|
| |
|
EXPOSITIONS PASSEES
EN FRANCE & REGIONS
Année 2007 |
|
Exposition terminée
|
|
|
CASTRES : Musée Jean Jaurès
" Charles Léandre "
Jusqu'au 14 décembre 2008
|

Charles Léandre
Le Rire - 20 Novembre 1897
" Emile Zola écrivant J'accuse "
© Coll. Part.
|
Charles Léandre (1862-1934), surtout connu pour ses caricatures
et ses illustrations est lun des plus grands lithographes,
dessinateurs et peintres de son époque. Avec ses amis Forain, Steinlein, Willette et
Poulbot, il figure parmi les caricaturistes les plus incisifs de la presse de
lépoque.
Cette exposition présente une soixantaine doeuvres de l'artiste en provenance
dune collection privée et des Musées de Montmartre, de Coutances et de l''Espace
Charles Léandre à Condé-sur-Noireau
Charles Léandre, est un artiste complet, possède à la fois le sens de lharmonie,
de la douceur et de la joie de vivre, largement transcrites dans ses oeuvres peintes, mais
également le sens aigu de la dérision par la force de ses traits de ses caricatures et
de ses dessins.
Ayant participé activement au journal " Le Rire" créé par Félix
Juven, il sait particulièrement mettre en valeur les particularités
ridicules dune figure ou dun individu selon Théophile Gautier.
Georges Clémenceau, Paul Doumer, Emile Zola, le Maréchal Joffre, ou la Reine Victoria
seront les sujets de prédilection de ses caricatures, autant que les thèmes politiques
avec l' Etat ou lEglise.
Il participe également à des journaux illustrés tels que le "Chat
Noir", " La Vie Moderne ", " Le Figaro ", "Le Grand Guignol
", dans lesquels ses traits et ses dessins irritent parfois jusqu'à ce qu'on lui
conseille plusieurs fois demployer son art à des euvres plus dignes.
Cétait en effet un portraitiste talentueux et ses euvres au pastel font
référence.
Charles Léandre excelle aussi par ses lithographies et ses aquarelles et illustre divers
ouvrages tels " Les dix contes du pays de Caux " de Guy de Maupassant, "Le
gendarme est sans pitié" de Georges Courteline,, " Madame Bovary " de
Gustave Flaubert, ou " Les trois mousquetaires " d'Alexandre Dumas père.
Ses peintures sont essentiellement des paysages aux couleurs douces, marqués d'un certain
romantisme, ceux de sa Normandie natale, imprégnées aussi parfois de touches
impressionnistes, ou des portraits, dans lesquels lartiste laisse
apparaître parfois ses propres interrogations, ses inquiétudes et lexpression
aussi d'une certaine spiritualité rendues par l' atmosphère de ses compositions .
"Le Chant de la mariée", " Les Amoureux", " Les Longs
Jours" ou "La Garde Malade", illustrent par exemple cette démarche
et cette mélancolie qui apparaissent dans nombre de ces tableaux
Charles Lucien Léandre, est né à Champsecret dans l'Orne, le 22 juillet
1862, et est décédé à Paris le 24 mai 1934.
Fils dun père officier de carrière, Charles Lucien Léandre arrive à Paris en
1878, et suit les cours du peintre Émile Bin qui devient son professeur.
En 1880, il sinscrit à lEcole des Beaux-Arts où ils entrent dans la classe
de Cabanel. Il y passe ses concours et obtient des récompenses plusieurs prix
dont celui du "dessin antique "en 1883 et ceux des " travaux datelier
" en 1884 et 1886.
En 1882, il devient professeur de dessin dans les Écoles de la Ville de Paris pour y
enseigner jusquen 1897. Parrallélement à son activité d'enseignement, il
poursuit son travail personnel de peintre et est admis au Salon des Artistes Français, en
1882, avec une toile intitulée " Fanchon la tricoteuse".
|

Charles Léandre
" Autoportrait " 1920
©
|
Il
est récompensé par une médaille de bronze à lExposition Universelle de 1889 pour
la présentation d'une grande huile sur toile : intitulée " La Mère".
Lors de lExposition Universelle de 1900, il fait partie des cinq artistes
lithographes sélectionnés pour réaliser deux compositions sur un thème imposé dans le
cadre des estampes décoratives des Palais Centennaux. et obtient une médaille dor.
En 1904, il créée la "Société des Peintres
Humoristes ", et obtient en 1921, la médaille dhonneur de la
Société des Artistes Français, dans la section gravure, une des plus importantes
distinctions quun artiste puisse obtenir.
Il meurt en 1934 dans son atelier de la rue Caulaincourt à Paris.
Musée Jean Jaurès
(LMDA)
|
|
|
| Exposition terminée |
LODÈVE : Musée de Lodève
" Moïse Kisling "
Du 14 juin au 02 novembre
2008
|

