives d'un Renoir tachetées
de toutes les nuances de la lumière, sopposent les couleurs de la réalité,
sombres, terreuses ou blanchâtres des faubourgs dUtrillo.
Suzanne Valadon de son côté s'émancipe des sujets préférés des peintres hommes, et
brise les conventions auxquelles les femmes étaient assignées, par exemple avec la
réalisation de nus ou de portraits. Par ses oeuvres colorées et énergiques, elle aura eu une influence
profonde et définitive sur son fils et le conduisit à son affranchissement pour des
sujets totalement différents, mais révélateurs de son esprit d'indépendance.
Pinacothèque de Paris
Vidéos
(LMDA) |
Exposition terminée
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PARIS : Centre Georges Pompidou
" Wassily Kandinsky "
Du 08 avril au 10 août 2009
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Wassily Kandinsky
" Aquarelle Abstraite "
aquarelle 1910
50 x 65 cm
© Musée National d'Art Moderne
Paris

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Wassily Kandinsky
" Cercles "
1926
Huile sur toile 140 x 140 cm
© Guggenheim Museum
New York
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La Städtische Galerie Lenbachhaus à
Munich, le Musée Solomon R. Guggenheim de New York et le Centre Georges Pompidou à Paris
grâce au leg de la veuve de l'artiste Nina Kandinsky, sont les trois musées qui
possèdent les plus vastes collections au monde des oeuvres de Wassily Kandinsky.
Ces trois musées se sont associés pour présenter à leur public une vaste
rétrospective de lun des artistes les plus importants du XXème siècle, ce qui
permet aujourd'hui au Centre Georges Pompidou en ajoutant sa propre collection de dessins
et de manuscrits, d'accueillir la première grande rétrospective consacrée depuis 25 ans
à l'oeuvre de Wassily Kandinsky, considéré comme le fondateur de l'art abstrait. Des prêts d'autres
musées et de collections particulières avec des oeuvres venues de Tbilissi en
Georgie, offrent un complément exceptionnel à cette rétrospective
C'est ainsi que sont présentées toutes les étapes importantes qui ont marqué l'oeuvre
de Kandinsky avec une complémentarité idéale entre les différents musées qui permet
de proposer une exposition couvrant tout le parcours du peintre avec la présence des
principaux chefs-doeuvre qui marquèrent les étapes décisives de son art.
Né à Moscou en 1866, enseignant au Bauhaus en Allemagne jusqu'à 1933 et mort à
Neuilly-sur-Seine près de Paris en 1944, cinq ans après avoir acquis la nationalité
française, Wassily Kandinsky, a d'abord fait des études de droit et d'économie. Il
décide de se consacrer à la peinture en 1896, près avoir été impressionné par la
représentation d'une meule de foin peinte par Claude Monet et s'installe à Munich pour y
suivre les cours de l' Académie des Beaux-Arts où il étudie jusqu'en 1900.
Il voyage ensuite beaucoup à travers l'Europe, visite l'Italie, la Hollande, l'Autriche,
la France, et peint en 1907, une oeuvre intitulée "La vie mélangée",
présentée pour la première fois en France évoquant la Russie traditionnelle. C'est une
oeuvre figurative dans laquelle transparaît déjà l'importance qu'il donne au
chromatisme et à la répartition des taches colorées.
Wassily Kandinsky trouve dans l'essai d'un jeune historien de l'art,
K. Worringer intitulé "Abstraktion und Einfühlung", la matière de ce qu'il
appelle le trouble mental de l'homme devant le monde, et les découvertes
scientifiques qui remettent en cause la validité des lois considérées immuables.
C'est dans ce contexte qu'il réalise ainsi à cette époque la première
"Aquarelle Abstraite" et qu'il s'engage dans la réalisation d'oeuvres qui
deviendront les premières oeuvres entièrement abstraites de l'Art Moderne.
Kandinsky s'installe quelque temps après à Murnau en Bavière, où il rencontre Alexi
Von Jawlensky, puis Franz Marc avec qui il fondera le groupe Der Blaue Reiter (Le cavalier
bleu).
Il fait paraître en 1911, un essai sur
l'art qu'il intitule " Du spirituel dans l'art". dans lequel il s'interroge sur
les rapports entre l'esprit et l'expression artistique et sur la représentation abstraite
par opposition au monde du figuratif.
Pour lui il y a une nécessité intérieure, voire mystique, dans l'abstraction qui repose
sur trois principes. L'artiste est un créateur qui doit exprimer ce qui est propre à son
envie personnelle d'exprimer ou de ne pas exprimer. Il doit exprimer et s'exprimer par
rapport à son époque et selon les valeurs du langage de son époque. Il doit exprimer au
travers ce langage, les éléments de ce qui est propre à l'art, comme valeur
universelle, hors des contraintes de l'espace, du temps ou de la forme.
Selon lui, c'est donc l'élément de l'art pur et éternel qui confère sa valeur et
son âme à l'oeuvre de l'artiste. L'oeuvre peut de ce fait échapper totalement à
l'âme des contemporains et nécessiter des années et des siècles pour parvenir par son
esthétique à toucher l'âme de l'homme.
L'année 1911, est également l'année où il peint "Composition V", qui
fait scandale et "Peinture avec cercle", une toile jamais vue à Paris,
considérée comme son premier tableau abstrait.
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Wassily Kandinsky ©
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En 1916, il publie un nouvel essai intitulé
"De l'artiste", puis il revient à Moscou en 1918 où il crée le
"Narkompros" (Commissariat du peuple pour le progrès intellectuel), et
devient professeur à l'Académie des Beaux-Arts.
C'est une période où Kandinsky participe à l'acquisition d'uvres d'art pour la
création du Musée de Moscou et intervient dans la création de 22 musées en
province en 1919. Il crée encore un Institut de Culture Artistique ("L'
lnkhuk"), et obtient le titre de Professeur de l'Université de Moscou .
En 1921, Il fonde l'Académie des Sciences Artistiques, mais il sent
la situation se dégrader et il décide de quitter l'URSS. Appelé par W. Gropius à
Berlin, il retourne en Allemagne où il devient en 1922, professeur au Bauhaus de
Weimar, puis ensuite au Bauhaus de Dessau. Viennent le rejoindre certains artistes
russes, tel que Gabo ou Pevsner, auteurs du " Manifeste Constructiviste" qui
quittent Moscou pour fuir le régime communiste .
C'est après cette première période d'une technique reposant dans son oeuvre
sur la spontanéité gestuelle et lyrique, qu'à partir de 1922, en poursuivant ses
recherches, il introduit des éléments géométriques dans ses compositions, suivant
l'esthétique du suprématisme.
