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EXPOSITIONS PASSEES
EN FRANCE & REGIONS
Année 200
7

         


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Exposition terminée

EVIAN : Palais Lumière
"Jules Chéret : l'esprit et la grâce"
Du 14 juin au 21 septembre 2008



   ...Jules Chéret : " La Grande Colombine " Huile sur toile  1911 © Musée des Beaux-Arts de Nice  © ADAGP

Jules Chéret :
" La Grande Colombine "
Huile sur toile  1911
© Musée des Beaux-Arts de Nice
© ADAGP



 


En 120 peintures et décorations, l’exposition  proposée par le Palais Lumière permet d’appréhender toutes les facettes de l’artiste complet que fut Jules Chéret ( 1836 -1932 ). C'est une exposition exceptionnelle dans la mesure où aucune grande rétrospective ne lui avait été consacrée jusqu'à ce jour depuis l'exposition de 1933 au Grand Palais à Paris, peu après sa disparition.

Jules Chéret fut tout d'abord un pionnier dans le domaine de l’affiche lithographique en couleurs, et il est considéré comme l'inventeur de l'affiche moderne publicitaire. Cette activité de l'artiste est illustrée par une sélection de grandes affiches présentées dans une salle unique, avec pour certaines les maquettes préparées à la gouache par l'artiste, permettant de comprendre le cheminement de la création de ces superbes supports publicitaires qui impressionnèrent et influencèrent tant Toulouse-Lautrec.

La lithographie a été l’une des techniqques préférées de Jules Chéret. A côté de ses fameuses affiches, il a ainsi créé, dans des formats plus modestes que les grandes affiches, un grand nombre d’oeuvres lithographiées, proches des dessins, destinés à illustrer par exemple des menus, des programmes de spectacles, des faire-parts de naissance, que le visiteur peut découvrir dans les vitrines destinées à mettre en relief ces travaux intimistes.


L'essentiel de l’exposition se con
sacre surtout à une partie de son oeuvre trop peu méconnue encore aujourd'hui. En effet au fil du parcours, le visiteur peut admirer des oeuvres peintes à l’huile, des portraits, des allégories, et des personnages de la Commedia dell’ Arte, ajoutés aux peintures, et pastels dans lesquels il excellait, mais aussi des dessins qu’il effectuait en grand nombre, souvent  "d’après modèle " en préparation de compositions plus importantes.

Mais Jules Chéret fut également un grand décorateur mural. La villa du Baron Vitta « La Sapinière » à Evian en est un magnifique exemple. Cette oeuvre décorative est évoquée dans cette exposition au travers de nombreux pastels préparatoires à ces fresques, destinées à la Villa
" La Sapinière " (1895-1897) de son ami le Baron Vitta, mais aussi à l’Hôtel de ville de Paris (1898-1902), au Musée Grévin (1900), à la Taverne de Paris (1905), à la Préfecture de Nice
entre autres

L’une des pièces maîtresse de l’exposition est représentée par l’éblouissant pastel du rideau de scène du Musée Grévin, une oeuvre onirique dans laquelle on retrouve la plupart des personnages chers à Jules Chéret dans une sarabande nocturne effrénée.

Enfin, pour terminer cette superbe exposition le visiteur peut découvrir avec quelques pièces de porcelaine délicatement peinte, les essais de l'artiste en tant que céramiste qui aura su marier dans une oeuvre faite d'une explosion de couleurs et de fantaisie l’Esprit et la Grâce du XXème siècle naissant.

 

   Jules Chéret  © ADAGP

Jules Chéret :
© ADAGP


Jules Chéret est né à Paris le 31 mai 1836 dans une famille d'artisans. Son père est ouvrier typographe. A 13 ans, il devient apprenti lithographe, mais il s'intéresse déjà à la peinture en se rendant régulièrement au Musée du Louvre, pour y admirer Rubens Fragonard ou Watteau. Il devient peu après son apprentissage ,ouvrier lithographe chez un imprimeur d'images pieuses et s'inscrit aux cours de l'Ecole Nationale de Dessin. Il trouve ensuite une place de dessinateur à Dôle et commence à réaliser des vignettes lithographiques pour la réalisation de brochures ou de couvertures de livres.

