|
| |
|
EXPOSITIONS PASSEES
MONDE
Année 2006 |
|
Exposition
terminée |
ALLEMAGNE
|
KARLSRUHE : Staatliche Kunsthalle
" David Teniers le Jeune : 1610 -1690 "
Du 05 novembre 2005 au 19 février 2006 |

David Teniers le Jeune :
Le chirugien-barbier (détail)
Huile sur toile - 57,1 x 73,6 cm
© The Chrysler Museum of Art, Norfolk, VA.
Don de Walter P. Chrysler, Jr.
|
La Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe présente dans le cadre dune exposition
exceptionnelle, lun des grands maîtres de la peinture de genre du siècle dor
en Flandre : David Teniers le Jeune ( 1610 -1690 ).
Le point de départ de cette exposition en est la riche collection
des tableaux de Teniers du Staatliche Kunsthalle, constituée à lorigine par les
Margraves de Bade ( une famille qui dailleurs collectionnaient déjà des Teniers de
son vivant). Grâce à des prêts prestigieux des grandes collections publiques et
privées dEurope et des Etats-Unis, lexposition réunit quelques 140 oeuvres
de David Teniers et de certains de ses contemporains tels que Adraien Brouwer, Pieter
Brueghel le Jeune et Jan Brueghel le Vieux. La dernière exposition consacrée à David
Teniers s'était tenue à Anvers en 1991. La présente exposition est la première grande
exposition consacrée à ce grand artiste en Allemagne.
|
David
Teniers le Jeune est né le 15 décembre 1610 à Anvers. Il est le fils aîné du peintre
David Teniers le Vieux (1582-1649) et de Dymphna de Wilde. Il fait l'apprentissage de la
peinture dans latelier de son père et est reçu franc-maître à la corporation de
Saint-Luc de la ville dAnvers en 1632. Le marchand dart Chrysostoom van
Immerseel au cours dun voyage en Angleterre lui commande en 1635 un cycle de douze
uvres à contenu religieux.
Il épouse en 1637 Anna Brueghel la fille du peintre Jan Brueghel le Vieux (1568-1625)
dans léglise Saint-Jacques dAnvers. Les témoins sont le tuteur dAnna,
Peter Paul Rubens, et Paul van Halmale. Son premier fils, né en 1638 a pour Hélène
Fourment, lépouse de Rubens.
Après le décès de Peter Paul Rubens en 1640, David Teniers prend sous tutelle les
pupilles de Rubens, Ambrosius et Clara-Eugenia, les plus jeunes frère et sur
dAnna. Leurs possessions parmi lesquelles des tableaux et dessins de Jan
Brueghel le Vieux et de Pieter Brueghel le Vieux lui sont également confiées.
En
1644, David Teniers achète la maison qui appartenait auparavant à Jan Brueghel le Vieux,
" De Meireminne ", dans la Lange Nieuwstraat, et il devient doyen de
la corporation de Saint-Luc dAnvers. Antonius Triest, évêque de Gand, lui achète
plusieurs tableaux entre 1645 et 1647. David Teniers devient en 1651 le peintre de cour de
Léopold Guillaume. Il déménage dAnvers à Bruxelles.
Larchiduc Léopold Guillaume abandonne en 1656 sa charge et quitte Bruxelles le 9
mai. À cette époque, Teniers travaille au " Theatrum Pictorium ", un
catalogue dinventaire gravé de la collection de larchiduc, le premier
catalogue illustré de ce genre. Le Gouverneur Espagnol Don Juan dAutriche, frère
de Philippe IV, maintient David Teniers dans ses fonctions, tandis qu' Anna Brueghel,
lépouse de Teniers, meurt .David Teniers épouse la même année Isabella de Fren
à Bruxelles.
Le Marquis de Caracena devient en 1659 le nouveau Gouverneur
Espagnol, lequel ne conserve pas David Teniers comme peintre de cour. Caracena accepte
dêtre le parrain du fils de Teniers en 1662, et il soutient le peintre dans ses