C'est l'objet principal de cette exposition qui présente de nombreuses oeuvres
réalisées au temps de l'école du Bauhaus, jusqu'à sa fermeture par les Nazis en 1933.
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Voir
dossier Wassily Kandinsky
Centre Georges Pompidou
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Exposition
terminée
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PARIS : Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris
" Giorgio de Chirico : La
Fabrique des Rêves "
Du 13 février au 24 mai 2009
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La dernière grande rétrospective en France consacrée à cet artiste inclassable qu'est
Giorgio de Chirico remonte en 1983 au Centre Georges Pompidou, mais ne portait que sur ses
oeuvres antérieures à 1920. Cette présente exposition réunit près de cent
soixante-dix peintures, sculptures, oeuvres graphiques, accompagnées d'un ensemble de
documents et darchives, et retrace le parcours complet de lartiste de 1909 à
1975.
Lexposition vise à reconstituer le cheminement de lartiste qui lui
valut dans les années 1920 une célébrité comparable à celle d'un Picasso des
périodes bleues ou roses, et ce au travers d'une oeuvre qui commence à partir de 1910 et
que l'on qualifie dès cette époque de "métaphysique .
Giorgio de Chirico (1888 - 1978), admiré par Guillaume Apollinaire, puis par André
Breton est considéré comme un artiste majeur du XXème siècle. Mondialement connu pour
certaines de ses oeuvres représentant ces fameuses scènes de places italiennes vides
écrasées sous le soleil, de tours ou d'arcades aux perspectives oniriques, son parcours
entre ses scènes de la mythologie, ses paysages, ses sujets orientalistes et ses
autoportraits entremêlés d'oeuvres cubistes ou surréalistes, demeure finalement mal
connu du grand public, en ayant toujours échappé à tout classement dans l'histoire de
l'art moderne.
Né en Grèce à Volo en juillet 1888, Giorgio de Chirico suit à partir de 1899 des cours
de dessins à Athènes où ses parents viennent de s'installer, et s'initie au portait et
à la peinture auprès de Jacobidis.
Son père décédé en 1905, amène sa mère à quitter la Grèce pour l'Italie. De son
côté Giorgio de Chirico souhaite poursuivre ses études en Allemagne, où il s'inscrit
à l'Académie des Beaux-Arts de Munich. Il lit Nietzsche, Schopenhauer et découvre les
peintres Arnold Böcklin et Max Klinger qui l'impressionnent considérablement. Il reste
à Munich jusqu'en 1910 et y peint ses premières oeuvres connues inspirées de Böcklin.
Il retourne à Florence quelques mois , où il peint quelques nouveaux tableaux, sa série
des " Enigmes " où apparaissent ses premières inspirations de style
métaphysique. dans ses Mémoires, il écrit : " Je peignais de temps en temps
des toiles de petites dimensions; ma période böcklinienne était terminée et j'avais
commencé à peindre des sujets où je cherchais à exprimer ce sentiment mystérieux et
puissant que j'avais découvert dans les livres de Nietzsche : la mélancolie des belles
journées d'automne, l'après-midi dans les villes italiennes "
Il sinstalle en juillet 1911 à Paris, où il rencontre en premier lieu Guillaume
Apollinaire qui, dès 1913, l'introduit dans le milieu artistique parisien. Il fait la
connaissance de Picasso, Derain, Max Jacob, Braque, Picabia, ainsi que Paul Guillaume, qui
sera son premier marchand. Au Salon d'Automne, puis au Salon des Indépendants de 1913, il
présente plusieurs oeuvres et vend son premier tableau intitulé " La Tour Rouge
".
Avec la guerre, Giorgio de Chirico doit retourner en Italie où il est appelé sous les
drapeaux. Affecté à Carrare, il rencontre Filipo de Pisis et Carlo Carrà.
De ces rencontres, naît la "peinture métaphysique " de Giorgio de Chirico, qui
expose ses conceptions de l'art au travers la revue " Valori Plastici", laquelle
sera le premier support théorique des peintres futuristes et dadaïstes italiens.
En 1919, il publie un " Manifeste Métaphysique " dans lequel il exprime qu'il
existe une perception d'une réalité invisible derrière une réalité visible.
Cette même année, il a une nouvelle révélation après une visite au Musée de la Villa
Borghèse: " En regardant les tableaux des maîtres, je n'y avais vu jusqu'alors
que ce que tout le monde voit : des images peintes ". Mais pour lui, c'est au
delà qu'il faut aller, pour trouver l'essence de l'art : voir comme si nous y voyions
pour la première fois, vivre cet instant comme si nous étions nous-même à la place de
l'artiste en train de produire l'oeuvre que nous regardons.
Lonirisme, les dimensions métaphysiques et prophétiques, se répètent dans les
années 20 dans luvre de Giorgio de Chirico, laquelle insuffle
dimmédiates résonances dans le mouvement surréaliste naissant, notamment chez
Magritte, Max Ernst, Picabia et Paul Eluard. André Breton voit en lui lartiste de
la " nouvelle mythologie moderne" en formation.
Ayant fait connaissance de Raïssa Gurievich, une danseuse russe qui deviendra sa femme,
il s'installe de nouveau à Paris en 1925. Mais la nouvelle orientation que prend alors sa
peinture, quittant insensiblement la voie métaphysique, et l'empreinte du surréalisme,
le conduit à une rupture avec André Breton.
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Giorgio de Chirico
" L'Enigme de l'Arrivée et de l'Après-Midi "
Huile sur toile 70 x 86 cm - 1912
© Coll. Part.

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Giorgio de Chirico
" Les Archéologues "
Huile sur toile 116 x 89 cm - 1927
© Galerie Nationale d'Art Moderne
Rome
Donation Isabella Pakszwer de Chirico
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Giorgio de Chirico
dans son atelier
©
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Il expose en 1927 et 1928 avec les artistes du Groupe Novecento en Italie, puis
en Angleterre et aux Etats-Unis tandis que la critique s'intéresse tout en s'interrogeant
sur son nouveau style.
En 1930, il réalise une série de lithographies pour illustrer les " Calligrammes
" d'Apollinaire, réalise des décors et des costumes pour les Ballets Ruses de
Diaghilev, et fait la rencontre de son deuxième épouse Isabella Pakszwer avec qui il
vivra jusqu'à ses derniers jours.
Les années suivantes conduisent Giorgio de Chirico en Italie, aux Etats-Unis, à la fois
pour des travaux pour le théâtre, mais aussi pour des expositions, tandis que ses
oeuvres s'orientent vers des compositions baroques inspirées de thèmes du XVIIème
siècle.