Il quitte la France pour l'Angleterre en 1856, pour apprendre de nouveaux procédés sur les techniques de la lithographie en couleurs. De retour à Paris en 1866, il créé son imprimerie pour réaliser des affiches illustrées en couleurs. Le succés est rapide : Jules Chéret multiplie ses créations d'affiches de réclames publicitaires qui lui assurent sa notoriété. En 1881, il cède son affaire et devient Directeur artistique de l'Imprimerie Chaix, ce qui lui permet de se consacrer davantage à son oeuvre de création : affiches, dessins, gouaches. En 1889, il réalise sa première exposition et reçoit une médaille d'or à l'Exposition Universelle.


Jules Chéret n'aime guère l'esprit des salons et des expositions. Il préfère proposer ses oeuvres directement par relations à des amateurs éclairés, tels que le Baron Vitta, ce qui explique pourquoi son oeuvre de peintre reste encore mal connue, occultée qu'elle est par son travail d'affichiste des années antérieures.


A partir de 1895, Jules Chéret s'essaie dans une voie nouvelle qui est celle de la peinture de fresques murales, grâce à la commande de son admirateur le Baron Vitta pour la décoration de sa Villa " La Sapinière " à Evian.


En 1898, Jules Chéret décide de s'installer à Nice avec son épouse. Au cours de l'annéee 1900, il reçoit  une commande pour la réalisation d'un rideau de scène au Musée Grévin, qui restara l'un de ses chefs d'oeuvres dans ce domaine. Il reçoit également une commande pour la décoration d'un salon de l'Hôtel de Ville de Paris, qu'il achève en 1902.


En 1905, il participe à la décoration de la Taverne de Paris et en 1906-1907, il décore la salle des fêtes de la Préfecture de Nice sur le thème du carnaval et de la fête.


A côté de ses activités professionnelles de décorateur et à sa production de dessins et d'études préparatoires, Jules Chéret réalise de nombreux pastels et des peintures dont le sujet d'inspiration principal sera la femme dans sa beauté, sa grâce, sa coquetterie vestimentaire. Il peint également de nombreuses oeuvres sur le thème de la Commedia dell'Arte, la fête, et des scènes champêtres.


Dans les années 1920, atteint de cécité, il doit abandonner la peinture, et vient résider le plus souvent à Nice. Le Baron Vitta lègue à la ville de Nice une grande partie de sa collection d'oeuvres de Chéret, ce qui permet d'y ouvrir le Musée des Beaux Arts Jules Chéret. L'inauguration se tient en janvier 1928 en présence de l'artiste, et c'est le peintre symboliste Gustav-Adolf Mossa qui est est nommé le premier conservateur.


Quatre ans plus tard, le 23 septembre 1932, Jules Chéret décède à l'âge de 86 ans, pour être inhumé selon ses voeux au cimetière St Vincent de Montmartre à Paris.

Palais Lumière - Evian

(LMDA ) - Nos remerciements à l'Agence Heymann-Renoult Associés

Exposition terminée

EVIAN : Palais Lumière
"Eros et Thanatos chez Gustav Adolf Mossa "
Du 09 février au 18 mai 2008


Gustav Adolf Mossa (1883-1971) est considéré aujourd'hui comme le dernier grand peintre symboliste français. Son oeuvre déjà reconnue avant la Première Guerre mondiale, avait été ensuite occultée volontairement par l’artiste lui-même.
En effet, Gustav Adolf Mossa, qui vécut toute sa vie à Nice où il était né le 28 janvier 1883, se consacra essentiellement à sa fonction de conservateur du Musée des Beaux-Arts de Nice, où son œuvre symboliste et sulfureuse fut cachée, avant d'être redécouverte dans les réserves après sa mort en 1971.