images/kisling10.jpg
Moïse Kisling :
" La Sieste à St Tropez " 1916 -
© Musée du Petit Palais - Genève - © ADAGP
|
Il s'agit ici de la première grande exposition consacrée à cet artiste par un musée
Français. Elle réunit plus de 75 oeuvres et présente dans une première partie les
travaux de jeunesse du peintre, depuis son arrivée à Paris en 1910, jusqu'au lendemain
de la Première Guerre Mondiale, puis dans une seconde partie, l'essentiel des oeuvres de
maturité allant des années 1930 à 1950 .
Moïse Kisling ( 1891 - 1953) est né à Cracovie en Pologne en 1891. Il suit les
cours de Josef Pankiewicz, son professeur aux Beaux Arts, avant de décider sur ses
conseils de venir à Paris en 1910. Il fait partie des artistes qui quittent leur
pays avant La Première Guerre Mondiale, pour rejoindre ce qui s'appellera plus tard
"l'Ecole de Paris ", dont il sera l'un des principaux représentants.
Très vite il fait connaissance de Juan Gris, de Picasso, puis de Soutine et de
Modigliani, avec lequel il se lie d'amitié. Dans son atelier de la Rue Joseph Bara, près
du Luxembourg, viennent lui rendre visite de nombreux artistes, peintres et
écrivains dont Max Jacob, Jean Cocteau, Raymond Radiguet.
En 1919, la Galerie Druet lui organise une exposition qui lui engendre très rapidement
une véritable notoriété.
Les oeuvres de Kisling, portraits, nus féminins, natures mortes, paysages, nourries
d'abord de l'influence de Cézanne, puis de celles des premières approches du cubisme,
évoluent selon les périodes vers un certain classicisme, pour en revenir avec
l'entre deux guerres vers la figuration. Ce sont ces multiples influences qui définissent
" l'Ecole de Paris ", imprégnée de toutes les tendances, au service d'une
volonté expressive résolument propre à chaque artiste.
Cette diversité rapproche Kisling, d'abord de Cézanne, puis de Picasso, de Juan Gris,
des Fauves, de Derain, de Modiglinani, mais encore de Matisse ou de Renoir. Jamais il ne
se laisse totalement enfermer dans une catégorie, en voulant rester fidèle à
l'émotion. Sa palette reste colorée et diversifiée, son dessin figuratif, sa technique
par certains aspects classiques, dans son souhait de vouloir transmettre l'émotion du
bonheur de vivre, de la sensualité.
|

Moïse Kisling
avec l'un de ses modèles vers 1935
© ADAGP
|
De nombreuses expositions sont organisées à l'étranger et il participe à de nombreux
salons jusqu'en 1940, date à laquelle il est contraint, de fuir pour les Etats-Unis en
raison de ses origines juives, et de ses activités antinazies.
Après la guerre, en 1946, il revient vivre en France en s'installant par
épisodes à Sanary sur Mer sur la côte varoise, mais en travaillant surtout à
Paris dans son atelier de la Rue du Val de Grâce. C'est après 1949, qu'il s'installe
définitivement à Sanary pour y peindre sa joie de vivre, avec des portraits des
paysages, des natures mortes, des fleurs, avant que d'y mourir en 1953, après la
dernière exposition de son vivant au Musée de Cagnes sur mer.
Musée de Lodève
(LMDA) |
|
Exposition terminée |
ST TROPEZ : Musée de l'Annonciade
" Maximilien Luce : les travaux et les jours "
Jusqu'au 13 octobre 2008
|
Le Musée de LAnnonciade à Saint-Tropez, fête les 150
ans de la naissance de Maximilien Luce (1858 - 1941 ) et rend hommage à cet artiste
français trop peu connu, par la présentation d'une cinquantaine d'oeuvres, peintures et
dessins en provenance de divers musées du monde.
Aux côtés de Seurat de Signac et de Cross, Maximilien Luce
se situe pour l'essentiel de son oeuvre dans le mouvement du pointillisme ou du
divisionnisme et cest en grande partie cet aspect de son oeuvre qui est mis en avant
dans cette très interessante exposition. Cette période fut relativement courte dans la
carrière de peintre, avant qu'il ne se consacre à une peinture plus traditionnelle
marquée par sa luminosité et une harmonie emprunte au divisionnisme et à l
'impressionnisme.
Né à Paris le 13 mars 1858
Maximilien Luce travaille d'abord comme apprenti .
Il a 13 ans lorsque le peuple parisien sinsurge lors des journées de la
Commune de Paris. Il gardera toujours le souvenir de cette période avec un
engagement personnel auprès de ses amis anciens communards. Fils d'ouvrier, il
aspirera toujours à un idéal égalitaire, en mettant en scène dans son euvre les
ouvriers les plus humbles : ceux des chantiers et des aciéries, mais aussi les petits
métiers, le rémouleur, les batteurs de pieux, les cireurs de planchers.
En 1872 il s'inscrit à des cours du soir pour devenir graveur et entre en 1876 comme
ouvrier qualifié dans un atelier de gravure, chez Froment, qui produit des gravures pour
de nombreux journaux illustrés.
Il part en 1877 avec Froment pour Londres et
revient en France en 1879 pour y effectuer son service militaire, d'abord en Bretagne puis
à Paris où il étudie sous la direction de Carolus Duran. Il souhaite travailler en
plein air, à l'égal des impressionnistes et c'est pourquoi il reçoit les conseils de
Camille Pissarro, avec qui il se lie d'amitié, avant de rencontrer Paul Signac Georges
Seurat, Théo Van Rysselberghe et Louis Valtat fondateurs de l'école des Néo-Impressionnistes.
Dès lors, intéressé par les recherches sur les effets de la lumière et sur les effets
de prismes rendus par les couleurs , il travaillait dans un style divisionniste, en
produisant de nombreux tableaux pointillistes sur la vie et les rues de Paris. En 1887,
Maximilien Luce adhére à la Société des Indépendants auprès de Paul Signac et prend
une part active aux expositions qui sont organisées par le groupe.
Voulant être un témoin agissant de son époque, Maximilien Luce avait adopté cet
idéal égalitaire, qu'il mettait en scène dans son euvre . Cela ne
l'empêchait pas de composer par ailleurs d'admirables paysages en poussant les les
principes de l'impressionnisme jusqu'à son extrêmes conséquence en pratiquant la
technique du pointillisme.
|