démarches auprès de la cour espagnole pour fonder une académie des Beaux-Arts.
En 1660, paraît le " Theatrum Pictorium " à Bruxelles. En 1662 il
écrit sans recommandation une lettre au roi Philippe IV d'Espagne à Madrid, pour lui
demander lautorisation de créer une académie à Anvers , lequel lui donne la
permission de créer cette académie, qui est officiellement inaugurée à Anvers en 1664.
Le roi Philippe IV dEspagne, bienfaiteur et protecteur de Teniers, meurt le 17
septembre 1665. Le fils de David Teniers, David Teniers III meurt à Bruxelles le 11
février 1685. Isabella, la seconde femme de Teniers. meurt en 1686. David Teniers meurt
à Bruxelles le 25 avril 1690. Il est enterré à Saint-Jacques-sur-Coudenberg, où
reposent déjà sa première femme Anna et son fils David III.
Staatliche
Kunsthalle
( LMDA - Petra Holtmeyer - Staatliche Kunsthalle
Karlsruhe ) |
|
ETATS-UNIS
|
Exposition
terminée |
NEW YORK : Neue Gallery
" Gustav Klimt : le Portrait
d'Adèle Bloch Bauer "
... Jusqu'au 18 septembre 2006
|
La Neue Gallery de New York, musée essentiellement consacré
à l'art allemand et autrichien des années 1890-1940, vient de bénéficier du don de
Ronald Lauder, fondateur du Musée et héritier du groupe Estée Lauder, et
acquéreur lors d'une récente vente aux enchères, de l'oeuvre devenue la plus chère de
tous les temps : " Le Portrait d'Adèle Bloch Bauer " de Gustav Klimt.
La Neue Gallery présente au public ce tableau avec plusieurs autres
oeuvres du grand maître autrichien, jusqu'au 18 septembre 2006, avant qu'il ne soit
inséré dans la collection permanente du Musée.
En dehors de sa valeur, ce tableau est chargé d'histoire.
D'un format de 136 x 138 cm, ce portrait a été réalisé en
1907 par Gustav Klimt dans une période que l'on a baptisé son
"Cycle d'Or" . Il a été composé par Gustav Klimt à l'aide d'une
technique particulière, composé de couleurs à l'huile sur fond de feuilles d'or
collées sur toile, technique utilisée également pour d'autres oeuvres telles que "Serpents d'Eau", ou "Danaé".
Le salon d'Adèle Bloch-Bauer (1881-1925) épouse du riche banquier Ferdinand
Bloch-Bauer était l'un des hauts lieux intellectuels de la « Vienne 1900 ». S'y
côtoyaient Sigmund Freud, Gustav Mahler, Arnold Schönberg ...
Adèle Bloch-Bauer modèle - mais peut-être maîtresse du peintre -, avait donné
l'occasion à Klimt d'user de cette technique minutieuse et longue consistant à coller de
fines feuilles d'or ou d'argent sur la toile, pour rajouter à la somptuosité des
motifs décoratifs et mettrent en relief les traits du modèle, comme on le fait des
peintures d'icônes.
Avant de mourir, en 1925, Adèle Bloch-Bauer avait exprimé la volonté que son portrait,
ainsi que quatre autres Klimt de sa collection, soient remis à l'Autriche après la mort
de son mari.
Mais quand en mars 1938 l'Autriche est annexée par l'Allemagne, Ferdinand Bloch-Bauer
s'expatrie en Suisse en abandonnant tous ses biens derrière lui. Le portrait d'Adèle et
les autres tableaux sont mis en dépôt à la Galerie du Belvédère, ce qui correspondait
au souhait d'Adèle.
Ferdinand Bloch-Bauer meurt sans héritier direct en 1945, en faisant de ses neveux
et nièces ses seuls héritiers. Mais les fameuses toiles, bien sûr, avaient été
confisquées par les nazis, puis récupérées par le Musée de Vienne et conservées
depuis lors, dans ses murs. |