Cette exposition pour le 125ème anniversaire de sa naissance, propose ainsi de redécouvrir le travail de ce grand peintre dont l'oeuvre surgit à la veille de la naissance du Fauvisme, peu de temps après la mort de Gustave Moreau. Les références littéraires hantent toute l'oeuvre de Mossa, lequel visitera tout au long de son oeuvre les grands textes fondateurs de la littérature occidentale, depuis les récits judéo-chrétiens et la mythologie gréco-romaine, jusqu'aux textes modernes depuis Shakespeare jusqu'à Baudelaire, Huysmans ou Théophile Gautier, en réactualisant les figures mythiques de ces oeuvres littéraires dans le contexte contemporain des années 1900.

Ainsi dans la mythologie grecque, Eros est le dieu de l’Amour , tandis que Thanatos est la personnification de la Mort. Mossa explore l’érotisme, dans un contexte au début de la Première Guerre où Thanatos prend le pas sur Eros.
Avec l’expérience traumatisante du conflit mondial, son oeuvre évolue du symbolisme vers l’allégorie, au travers l'omniprésence de la femme présentée sous l’apparence de la femme fatale et castratrice à la fois ange et démon.
Son œuvre cristallise le conflit perpétuel des pulsions de vie et de mort. Il explore son inconscient bien avant que Sigmund Freud, le fondateur de la psychanalyse, ne développe ce thème. Il s’intéresse à la guerre permanente qui gère les relations humaines, et plus particulièrement celles qui existent, comme latentes entre l’homme et la femme. A l’identique  des oeuvres de Félicien Rops, le peintre symboliste belge,  nombreuses sont les œuvres de Gustav Adolf Mossa qui apparaissent encore provocantes de nos jours.


L’exposition se déroule selon un parcours de sept salles, chacune dédiée à une thématique.
La première salle est ainsi consacrée à la mythologie grecque avec "Monstres, démons et fœtus ", qui permet de voir comment Mossa replace dans le contexte de son temps des créatures hybrides telles que les muses, les sphinges, les harpies et les sirènes en se référant à Sophocle, Hésiode, Ovide.

Dans la deuxième salle intitulée" Salomé", ce sont les oeuvres   d'inspiration judéo chrétienne qui sont présentées, tel son " Christus " androgyne de 1907, représenté avec un maquillage très prononcé.

Dans la salle "Thèmes baudelairiens " apparaît la dimension décadente et critique à l'égard des représentations de la société bourgeoise, tout en s'inspirant de certains thèmes wagnériens, par exemple avec " Vénusberg " de 1907, que l'on peut directement associer au thème de " Tannhaüser ".

Suivent ensuite les salles " Elle, Lui et Eros " et " Amour vénal et cruauté " mettant en relief  le thème du faire-valoir de la femme, et celui de la prostitution.

La salle " Profanation décadente et la parodie " présente une partie de la dimension subversive de l'oeuvre de Mossa, dans laquelle son attrait pour la profanation du sacré se déploie jusqu'à la provocation, ainsi dans la série d'aquarelles parodiques intitulée " La Vie de Jésus Christ"  où est désacralisée la présentation du Christ à la manière des décadents ou alors avec "Sacrilège"   qui représente un banquier, accompagné d’une jeune diaconesse, qui donne l’hostie au dragon du reliquaire de Sainte Marguerite au cours d'une messe noire.

Enfin pour terminer "Pierrot et les masques" qui en référence à Barbey D'Aurevilly et à ses " Diaboliques " parues en 1874,  met en scène le sang humain, s'écoulant de quelques blessures, comme dans "Pierrot s'en va " ou " Elle ", ce liquide qui signifie à la fois, la vie et la mort. Il étudie également  dans cette démarche le rôle et l’usage des masques et du maquillage, pour  symboliser le double, la duplicité, les fausses postures.