images/luce5.jpg
Maximilien Luce
" L'homme à sa toilette "
1886
huile sur toile 92 x 73 cm
© ADAGP
|

Maximilien Luce en 1910
© ADAGP
|
En même temps, il
collabore aussi à des journaux anarchistes comme "Le Père Peinard" ou
"La Révolte" ainsi qu'à "L'Assiette au Beurre", qui sont très lus
à cette époque. Il est impliqué dans le "Procès des Trente" en 1894 et
se trouve emprisonné 40 jours avec 22 de ses amis pour "menées anarchistes",
avant de se réfugier à Charleroi où il fait connaître le divisionnisme en
Belgique. Pissarro, Signac, Cross et le critique d'art Fénelon soutiennent Luce
dans son combat contre les inégalités.
Toujours hanté par le souvenir de la Commune, il peint vers 1910, "Vive la
Commune", d'après Honoré Daumier, et vers 1917, il compose la tragique
"Exécution de Varlin". Eugène Varlin était une des plus hautes figure de la
révolution de mars, arrêté le 28 mai 1871, arrêté, mutilé, défiguré, et
traîné en haut de Montmartre il est exécuté sans jugement.
A partir des ces années 1910, Maximilien Luce
considèrant avoir tout exploité de la technique divisionniste, s'oriente ensuite vers
une technique moins stricte en peignant des scènes urbaines et en multipliant les
représentations des hommes au travail dans un style post-impressionniste.
Installé à Rolleboise à partir de 1920, il produit ensuite de nombreux tableaux
représentant des paysages moins appréciés que ses oeuvres antérieures.
En 1935, il succéde à Paul Signac à la présidence de la Société des Artistes
Indépendants, poste duquel il démissionnera durant l'occupation allemande pour marquer
sa protestation contre l'interdiction faite aux artistes juifs d'exposer.
Durant sa carrière, Maximilien Luce produisit un nombre importants d'huiles, de dessins
et d'illustrations sutout à ses débuts, ainsi que des lithographies. Il entretint
également une correspondance soutenue avec de nombreux peintres, comme Seurat, Van
Rysselberghe et Valtat, avant que de mourir à Paris le
6 février 1941.
Musée
de l'Annonciade
(LMDA) |
Exposition terminée |
|
EVIAN : Palais Lumière
"Jules Chéret : l'esprit et la
grâce"
Du 14 juin au 21 septembre 2008
|
...
Jules Chéret :
" La Grande Colombine "
Huile sur toile 1911
© Musée des Beaux-Arts de Nice
© ADAGP
|
En 120 peintures et décorations, lexposition proposée par le Palais Lumière
permet dappréhender toutes les facettes de lartiste complet que fut Jules
Chéret ( 1836 -1932 ). C'est une exposition exceptionnelle dans la mesure où aucune
grande rétrospective ne lui avait été consacrée jusqu'à ce jour depuis l'exposition
de 1933 au Grand Palais à Paris, peu après sa disparition.
Jules Chéret fut tout d'abord un pionnier dans le domaine de laffiche
lithographique en couleurs, et il est considéré comme l'inventeur de l'affiche moderne
publicitaire. Cette activité de l'artiste est illustrée par une sélection de grandes
affiches présentées dans une salle unique, avec pour certaines les maquettes préparées
à la gouache par l'artiste, permettant de comprendre le cheminement de la création de
ces superbes supports publicitaires qui impressionnèrent et influencèrent tant
Toulouse-Lautrec.
La lithographie a été lune des techniqques préférées de Jules Chéret. A côté
de ses fameuses affiches, il a ainsi créé, dans des formats plus modestes que les
grandes affiches, un grand nombre doeuvres lithographiées, proches des dessins,
destinés à illustrer par exemple des menus, des programmes de spectacles, des
faire-parts de naissance, que le visiteur peut découvrir dans les vitrines destinées à
mettre en relief ces travaux intimistes.
L'essentiel de lexposition se con sacre surtout à une partie de son oeuvre trop peu méconnue encore
aujourd'hui. En effet au fil du parcours, le visiteur peut admirer des oeuvres peintes à
lhuile, des portraits, des allégories, et des personnages de la Commedia dell
Arte, ajoutés aux peintures, et pastels dans lesquels il excellait, mais aussi des dessins quil
effectuait en grand nombre, souvent "daprès modèle " en
préparation de compositions plus importantes.
Mais Jules Chéret fut également un grand décorateur mural. La villa du Baron Vitta «
La Sapinière » à Evian en est un magnifique exemple. Cette oeuvre décorative est
évoquée dans cette exposition au travers de nombreux pastels préparatoires à ces
fresques, destinées à la Villa
" La Sapinière " (1895-1897) de son ami le Baron Vitta, mais aussi à
lHôtel de ville de Paris (1898-1902), au Musée Grévin (1900), à la Taverne de
Paris (1905), à la Préfecture de Nice entre autres
Lune des pièces maîtresse de lexposition est représentée par
léblouissant pastel du rideau de scène du Musée Grévin, une oeuvre onirique dans
laquelle on retrouve la plupart des personnages chers à Jules Chéret dans une sarabande
nocturne effrénée.
Enfin, pour terminer cette superbe exposition le visiteur peut découvrir avec quelques
pièces de porcelaine délicatement peinte, les essais de l'artiste en tant que céramiste
qui aura su marier dans une oeuvre faite d'une explosion de couleurs et de fantaisie
lEsprit et la Grâce du XXème siècle naissant.
|

