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Exposition terminée

PARIS : Pinacothèque de Paris
" Les Soldats de l'Eternité "
Jusqu'au 14 septembre 2008






Affiche Exposition " Soldats de l'Eternité " L'Armee de Xian




 

 

 

Soldats en terre cuite de l'armée du premier empereur de Chine Qin Shihuang ©

Soldats en terre cuite
de l'armée
du premier empereur de Chine Qin Shihuang
©


L’exposition “Les Soldats de l’Éternité” à la Pinacothèque de Paris  propose au visiteur une plongée archéologique dans la Chine du IIIème siècle avant J.C. en présentant quelques uns des 8000 soldats de terre cuite de l'armée de l'empereur Quin Shihuang, avec de nombreux objets de la vie courante de l'époque du premier empire de Chine, découverts en 1974 et qui constitue
l'une des découvertes archéologiques majeures du XXème siècle.

Les soldats d'argile de Qin Shihuang présentés ici  avec quelques 120 objets : vases pièces de monnaie, bijoux et pendentifs en jade aux vertus sacrées, retracent l'histoire de l'empereur Quin Shihuang né en 259 avant J-C, et offrent au public européen de mieux connaître cette page de l'histoire de l'humanité.


La découverte par un paysan en 1974, dans la province du Shaanxi, au centre de la Chine, à 40 kilomètres de Xian, du tombeau du premier empereur de Chine, et de son armée de plus de guerriers et de chevaux en terre cuite, grandeur nature, restée enfouie pendant  2300 ans, a permis de reconstituer une page essentielle de l'histoire de la Chine. Cette garde d'honneur du tombeau de Qin Shihuang le Premier Empereur de la dynastie des Qin (259-210 av. J.C.), qui unifia la Chine, fit construire la Grande Muraille et se déclara le premier empereur de l'Empire du Milieu, était enterrée dans une fosse de plu d'un hectare et demi.

Les fouilles ont permis aux archéologues de mettre au jour plusieurs fosses,
dont l'une contenait des guerriers et des chars en bois, ce qui rend la découverte encore plus étonnante, tandis que 1000 guerriers en terre cuite ont pu être retrouvés dans une seconde fosse .
Alors que la première fosse a pu révéler une force militaire combinée de chars de bois et de guerriers en formation de combat rectangulaire, la seconde fosse contenait des unités séparées faites de cavaliers, archers et fantassins, avec des chars comme force principale, dans des formations en carré en carré et reliées aux trois autres pour former un polygone, tous les guerriers des quatre unités portant des armes réelles.
Les arbalétriers alignés debout devant les archers à genoux, armés d'arcs devaient permettre aux archers de tirer tour à tour sans donner à l'ennemi un répit qui lui permettrait de contre-attaquer. Une unité de cavaliers positionnée d'un côté et celle de chars de l'autre, formaient  les deux ailes de la troupe, suivie d'une combinaison de fantassins et de chars positionnés à l'arrière.
Les chars attelés de quatre chevaux en terre cuite dirigés par un conducteur assisté de deux aides, tous équipés d'armure, et armés de lances, d'épées et d'arbalètes, indiquent qu'ils pouvaient s'engager dans les combats à longue ou courte distance ou dans les corps à corps. L'équipement des cavaliers montre également que le tir à dos de cheval était une pratique courante, alors que les cheavux portaient des selles sans étriers, lesquels furent inventés plus tard.
Une troisième fosse plus petite que les deux autres, contenait 68 guerriers portant des armes défensives et un char de bois attelé de quatre magnifiques chevaux. Les spéclialistes estiment qu'il s'agissait sans doute du quartier général du commandement des troupes .

En outre, une quatrième fosse inachevée a pu être mise au jour, dont on estime que les travaux furent stoppés probablement à la suite des insurrections paysannes qui eurent lieu dès la mort de l'Empereur.

Au total ce sont donc plus de 10 000 armes réelles qui ont pu être sorties de ces fosses, y compris flèches, épées, lances et hallebardes, et certaines, telles que des pointes de flèches en métal restaient brillantes et tranchantes. Ces dernières composées d'un mélange de cuivre, d'étain et de plomb étaient des armes redoutables, car par leur alliage elles constituaient des pointes empoisonnées.



Qin Shihuang, premier empereur de Chine, né sous le nom de Ying Zhen en 259 avant J-C, avait accédé au trône à l'âge de 13 ans, en 246 avant J.C. Il passa les 25 premières années de son règne dans des combats cruels jusqu'à ce qu'il eut conquis six  des états rivaux pour fonder son empire.

Il adopta après la fondation de la dynastie des mesures d'envergure telle l'unification de la loi, une monnaie commune, l'utilisation de l'écriture, mais aussi mis en place une administration centralisée, avec des dispositions très sévères contre son peuple, en enterrant vivants ses opposants ou les intellectuels de l'époque, en interdisant les livres et en organisant des autodafés. Cela provoqua l'indignation des chroniqueurs chinois de l'époque, qui gardèrent sous silence ses réalisations telle la première Grande muraille, largement antérieure à celle que l'on connaît aujourd'hui et qui date de la dynastie Ming (14e-17e siècle), ou les nombreux palais construits autour de Xian, ainsi que l'existence de son tombeau.



Le Premier empereur Qin Shihuang

Le premier empereur de Chine Qin Shihuang
©

Pendant les 36 années de son règne, ce sont plus de 700 000 ouvriers ou esclaves qui furent utilisés pour construire son palais souterrain et reproduire les armées de son tombeau qui reste aujourd'hui en parfait état de conservation. Obsédé par la mort, Qin Shihuang avait donc ainsi fait reproduire en argile la société et la cour qui l'entouraient de son vivant, pour la conserver éternellement, et se faire considérer sans doute après sa disparition, comme une divinité.

Le site de Xian est aujourd'hui le plus important site archéologique au monde, avec les mille soldats ont pu déjà être complétement dégagés de la terre , mais le tombeau lui-même de l'empereur n'a pas été fouillé jusqu'à maintenant, et pourrait même ne jamais l'être, la loi chinoise en vigueur interdisant jusqu'à maintenant, d'ouvrir les tombeaux des empereurs

Pinacothèque de Paris

(LMDA)



(LMDA)


Exposition terminée

PARIS : Musée Dapper
" Animal "
Du 1
1 octobre 2007 au 30 mars 2008
>>> prolongation jusqu'au 20 juillet 2008




Statue Baoule Côte d'Ivoire - Figure Mbotumbo - © Musée Dapper




En Afrique, les animaux tiennent le premier rôle dans les mythes, les légendes, les contes, les proverbes et les devinettes, que perpétuent et vivifient les arts de la parole. Leurs représentations plastiques, fréquentes dans la sculpture, sont la face visible d'une symbolique puissante et complexe. Celle-ci est à l'oeuvre dans les cérémonies d'initiation, les rituels propitiatoires, les pratiques thérapeutiques, les actes de divination et de sorcellerie.