 




Image non disponible
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Gustav Adolf Mossa :
" Pierrot s'en va "
Huile sur toile 80 x 65 - 1906
© Musée des Beaux-Arts de Nice
© ADAGP







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Gustav Adolf Mossa :
" Elle "
Huile sur toile 80 x 63 - 1905
© Musée des Beaux-Arts de Nice
© ADAGP

  Gustav Adolf Mossa  © Coll. Part. © ADAGP

Gustav Adolf Mossa :
© Coll. Part. © ADAGP





Ce sont ainsi une centaine d'oeuvres, peintures et aquarelles qui sont rassemblées, ainsi que des écrits de Mossa, permettant de découvrir le style, la technique et la symbolique d'une oeuvre sulfureuse, restée cachée au public durant de longues années par la volonté même de l'artiste. Il faut ajouter que cette oeuvre prend sa place dans l'esprit de " l'Art Nouveau " de son époque, au travers les mobiliers, les vêtements, les bijoux que les peintures de Mossa représentent, avec une minutie grandissante des détails au fil de ses tableaux.

Une exposition assurément à voir et qui permet de découvrir une oeuvre en grande partie totalement inconnue du grand public.

Palais Lumière - Evian

(LMDA ) - Nos remerciements à l'Agence Heymann-Renoult Associés

Exposition terminée

COLMAR : Musée d'Unterlinden
" Grünewald, regards sur un chef d'oeuvre"
Du
08 décembre 2007 au 02 mars 2008



Matthias Grünewald : " Retable Antonin d'Issenheim" Position fermée  © Musée D'Unterlinden  - Colmar

Matthias Grünewald
" Retable Antonin d'Issenheim"
Position fermée
© Musée d'Unterlinden Colmar


Matthias Grünewald : Autoportrait supposé - date inconnue  encre sur papier  - © Bibliothèque Erlangen

Matthias Grünewald :
Autoportrait supposé
Date inconnue, encre sur papier
© Bibliothèque Erlangen



Matthias Grünewald ( 1475 -1528 ) est sans doute l'un des artistes les plus importants de l'histoire de l'art allemand. Conjointement à l'exposition qui se tient à la Staatliche Kunstahalle de Karlsruhe, le Musée d'Unterlinden de Colmar, dans lequel se trouve le célèbre retable d'Issenheim de Grünewald, se concentre sur la genèse de ce chef d'oeuvre.
Pour la première fois en France, cette exposition met en relief l'oeuvre de ce grand artiste de la Renaissance germanique, et son caractère extraordinaire et original en le mettant en rapport avec ses contemporains les plus prestigieux que furent Dürer, Holbein ou encore Baldung Grien.
A la fin du Moyen-Age, l'Alsace fait partie du Saint Empire romain germanique. Les artistes du Rhin supérieur, qualifiés par les spécialistes de " Primitifs Rhénans", travaillent à Strasbourg, Colmar, Fribourg-en-Brisgau, et vont de villes en villes au gré des commandes qui leur sont faites.
A partir de 1500, une nouvelle génération d'artistes succède aux Primitifs Rhénans, imprégnés des idées de la Renaissance. Mathias Grünewald fait partie de ces artistes, lequel réalise l'oeuvre majeure qu'est le retable des Antonins d'Issenheim.


Ce chef d'oeuvre fascine et envoûte ceux qui l'ont contemplé au travers l'histoire. La technique éblouissante utilisée dans l'expressivité hallucinée des personnages, et par l'emploi et la richesse des couleurs, en font une oeuvre totalement exceptionnelle de l'histoire mondiale de la peinture.