En 1944, Giorgio de Chirico décide de s'installer définitivement à Rome. C'est sa
période " métaphysique " qui intéresse le public et la critique, davantage
que sa production récente, malgré toutes les expositions auxquelles il participe, comme
la Biennale de Venise en 1948, dans laquelle il présente ses dernières oeuvres.
Jusque dans les années 1955 à 1960, ses expositions sont nombreuses. Mais il ne cesse de
dénoncer les falsifications qui envahissent le marché de l'art; il veut continuer à
peindre en marge des tendances contemporaines, tout en reprenant de temps à autres les
thèmes métaphysiques qui l'intéressent, mais en se refusant de s'inscrire dans un genre
dans lequel on veut l'enfermer.
Les années qui suivent, sont consacrées à la sculpture, mais aussi aux décors pour le
théâtre, avec différentes expositions en Italie, aux Etats-Unis, au Japon, en France,
jusqu'à son décès le 20 novembre 1978, à Rome.
Musée d'Art Moderne de Paris
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Exposition
terminée |
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PARIS : Centre Georges Pompidou
" Asger Jorn "
Du 11 février au 11 mai 2009
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Asger Jorn :
1970
© Coll. part.
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Asger Jorn, de son vrai nom Asger Jörgensen,
(1914-1973), est considéré comme l'artiste danois le plus important du XXème siècle.
Il est en 1948, avec ses amis Carl-Henning
Pedersen, Henry Heerup, Egille Jacobsen, le Belge Pierre Alechinsky, Christian Dotremont ,
Joseph Noiret, les Hollandais, Karel Appel, Constant et Corneille, l'un des fondateurs
du mouvement Cobra qui jouera dans les années 1950 à 1960 un rôle essentiel dans les
mouvements d'avant-garde, avec notamment le Mouvement International pour un Bauhaus
Imaginiste (1953-1957) et l'Internationale Situationniste (1957-1960) dont les influences
se font sentir jusqu'à aujourd'hui.
Ayant été l'élève de Fernand Léger à Paris en 1936 et 1937, il avait tout d'abord eu
beaucoup de difficulté, comme il le dira plus tard, à s'affranchir de l'influence de son
maître. Ce n'est qu'à partir de 1945, avec la découverte des univers irrationnels de
Klee et de Miró qu'il finira par trouver son propre langage artistique .
Au cours des années qui suivent la Seconde Guerre, l'art d'Asger Jorn très personnel,
est essentiellement d'expression spontanée, intuitive, et colorée. Son art figuratif,
composé de taches d'une grande intensité expressive, suggérant un monde végétal
intense et mystérieux, est marqué par une certaine mythologie scandinave et un bestiaire
fantastique composé d'être furtifs.
Le mouvement Cobra qu'il crée avec ses amis en
novembre 1948 à Paris lui apporte une nouvelle liberté qui le pousse vers
l'abstraction, souvent violemment expressive avec des coloris intenses. Au Café de l'Hôtel Notre-Dame, sur le Quai Saint
Michel, le mouvement CoBrA , est créé à partir du nom
des villes d'où ils arrivent : Copenhague,
Bruxelles, Amsterdam, au
centre de la "grande
capitale culturelle", qu'est
encore Paris à cette époque. D'autres artistes - belges, danois, néerlandais, suédois,
tchèques, allemands et français, se joignent à
eux , comme le Français Jean-Michel Atlan ou le Néerlandais Théo Wolvecamp.
Ils se réunissent ainsi dans le
souhait de réaliser un idéal d'une meilleure société, en pensant que l'expression
créatrice doit devenir un langage universel. Ils rejettent la culture rationaliste
européenne dont la guerre vient de démontrer la décomposition. Ils recherchent dans les
formes artistiques les moins contaminées par les normes et les conventions, les signes
des expressions primitives : c'est l'art préhistorique, l'art populaire médiéval, l'art
naïf, les créations des enfants ou des handicapés mentaux, l'écriture, la
calligraphie, qui pour eux sont au plus près de la nature de l'individu, de son
psychisme et d'un subconscient au plus proche de son authenticité profonde.
Aussi entreprennent-ils de rechercher toutes les formes irrationnelles qui peuvent
s'exprimer dans l'art sous toutes ses formes, et dans toutes ses matières : le dessin, la
peinture, la sculpture, le bois, le métal, la terre, les mots, les sons, l'écriture.
A l'origine de leur activité artistique, se trouvera aussi une réflexion politique
engendrée par une analyse marxiste révolutionnaire de la société, et
contre toute spécialisation de l'art : ils s'intéressent à la
réalisation en commun d'oeuvres de poèmes, d'écritures, de peintures en
s'opposant à tout formalisme stylistique ou esthétique.
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Asger Jorn
© Coll. Part.
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![Asger Jorn : " Pour la forme " Paris, Internationale Situationniste, [1958]. © Coll. Part.](images/Jorn14.jpg)
Asger Jorn
" Pour la forme "
Paris, Internationale Situationniste, [1958].
In-4, 136, [2] pages, broché, couverture illustrée par Jorn.
Anthologie décrits dAsger Jorn, entre 1953 et 1957.
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Asger Jorn, à la fin des années 1950, en dehors des ses pures créations, s'engagera
dans la réalisation de plusieurs séries de "modifications", peintures
composées à partir de tableaux anciens achetés au marché aux puces, sur lesquels il
ajoutera ses propres interventions en les couvrant de ses couleurs vives et violentes. "Soyez
modernes, collectionneurs, musées. Si vous avez des peintures anciennes, ne désespérez
pas. Gardez vos souvenirs mais détournez-les pour qu'ils correspondent à votre époque.
Pourquoi rejeter l'ancien si on peut le moderniser avec quelques traits de pinceau ? Ça
jette de l'actualité sur votre vieille culture. Soyez à la page, et distingués du même
coup. La peinture, c'est fini. Autant donner le coup de grâce. Détournez. Vive la
peinture ! " écrit-il en 1959.
A côté des ses nombreuses peintures, Asger Jorn réalisera de très nombreux dessins
dont il en léguera plus de cinq cents au Musée de Silkeborg au Danemark à partir de
1957.
C'est à partir de cette collection du Musée de Silkeborg , qui conserve le fonds le plus
important de son oeuvre, qu'une centaine de dessins ont été sélectionnés pour
constituer la première exposition personnelle d'Asger Jorn dans un musée parisien depuis
1978.