La forme animale, parfois mêlée à des traits humains, permet de représenter des esprits théoriquement invisibles. La sculpture donne  chair à la présence invoquée. Selon les canons culturels et esthétiques si variés qui font la richesse exceptionnelle des Arts d'Afrique, la figuration peut être clairement naturaliste, ou allusive, voire métaphorique, fréquemment composite, hybride, stylisée parfois jusqu'à l'abstraction. Mais la métamorphose surnaturelle qui la gouverne ne peut s'opérer qu'au prix de rituels complexes, où le sacrifice d'un animal réel occupe une place essentielle.

Dans certaines soci
étés, les membres d'un clan s' ils descendent d'un ancêtre commun, ne doivent pas consommer la chair de l'animal dont ils portent le nom et auquel il est fait férence dans leur devise. Cette relation particulière, trop sommairement qualifiée de " totémique ", rappelle le rôle primordial dévolu à un animal emblématique, celui qui, dans les temps mythiques, fut à l'origine de la filiation, qui la perpétue et la protège. Symbole tangible de ce lien, un fragment du corps de cet animal, griffes, crocs, queue, peau, plumes, poils, etc. ? peut être porté en amulette ou comme élément de costume.


Le Musée Dapper propose, à travers quelque cent quarante oeuvres, masques, statuettes, objets de dignité et parures, provenant de grands musées européens, de collections privées ainsi que de son fonds propre, une lecture des formes, codes, symboles et métaphores, partagés ou distincts, de la présence
animale dans les arts de l'Afrique subsaharienne.


Le singe
Animal dévastateur de cultures, il fait partie du panthéon des Baule de Côte d'Ivoire, en tant qu'esprit de la brousse. Des représentations anthropomorphes le figurent dans une posture de récipiendaire d'offrandes. Son apparition se fait plus discrète chez les Kuyu (Congo) où il surmonte, à l'instar d'autres animaux, le sommet de sculptures polychromes.

Le crocodile

Ma
ître du monde aquatique, il est particuliérement vénéré par les Akan des lagunes de Côte d'Ivoire. Leurs fameux orfèvres le représentent très fréquemment en bijoux d'or filigranés.

Ombres portées
de Julie BESSARD
Parallèlement à l'exposition d'art africain ancien, le Musée Dapper a choisi de présenter l'oeuvre contemporaine de l'artiste martiniquaise Julie Bessard,
Ombres portées : fragiles sculptures de paille suspendues telles des chrysalides abandonnées dans la lumière, leurs ombres déployées vagabondant au loin comme de lointaines résonances.

Musée Dapper


Musée Dapper Paris

(LMDA)

Exposition terminée

PARIS : Musée du Luxembourg
" Vlaminck, un instinct fauve "
Du 20 février au 20 juillet 2008







Image non disponible
images/Vlaminck5.jpg
Maurice de Vlaminck
" Paysage aux arbres rouges"
Huile sur toile 1906
© Musée d'Art Moderne Paris
© ADAGP


Maurice de Vlaminck (1876-1958), a été sans doute l’un des représentants les
plus importants du fauvisme, dès les premières années du XXème siècle. Le cinquantième anniversaire de sa mort donne l’occasion de présenter dans le cadre de cette superbe exposition les oeuvres de   jeunesse  de l'artiste, allant des années 1900 à 1915, sachant que ses premières peintures réalisées à partir de l'âge de 17 ans, entre 1893 et 1900, ont disparu.
Dans cette première période on découvre déjà la profonde révolte qui fut celle de l'artiste durant toute sa vie, au travers la violence d’une expression très caractéristique qui l'anime déjà,  jusqu'au début de la Première Guerre mondiale, et qui témoigne de ses recherches sur la restitution de l’espace, sur la couleur, sur l'expression autant que sur la composition.

Ce voyage dans l'oeuvre du Vlaminck à cette époque met en évidence l'engagement qui fut le sien, dans le renouvellement de la peinture. L’inventivité de sa démarche et des recherches qu’il mena avec son ami d'alors André Derain,   placent Chatou, où ils travaillaient ensemble, comme l’un des lieux les plus avant-gardistes de ce renouveau de la peinture, non loin des lieux où Monet et Renoir quelques années auparavant avaient inventés l'impressionnisme.

Dans cette période des remises en question sociales et des interrogations sur l'art, la volonté de Vlaminck et de Derain est de travailler à une réinvention de la peinture paysagiste. Chaque jour, ils discutent, expérimentent et peignent ensemble, Vlaminck avec la véhémence de son caractère, et Derain avec sa lucidité intellectuelle.
1901 est l'année où il rencontre l'oeuvre de Van Gogh dans une exposition de la Galerie Bernheim-Jeune, " J'aime Van Gogh plus que mon père " dira -t'il, et le travail  d'Henri Matisse, de sept ans son aîné, pour lequel il avoue son admiration.
La conjugaison dans son esprit de la peinture de VanGogh, des idées de Matisse, de l'intellectualisme de Derain, et sa découverte de l'art nègre, cristallisent en lui une force instinctive et une révolte, par laquelle, les couleurs, les lignes, les taches, les compositions  nourrissent ses émotions et son travail d'artiste.

Il réinvente la réalité, la fait coïncider avec le subjectif, l'impulsion, la tension intellectuelle lesquelles naissent dans la spontanéité, vivent et s'achèvent dans chacune de ses oeuvres. Il se livre totalement  dans l' expression, dévoilant tout de lui-même , ses sentiments et sa pensée, ses angoisses et sa moralité, ses impulsions et ses révoltes, sa foi et son désespoir en l'homme. " J'ai ainsi satisfait ma volonté de détruire les vieilles conventions, de désobéir ... ce que je n'aurais pu faire, si ce n'est en jetant une bombe, j'ai pensé le réaliser par la peinture, en utilisant au maximum la couleur pure ".


Vlaminck dans son atelier © Coll. Part.

Maurice de Vlaminck
dans son atelier
vers 1933 -1934
©
Coll. part.

Ainsi l'œuvre de Vlaminck est à considérer à la fois à travers sa relation à la génération post-impressionniste des peintres qui l’ont précédé : Van Gogh, Gauguin, Cézanne, Signac, les Nabis, et à travers sa propre audace qui le conduit vers une expression  gestuelle dans l'acte de peindre, les outrances des couleurs et les déformations des lignes, ne craignant aucun débordement, ne s'interdisant aucune exhaltation. " A la base de l'art disait-il, il y a l'instinct " .

Le Salon d'Automne de 1905, lui donne l'occasion, au côté de Matisse, Van Dongen,   Rouault,  Rousseau, Vuillard, Derain, et Marquet de présenter huit tableaux, dont " La Seine à Marly" . Cette exposition déclenche le scandale, avec en tête le critique d'Art du Figaro Camille Mauclair qui écrit " " On a jeté un pot de peinture à la face du public " et dans un autre article " Ce sont des fauves dans un cirque ".
"Fauves", c'est le nom que prendra ce groupe d'artistes à partir de là.