C'est vers 1512-1516 que Grünewald reçoit cette commande de Guy Guers, précepteur de la commanderie des moines Antonins d'Issenheim, un village situé à quelques kilomètres de Colmar.
L'ordre des Antonins a pour vocation de soigner les malades atteints du "feu sacré", une maladie provoquée par l'ergot de seigle. Créée vers l'an 1300, et dévouée à Saint Antoine, la communauté d'Issenheim a acquis au fil des années une richesse considérable, qui lui permet  de faire réaliser des oeuvres religieuses aux artistes de l'époque, dont ce fameux retable destiné au choeur de l'église des Antonins, et qui prendra place en 1852 dans l'ancien couvent des dominicaines d'Unterlinden.
Ce retable polyptique est centré sur la figure du Christ mort à la chair meurtrie, avec au centre la Crucifixion et sur les autres panneaux, la Résurrection, l'Annonciation, le Concert des Anges, la Tentation de Saint Antoine et la Visite de Saint Antoine à Saint Paul.
Cette exposition réunit également des dessins et sculptures de la fin du XVème et début du XVIème siècles, dont des dessins préparatoires au retable de Grünewald, totalement exceptionnels. On y découvre le bras et le torse de Saint Sébastien, les projets pour l'Annonciation, les études pour Saint Antoine, qui sont autant d'oeuvres émouvantes, qui permettent dans le détail de comprendre la technique et les recherches entreprises par l'artiste dans le contexte de son époque.
Aux côtés de ces dessins, sont présentées des oeuvres d'autres artistes germaniques dont Hans Holbein (1465-1524), Albrecht Dürer (1471-1528), Lucas Cranach (1472-1553), Albrecht Altdorfer (1480-1538), ainsi que des sculptures de Jörg Lederer ou Maître I.P., montrant ce qu'étaient les préoccupations naturalistes, et les recherches sur l'expressivité et le mouvement de l'époque.

C'est ainsi que cette exposition tente de situer l'oeuvre de Grünewald dans la chronologie de son temps, mais également d'éclairer le parcours de création qui fût celui de l'artiste dans la composition de cette oeuvre majeure.
Le visiteur découvre également les quatre thèmes qui président à cette présentation et à la compréhension de l'art religieux de cette période du début XVIème siècle : celui des représentations christiques et de l'iconographie mariale, celui de l'expressivité des personnages et du naturalisme, celui du développement des arrières plans paysagers, celui de la représentation des draperies.
Autour des ces thèmes, l'exposition montre également les techniques, mais également les innovations de Grünewald dont l'utilisation par exemple du soulignage des contours, les limites des formes marquées par des traits noirs, l'accentuation des ombres et des textures, et surtout la richesse de l'exploitation des couleurs.


Musée d'Unterlinden - Colmar

(LMDA)

LE HAVRE : Musée Malraux
" Othon Friesz, le fauve baroque"
Du 20 octobre 2007 au 27 janvier 2008

Exposition terminée


Achille-Emile Othon Friez est né
au Havre le 06 février 1879. Fils de capitaine, son rêve de jeunesse était de devenir un grand navigateur. Mais il s'intéresse aussi à l'art. Il suit les cours de Charles Lhuillier à L'Ecole Municipale des Beaux Arts du Havre au côté de Georges Braque et de Raoul Dufy. Il parvient à obtenir une bourse en 1897 qui l'amène à suivre les cours de Léon Bonnat à l'Ecole des Beaux Arts de Paris.
Mais l'académisme des beaux arts ne lui convient pas, et il préfère découvrir et étudier l'oeuvre des maîtres dans les salles du Musée du Louvre.
C'est l'impressionisme qui l'intéresse, mais aussi les oeuvres de Vincent Van Gogh et de Paul Gauguin. Le Salon d'Automne de 1905, lui permet de présenter quelques toiles auprès de Matisse et de Marquet, et de se faire connaître avec ses aplats de couleurs vives et juxtaposées qui font dire aux critiques que ces peintres donnent l'illusion d'être dans une cage aux fauves. C'est en effet le début du fauvisme, dont Othon Friesz sera l'un des plus brillants représentants.