Centre
Georges Pompidou
A voir aussi, pour en savoir plus :
Article
" L'Internationale Situationniste "
Vidéos
(LMDA) |
Exposition terminée |
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PONTOISE : Musée de Pontoise
" Sabine Weiss : visages de la musique classique"
Du 10 janvier au 22 mars 2009
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Sabine Weiss
" Frantisek Kupka "
Cliché 1951
© Sabine Weiss/Rapho
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Parmi les innombrables portraits d'artistes réalisés
par Sabine Weiss au cours de sa longue carrière commencée au lendemain de la seconde
guerre mondiale à Paris, les musiciens ont toujours eu une place importante. Sa passion
pour la musique l'a conduite à fixer les visages de grands noms tels ceux d'Igor
Stravinski, Pablo Casals, Alfred Cortot, Arthur Rubinstein, Furtwängler, Iannis Xenakis,
Léonard Bernstein, Maria Callas
Son travail pour les séances d'enregistrement des
Studios Pathé, lui a permis de réaliser d'innombrables photographies de musiciens au
travail.
Cette exposition se propose de réunir ces portraits de musiciens, compositeurs et
interprètes, avec des photographies prises lors de séances d'enregistrement,
photographies qui demeurent pour l'essentiel inédites.
Sabine Weber - Weiss est née le 23 juillet 1924 à Saint-Gingolph en Suisse. Elle porte
le nom Weiss par son mariage. Elle commence à photographier dès l'enfance à l'âge de
douze ans, initiée par son père, après avoir acheté son premier appareil photo avec
son argent de poche.
Elle apprend la technique avec le meilleur photographe de Genève Frédéric
Boissonnas de 1942 à 1945, et obtient son diplôme de photographe. Elle ouvre un atelier
à Genève, puis part s'installer définitivement à Paris en 1946. Elle n'a que 22 ans
lorsqu'elle devient l'assistante de Willy Maywald (1907-1985), célèbre photographe de
mode.
Elle dit de cette période : "Quand je suis venue à Paris, j'ai pu travailler
chez Maywald à qui un ami m'avait recommandée. J'y ai travaillé dans des conditions
inimaginables aujourd'hui, mais avec lui j'ai compris l'importance de la lumière
naturelle. La lumière naturelle comme source d'émotion ".
Elle écrit : "J'aime beaucoup ce dialogue constant entre moi, mon appareil et
mon sujet, ce qui me différencie de certains autres photographes qui ne cherchent pas ce
dialogue et qui préfèrent se distancier de leur sujet. "
Lors d'un voyage en Italie, elle fait la connaissance de Hugh Weiss (1925-2007), un
peintre américain, qui devient son mari en 1950. Elle fréquente le milieu de l'art, et
rencontre Cocteau, Utrillo, Rouault, et se lie d'amitié avec Jacques Henri Lartigue.
Pour répondre à des commandes, elle réalise des centaines de portraits d'artistes, de
musiciens, d'écrivains, de peintres et de sculpteurs, dont les plus connus sont ceux de :
Fernand Léger, Pougny, Giacometti, Rauschenberg, Jan Voss, Dubuffet.
De ses débuts, elle dit : "Je dois dire qu'avant j'avais beaucoup regardé
autour de moi. Avec ma mère. Des églises romanes, de la peinture
une éducation du
regard ". Elle voyage au Portugal, en Grèce, en Egypte et en Inde et passe 50
années à sillonner l'ensemble de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique
comme photojournaliste.
Considérée comme appartenant au courant de la
photographie "humaniste", son oeuvre se situe dans la mouvance de Brassaï
(1899-1984), Robert Doisneau (1912-1994), Willy Ronis (né en 1910), Gisèle Freund
(1908-200), Janine Niépce (1921-2007) ou Edith Claire Gérin (1910-1998). Eclectique,
elle travaille pour la mode, la publicité, et la décoration mais elle s'exprime
également dans une recherche essentiellement faite de Noir et Blanc, où la solitude, les
enfants, la foi et les croyances sont au cur de ses images.
"Je témoignais, je pensais qu'une photo
forte devait nous raconter une particularité de la condition humaine. J'ai toujours senti
le besoin de dénoncer avec mes photos, les injustices que l'on rencontre."
"Il faut témoigner, dire, montrer que l'on ne vit pas de richesses matérielles,
je ne suis pas une artiste, pas moi, d'autres oui mais pas moi, ceux qui créent, oui,
mais pas moi ; Giacometti, oui, voila un artiste, j'ai fait des portraits de lui."
En 1933, Charles Rado a eu l'idée alors de regrouper quelques amis photographes
indépendants pour diffuser leurs travaux. Cela permet la création de " Rapho",
la première agence de Presse française de voir le jour. Celui-ci en rencontrant Sabine
Weiss lui dit : "Posez-vous une seule question : est-ce que cette image vous
coupe le souffle ? "
En 1949 elle s'installe Boulevard Murat à Paris et exerce comme photographe indépendante
à partir de 1950. En 1952, Robert Doisneau découvre ses photos et lui propose de le
rejoindre au sein de l'agence Rapho dont il est membre. Elle signe la même année un
contrat avec cette revue qui prendra fin en1961.
C'est en 1955 qu'elle obtient la reconnaissance quand Edward Steichen (1879-1973)
sélectionne trois de ses clichés pour figurer dans l'exposition devenue mythique
"Family of Man".
Elle partage son activité de photographe indépendante avec des photos de commande, pour
la presse (Paris-Match, Life, Time, Newsweek, Town and Country, Fortune, Holidays,
European Travel, Esquire) et la publicité.
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images/Chostakovitch05.jpg
Sabine Weiss
" Dmitri Chostakovich "
Cliché 1960
© Sabine Weiss/Rapho

Sabine Weiss
©
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Ses images font alors l'objet de nombreuses
expositions individuelles et collectives, à travers le monde.
Quelques unes de ses photos rejoignent les collections publiques du Musée National d'Art
Moderne à Paris, du Centre Georges Pompidou, de l'Art Institute de Chicago, du
Metropolitan Muséum et du Muséum of Modern Art de New York, du Muséum of Modern Art de
Kyoto (Japon), et du Musée Folkwang à Essen (Allemagne). Auteur de plus d'une quinzaine
d'ouvrages, elle est cependant une personnalité discrète et demeure peu connue du grand
public.