L"année 1906, est l'année où les discussions ardentes amplifient le scandale  du Salon, où les rencontres de forment, les oppositions les plus passionnées  s'expriment. Vlaminck stimulé par ces oppositions, poursuit ses recherches, au moment même où Picasso propose de nouvelles inventions plastiques, qui l'interpellent, autant que ses amis. Cela se traduit chez lui, par de nouvelles recherches sur les volumes, les masses, les rapports entre la lumière et l'ombre, dont " Le Pont sur le Chemin de Fer " de 1908 synthétise l'esprit. Ce sont des années de pleine créativité pour Vlaminck, mais en même temps, celles d'une évolution de la palette qui s'assombrit, et qui semble s'ouvrir et s'interroger sur la découverte de nouvelles possibilités dramatiques.

On s'approche des années de la guerre. L'atmosphère change imperceptiblement : les espoirs et les illusions laissent place à la cruelle réalité de l'histoire des hommes. C'est la crise en France et en Europe avec le déclenchement du conflit.  Ce qui compte alors avant tout, c'est de durer dans la conjoncture difficile du temps. Profondément opposé à la guerre, Vlaminck se retrouve mobilisé comme soldat à Rouen, puis à Paris, puis dans les campagnes du Nord. Il ne renonce pas à peindre : c'est sa manière de répondre au dégoût qui l'envahit, et en même temps sa manière d'affirmer sa foi en lui-même et aux valeurs qui sont les siennes. Il peint alors de vastes campagnes, des fleuves, des ciels envahis de nuages sombres, des routes boueuses, des arbres battus par les vents, des maisons aux murs délabrés,  des plaines enneigées, où dominent la désolation et l'angoisse.

La guerre et l'après guerre entrainent un bouleversement profond chez les peintres, les artistes, les écrivains, comme dans toute la société : une interrogation sur l'histoire, les hommes, la politique, les valeurs . Vlaminck a horreur de l'art pour l'art, il pense que toute avant-garde ne peut s'exprimer que dans le cynisme à l'égard de son époque et il ressent alors l'immense solitude de l'artiste qui s'engage dans la défense de ses valeurs profondes " La solitude est une des plus grandes vérités de ce monde " et il ajoute : " Je suis heureux tout seul, dans le vent, dans la pluie, dans les éléments, avec ma pipe " .
Prémisses à un renfermement progressif sur lui-même, tout en conservant sa conscience et sa révolte secrétement, contre tous les opportunismes et tous les intellectualismes de son époque.
Son crédo est alors " Si tu es peintre, ne regarde que dans toi-même" . Ce qui lui importe, c'est la réalité, la réalité dans son moment historique, comme un stade de la dialectique de l'histoire et c'est la conscience de son époque. Dans sa cohérence morale la plus intime qui persistera dans la continuité de son oeuvre, la peinture est, et demeure pour lui un langage physique, un langage des émotions, une langage de la vie dans son élan vital contre la mort.

Quelques années plus tard, à la veille de la seconde guerre, en mai 1939, au 16 de la Rue des Quatre Vents, à Paris, Vlaminck réunit des amis au restaurant des " Compagnons du Tour de France " . Ils brûlent alors dans une revendication commune contre les manaces allemandes, un portrait d'Adolf Hitler " critique d'art qui s'est permis, en qualité d'ex peintre en bâtiment, d'affirmer que tous les artistes de l'Ecole Française, les Braque, Derain, Gauguin, Laurencin, Valadon, Kisling, Matisse.... étaient des peintres dégénérés ".

Une exposition à voir absolument pour comprendre le rôle essentiel que joua Maurice de Vlaminck dans l'évolution de la peinture moderne du début du XXème siècle.


Voir Dossier Vlaminck
Voir Musée du Luxembourg

(LMDA)

PARIS : Musée Rodin
"
Rétrospective Camille Claudel "
Du 15 avril au 20 juillet 2008

Exposition terminée


Cette rétrospective exceptionnelle du Musée Rodin consacrée à l'oeuvre de Camille Claudel ( 1864 -1943 ) se démarque des nombreuses expositions qui se sont succédées  dernièrement tant à l'étranger qu'en France, dans le sens où elle rassemble l'essentiel des travaux de l'artiste avec la présence de plus de 80 sculptures en marbre, onyx, terre cuite, plâtre ou bronze.
Ainsi à côté des oeuvres de la collection de Madame Reine-Marie Paris, la petite-nièce de l’artiste, d’autres ont été prêtées par des collectionneurs privés et des musées pour complèter cette exposition, qui rassemble presque toutes ses sculptures ainsi que des oeuvres présentées pour la première fois telles que le plâtre de " La Niobide blessée"  en provenance du Musée Bejaia en Algérie, ou encore des petites études en terre cuite provenant des collections internes du Musée Rodin et attribuées dernièrement à Camille Claudel elle même . Une dizaine de dessins et gravures de l'artiste complètent cette présentation ainsi que certains documents photographiques d'époque, et divers éléments de sa correspondance avec Auguste Rodin .

Dès sa jeune enfance, Camille Claudel, soeur aînée de Paul Claudel, pétrissait déjà l'argile dans la maison de ses parents à Fère en Tardenois, et ses premières figurines datent de son adolescence.
Conseillée d'abord par le sculpteur Alfred Boucher, dont elle fut d'abord l'élève, elle entre ensuite dans l’atelier d' Auguste Rodin à l’âge de 20 ans, en 1884.   Elle suit ses cours assidûment, devient peu à peu sa collaboratrice, sa confidente, et sa compagne.
Elle passe plusieurs années à apprendre et à partager la vie de Rodin et l'on sait comment l'influence de celui-ci a largement marqué ses travaux. Mais ce que l'on souligne peu, c'est que l'inverse a également été vrai, que l'élève a influencé le maître, à un point qu'il est parfois peu aisé de déterminer le travail qui fut celui de l'un ou celui de l'autre, comme en témoignent ces études en terre cuite qui lui ont été dernièrement attribuées.Cette exposition souligne ainsi l'incroyable puissance créatrice de l'artiste et  rend hommage à une femme dont la destinée a suscité très tardivement une véritable fascination au travers de nombreuses expositions, livres, catalogues, films et pièces.
Car longtemps considérée comme une simple élève de passage de Rodin elle fût réellement un véritable génie créateur.  Inspiratrice, modèle, confidente, et maîtresse, elle fut une artiste sans concession, dont on  admet aujourd'hui   que son travail aura été longtemps occulté par la gloire de son maître, et par une passion qui l'aura conduit à la solitude obsessionnelle, à la névrose, au délire de persécution et finalement à l'asile, au point de devenir une artiste maudite, et de tomber dans l'oubli durant de nombreuses années.