Il était au premier plan alors parmi les jeunes peintres qui se révoltaient contre les maîtres académiques, mais en marquant son attachement à l'impressionnisme. Durant l'été 1906, avec son ami Georges Braque, il fait un séjour à Anvers, en travaillant sur des sujets communs. Ils poursuivent cette expérience l'année suivante en se rendant dans le midi de la France à l'Estaque et à la Ciotat, pour travailler ensemble sur la transposition de la lumière, comme l'avaient fait avant eux Matisse et Derain à Collioure en 1905.
Les couleurs de la côte méditerranéenne l'inspirent, et le conduisent à produire une série de paysages qui sont sans doute les plus représentatifs du fauvisme. En mettant en relief  le dessin, en stylisant les formes, en supprimant les détails descriptifs, certains des tableaux qu'il peint alors sont à la limite de l'abstraction. Aucun autre artiste fauve, sauf peut-être Matisse n'ira aussi loin dans l'exaltation des couleurs.
De retour à Paris, alors que Braque travaille avec  Picasso aux premiers fondements du cubisme, Othon Friesz poursuit de son côté ses paysages, ses natures mortes, ses marines dans un naturalisme où l'influence de Cézanne domine tout en conservant l’énergie de la ligne, le goût affirmé pour les couleurs et les contrastes forts, mais avec une force chromatique qui s'estompe au fil des mois pour devenir plus austère à l'approche de la première guerre mondiale.


Alors que ses expositions chez son marchand d'art Druet et sa participation régulière au Salon des Indépendants et au Salon d’automne à Paris, lui avaient valu une certaine notoriété avec des expositions à Moscou, à Londres à Berlin, ou à New York encore avec l’exposition Manet et les Post-impressionnistes, sa palette s’assombrit avec une dominante
d' ocres, de bruns, de verts et de bleus plus froids, des lignes plus rigides, des formes moins attrayantes et des compositions plus traditionnelles : nus, paysages, natures mortes et portraits.




Image non disponible

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Emile Othon Friesz
"Paysage à la Ciotat "
Huile sur toile -1907
© Coll. Part.
© ADAGP





Image non disponible
images/Friesz6.jpg

Emile Othon Friesz
" Les Baigneuses "
Huile sur toile -1907

115 x 122 cm
© Coll. part.
© ADAGP





Emile Othon Friesz © ADAGP

Emile Othon Friesz
© ADAGP


La guerre marque en effet la période d'une production surtout orientée par la vente, davantage que par la recherche picturale qui avait été la sienne quelques années avant auprès de Braque. On peut y voir non seulement l'effet des hostilités, mais aussi la conséquence d’un mode de vie plus aisé grâce à une réputation grandissante.
Il souhaite alors exercer le contrôle sur la vente de ses tableaux, et à ce titre romp le contrat d’exclusivité qui le liait au marchand d'art  Druet. Il s’installe avec sa jeune épouse et son enfant dans l'ancien atelier de Bouguereau et il décide d'enseigner le dessin. Il se rapproche  d’Emile Bernard et de Maurice Denis, et devient avec eux les défenseurs de Cézanne contre l'avancée de l’avant-garde cubiste.


En 1937, il réalise la décoration du Palais de Chaillot avec son ami Raoul Dufy, et tombe peu à peu dans l'oubli par la prédominance de la peinture abstraite. Il participera sous l'occupation à une rencontre d'artistes organisée par les Allemands, ce qui lui vaudra des explications à la fin de la guerre. Il mourra à Paris le 10 janvier 1949.

Emile Othon Friesz aura tout au long de son oeuvre tenté le pari de concilier, à la fois les principes fondamentaux que Matisse s'appliquait à mettre en  œeuvre pour chaque tableau  "équilibre, pureté, sérénité " et, d'autre part, ceux que défendaient Maurice de Vlaminck " vivre, agir et penser sans entraves ".

Construite selon un ordre non strictement chronologique, au côté des travaux de Derain ou de Dufy, cette exposition très richement documentée, présente près de 200 oeuvres, qui permettent de suivre le parcours de Friesz, qui demeure aujourd'hui un artiste mal connu, et rend ainsi au peintre la place qu’il mérite dans l'histoire de la peinture moderne. Mais elle laisse aussi place aux arts décoratifs, avec une série de céramiques produites par l'artiste qui montrent comment il a pu agir comme l’un des artisans du mouvement de rénovation des arts décoratifs de l’entre-deux-guerres.


Musée Malraux - Le Havre

( LMDA)

 

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