"Je n'aime pas les choses très éclatantes mais plutôt la sobriété
il
ne s'agit pas d'aimer bien, il faut être ému. L'amour des gens, c'est beau. C'est grave,
il y a une profondeur terrible. Il faut dépasser l'anecdote, dégager le calice, le
recueillement. Je photographie pour conserver l'éphémère, fixer le hasard, garder en
image ce qui va disparaître : gestes, attitudes, objets qui sont des témoignages de
notre passage. L'appareil les ramasse, les fige au moment même où ils
disparaissent.".
"Lumière, geste, regard, mouvement, silence, repos, rigueur, détente, je
voudrais tout incorporer dans cet instant pour que s'exprime avec un minimum de moyen
l'essentiel de l'homme."
Sabine Weiss, faite Chevalier des Arts et Lettres en 1987, et Officier des Arts et Lettres
en 1999, dit : "Mes photos ont une certaine qualité qui n'est que le reflet de
moi-même dans mes rapports avec les gens. Une certaine tendresse pour les êtres, pour
leur solitude ou leurs émotions retenues. Elles expriment un certain amour que j'ai pour
la vie ...
Mais elle récuse le statut d'artiste : "Je ne suis pas une artiste, pas
moi, d'autres oui, mais pas moi. Giacometti, voilà un grand artiste. J'aurai tellement
aimé que son testament soit respecté, et que son oeuvre soit visible dans son unité, et
ne soit pas dispersée. J'ai fait cette photo et toute une série dans son atelier, en
1954. C'était une commande pour le magazine l'Oeil, le premier ou le deuxième numéro.
"
Parlant de Giacometti, "J'ai fait cette photo de lui dans l'atelier de
Zadkine en 1958. C'était une commande de la revue Arts d'aujourd'hui. J'ai répondu à
beaucoup de commandes, pour Life, Vogue, Times. C'est ce qui m'a permis de vivre de mon
travail, d'être indépendante. C'est une chance et j'en ai eue ".
"J'arrivais chez les gens et il fallait toujours faire très vite, saisir au vol,
mais mon oeil est entraîné, je compose et recompose tout le temps, chez moi, dans la
rue, même les objets posés sur mon bureau, où les gens à qui je parle. Je te vois, tu
me parles, mais en même temps je te recompose avec l'affiche qui est sur le mur derrière
toi. Aujourd'hui je ferai la photo un peu autrement, je laisserai plus de jambe. Mais bon,
le coude juste appuyé, avec la verticale des sculptures derrière, ça se tient "
(Extraits d'un entretien avec Elisabeth Guimard du Musée français de la Photographie de
Bièvres, avril 2005, et extraits de l'ouvrage "Poussettes Charrettes et
Roulettes").
Musée
Tavet-Delacour
(LMDA) ( avec nos
remerciements à Roland Quilici et au Musée Tavet-Delacour ) |
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Exposition terminée |
PARIS : Musée Jacquemart-André
" Van Dyck "
Du 08 octobre 2008 au 25 janvier 2009
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Le Musée Jacquemart-André met à l'honneur dans cette
rétrospective l'oeuvre d'Antoon Van Dyck (1599 - 1641), qui fut le collaborateur de
Rubens et le peintre de Charles 1er et de la Cour d'Angleterre. Van Dyck fut salué au
XVIIème et XVIIIème siècles comme le plus grand portraitiste européen depuis le Titien
et son influence fut considérable pour la suite de l'histoire de la peinture.
Van Dyck continue encore aujourd'hui de fasciner par son talent, sa virtuosité technique
et l'élégance de son style et de son art du portrait.
Pour la plupart d'entre elles, les oeuvres présentées ici n'ont encore jamais été
présentées au public français.
Cette exposition retrace sa carrière et invite le visiteur à suivre son inspiration et
ses voyages selon un parcours de l'oeuvre en quatre périodes distinctes.
La première période couvre ses jeunes années à Anvers, sa ville natale, de 1613 à
1620, et son premier séjour en Angleterre en 1620-1621.
Il a à peine 18 ans, lorsqu'il entre dans l'atelier de Rubens, pour en devenir rapidement
son meilleur élève, et dont il deviendra le second en 1617. C'est une période où il
réalise des portraits sous l'influence de la tradition flamande, mais en révèlant un
désir d'assouplir et d'animer ses toiles et de souligner l'aristocratie de ses modèles
à l'image des portraits de la Renaissance Italienne. Son voyage en Angleterre à partir
de 1620, lui permettra de réaliser le célèbre "Portrait du Comte d'Arundel",
qui apportera un authentique souflle de nouveauté dans cet art très traditionnel du
portrait.
Le seconde partie permet de découvrir un univers assez différent, qui prend forme à
partir du voyage de Van Dyck en Italie entre 1621 et 1627. Il souhaite y approfondir sa
technique et sa connaissance des maîtres italiens. Il y devient l'un des artistes
préférés de la gent et de la noble société gênoise en réalisant des tableaux
célébrant la grandeur, le faste, l'apparat et la richesse de ses commanditaires, tout en
dégageant un style de plus en plus affirmé, au travers les assimilations qu'il fait de
l'art du Titien, de Raphaël ou de Moroni. Le " Portrait des Frères de Wael "
illustre par exemple la virtuosité des travaux qu'il réalise durant cette période.
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Antoon Van Dyck : " Charles 1er à la Chasse
"
1635
Huile sur toile 266 x 207 cm
© Musée du Louvre

Antoon Van Dyck : " Autoportrait au Tournesol "
1633
Huile sur Toile 58 x 73 cm
© Coll. Part. |
| La troisième partie met en exergue, une seconde période anversoise
de 1627 à 1632 et son voyage dans les Pays Bas espagnols en 1634 et 1635. Il a abandonné
la rigueur de la peinture flamande, pour travailler sur des portraits composés dans une
apparente attitude naturelle des modèles, voire dans des poses faites d'une certaine
nonchalance ou de mélancolie, réhaussées par des décor exceptionnels de vêtements, ou
de riches parures aux couleurs les plus chatoyantes, tel le " Portrait de Maria
de Tassis " .Cette manière de traiter ses sujets, confine à un certain manièrisme
qui consiste à flatter l'orgueil des personnages en les représentant dans un rang au
dessus de leur condition véritable.
La quatrième
étape de ce parcours met en relief les années 1630 à 1634 et 1635 à 1641, où il
devient le peintre du Roi, Charles 1er d'Angleterre, avec une oeuvre telle que
" Charles 1er en habit de l'Ordre de la Jarretière ". Van Dyck parvient à
mettre en relief par un subtil équilibre la dignité et la grandeur exigées par le genre
du portrait royal, en les mêlant à la souplesse et à la posture naturelle du Roi.