Séparée de Rodin, à partir de l'année 1893, elle choisit alors définitivement de s'isoler dans une solitude passionnelle .Dans son atelier de la Rue de Turenne, elle travaille avec ardeur modelant ses sujets avec toute la puissance de sa spontanéité, de sa vérité, sans artifice, mais, avec toute l’émotion de la pureté et la volupté du mouvement. Jusqu’à l’emprise tragique de la maladie, qui l'amène à créer avec acharnement un ensemble de sculptures exceptionnelles.

Image non disponible
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Camille Claudel
"La valse"
Bronze 1895
© Coll. part.

Camille Claudel vers 1884  - Photo de César - papier albuminé - 15,5 x 10,3 cm © Musée Rodin Paris

Camille Claudel vers 1884
Photo de César
papier albuminé
15,5 x 10,3 cm
© Musée Rodin Paris


Cette rétrospective permet ainsi de découvrir ou redécouvrir les oeuvres majeures qui ont fait sa renommée, en particulier, celles qui marquent sa rupture avec Rodin avec des oeuvres autobiographiques telles que : " Le Dieu envolé " ou la "Suppliante " de 1894 , "l'Age mûr " en 1895, " La Valse " qui représente la nostalgie d'un couple de danseurs enlacés dans le tourbillon de la musique,  puis "Les Causeuses" ou encore " Les Baigneuses " dans lesquelles Camille Claudel s'affranchit totalement de Rodin pour la création d'oeuvres personnelles, inspirées par les arts décoratifs et le japonisme.

Son talent sera reconnu par quelques amateurs et critiques d’art comme Octave Mirbeau, mais elle aura surtout le soutien d’Auguste Rodin, qui même après leur rupture, lui écrira : " Montrez vos oeuvres admirables, il y a une justice, croyez-le. L'on est puni et l'on est récompensé. Un génie comme vous est rare."



Dossier " Camille Claudel "
Musée Rodin



(LMDA)

Exposition terminée

PARIS : Archives Nationales
Musée de l'Histoire de Franc
e
- Hôtel de Soubise
" Entre Jaurès et Matisse :
Marcel Sembat et Georgette Agutte
à la croisée des avant-gardes"
Du 02 avril au 13 juillet 2008





Image non disponible
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Georgette Agutte
" La Robe Bleue "
Huile sur toile

© Coll. Part.







Georgette Agutte © Coll. Part.

Georgette Agutte
© Coll. Part.



« Pas une oeuvre, donc, pour inscrire mon nom ? »
Marcel Sembat, 9 mars 1909

Le 4 septembre 1922, Marcel Sembat, homme d'État et collectionneur d’art, meurt d’une attaque cérébrale. Georgette, sa femme, qui est peintre et signe ses toiles de son nom de jeune fille, Agutte, écrit à leur neveu : « Je ne puis vivre sans lui. Minuit. Douze heures qu’il est mort. Je suis en retard. » et se tire une balle dans la tête.

Le retentissement de cette double disparition est énorme dans la société de l’époque. L'Humanité écrit : « Tous deux, lui dans la bataille des partis, elle dans la bataille de l’art, étaient à l’avant-garde ».
Lors de la cérémonie commémorative organisée le 18 décembre 1922 dans l’immense salle du Gaumont Palace, Léon Blum déclare : « Marcel et Georgette Sembat étaient socialistes comme ils étaient artistes : ils étaient artistes par les mêmes dons, par les mêmes penchants qui avaient fait d’eux des socialistes. »

Les Archives Nationales se proposent de tirer de l’oubli injuste, dans lequel ils ont peu à peu plongé, ces deux personnages étonnants, l’un avocat, journaliste, franc-maçon, député socialiste, membre fondateur de la SFIO, ministre des Travaux publics du gouvernement d’Union sacrée au début de la première guerre mondiale, orateur redouté, intellectuel éclectique et insatisfait de lui-même, l’autre femme peintre discrète, vivant dans l’ombre du grand homme, l’ouvrant aux tendances les plus modernes en art, entretenant une féconde amitié avec Matisse et de nombreux peintres fauves. Pour eux, changer le monde et changer l'art se confondent.


Marcel Sembat © Coll. Part.

Marcel Sembat
© Coll. Part.



Plus de 200 pièces de nature très variée, des lettres autographes aux toiles peintes en passant par des affiches, des journaux, des photographies, des sculptures et des céramiques, nous permettront de cerner un peu mieux la personnalité de ce couple fusionnel uni jusque dans la mort, et de nous interroger sur les rapports qu’entretiennent art et politique dans la société française du début du XXe siècle.
Ce sera également l’occasion pour le visiteur de découvrir en Marcel Sembat une personnalité tourmentée, inquiète, résolument moderne par ses goûts esthétiques et ses préoccupations intellectuelles ou sociales, certes, mais aussi par le désir presque mallarméen, toujours déçu, de réaliser l’œeuvre décisive qui chaque fois se dérobe, de fondre action et réflexion dans un impossible accomplissement universel.

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L’exposition en quelques lignes 

Le fonds d’archives privées Sembat-Agutte, déposé aux Archives nationales entre 2003 et 2006 par les héritiers de l'homme politique a fait l’objet d’un travail considérable de classement et de conditionnement. Une partie substantielle des images fixes et animées a été transférée sur support numérique par les soins des ateliers des Archives. Pour l’exposition, un ensemble significatif de pièces inédites en rapport avec les multiples activités et les innombrables centres d’intérêt du couple Sembat seront tirées de ce fonds.

Les héritiers de Marcel Sembat prêteront un ensemble d’œuvres inédites de Georgette Agutte et d’artistes amis (Signac, Rodin, Metthey…) ainsi que des autographes prestigieux qui témoignent de l’intensité des échanges entre le couple Sembat et l’intelligentsia de son époque (Jaurès, Blum, Kahn, Apollinaire, Louÿs, Proust, Barrès, Daudet…).

Du musée de Grenoble viendront des oeuvres majeures (Matisse, Van Dongen, Cross...), ainsi que des toiles et sculptures de Georgette Agutte, reçues les unes et les autres en legs à la mort des époux Sembat, et qui illustrent l'intérêt passionné du couple pour les formes d'art les plus contemporaines.

Les prêts consentis par les mairies de Bonnières-sur-Seine et de Mantes-la-Jolie seront l'occasion pour le public de découvrir des œuvres inédites de Georgette Agutte et des objets de la vie quotidienne du couple.

Des documents prêtés par l'Office Universitaire de Recherche Socialiste, parmi lesquels le journal personnel de Marcel Sembat, permettront de mieux cerner l'homme dans ses réflexions, ses questionnements et ses doutes.

Le livret de visite

Un livret de visite gratuit sera proposé à chaque visiteur ayant acquitté son droit d’entrée. Support idéal à la visite, ce livret, de plus d’une centaine de pages, contient l’ensemble des textes introductifs aux différentes parties de l’exposition, des explications relatives à chaque œuvre et à chaque document présentés, ainsi qu'une chronologie.