Gustav Klimt
"Portrait de Adèle Bloch-Bauer I "
1907
peinture et feuilles d'or
sur toile 136 x 138 cm
© Neue Gallery
New York
|

Adèle Bloch-Bauer"
1907 ©

Gustav Klimt
1907 ©
|
L'une des nièces de Ferdinand Bloch-Bauer, Maria Altmann, exilée aux Etats-Unis
réclamait depuis plusieurs années les tableaux de Klimt, recueillis par le Musée de
Vienne et selon elle extorqués aux héritiers, après la guerre, en échange du droit à
exporter d'autres objets précieux "restitués".
Un compromis avait été proposé au Ministère de la Culture Autrichien : le Belvédère
pouvait être en situation de conserver les tableaux de Gustav Klimt contre un
dédommagement évalué à environ 145 millions d'euros. Mais l'Autriche ayant refusé
cette proposition, en s'appuyant sur la lettre d'Adèle Bloch-Bauer, considérée comme
une lettre "testament" en bonne et due forme, Maria Altmann craignant les
frais de procédure très élevés en Autriche, a décidé de porter l'affaire devant le
Tribunal de Los Angeles et prenant comme avocat le petit-fils du célèbre
compositeur Arnold Schönberg, spécialisé dans les affaires de spoliation et vols
d'oeuvres d'art par les nazis.
Le bien-fondé de cette démarche a été confirmé pour la deuxième fois en appel, en
décembre 2002, ainsi que par l'expertise d'un juriste reconnu de l'université de Vienne,
par les conditions douteuses dans lesquelles le Musée de Vienne était entré en
possession de la collection Bloch-Bauer. Cette disposition faisant suite au scandale
fin 1998 causé par la saisie de deux oeuvres du peintre Egon Schiele, lors d'une
exposition à New York, contraignant l'Autriche à adopter une loi obligeant les musées
nationaux à vérifier
la provenance des oeuvres de leurs collections et le cas échéant à les restituer.
Maria Altmann, a finalement obtenu gain de cause début 2006, alors que le tableau était
depuis avril exposé au Los Angeles Country Museum of Art, et décidé de le proposer à
la vente. C'est ainsi que l'acquéreur, Ronald Lauder, ancien ambassadeur des Etats-Unis
en Autriche et héritier du groupe Estée Lauder a annoncé son choix finalement de
l'offrir à la Neue Galerie de New-York, musée dont il est le fondateur.
Dossier Gustav Klimt
http://www.neuegalerie.org
(LMDA) |
Exposition
terminée |
ETATS-UNIS
|
WASHINGTON : National
Gallery of Art
" Le Douanier Rousseau : jungles
urbaines"
Du 16 juillet au 15 octobre 2006
|

Henri Rousseau
" Le Combat du Tigre et du Buffle "
1908
Huile sur toile : 172 x 191,5 cm
© Museum of Art
|
Modeste employé des douanes Henri Julien Félix Rousseau, dit Le Douanier
Rousseau (1844-1910), autodidacte devenu peintre sur le tard, célébré par Alfred Jarry,
Apollinaire, Picasso, Robert et Sonia Delaunay, ou Kandinsky, est aujourd'hui reconnu
comme l'une des figures les plus originales de lart de la fin du XIXème et du
début du XXème siècle.
Cette très belle exposition qui rassemble au total 50 des tableaux majeurs du peintre, en
provenance de grandes collections publiques ou privées, européennes, américaines,
japonaises et russes, présente dans un parcours quasi chronologique l'oeuvre de cet
artiste hors du commun des peintres de son époque, dont l'oeuvre interroge encore le
public contemporain.
C'est au septième Salon des
Indépendants, en1891, il a 47 ans, qu' Henri Rousseau, qui peignait jusque là des
paysages ou des vues de Paris, décide de présenter une composition toute exotique
appelée
" Surpris", représentant un tigre apeuré par la foudre au milieu d'une
jungle sous l'orage.
Cette oeuvre si particulière, lui vaut les moqueries de la critique et du
gotha journalistique, et même de la plupart des autres artistes, sauf Félix Vallotton
qui écrit : " Monsieur Rousseau devient plus stupéfiant d'année en année...
C'est l'alpha et l'oméga de la peinture... Tout le monde ne rit
pas, du reste, et certains qui en auraient envie s'arrêtent bientôt ; il est toujours
beau de voir une croyance, quelle qu'elle soit, si impitoyablement exprimée".
C'est un monde hors de l'ordinaire qui au fond, intéresse Rousseau, un monde
hors de la réalité de sa vie misérable, hors de ses drames familiaux, de des déboires
affectifs, et de ses échecs comme artiste peintre. Il se dit peintre réaliste, et ne
veut peindre dit-il que la nature.
|