Du peintre gentilhomme qu'il était en Italie ou à Anvers, il devient ainsi peintre de la
cour. Annobli par le Roi dès son arrivée, et après ses portaits royaux, il développe
alors son talent pour les Princes, avec par exemple son " Portrait des Princes
Palatins ", et pour les Princesses qui vivent proches de la Famille Royale, tel
qu'avec son " Portrait des Princesses Anne et Elisbeth "
C'est ainsi que cette exposition se caractèrise par une vaste galerie des portaits des
personnages les plus illustres de l'époque et en particulier de la Famille des Stuart,
pour s'achever dans une dernière salle présentant un ensemble d'études et de dessins
préparatoires à certaines oeuvres, tels que " L'étude pour un portait de Cardinal
" datant de 1622 , ou encore " Etude pour le Portrait de Charles 1er
d'Angleterre " datant de 1636, qui ne correspond finalement à aucun portrait connu
du Roi.
Musée Jacquemart-André
Vidéos
(LMDA) |
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Exposition terminée
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PARIS : Galeries Nationales du Grand-Palais
" Emil Nolde "
Du 25 septembre 2008 au 19 janvier 2009
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La peinture expressionniste allemande reste grandement
méconnue en France. Emil Nolde (1867-1956), qui fut lun des représentants majeurs
de ce courant, navait jamais pu bénéficier jusqu'à maintenant daucune
grande exposition dans notre pays
Pour la première fois une importante présentation retrace le parcours de cette
figure majeure de lart moderne allemand en réunissant quatre-vingt dix de ses
oeuvres, dont le fameux polyptique " La vie du Christ" en provenance de la
Fondation Nolde à Seebüll, et de nombreuses aquarelles et gravures, ainsi que des
dessins.
L'oeuvre du peintre est présentée dans une chronologie organisée selon douze thémes
majeurs qui marquent son parcours et donne l'occasion au public de découvrir l'evolution
et la vie tumultueuse de cet artiste "dégénéré " selon le qualificatif qui
lui fut donné par les idéologues de la période nazie, en Allemagne.
Emil Nolde, de son vrai nom Emil Hansen, est né en 1867 à Nolde à la frontière
germano-danoise. Il s'intéresse tôt d'abord à la pratique de la sculpture avant que de
s'intéresser à la peinture. Il apprend le dessin à Karlsruhe, puis à Saint-Gall en
Suisse, où il devient enseignant en Beaux Arts jusqu'en 1897. Il compléte ensuite sa
formation à Munich, à Dachau, puis à Paris, où il découvre l'univers de la peinture
classique au Louvre et fréquente l'Académie Julian en 1899.
A partir de 1900, il se singularise très vite par une peinture farouche, impressionné
qu'il est par le travail de Van Gogh. Son individualiste est remarqué par les
jeunes artistes du mouvement Die Brücke auquel il se joint en 1906 . Il commence à
exposer la même année, notamment à Dresde où sa peinture à thématique campagnarde,
avec un traitement des couleurs vives en pâte épaisse, enthousiasme ses amis. Ses
peintures sont présentées de manière brute et vive, avec un dessin rapide, et une
violence s'exprimant au travers le mouvement, l'empâtement et la couleur. La
thématique dominante est alors essentiellement florale. Il quitte rapidement le
groupe Die Brücke fin 1907 pour des raisons de divergence d'opinion.
Partagé entre son enracinement dans sa terre natale du Schleswig et sa fascination pour
la vie urbaine, entre son goût pour la solitude et le spectacle de la vie sociale, il
décide finalement de s'installer en 1910 à Berlin dont la vie urbaine et nocturne lui
inspire de nombreux tableaux.
Mais il ne se sent pas à l'aise dans ce milieu artistique et ses toiles incomprises sont
de plus en plus refusées par les expositions de la Sécession berlinoise.
Avec d'autres amis artistes, dont ceux de Die Brücke, il crée alors la "Nouvelle
Sécession", pour s'opposer aux conventions des peintres berlinois.
Les thèmes de ses tableaux évoluent vers des sujets religieux, pour lesquels il emploie
les mêmes techniques de couleurs pures empâtées et apposées par des gestes vifs et
violents. Il peint notamment ce polyptique en neuf parties entre 1911et 1912 sur la vie du
Christ.
Mais il peint également de nombreuses marines dont certaines sont à la limite de
l'abstraction et se prend de passion pour l'art primitif, après un séjour qu'il fait en
1913 dans des îles du Pacifique. S'inspirant de ces arts exotiques, il peint lui-même
des masques et des statues, de manière à dénoncer les préjugés raciaux et le mépris
allemand pour les cultures primitives.
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images/nolde7.jpg
Emil Nolde
" Jeune couple "
1931
Aquarelle sur carton 53 x 37 cm
© Coll. Thyssen Bornemizsa

Emil Nolde
© Nolde Foundation - Seebüll
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Emil Nolde se voulait incarner lesprit allemand dans la peinture moderne,
et voyait dans les premiers moments du National-Socialisme, matière à exprimer cette
modernité. Il est parmi les premiers adhérents de ce parti
et signe même l'appel pour donner tous les pouvoirs à Hitler le 18 Août 1934, bien que
ses tableaux soient de plus en plus attaqués par la presse. L'idéologue nazi Alfred
Rosenberg, lui reconnaissait un don certain notamment dans ses paysages maritimes, mais le
critiquait férocement pour ses portraits " négroïdes".
Lors de l'exposition de Munich en 1937, il est dénoncé publiquement comme appartenant
aux artistes "dégénérés " au même titre que la plupart des artistes
qualifiés d' "expressionnistes" .
Il a alors 70 ans, mais refuse alors de se soumettre aux critères esthétiques du
régime nazi. Il est alors exclu de la section des Arts Plastiques de la Chambre de la
Culture et est frappé, en 1941, par Adolf Ziegler de l'interdiction totale de peindre. Un
grand nombre de ses euvres, plus de 1000 qui sont alors exposées dans les musées
allemands sont confisquées et un certain nombre sont détruites.
Il décide de ne pas s'arrêter là sous les ordres de la dictature et poursuit son
travail clandestinement en peignant des aquarelles sur des papiers de récupération, ces
émouvantes "images non peintes", véritables oeuvres préparatoires à de
futures peintures à l'huile, dont certaines sont présentées dans cette superbe
exposition.
Sa reconnaissance internationale vient après-guerre. Emil Nolde est consacré de son
vivant comme lun des artistes les plus importants de notre temps, tant par la
résistance qu' il a su montrer, en poursuivant son travail dans la clandestinité sous le
régime d'Hitler, que par l'exigence et l'audace de ses oeuvres qu'il n'hésitait jamais
à jeter lorsqu'elles ne correspondaient pas à ce qu'il recherchait à traduire.