Un site exceptionnel

L’exposition aura lieu au premier étage de l’hôtel de Soubise, chef d’œuvre d'architecture du XVIIIe siècle et de l’art rocaille, en plein cœur du quartier du Marais. L’entrée à l’exposition donne droit à la visite des salons de cette prestigieuse demeure princière, à leurs collections de toiles et de mobilier. Un espace de lecture est mis à la disposition du public à la fin du parcours de l'exposition.

Scénographie

L'exposition, installée dans un espace de plus de 400 m2, se décompose en 5 parties matérialisées par des modules autour desquels le visiteur est invité à déambuler et à promener son regard, saisissant ainsi les multiples perspectives qui s'offrent à lui. Les documents d'archives y sont traités en symbiose avec les oeuvres d'art, car c'est ensemble qu'ils racontent l'histoire des Sembat. La mise en scène moderne, l'architecture radicale et cubique rendent hommage aux opinions politiques et artistiques du couple. Des projections audiovisuelles (films, photographies, lectures de textes) permettent au visiteur de s'immerger totalement dans l'univers de Marcel Sembat et de Georgette Agutte.

Communiqué de Presse des "Archives Nationales  "


Archives Nationales


(LMDA)

Exposition terminée

ECOUEN : Musée de la Renaissance
" Ars Medicina"
Du 03 avril au 07 juillet  2008



Conçue pour un large public, l’exposition Ars Medicina évoque le savoir du médecin et la pratique médicale à la Renaissance.
Entre humanisme et pragmatisme, entre théorie et expérimentation, la médecine connaît au XVIe siècle de véritables bouleversements.
Un ensemble d’oeuvres rares et parfois surprenantes, empruntées aux plus importantes collections d’Histoire de la médecine conservées en France, permet d'explorer ce domaine depuis l’élaboration et la diffusion d’un savoir scientifique jusqu’au développement de la pratique médicale et chirurgicale au XVIe siècle

La Renaissance d’un domaine de la science.
Remettant en cause les grands dogmes, mais se référant aux Anciens avec un extrême intérêt, la médecine du XVIe siècle accomplit une synthèse du savoir hérité de l’Antiquité et du Moyen Age et développe les conditions favorables à l’éclosion de la médecine moderne.
Portée par l’invention de l’imprimerie et contrainte par les maux de son temps – guerres et épidémies – elle est marquée par l'émergence de l’anatomie, le renouveau de la chirurgie ainsi que la reconnaissance progressive accordée à l’ensemble de ses praticiens.
Savant éclairé, le médecin de la Renaissance rejette les pratiques de charlatans, écarte les remèdes de bonne femme et se distingue des apothicaires, des barbiers et des chirurgiens. Incarnée par des personnages emblématiques comme Ambroise Paré, André Vésale, François Rabelais ou Paracelse, sa figure est encore bien éloignée du médecin d’aujourd’hui.

 
Realdo Colombo :  De re anatomica Frontispice - Leçon d'anatomie (1559 ) Bibiothèque Interuniversitaire de Médecine

Realdo Colombo
De re anatomica
Frontispice -Leçon d'anatomie (1559 )
Bibiothèque Interuniversitaire de Médecine

 
Ambroise Paré ( 1510-1590 )

Ambroise Paré
( 1510 -1590 )

Une exposition originale et étonnante.
Riche d’une centaine d’oeuvres provenant notamment de l’Académie ?Nationale de Médecine, de la Bibliothèque Interuniversitaire de Médecine, de l’Ordre National des Pharmaciens ainsi que de la Bibliothèque Nationale de France, l’exposition apporte un éclairage didactique sur la réalité de la pratique médicale à la Renaissance.

Dans un parcours sur trois niveaux, elle illustre la formation du médecin, la constitution et la diffusion du savoir médical et ses évolutions majeures au XVIe siècle à travers une sélection de manuscrits et d’imprimés (traités, manuels pratiques et pharmacopées), d’instruments de chirurgie et d’accessoires médicaux, ainsi que de représentations de scènes médicales et portraits de médecins.

L’exposition sera l’occasion de présenter au public, aux cotés de scies d’amputation, tire-fonds, trépans, triploïdes, tire-balles, bistouris, pinces diverses, clystères, cautères, uroscopes ou palettes à saignée des XVIe et XVIIe siècles, de véritables monuments de l’histoire médicale, comme les ouvrages d’Ambroise Paré dont le savoir reconnu a été largement diffusé dès l’époque en Europe, ou l’inestimable journal autographe de Jean Heroard, médecin de Louis XIII, prêté par la Bibliothèque nationale de France.

Au-delà de leur intérêt historique, certaines pièces témoignent d’une indéniable qualité artistique telles les saisissantes gravures du traité d'anatomie d'André Vésale (1543) par Johannes van Calcar, élève du Titien ou les dessins du peintre Francesco Salviati illustrant le manuscrit grec du recueil de chirurgie de Vidius offert en 1542 à François Ier, pour sa bibliothèque royale.


Muséee de la Renaissance - Ecouen

(LMDA )

Exposition terminée

NANTERRE : Espace Paul Eluard
" Les Parisii "
Du 11 avril au 14 juin 2008







Art des Parisii  : statère en or. - face - © Musée Dobrée
Statère en or des Parisii
© Musée Dobrée



De récentes fouilles archéologiques viennent de révéler sur le site de la ville de Nanterre ce que fut le rôle du peuple Parisii et le périmètre de leur ville avant l'arrivée des légions romaines de César et l'invasion de la Gaule. Cette ville qui a été d'une certaine manière la capitale pré-romaine du peuple Parisii qui vivait alors en Ile-de-France aurait pu se déplacer ensuite à la faveur de l'occupation romaine vers le site parisien de Lutèce. De nombreuses hypothèses interrogent les archéologues à la lumière de ces dernières découvertes opérées sur les différents sites d'Ile de France, comme sur ceux des sites parisiens qui sont eux, assez pauvres en vestiges pré-romains.
Cette exposition qui réunit près de deux cents objets s'organise autour de deux grandes périodes de l'histoire gauloise des Parisii : la nécropole gauloise du IIIème siècle avant notre ère et la ville gauloise de Nanterre au Ier siècle avant notre ère. Elle présente les vestiges de ce que fut l'activité humaine de l'époque avec des céramiques et des poteries, et des fours datés des années 50 av. J.C., mais également des fibules, des ustensiles ménagers, des couteaux.
Des armes, des pointes de lance, des morceaux de bouclier ont été également retrouvés dans des tombes comme autant de témoignages de la bravoure des guerriers ou de chefs pour les accompagner dans l'autre monde. C'est ainsi d'ailleurs que sur le même site, dans une sablière fut retrouvé en 1899, un char de guerre, cela constituant la preuve d'une coutume funéraire répandue chez les Parisii, consistant pour un guerrier à être enterré avec ses armes.