Jules Chéret :
© ADAGP
|
Jules
Chéret est né à Paris le 31 mai 1836 dans une famille d'artisans. Son père est ouvrier
typographe. A 13 ans, il devient apprenti lithographe, mais il s'intéresse déjà à la
peinture en se rendant régulièrement au Musée du Louvre, pour y admirer Rubens
Fragonard ou Watteau. Il devient peu après son apprentissage ,ouvrier lithographe chez un
imprimeur d'images pieuses et s'inscrit aux cours de l'Ecole Nationale de Dessin. Il
trouve ensuite une place de dessinateur à Dôle et commence à réaliser des vignettes
lithographiques pour la réalisation de brochures ou de couvertures de livres.
Il quitte la France pour l'Angleterre en 1856, pour apprendre de nouveaux procédés sur
les techniques de la lithographie en couleurs. De retour à Paris en 1866, il créé son
imprimerie pour réaliser des affiches illustrées en couleurs. Le succés est rapide :
Jules Chéret multiplie ses créations d'affiches de réclames publicitaires qui lui
assurent sa notoriété. En 1881, il cède son affaire et devient Directeur artistique de
l'Imprimerie Chaix, ce qui lui permet de se consacrer davantage à son oeuvre de création
: affiches, dessins, gouaches. En 1889, il réalise sa première exposition et reçoit une
médaille d'or à l'Exposition Universelle.
Jules Chéret n'aime guère l'esprit des salons et des expositions. Il préfère proposer
ses oeuvres directement par relations à des amateurs éclairés, tels que le Baron Vitta,
ce qui explique pourquoi son oeuvre de peintre reste encore mal connue, occultée qu'elle
est par son travail d'affichiste des années antérieures.
A partir de 1895, Jules Chéret s'essaie dans une voie nouvelle qui est celle de la
peinture de fresques murales, grâce à la commande de son admirateur le Baron Vitta pour
la décoration de sa Villa " La Sapinière " à Evian.
En 1898, Jules Chéret décide de s'installer à Nice avec son épouse. Au cours de
l'annéee 1900, il reçoit une commande pour la réalisation d'un rideau de scène
au Musée Grévin, qui restara l'un de ses chefs d'oeuvres dans ce domaine. Il reçoit
également une commande pour la décoration d'un salon de l'Hôtel de Ville de Paris,
qu'il achève en 1902.
En 1905, il participe à la décoration de la Taverne de Paris et en 1906-1907, il décore
la salle des fêtes de la Préfecture de Nice sur le thème du carnaval et de la fête.
A côté de ses activités professionnelles de décorateur et à sa production de dessins
et d'études préparatoires, Jules Chéret réalise de nombreux pastels et des peintures
dont le sujet d'inspiration principal sera la femme dans sa beauté, sa grâce, sa
coquetterie vestimentaire. Il peint également de nombreuses oeuvres sur le thème de la
Commedia dell'Arte, la fête, et des scènes champêtres.
Dans les années 1920, atteint de cécité, il doit abandonner la peinture, et vient
résider le plus souvent à Nice. Le Baron Vitta lègue à la ville de Nice une grande
partie de sa collection d'oeuvres de Chéret, ce qui permet d'y ouvrir le Musée des Beaux
Arts Jules Chéret. L'inauguration se tient en janvier 1928 en présence de l'artiste, et
c'est le peintre symboliste Gustav-Adolf Mossa qui est est nommé le premier conservateur.
Quatre ans plus tard, le 23 septembre 1932, Jules Chéret décède à l'âge de 86
ans, pour être inhumé selon ses voeux au cimetière St Vincent de Montmartre à Paris.
Palais
Lumière - Evian
(LMDA ) - Nos remerciements à l'Agence
Heymann-Renoult Associés
|
Exposition terminée |
|
EVIAN : Palais Lumière
"Eros et Thanatos chez Gustav
Adolf Mossa "
Du 09 février au 18 mai 2008
|
Gustav Adolf Mossa (1883-1971) est considéré aujourd'hui
comme le dernier grand peintre symboliste français. Son oeuvre déjà reconnue avant la
Première Guerre mondiale, avait été ensuite occultée volontairement par lartiste
lui-même.
En effet, Gustav Adolf Mossa, qui vécut toute sa vie à Nice où il était né le 28