Lhomme est toujours resté au centre des préoccupations de Nolde dans ses oeuvres
notamment au travers les portraits, les maternités, les couples qu'il a peint. Ses
paysages et ses natures mortes ont été également autant de manifestations d'une
contemplation de la vie simple et de la nature, exarcerbées par les couleurs de sa
palette. Le sujet religieux lui même s'est toujours orienté chez lui vers la recherche
des racines primitives et naturelles de l'humain. On retiendra au
travers cet ensemble, une vision extrêmement tourmentée finalement de l'existence.
Galeries Nationales du Grand
Palais
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Exposition terminée
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PARIS : Pinacothèque de Paris
" Georges Rouault "
Du 17 septembre 2008 au 18 janvier 2009
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A l'occasion du cinquantième anniversaire de la disparition
de Georges Rouault (1871-1958) et en prolongement de l'exposition qui lui a été
consacrée au Centre Georges Pompidou, la Pinacothèque de Paris propose au public la
découverte des chefs-d'oeuvre de la collection japonaise Sazo Idemitsu exposée pour la
première fois en France depuis la Seconde Guerre Mondiale.
Cette collection considérée comme la plus importante au monde - rassemble plus de 400
oeuvres diverses : huiles, aquarelles, pastels, fusains, encres, et couvre toute la
vie du peintre allant des années 1890 à 1950. La présente exposition présente une
sélection des 70 oeuvres les plus significatives de cette collection, ouverte à toutes
les périodes, aux différentes techniques et aux thèmes favoris de l'artiste : les nus,
le cirque, les Pierrots , les portraits, le Christ .
Né dans les circonstances les plus
dures et dans la pauvreté au fond d'une cave le 27 mai 1871 au son du canon de la
Commune de Paris, Georges Rouault fût très marqué par l'idée qu'il se fit plus tard
des circonstances de sa naissance. Celle ci marqua pour toujours sa vision du monde, sa
conception dramatique de la vie et la conception de la destinée : " Au
milieu des massacres, des incendies et des épouvantements, je crois avoir de la cave où
je suis né, gardé dans les yeux et dans lesprit la matière fugitive que le bon
feu fixe et incruste" ( lettre à A. Suarès du 27 avril 1913).
A 14 ans il était devenu apprenti chez un fabricant de vitraux où il avait appris à
utiliser les teintes vives et l'utilisation des contrastes et des oppositions accentuées
par les contours de plomb.
" S'il y avait eu de beaux vitraux comme autrefois, au Moyen-Age, je ne serais
peut-être pas devenu peintre ", dira t'il plus tard.
Inscrit à 20 ans à l'Ecole des Beaux Arts aux côtés dHenri Matisse dans
latelier de Gustave Moreau, et après une courte phase académique, Georges Rouault
développe rapidement un art très personnel en réaction à l'art poncif et
académique, fondé sur l'utilisation des couleurs vives et de la matière.
La mort de Gustave Moreau en 1898, l'affecta profondément avec une période de crise,
morale et physique à la fois, durant laquelle, il choisit de se tourner totalement vers
lart moderne, au regard des exemples de Toulouse-Lautrec, et de Cézanne.
Marqué par la solitude, l'année 1901 lamène à s'orienter
vers la foi, et ses liens damitié avec des écrivains chrétiens tels,
J.-K. Huysmans et Léon Bloy, participeront à l'orientation de son évolution vers
une vision spirituelle du monde et à la peinture religieuse.
En tant que membre fondateur du Salon dAutomne en 1902, il reste pourtant à
lécart des mouvements contemporains, comme le Fauvisme, et développe ses propres
thèmes marqués par des portraits colorés et contourés de nuances sombres.
Cette galerie de visages faite de personnages divers, clowns, juges, filles, bourgeois,
s'exprime dans un registre situé entre la satire sociale et la révolte, telle une
interrogation à la fois sur les contingences de la vie, sur les limites de lâme
humaine, et sur celle de la peinture.
"La peinture est pour moi le moyen
d'oublier la vie" disait -il parfois.
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images/Rouault34.jpg
Georges Rouault :
" Figure légendaire " 1940 -
Huile sur toile - Coll. part.
© ADAGP

Georges Rouault
1914
© ADAGP
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Dans les années 1910, Rouault exprime peu à peu une foi qui semblera s'orienter, sans
doute aussi avec le contexte historique de l'époque, vers une forme de jansénisme, en se
consacrant aux thèmes de la mort, de la vie et de la passion du Christ.
Il trouve alors son inspiration dans les sujets les plus mystiques ou les plus humbles. Il
réalise de nombreux visages du Christ, mais aussi des figures par lesquelles il exprime
son indignation douloureuse face à la société et la colère que lui inspirent
lhypocrisie, linjustice et une existence que néclaire aucune vie
spirituelle.
Les années 1920 et 1930 sont marquées par sa rencontre et sa collaboration avec le
marchand dart Ambroise Vollard, qui l'encourage à se consacrer à d'autres
expressions artistiques que la peinture, telle par exemple la gravure destinée à
lillustration de livres.
A la fin des années trente Rouault peint peu à peu des visages moins sombres et
désespérés pour s'orienter vers une expression plus sereine, plus apaisée ou
résignée.
Il peint également des "Paysages bibliques", intensément colorés comme
exprimant les formes d'un monde idéal fait dharmonie et de recueillement. C'est
ainsi qu'il peint environ 800 tableaux par le contrat spécial qui le lie à Ambroise
Vollard
A la fin de la deuxième guerre mondiale, Georges Rouault a 77 ans. Il fait un inventaire
de ses travaux et considère que nombreux de ses tableaux sont imparfaits car n'ayant pas
eu le temps de les retoucher ou de les refaire.
Au terme d'un procès qui l'oppose alors de 1939 à 1947 aux héritiers d'Ambroise
Vollard, il obtient du tribunal la restitution de ses tableaux.
Il décide à l'issue d'un tri, de brûler 300 de ces peintures qui viennent de lui
être restituées et qu'il considère mauvaises ou inachevées, revendiquant par là la
liberté de lartiste face à son oeuvre et à sa création.
" La laideur n'est pas toujours ce que supposent tant
de bons apôtres du beau fixe, mais la répétition à cent mille exemplaires d'une
médiocrité réussie" Georges Rouault.