Ainsi pour illustrer et présenter chacune de ces deux périodes, objets   métalliques, monnaies, céramiques, bijoux, issus du site nanterrien mais aussi d'autres sites franciliens sont présentés dans le cadre d'un parcours qui présente plusieurs thèmes : le contexte rural avec l'élevage et les cultures, les biens, les rituels, les cultes, l'habitat, l'urbanisme,  le commerce.
Une très belle exposition à découvrir afin de mieux connaître ce que furent les origines de ce peuple gaulois qui a laissé son nom à la capitale et à plusieurs communes d'Ile de France.




Espace Paul Eluard - Nanterre


(LMDA)

PARIS : Maison de l'Amérique Latine
" Le Mouvement Madi International "
  Du 17 janvier au 02 avril 2008
>>> prolongation jusqu'au 29 avril 2008


Exposition terminée


Le mouvement MADI International apparu en 1946  sous l'influence de l'artiste Carmelo Arden Quin à Buenos Aires se veut être avant tout un mouvement rassemblant toutes les formes d'art moderne, dans une démarche dialectique de l'art . Son nom est une invention s'inscrivant dans un rapport avec l'histoire de l'art en perpétuel renouvellement. Le MADI (Matérialisme Dialectique) en rappel du Mouvement DADA et du Mouvement Surréaliste, se veut s'inscrire dans une démarche dialectique, logique de l'art en marche dans l'histoire.
L’art est un affranchissement dans une une société en devenir constant. Le Mouvement MADI ne veut dicter aucune règle, ne veut s''appuyer sur aucune théorie restrictive, d'ordre idéologique ou autre. Il clame la totale liberté dans les moyens d'expression, les formes et les matériaux utilisés, ou avec l'utilisation de l'espace. Son objectif et son seul impératif est de s'échapper des limites, de sortir du carcan traditionnel de la toile peinte héritée de la Renaissance, considérant que l'art est dans l'espace, et qu'il se doit  d'explorer toutes les possibles qui peuvent exister dans la confrontation entre la forme créée et toutes les dimensions de l'espace environnant.
Le Mouvement MADI se veut exprimer un art universel s'appuyant sur les règles fondamentales de la physique et de la géométrie, comme le serait aussi les mathématiques comme norme universelle s'appliquant à tous les domaines de la création
humaine.

Davantage qu'un mouvement esthétique ou purement plastique, MADI se revendique libre par rapport aux habitudes, aux traditions, aux orthodoxies qui subsistent dans l'art, comme dans tous les autres domaines de l'activité humaine. Son objectif est de créer, c'est à dire d'inventer sans cesse de nouvelles formes, d'utiliser toujours de nouveaux supports, de nouveaux matériaux, de nouvelles techniques, d'occuper de nouveaux espaces, de s'affranchir d'un maximum de contingences, jusqu'aux limites de celles qui touchent aux structures des lois fondamentales.
C'est à ce titre que le Mouvement MADI, comme l'affirma dès l'origine Carmelo Arden Quin, couvre  toutes les expressions artistiques, par son caractère créatif multidisciplinaire : la peinture, l'architecture, la sculpture, mais aussi la musique, la littérature, la poésie, le théâtre, la danse et toutes les activités créatrices potentielles des hommes, jusqu'à l'invention ou la recherche scientifique.
Cette universalité de MADI apparaît aujourd'hui dans le fait que de multiples groupements d'artistes, de plasticiens, voire de chercheurs, de scientifiques dans le monde se revendiquent des principes et des théories de MADI. Les musées s'y intéressent, de plus en plus nombreux également avec des expositions qui regroupent, les artistes de la première heure et les créateurs contemporains démontrant la fécondité et la diversité des créations issue de cette démarche.

Pour resituer cette superbe exposition dans sa genèse et dans  cette dialectique du mo
uvement artistique international, il convient de rappeler les origines dans les formes géométriques qui se sont dessinées dans l'art visuel du XXème siècle, avec à partir de 1915 l'apparition de l'abstraction, en Allemagne avec Kandinsky, en Russie avec Larionov, en Hollande avec Mondrian et Van Doesburg,  et en France avec Delaunay, Picabia, ou encore Kupka.
L'abstraction s'exprimant au travers les différents courants liés aux influences et aux personnalités des artistes, celle-ci a donne naissance à une nouvelle tendance dans les différents pays du monde, qualifiée de " mouvance construite internationale", sous l'influence première des artistes russes engagés dans la Révolution de 1917. Elle se caractérise dès les années 1920 par la représentation, puis la construction de formes et d'assemblages géométriques épurés, autour de principes tels que l'économie des moyens, la simplicité, la rigueur, l'intensité associées à un infini des combinaisons possibles.

Ainsi les formes se sont trouvées synthétisées aux travers les esquisses et figures géométriques élémentaires que sont la ligne, le carré, le triangle, le polygone, la courbe, le cercle, la croix, le point, les artistes cherchant à exprimer toutes les expressions de l'homme : le plaisir ou la joie, la créativité ou l'imagination, la spiritualité ou la contemplation, par des traits graphiques renvoyant aux tracés fondamentaux les plus simples.

Selon les pays, et les principes élaborés par les artistes engagés dans ces recherches picturales, ce mouvement vers abstraction géométrique a porté différents noms : le constructivisme, le suprématisme, le néo-plasticisme, le géométrisme, l’art concret, l'art cinétique, mais toujours caractérisé par cette recherche commune de la pureté géométrique minimaliste.

Le Constructivisme, par exemple né en Russie au moment de la Révolution de 1917, est d'abord dirigé contre le classicisme et l'esthétisme dominant, et recherche avant tout à apporter sa contribution à la situation sociale et révolutionnaire de l'époque, par des fonctions concrètes, pratiques, utilitaires et engagées attribuées à la peinture, avec des artistes tels que  Archipenko, Rodchenko, Larionov, Gontcharova, Tatlin...Le Suprématisme, de l'artiste russe Malevitch en 1916, revendique quant à lui la suprématie des formes géométriques simples telles que le carré, le rectangle, le cercle, le triangle, la croix, en affirmant que la réalité de l'art repose entièrement sur les effets que la couleur exerçe sur les sens.

Le Néo-Plasticisme de son côté fondé en 1917 à Amsterdam par Mondrian, avec des artistes tels que Van Doesburg et Bart Van Leck pense qu'il s'agit de découvrir les compositions pures par lesquelles l'harmonie universelle se révèle, par l'emploi   de l'abstraction géométrique extrême composée de lignes horizontales et verticales, associées aux couleurs primaires
et soulignées par le noir et le blanc.

Le Groupe Cercle et Carré en 1934 de son côté, fondé par Joaquin Torres-García (1874-1949) et Michel Seuphor organise les premières expositions abstraites du XX° siècle et font connaître des artistes tels que : Mondrian, Kandinsky, Van Doesburg, Vantongerloo, Arp, Russolo, entre autres.






Joaquin Torres -Garcia : " Figure de femme assise" 1936 Huile sur carton 49 x 39,5 cm  - © Coll. Part.

Joaquin Torres -Garcia :

" Figure de femme assise" 1936
Huile sur carton 49 x 39,5 cm
© Coll. Part.