janvier 1883, se consacra essentiellement à sa fonction de conservateur du Musée des
Beaux-Arts de Nice, où son uvre symboliste et sulfureuse fut cachée, avant d'être
redécouverte dans les réserves après sa mort en 1971.
Cette exposition pour le 125ème anniversaire de sa naissance, propose ainsi de
redécouvrir le travail de ce grand peintre dont l'oeuvre surgit à la veille de la
naissance du Fauvisme, peu de temps après la mort de Gustave Moreau. Les références
littéraires hantent toute l'oeuvre de Mossa, lequel visitera tout au long de son oeuvre
les grands textes fondateurs de la littérature occidentale, depuis les récits
judéo-chrétiens et la mythologie gréco-romaine, jusqu'aux textes modernes depuis
Shakespeare jusqu'à Baudelaire, Huysmans ou Théophile Gautier, en réactualisant les
figures mythiques de ces oeuvres littéraires dans le contexte contemporain des années
1900.
Ainsi dans la mythologie grecque, Eros est le dieu de lAmour , tandis que Thanatos
est la personnification de la Mort. Mossa explore lérotisme, dans un contexte au
début de la Première Guerre où Thanatos prend le pas sur Eros.
Avec lexpérience traumatisante du conflit mondial, son oeuvre évolue du symbolisme
vers lallégorie, au travers l'omniprésence de la femme présentée sous
lapparence de la femme fatale et castratrice à la fois ange et démon.
Son uvre cristallise le conflit perpétuel des pulsions de vie et de mort. Il
explore son inconscient bien avant que Sigmund Freud, le fondateur de la psychanalyse, ne
développe ce thème. Il sintéresse à la guerre permanente qui gère les relations
humaines, et plus particulièrement celles qui existent, comme latentes entre lhomme
et la femme. A lidentique des oeuvres de Félicien Rops, le peintre symboliste
belge, nombreuses sont les uvres de Gustav Adolf Mossa qui apparaissent encore
provocantes de nos jours.
Lexposition se déroule selon un parcours de sept
salles, chacune dédiée à une thématique.
La première salle est ainsi consacrée à la mythologie grecque avec "Monstres,
démons et ftus ", qui permet de voir comment Mossa replace dans le contexte de
son temps des créatures hybrides telles que les muses, les sphinges, les harpies et les
sirènes en se référant à Sophocle, Hésiode, Ovide.
Dans la deuxième salle intitulée" Salomé", ce sont les oeuvres
d'inspiration judéo chrétienne qui sont présentées, tel son " Christus "
androgyne de 1907, représenté avec un maquillage très prononcé.
Dans la salle "Thèmes baudelairiens " apparaît la dimension décadente et
critique à l'égard des représentations de la société bourgeoise, tout en s'inspirant
de certains thèmes wagnériens, par exemple avec " Vénusberg " de 1907, que
l'on peut directement associer au thème de " Tannhaüser ".
Suivent ensuite les salles " Elle, Lui et Eros " et " Amour vénal et
cruauté " mettant en relief le thème du faire-valoir de la femme, et celui de
la prostitution.
La salle " Profanation décadente et la parodie " présente une partie de la
dimension subversive de l'oeuvre de Mossa, dans laquelle son attrait pour la profanation
du sacré se déploie jusqu'à la provocation, ainsi dans la série d'aquarelles
parodiques intitulée " La Vie de Jésus Christ" où est désacralisée la
présentation du Christ à la manière des décadents ou alors avec "Sacrilège"
qui représente un banquier, accompagné dune jeune diaconesse, qui donne
lhostie au dragon du reliquaire de Sainte Marguerite au cours d'une messe noire.
Enfin pour terminer "Pierrot et les masques" qui en référence à Barbey
D'Aurevilly et à ses " Diaboliques " parues en 1874, met en scène le
sang humain, s'écoulant de quelques blessures, comme dans "Pierrot s'en va " ou
" Elle ", ce liquide qui signifie à la fois, la vie et la mort. Il étudie
également dans cette démarche le rôle et lusage des masques et du
maquillage, pour symboliser le double, la duplicité, les fausses postures.
|