Pinacothèque de Paris
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Exposition
terminée
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PARIS : Centre Georges Pompidou
"Jacques Villeglé : la
comédie urbaine"
Du 17 septembre 2008 au 05 janvier 2009
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Cette exposition est la première grande
rétrospective en France consacrée à l'oeuvre de Jacques Villeglé, un artiste
français majeur aujourd'hui âgé de 82 ans, qui dès 1949, a développé par la
récupération et l'usage presque exclusif d'un matériau unique - celui des affiches
lacérées trouvées au hasard de ses promenades urbaines - une oeuvre unique, foisonnante
et d'une totale richesse formelle.
Le Centre Pompidou a pu rassembler ici plus d'une centaine d'oeuvres allant des années
1940 à nos jours, et présente selon un parcours thématique l'évolution de l'artiste
depuis l'éclatement typographique et les grandes compositions abstraites colorées des
débuts, jusqu'aux dernières oeuvres consacrées à la juxtaposition rythmiques
d'affiches de concerts.
Jacques Villeglé ne se revendique pas comme le concepteur d'un nouveau
«ready-made» à la manière de Duchamp, pour promouvoir l'objet trouvé ou récupéré,
en l'occurrence, les affiches, au rang d'oeuvre d'art. Il est un flâneur, qui au fil
même de ses promenades et dérives dans les rue de la ville, prélève sur les panneaux
publics les restes d'affiches déchirées qui l'interessent d'un point de vue esthétique.
Il n'agit que trés peu sur les affiches qu'il trouve, en dehors du collage qu'il en fait
sur des toiles. Sa démarche n'est pas de rajouter une composition ou de la couleur à
l'affiche marouflée, mais de découvrir dans la superposition des épaisseurs de papier
lacérés, la beauté d'une forme, d'une couleur, d'une épaisseur de déchirures, celle
d'une tache faite par une main anonyme, d'un graffiti, d'une écriture parfois, pour
laisser apparaître l'aspect sauvage et spontané en soi de la vie civilisée et
urbaine, riche dans sa sauvagerie, de figures de beautés vierges et uniques..
A ce titre, le travail de Jacques Villeglé se veut être le témoignage de la rude
réalité de l'illusion urbaine de la vie qui fuit et s'exprime sur ses murs, à certains
emplacements choisis de ses rues et de ses ruelles . C'est le cours de l'histoire en son
déroulement et en son épaisseur qu'il récupère au travers ses rouleaux de papier
décollés des palissades;, comme un effet des expressions de la survie humaine plutôt
que de l'art.
Il nous montre combien notre monde est conditionné par un environnement visuel quotidien,
et totalement idéologisé. L'objet et le but de Jacques Villeglé est de donner à notre
mémoire, matière à revenir sur elle -même, à refaire le temps, à reconsidérer sans
concession le temps perdu de façon critique, ludique sans doute, mais aussi avec la
lucidité et l'intransigeance d'une réelle conscience de soi et du monde tel qu'il va.
Jacques Villeglé étudie la peinture et le dessin à
l'école des Beaux-Arts de Rennes où il fait la connaissance de Raymond Hains en 1945),
qui restera son ami de toujours. Il travaille quelque temps chez un architecte, où il se
familiarise avec les questions d'urbanisme et d'espace public, puis part à l'école des
Beaux-Arts de Nantes en 1947 pour faire des études d'architecture. Il aime collecter sur
les plages de Saint Malo, les bois flottés, les morceaux de métaux rongés par le sel
marin, les objets de diverses natures rejetés par les flots et réalise même des petites
sculptures à partir des débris récupérés du mur de lAtlantique.
A partir de décembre 1949, il s'intéresse aux effets de couleurs, à la matière
constituée par les épaisseurs de papier et aux formes laissées par des mains anonymes
et noctambules aux affiches déchirées et jetées au sol par des gestes vengeurs. Il se
définit alors par antinomie comme un "affichiste" et déclare la "guerre
des signes", les affiches représentant pour lui l'expression d'une culture
monolithique de plus en plus envahissante.
« Le prélèvement, dit-il, est le
parallèle du cadrage du photographe », et il se veut comme un simple
collecteur de fragments d'affiches qu'il choisit et signe. Mais le véritable artiste est
selon lui, celui qui a su déchirer et délaisser à un moment choisi l'ensemble en
l'état de lambeaux.
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Jacques Villeglé
" Carrefour Beaubourg-Rambuteau "
1972
Affiches lacérées marouflées " 182 x 246 cm
Coll. Part. © ADAGP

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Jacques Villeglé
Rues Desprez et Vercingétorix -
"La Femme", 1966
© ADAGP Paris 2008

Jacques Villeglé
Rue Turbigo - Paris 1964
© ADAGP
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En février 1954, Jacques Villeglé fait la rencontre du poète lettriste François
Dufrêne, lui-même intéressé par le domaine des affiches lacérées, dont il recherche
l'esthétique de l'envers ou du dessous.
En 1958, Villeglé rédige une mise au point sur l'intérêt des affiches lacérées
intitulée "Des Réalités Collectives", préfigurant le "Manifeste
du Nouveau Réalisme".
Il réalise en 1959, puis en 1960 ses premières expositions personnelles. Après sa
rencontre avec Yves Klein puis Pierre Restany et Jean Tinguely, et leur participation
commune à la première Biennale de Paris, il décide avec eux de constituer le groupe des
Nouveaux Réalistes.
Avec son ami Raymond Hains, Jacques Villeglé sapproprie les affiches des panneaux
publicitaires et des murs par les effets esthétiques que les déchirures abstraites lui
procurent, tout en inscrivant son travail de récupération dans une démarche de
contestation politique. Il se plaît au détournement de la publicité pour les marques,
pour la presse, mais également aux expérimentations lettristes de son ami Raymond Hains.
Se voulant être le releveur de traces de la civilisation présente, plus
particulièrement lorsqu'elles sont anonymes, Villeglé imagine à partir de 1969 un
« alphabet socio-politique » en hommage à Serge Tchakhotine, auteur en 1939
d'un essai intitulé "Le Viol des foules par la propagande."
Depuis 1957, l'uvre de Jacques Villeglé a fait l'objet de plus de 140 expositions
personnelles en Europe et en Amérique, et l'artiste a participé à de nombreuses
manifestations collectives. Ses uvres ont été acquises par plusieurs musées
européens, américains et africains. Mais ce n'est qu'à partir de la fin des années
1970 que Villeglé a pu vivre de son art. Il lui faudra attendre 1998 pour que le Musée
National d'Art Moderne fasse l'acquisition d'une de ses affiches lacérées, et
reconnaisse ainsi son oeuvre.
(LMDA)
Centre Georges Pompidou
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