Henri Rousseau
dans son atelier Rue Perrel à Paris
devant son tableau
" Forêt Vierge au soleil couchant " 1906
Harry Bloomfield
© Petit Palais Genève
|
Il a été bercé par les contes traditionnels que lui racontait, enfant, une
vieille tante durant son enfance à Laval. Impressionné quelques années plus tard par la
lecture de Robinson Crusoe et de Paul et Virginie, Rousseau restera imprègné de la
lecture qu'il fera de Jean-Jacques Rousseau et du concept de l'homme naturel et du bon
sauvage.
C'est dans ces lectures, et dans la
vogue d'une époque où les expéditions françaises vers l'Afrique, la Cochinchine se
multiplient, que Rousseau puise son inspiration. Il fréquente aussi les musées, pour y
copier des oeuvres, afin de parfaire sa technique, et il découvre les oeuvres de Rubens,
Van Loo, Géricault, Delacroix, François Boucher, dont la " Chasse aux lions "
l'impressionne considérablement, ou encore la tapisserie de la " Dame à la
Licorne", autant que Paul Gauguin, qui lui raconte en 1894 ses périples dans
les Iles Polynésiennes. Paul Gauguin, puise beaucoup aussi dans ses promenades au Jardin
des Plantes, au Muséum d'Histoire naturelle ou au Jardin d'Acclimatation, ainsi que dans
l'imagerie populaire, les photographies et les cartes postales,
Malgré la légende qu'entretient son ami Guillaume Apollinaire, il n'a jamais quitté
Paris, et c'est dans son atelier que Rousseau compose ses célèbres jungles. Ses mises en
scène exotiques, ses forêts vierges sont autant de traductions de ce qu'est pour lui la
vie, une jungle avec ses cruautés, ses peurs, ses beautés, comme celles de ses
épouvantes
d' enfant.
Les jungles de Rousseau sont celles d'une totale imagination créatrice et constituent un
thème central et dominant dans son oeuvre, tel que nous le démontre cette exposition en
confrontant une série de scènes à dautres uvres, portraits, paysages
urbains et allégories. L'art d'Henri Rousseau est celui du détournement avant la lettre
et avant que les dadaïstes, puis les surréalistes ne procèdent quelques années plus
tard à un art complet du détournement, dans lequel ils le reconnaîtront comme un
précurseur.
National Gallery of Art
(LMDA)
|
Exposition
terminée |
ETATS-UNIS
|
WASHINGTON : National
Gallery of Art
" Cézanne en Provence "
Du 29 janvier 2006 au 07mai 2006
|

Paul Cézanne dans son atelier
Photographié par le peintre Emile Bernard
1904
© Coll.
Part.
|

Paul Cézanne
La Montagne Sainte Victoire
1885-1887
© Coll. Part.
|
L' année Cézanne, qui
célèbre la mort du peintre Paul
Cézanne (1839-1906), commence par cette exposition de la National Gallery de Washington,
dont l'objet est de resituer celui que l'on considère comme le père de la peinture
moderne, dans les lieux et les influences de sa Provence natale.
Avec 117 oeuvres présentes, parmi les plus représentatives, c'est un voyage dans
l'enchantement intense et émotif vécu par le peintre dans la campagne de sa région de
naissance, ou auprès de sa famille et de ses proches, que l'on vit avec lui, au travers
les tableaux rassemblés ici.
(LMDA) |
|
GRANDE BRETAGNE
|
Exposition
terminée |
LONDRES : Tate Modern
" Kandinsky, le passage à l'abstraction : 1908-1922 "
... Jusqu'au 1er octobre 2006
|
Cette superbe exposition de la
Tate Modern, nous présente le parcours intriguant qui conduit Wassili Kandinsky (1866 -
1944) de la figuration comme peintre paysagiste au modernisme et à l'abstraction
radicale. En se concentrant sur la première moitié de sa carrière, l'exposition montre
au visiteur les premieres oeuvres composées essentiellement de paysages entièrement
inspirés par le langage figuratif, et les légendes traditionnelles russes.
Kandinsky, en effet, après avoir hésité entre une carrière universitaire dans le droit
et les arts, pour lesquels il se passionne, avait décidé de se consacrer finalement à
la peinture en 1896, de quitter Moscou pour Munich et d'y suivre les cours du peintre
Franz Von Stuck à l' Académie des Beaux-Arts .
Il fonde là un groupe d'artistes appelé "La Phalanx", dans laquelle avec ses
amis peintres, il s'assigne le but de faire découvrir au public ce que sera selon lui le
nouvel art, en opposition avec l'académisme qui se limite à la reproduction de modèles,
de paysages, ou de sculptures antiques. Dans ce cadre, il rencontre le peintre David
Burliuk, puis Vladimir lzdebsky en 1903 et participe à diverses expositions. C'est en
1904 que Kandinsky participe à la première exposition des Tendances Nouvelles à Paris ,
puis aux expositions de Saint-Pétersbourg et de Moscou, ainsi qu'au Salon d'Automne de
Paris.
C'est à partir de là que progressivement, le modèle de Kandinsky évolue. Il se lie
d'amitié avec des artistes tels que Jawlensky, Marianne Von Werefkin, Kanoldt, Kubin et
Thomas von Hartmann , avec qui il crée"La Nouvelle Association des Artistes" (
"Neue Künstlervereinigung"). Peu à peu, les détails descriptifs de ses
compositions s'estompent, et ce sont les lignes calligraphiques, les contours qui prennent
du relief. En même temps, de grandes surfaces de couleurs vives apparaissent dans le but
de stimuler les émotions.
Ses recherches esthétiques l'amène, à s'affranchir de l'expression figurative, et
à dépasser l'expressionnisme, le futurisme et le cubisme qui dominent l'époque. Pour
lui, il s'agit d'un engagement : l'art peut être aussi l'expression directe du monde
intérieur de l'individu, et il vient à considérer que la peinture peut s'affranchir des
formes et s'exprimer dans la seule dimension du trait, de la tache et de la couleur et
qu'il peut à partir de là tout autant toucher l'âme de l'homme que la représentation
figurative.
|