Joaquim Torres-Garcia

Joaquin Torres -Garcia :
1918
© Coll. Part.







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Carmelo Arden Quin :
" Niory "
Huile sur panneau d'Isorel - 1948
102 x 78 cm
© Moderan Museet Stockholm




Arden Quin

Carmelo Arden Quin
©

Le Mouvement MADI de Carmelo Arden Quin apparaît quelques années plus tard, en 1946 à Buenos Aires. Dans le prolongement de l'influence du Dadaïsme et en réserve des effets du Surréalisme en France, il développe le principe selon lequel on peut d'affranchir des surfaces planes, et de la simple utilisation d'une surface et d'un cadre définis, pour peindre sur tout type de surface, sur des volumes, sur des plans amovibles, animés de tous types de mouvements, de sculpter dans la matière avec des espaces creux, et d'y associer et des mouvements articulés.
Cette nouvelle conception plastique de MADI réalise le passage d'une conception d'un art construit des années 1920 et l'art minimal américain des années 1970, en faisant sauter les cadres et les limites classiques qui définissaient une oeuvre d'art .

A partir des années 1950, l'Art Cinétique apparait dans cette mouvance en réutilisant les données de l'abstraction géométrique, introduite dans des oeuvres mettant en avant les notions fondamentales du temps, de l'espace, et du mouvement, avec des artistes tels que Vasarely, Tomasello, Soto, Morellet, Cruz-Diez, par exemple. Dans la suite, apparaît l'Art Minimal en 1965 aux Etats-Unis avec Dan Flavin, Donald Judd, Sol Lewitt, Carl André, Frank Stella, et Morellet, en France, concrètise une expression réduisant les formes à l'extrême, dans lesquelles l'artiste n'intrevient plus directemement, pour tenter de s'abstraire de toute subjectivité.




Mais il est impossible de dissocier l’histoire du Mouvement MADI de la vie de son créateur que fut Carmelo Arden Quin Alves Oyarzun. Né en 1913, à Rivera, une petite ville située à la frontière entre l’Uruguay et le Brésil, il est le fondateur, le théoricien, l’organisateur qui a donné naissance au Mouvement MADI, et l’a animé avec passion et fermeté depuis les années quarante.

En 1935, Arden Quin assiste à une conférence donnée par Torres-García à Montevideo, à son retour d'Europe. Il le fréquente assidûment par la suite, et s'imprègne des idées véhiculées par les revues d’avant-gardes qu’il reçoit du monde entier, celles-ci ayant une importance décisive dans les choix, et les actions qu’Arden Quin entreprendra ensuite. La littérature, la poésie et la philosophie sont alors ses premiers centres d’intérêt.

En 1938, il s’installe à Buenos Aires où il rencontre différents peintres et écrivains d’avant-garde.

En 1941, il travaille à la création d'un revue d’avant-garde baptisée Arturo ( La Revue des Arts Abstraits), qui paraît en 1944 en un unique numéro avec des textes de sa main, mais aussi de différents écrivains tels que Bayley, Vicente Huidobro, Kosice, Rothfuss, Mendes, Torres-Garcia, et des reproductions d'oeuvres de Kandinsky, Mondrian, Maldonado, Torres-Garcia, ou encore Vieira da Silva.

En début août 1946, il présente à Buenos Aires la première exposition d’importance, qui est le premier acte public du Mouvement MADI au cours duquel il lit " L’introduction au Manifeste MADI ", dans lequel il affirme l’universalité et les affinités du MADI avec toutes les avant-garde de la littérature, la poésie, la musique, la chorégraphie, l'architecture …
En 1947 le groupe composé d'Arden Quin, de Rothfuss, Martin Blasko, Kosice, se sépare à la suite de différents entre Arden Quin et Kosice.

En 1948 : après ses séries des " Formes galbées " et des " Coplanals ", des objets peints articulables ou transformables,
Arden Quin quitte l’Argentine pour s’installer à Paris. Il rencontre Vantongerloo, avec lequel il conserve toutes ses distances par rapport à ses orientations théoriques, comme d'ailleurs pour les thèses qu'il considère mystiques de Malevitch ou de Mondrian. C'est la complexité du langage plastique qui le passionne avant tout.

De 1949 à 1950, il réalise ses séries des " Reliefs amovibles ", annonçant les " Méta-mécaniques " de Tinguely, les
" Plans mobiles " de Pol Bury et les " Assemblages mouvants " d’Agam de 1953.

Le Mouvement MADI se reconstitue à Paris, avec une exposition en 1950 organisée par la galerie parisienne de Colette Allendy intitulée " Les Madis ", où sont présentées des oeuvres d'Arden Quin, de Vardanega, et de Desserprit.

De 1951 à 1958, un Centre de Recherches et d’Etudes Madistes est créé dans l’atelier parisien d’Arden Quin avec la participation de différents artistes latino-américains et français tels que Volf Roitman, Pierre Alexandre, Angela Mazat, Roger Neyrat, Rubén Nuñez, Marcelle Saint-Omer et Georges Sallaz.

De 1958 à 1971, Carmelo Arden Quin concentre alors sa production autour de la problématique du collage et du découpage. En 1971, il  travaille à l’atelier d’Antonio Asis et reprend ses composotions faites de lignes verticales.

En 1983, une exposition hommage lui est consacrée pour ses 70 ans. A partir de 1985, les expositions et les conférences consacrées au Mouvement MADI se multiplient dans le monde entier. Ainsi en 1992 le Museum of Modern Art (MOMA) de New York présente une grande exposition " Art d’Amérique Latine " avec une importante salle dédiée à Carmelo Arden Quin. Cette exposition est reprise ensuite au Centre Georges Pompidou à Paris.
Parmi les dernières grandes manifestations on peut signaler celle qui s'est déroulée au Centro de Arte Reina Sofía à Madrid, en 1997
, complétées par cette superbe exposition aujourd'hui de la Maison de l'Amérique Latine de Paris.

Maison de l'Amérique Latine

(LMDA)

Exposition terminée

PARIS : Centre Georges Pompidou
" Richard Rogers & Architectes "
... Jusqu'au 03 mars 2008


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Rogers Stirk Harbour + Partners.
Terminal 4, Madrid Barajas Airport.
© Amparo Garrido


Le Centre Pompidou, qui fête cette année ses trente ans, rend hommage à Richard Rogers, architecte de son bâtiment avec Renzo Piano.
Richard Rogers a reçu le 4 juin 2007 le Prix Pritzker, récompensant toute son oeuvre.

L’exposition "Richard Rogers & Architectes " présente le travail de Richard Rogers et de ses associés : des premières réalisations effectuées avec Norman et Wendy Foster ainsi qu’avec Su Rogers, au sein de Team 4 dans les années 1960, aux projets actuels de l’Agence Rogers Stirk Harbour + Partners.

Cette rétrospective est aussi l’occasion de revenir sur la conception du Centre Pompidou dans les années 1970.