images/Mossa7.jpg
Gustav Adolf Mossa :
" Pierrot s'en va "
Huile sur toile 80 x 65 - 1906
© Musée des Beaux-Arts de Nice
© ADAGP

images/Mossa9.jpg
Gustav Adolf Mossa :
" Elle "
Huile sur toile 80 x 63 - 1905
© Musée des Beaux-Arts de Nice
© ADAGP
|

Gustav Adolf Mossa :
© Coll. Part. © ADAGP
|
Ce sont ainsi une centaine d'oeuvres, peintures et aquarelles qui sont rassemblées, ainsi
que des écrits de Mossa, permettant de découvrir le style, la technique et la symbolique
d'une oeuvre sulfureuse, restée cachée au public durant de longues années par la
volonté même de l'artiste. Il faut ajouter que cette oeuvre prend sa place dans l'esprit
de " l'Art Nouveau " de son époque, au travers les mobiliers, les vêtements,
les bijoux que les peintures de Mossa représentent, avec une minutie grandissante des
détails au fil de ses tableaux.
Une exposition assurément à voir et qui permet de découvrir
une oeuvre en grande partie totalement inconnue du grand public.
Palais Lumière - Evian
(LMDA ) - Nos remerciements à l'Agence
Heymann-Renoult Associés |
Exposition terminée
|
COLMAR : Musée
d'Unterlinden
" Grünewald, regards sur un chef
d'oeuvre"
Du 08 décembre 2007 au 02 mars 2008
|

Matthias Grünewald
" Retable Antonin d'Issenheim"
Position fermée
© Musée d'Unterlinden Colmar
|
|