images/Kandinsky3.jpg
non disponible
Wassily Kandinsky
" Paysage à la Tour "
1908
Huile sur carton 75 x 98,5 cm
© Musée National d'Art Moderne
Paris
|

images/Kandinsky5.jpg
non disponible
Wassily Kandinsky
" Aquarelle Abstraite "
1910
aquarelle 50 x 65 cm
© Musée National d'Art Moderne Paris
|

Wassily Kandinsky
à Munich en 1909 ©
|
En 1908, Kandinsky trouve dans l'essai d'un jeune historien de l'art, K. Worringer publié
en 1907 "Abstraktion und Einfühlung", la matière de ce qu'il appelle le
trouble mental de l'homme devant le monde, et devant les découvertes scientifiques
qui remettent en cause la validité de ses lois considérées comme immuables.
C'est dans ce contexte en 1910 , que Kandinsky réalise alors la première
"Aquarelle Abstraite " et qu'il s'engage dans la réalisation d'oeuvres qui
deviendront les premières oeuvres entièrement abstraites de l'Art Moderne.
L'exposition montre ensuite comment en explorant les changements artistiques qui ont
accompagné le mouvement de Kandinsky en Russie et son retour suivant vers l'Allemagne où
il rencontre Paul Klee et Arnold Schönberg, créé en 1911 avec Franz Marc le groupe
du "Blaue Reiter" ( Le Cavalier Bleu ) à Munich, il s'interroge sur les
rapports entre l'esprit et l'expression artistique et sur la représentation abstraite par
opposition au monde du figuratif.
Dans un essai, intitulé " Du spirituel dans l'art", et qu'il publie la même
année, Kandinsky veut montrer qu il y a une nécessité intérieure, voire mystique dans
l'abstraction. C'est l'élément de l'art pur et éternel qui confère sa valeur et
son âme à l'oeuvre de l'artiste. L'oeuvre peut échapper totalement à l'âme des
contemporains et nécessiter des années et des siècles pour parvenir par son esthétique
à toucher l'âme de l'homme.
Plus tard, en 1922 devenu un membre du Bauhaus, de nouvelles influences apparaissent
dans le language abstrait de Kandinsky : après cette première période
d'une technique reposant sur la spontanéité gestuelle et lyrique, les éléments
géométriques apparaissent et prennent une part dominante dans ses compositions, suivant
l'esthétique du suprématisme. Elles resteront et demeureront alors la marque essentielle
dans le reste de ses travaux.
Avec plus de 50 peintures et 30 travaux sur papier, dont beaucoup n'ont jamais été
montrés au public, cette exposition donne l'occasion ainsi de mieux comprendre comment et
pourquoi ce passage à l'abstraction s'est opéré, au travers l'oeuvre de l'un des plus
grands maîtres de la peinture moderne.
Dossier kandinsky
Londres : Tate
Modern
(LMDA)
|
|
SUISSE
|
|
MARTIGNY : Fondation Pierre Gianadda
" Camille Claudel et Rodin :
la rencontre de deux destins "
Du 03 mars au 11 juin 2006 |
Exposition terminée |
Lorsque Camille Claudel (1864-1943)
fait la connaissance d'Auguste Rodin (1840-1917) en 1882, elle n'a alors que dix-sept ans.
Rodin jouit déjà d'une renommée très importante en tant qu'artiste .Camille Claudel,
elle, soeur aînée de Paul Claudel, pétrit la terre, et ses premières figurines depuis
son adolescence. Suivant d'abord les cours du sculpteur Alfred Boucher, elle se trouve