Du bâtiment de la Lloyd’s à Londres au récent Terminal 4 de l’aéroport Barajas de Madrid, de la Zip-Up House de 1968 aux projets d’urbanisme de Lu Jia Zui à Shanghai, de nombreux projets sont ainsi abordés au travers de documents d’archives, de maquettes, de dessins, de photographies, de films et de textes spécialement écrits pour l’occasion.

La présentation de cet ensemble conséquent de travaux passés et en cours permet d’illustrer la vision de Richard Rogers sur le rôle central que l’architecture peut jouer dans la constitution et le développement de nos sociétés.



Centre Georges Pompidou


(LMDA)

Exposition terminée

PARIS : Pinacothèque de Paris
" Chaïm Soutine "
Du 1
0 octobre 2007 au 02 mars 2008


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Chaïm Soutine
" Petite Place"
Huile sur toile

71 x 46,5 cm - 1929
© Art Institut of Chicago
© ADAGP




Cette exposition est la première grande exposition consacrée à Chaïm Soutine depuis celle de 1973 à l'Orangerie. Elle poursuit un travail de redécouverte de l’Ecole de Paris qui se développe depuis quelques années avec l’un de ses artistes les plus marquants, mais aussi peut-être le moins connu, mais aussi au centre de nombreuses légendes ou polémiques.

D'origine lituanienne, Chaïm Soutine ( 1893 -1943 ) est issu d'une famille pauvre vivant misérablement dans les traditions et les principes religieux du Talmud dans le ghetto juif de leur village. Son père fait de la couture pour le compte d'un tailleur. Chaïm, timide et réservé est le dixième de onze enfants.Les études ne l'intéressent pas, et écolier, il passe de longs moments à dessiner des portraits de personnes qu’il rencontre.
En 1902, son beau frère l'accueille à Minsk, pour lui apprendre le métier de tailleur. Mais son désir de dessiner domine. Son  ami, Michel Kikoine, qui partage la même passion du dessin, l'incite à prendre des cours de peinture. En 1909, il part à Vilna avec lui, où tous deux  trouvent un emploi de retoucheurs chez un photographe.
En 1910, il  passent son examen d’entrée à l’école des Beaux-Arts. Kikoïne part pour la France en 1912.
Il décide l'année suivante de rejoindre son ami et c'est ainsi qu'il arrive à Paris en Juillet 1913, où il découvre un monde totalement différent de sa Russie natale.

Paul Krémègne, l'un de ses amis russe rencontré à Vilna et venu lui aussi à Paris deux ans plus tôt, l'accueille et lui fait rencontrer les artistes du quartier de Montparnasse, parmi lesquels de nombreux peintres étrangers, que l’on désignera ensuite sous le nom de l’École de Paris.
Soutine fréquente régulièrement le Musée du Louvre et il s'inscrit à l'Ecole des Beaux-Arts, tout en travaillant de nuit comme porteur à la Gare Montparnasse. Il est déjà malade, sans doute par les conséquences des années de privations et de souffrances  de sa jeunesse en Russie. Traqué par la misère et par la maladie, il tente un jour de se suicider, mais il est sauvé par son ami Kikoïne.

En août 1914, c'est la guerre et l’ordre de mobilisation générale est donné en France. Soutine se porte volontaire. Il part creuser des tranchées, mais il est rapidement réformé à cause de son état de santé. Recensé comme émigrant juif, il obtient de la Préfecture de police un permis de séjour au titre de réfugié.

ll s’installe alors Cité Falguière dans le XVème arrondissement de Paris. Le sculpteur Jacques Lipchitz lui présente Amedeo Modigliani, qui a été également réformé car atteint de tuberculose. Modigliani, qui est son aîné de dix ans lui voue une réelle affection et devient son ami. Tous deux liés par un destin semblable ne mangent que rarement à leur faim, et s’adonnent volontiers à la boisson, et aux soirées avec les prostituées. Soutine peint beaucoup et va souvent dans les chemins aux abords de Paris à la recherche des paysages qui l'inspirent.

Modigliani lui présente le marchand d'art, Léopold Zborowski en 1918, avant que de partir se soigner pour sa tuberculose à Vence, dans le midi de la France. Soutine, de son côté ne s'adapte pas à la vie parisienne. Il est invité par Pierre Brune, à venir s'installer à Céret, dans les Pyrénées-Orientales. Quelques mois plus tard, fin Janvier 1920, il apprend la mort de son ami Modigliani.

Ébranlé par cette disparition, il cesse de boire et suit les conseils de ses médecins pour s’alimenter correctement. Son estomac le fait de plus en plus souffrir. Sauvage, ombrageux, colérique et secret, il vit à l'écart et s'enferme dans la peinture. En été 1920, Zborowski vient chercher près de 200 toiles.

C'est alors que le docteur Albert Coombs Barnes un riche collectionneur américain, vient à Paris, pour collecter une série d’œuvres contemporaines destinées à la fondation qu'il vient de créer à Philadelphie. Zborowski  parvient à lui vendre soixante toiles de Soutine peintes à Céret, ce qui lui assure une soudaine renommée dans le mileu artistique.

Chaïm Soutine décide alors de partir dans le midi de la France à  Cagnes pour peindre des séries de paysages aux couleurs les plus vives. Mais la région ne lui convient pas il revient à Paris. Souvent envahi par des doutes sur lui même, obsédé par des questions de formes et de couleurs, insatisfait de son travail, il ne cesse de s'interroger sur son art. Un jour, pris d'une soudaine colère, il contre lui même, il brûle un grand nombre des toiles qu'il avait peintes à Céret.

Vivant un peu mieux, il s'installe dans un atelier plus spacieux à Paris, à proximité du Parc Montsouris. Là, il se passionne pour la lecture et pour la musique, tout en peignant. Mais son voisinage est horrifié par les carcasses d'animaux écorchés ou éventrés qu'il prend alors comme modèle pour ses toiles, et se plaignent des odeurs putrides qui envahissent l'atelier et la rue.

C'est en juin 1927, que se tient le vernissage de la première exposition de ses œuvres. Il séjourne parfois dans la maison de campagne de Léopold Zborowski   dans l’Indre ou dans la propriété de Marcellin et Madeleine Castaing près de Chartres, avec qui il s'est lié d’amitié car grands amateurs d’art. Leurs relations avec le milieu intellectuel, artistes ou écrivains tels que  Blaise Cendrars, Erik Satie ou Henry Miller, permettent à Soutine de se faire connaître et d'être présent dans de nouvelles expositionset d'être retenu dans le choix de certaines grandes collections.


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Chaïm Soutine
" Autoportrait "
Huile sur toile

54,5 x 45,5 cm - 1917
© Fondation Henry et Rose Pearlman - New York
© ADAGP





Chaïm Soutine en 1934 © ADAGP

Chaïm Soutine
en 1934


En 1929, il repart pour le midi de la France à Vence, où il peint une série consacrées aux arbres. Mais les acheteurs se font plus rares, car la crise économique née aux États-Unis