Matthias Grünewald :
Autoportrait supposé
Date inconnue, encre sur papier
© Bibliothèque Erlangen
|
Matthias Grünewald ( 1475 -1528 ) est sans doute l'un des artistes les plus importants de
l'histoire de l'art allemand. Conjointement à l'exposition qui se tient à la Staatliche
Kunstahalle de Karlsruhe, le Musée d'Unterlinden de Colmar, dans lequel se trouve le
célèbre retable d'Issenheim de Grünewald, se concentre sur la genèse de ce chef
d'oeuvre.
Pour la première fois en France, cette exposition met en relief l'oeuvre de ce grand
artiste de la Renaissance germanique, et son caractère extraordinaire et original en le
mettant en rapport avec ses contemporains les plus prestigieux que furent Dürer, Holbein
ou encore Baldung Grien.
A la fin du Moyen-Age, l'Alsace fait partie du Saint Empire romain germanique. Les
artistes du Rhin supérieur, qualifiés par les spécialistes de " Primitifs
Rhénans", travaillent à Strasbourg, Colmar, Fribourg-en-Brisgau, et vont de villes
en villes au gré des commandes qui leur sont faites.
A partir de 1500, une nouvelle génération d'artistes succède aux Primitifs Rhénans,
imprégnés des idées de la Renaissance. Mathias Grünewald fait partie de ces artistes,
lequel réalise l'oeuvre majeure qu'est le retable des Antonins d'Issenheim.
|
Ce chef d'oeuvre fascine et envoûte ceux qui l'ont contemplé au travers l'histoire. La
technique éblouissante utilisée dans l'expressivité hallucinée des personnages, et par
l'emploi et la richesse des couleurs, en font une oeuvre totalement exceptionnelle de
l'histoire mondiale de la peinture.
C'est vers 1512-1516 que Grünewald reçoit cette commande de Guy Guers, précepteur de la
commanderie des moines Antonins d'Issenheim, un village situé à quelques kilomètres de
Colmar.
L'ordre des Antonins a pour vocation de soigner les malades atteints du "feu
sacré", une maladie provoquée par l'ergot de seigle. Créée vers l'an 1300, et
dévouée à Saint Antoine, la communauté d'Issenheim a acquis au fil des années une
richesse considérable, qui lui permet de faire réaliser des oeuvres religieuses
aux artistes de l'époque, dont ce fameux retable destiné au choeur de l'église des
Antonins, et qui prendra place en 1852 dans l'ancien couvent des dominicaines
d'Unterlinden.
Ce retable polyptique est centré sur la figure du Christ mort à la chair meurtrie, avec
au centre la Crucifixion et sur les autres panneaux, la Résurrection, l'Annonciation, le
Concert des Anges, la Tentation de Saint Antoine et la Visite de Saint Antoine à Saint
Paul.
Cette exposition réunit également des dessins et sculptures de la fin du XVème et
début du XVIème siècles, dont des dessins préparatoires au retable de Grünewald,
totalement exceptionnels. On y découvre le bras et le torse de Saint Sébastien, les
projets pour l'Annonciation, les études pour Saint Antoine, qui sont autant d'oeuvres
émouvantes, qui permettent dans le détail de comprendre la technique et les recherches
entreprises par l'artiste dans le contexte de son époque.
Aux côtés de ces dessins, sont présentées des oeuvres d'autres artistes germaniques
dont Hans Holbein (1465-1524), Albrecht Dürer (1471-1528), Lucas Cranach (1472-1553),
Albrecht Altdorfer (1480-1538), ainsi que des sculptures de Jörg Lederer ou Maître I.P.,
montrant ce qu'étaient les préoccupations naturalistes, et les recherches sur
l'expressivité et le mouvement de l'époque.
C'est ainsi que cette exposition tente de situer l'oeuvre de Grünewald dans la
chronologie de son temps, mais également d'éclairer le parcours de création qui fût
celui de l'artiste dans la composition de cette oeuvre majeure.
Le visiteur découvre également les quatre thèmes qui président à cette présentation
et à la compréhension de l'art religieux de cette période du début XVIème siècle :
celui des représentations christiques et de l'iconographie mariale, celui de
l'expressivité des personnages et du naturalisme, celui du développement des arrières
plans paysagers, celui de la représentation des draperies.
Autour des ces thèmes, l'exposition montre également les techniques, mais également les
innovations de Grünewald dont l'utilisation par exemple du soulignage des contours, les
limites des formes marquées par des traits noirs, l'accentuation des ombres et des
textures, et surtout la richesse de l'exploitation des couleurs.
Musée d'Unterlinden - Colmar
(LMDA)
|
|
|
|
LE HAVRE : Musée Malraux
" Othon Friesz, le fauve
baroque"
Du 20 octobre 2007 au 27
janvier 2008
|
Exposition
terminée |
Achille-Emile Othon Friez est né
au Havre le 06 février 1879. Fils de capitaine, son rêve de jeunesse était de devenir
un grand navigateur. Mais il s'intéresse aussi à l'art. Il suit les cours de Charles
Lhuillier à L'Ecole Municipale des Beaux Arts du Havre au côté de Georges Braque et de
Raoul Dufy. Il parvient à obtenir une bourse en 1897 qui l'amène à suivre les cours de
Léon Bonnat à l'Ecole des Beaux Arts de Paris.
Mais l'académisme des beaux arts ne lui convient pas, et il préfère découvrir et
étudier l'oeuvre des maîtres dans les salles du Musée du Louvre.
C'est l'impressionisme qui l'intéresse, mais aussi les oeuvres de Vincent Van Gogh et de
Paul Gauguin. Le Salon d'Automne de 1905, lui permet de présenter quelques toiles auprès
de Matisse et de Marquet, et de se faire connaître avec ses aplats de couleurs vives et
juxtaposées qui font dire aux critiques que ces peintres donnent l'illusion d'être dans
une cage aux fauves. C'est en effet le début du fauvisme, dont Othon Friesz sera l'un des
plus brillants représentants.
Il était au premier plan alors parmi les jeunes peintres qui se révoltaient contre les
maîtres académiques, mais en marquant son attachement à l'impressionnisme. Durant
l'été 1906, avec son ami Georges Braque, il fait un séjour à Anvers, en travaillant
sur des sujets communs. Ils poursuivent cette expérience l'année suivante en se rendant
dans le midi de la France à l'Estaque et à la Ciotat, pour travailler ensemble sur la
transposition de la lumière, comme l'avaient fait avant eux Matisse et Derain à
Collioure en 1905.
Les couleurs de la côte méditerranéenne l'inspirent, et le conduisent à produire une
série de paysages qui sont sans doute les plus représentatifs du fauvisme. En mettant en
relief le dessin, en stylisant les formes, en supprimant les détails descriptifs,
certains des tableaux qu'il peint alors sont à la limite de l'abstraction. Aucun autre
artiste fauve, sauf peut-être Matisse n'ira aussi loin dans l'exaltation des couleurs.
De retour à Paris, alors que Braque travaille avec Picasso aux premiers fondements
du cubisme, Othon Friesz poursuit de son côté ses paysages, ses natures mortes, ses
marines dans un naturalisme où l'influence de Cézanne domine tout en conservant
lénergie de la ligne, le goût affirmé pour les couleurs et les contrastes forts,
mais avec une force chromatique qui s'estompe au fil des mois pour devenir plus austère
à l'approche de la première guerre mondiale.
Alors que ses expositions chez son marchand d'art Druet et sa participation régulière au
Salon des Indépendants et au Salon dautomne à Paris, lui avaient valu une certaine
notoriété avec des expositions à Moscou, à Londres à Berlin, ou à New York
encore avec lexposition Manet et les Post-impressionnistes, sa palette
sassombrit avec une dominante
d' ocres, de bruns, de verts et de bleus plus froids, des lignes plus rigides, des formes
moins attrayantes et des compositions plus traditionnelles : nus, paysages, natures mortes
et portraits.
|

images/OthonFriesz9.jpg
Emile Othon Friesz
"Paysage à la Ciotat "
Huile sur toile -1907
© Coll. Part.
© ADAGP

images/Friesz6.jpg
Emile Othon Friesz
" Les Baigneuses "
Huile sur toile -1907
115 x 122 cm
© Coll. part.
© ADAGP
|

Emile Othon Friesz
© ADAGP
|
La guerre marque en effet la période d'une production surtout orientée par la vente,
davantage que par la recherche picturale qui avait été la sienne quelques années avant
auprès de Braque. On peut y voir non seulement l'effet des hostilités, mais aussi la
conséquence dun mode de vie plus aisé grâce à une réputation grandissante.
Il souhaite alors exercer le contrôle sur la vente de ses tableaux, et à ce titre romp
le contrat dexclusivité qui le liait au marchand d'art Druet. Il
sinstalle avec sa jeune épouse et son enfant dans l'ancien atelier de Bouguereau et
il décide d'enseigner le dessin. Il se rapproche dEmile Bernard et de Maurice
Denis, et devient avec eux les défenseurs de Cézanne contre l'avancée de
lavant-garde cubiste.
En 1937, il réalise la décoration du Palais de Chaillot avec son ami Raoul Dufy, et
tombe peu à peu dans l'oubli par la prédominance de la peinture abstraite. Il
participera sous l'occupation à une rencontre d'artistes organisée par les Allemands, ce
qui lui vaudra des explications à la fin de la guerre. Il mourra à Paris le 10 janvier
1949.
Emile Othon Friesz aura tout au long de son oeuvre tenté le pari de concilier, à la fois
les principes fondamentaux que Matisse s'appliquait à mettre en euvre pour
chaque tableau "équilibre, pureté, sérénité " et,
d'autre part, ceux que défendaient Maurice de Vlaminck " vivre, agir et
penser sans entraves ".
Construite selon un ordre non strictement chronologique, au côté des travaux de Derain
ou de Dufy, cette exposition très richement documentée, présente près de 200 oeuvres,
qui permettent de suivre le parcours de Friesz, qui demeure aujourd'hui un artiste mal
connu, et rend ainsi au peintre la place quil mérite dans l'histoire de la peinture
moderne. Mais elle laisse aussi place aux arts décoratifs, avec une série de céramiques
produites par l'artiste qui montrent comment il a pu agir comme lun des artisans du
mouvement de rénovation des arts décoratifs de lentre-deux-guerres.
Musée
Malraux - Le Havre
( LMDA)
|
| |
|