engagée dans latelier d' Auguste Rodin à lâge de 20 ans, qui reconnaît son
talent, pour l'aider dans la réalisation dans les deux grandes commandes qui l'occupent
alors, " La Porte de l'Enfer" et "Les Bourgeois de Calais".
La relation professionnelle qui lie Rodin à Camille Claudel se transforme rapidement.
Elle devient sa collaboratrice, puis sa maîtresse dans une passion mutuelle qui unit les
deux artistes pendant dix ans.
Des euvres comme " L'Eternel printemps" ou "La Valse" traduisent
chez Camille Claudel son amour pour Rodin. Mais leurs relations se détériorent au fil du
temps, autant par la passion, que par les crises de jalousie de plus en plus violentes
Camille à l'égard de Rodin et de ses promesses non tenues.
Rodin ne cessera jamais de produire, tandis que Camille Claudel paralysée par ses
souffrances intérieures s'enfermera dans la solitude. Dans son atelier de la Rue de
Turenne, elle travaille avec ardeur modelant ses sujets avec la puissance de sa
spontanéité, de sa vérité, de son émotion, de sa douleur, en mettant en relief dans
des sculptures exceptionnelles, sa recherche de la pureté et de la volupté du mouvement.
Jusquà lemprise tragique de sa maladie, qui la conduira à l'internement et
à la claustration Camille Claudel sculpte avec acharnement et passion.
De son côté, Rodin demeure
hanté par le visage de sa bien-aimée, dont il sculpte la beauté dans de superbes bustes
de plâtre, de marbre ou de bronze. Il admirait à la fois, sa flamme créatrice, sa
spontanéité, et le génie, de "cette féroce amie" comme il le disait parfois.
|

Camille Claudel
vers 1884
Photo de César
papier albuminé
15,5 x 10,3 cm
© Musée Rodin Paris
© ADAGP
|

Auguste Rodin
vers 1886
© Musée
Rodin Paris
©
ADAGP |

images/Claudel23.jpg
non disponible
Camille Claudel
" La Valse "
Bronze 1895
© Coll. Part. © ADAGP
|
C'est à la découverte de cette histoire passionnelle et
féconde que nous invite cette exposition intitulée "Camille Claudel et Rodin
: la rencontre de deux destins" . Au travers un parcours chronologique et
thématique, rassemblant près de 120 oeuvres et de nombreuses photographies et documents,
les visiteurs découvrent les univers artistiques puissants et indissociables des
deux artistes,
Bien que leur production ait été différente, Rodin ayant réalisé des milliers de
pièces au long de sa carrière, tandis que Camille Claudel ayant laissé une oeuvre plus
restreinte mais non moins grandiose, on voit que le dialogue entre les deux artistes,
s'est poursuivi pendant près de vingt-cinq ans au travers plusieurs phases créatrices de
leur art.
Les sculptures réalisées par Camille Claudel avant la rencontre avec Rodin
montrent une artiste en recherche de son style, tandis que est Rodin déjà en
pleine possession de son talent. Puis ce sont les oeuvres de la période du bonheur fou
entre eux, lesquelles occupent une place importante dans l'exposition, tout en soulignant
l'influence mutuelle qu'ils exercent l'un sur l'autre. Au temps de la passion
succède toutefois des moments plus sereins, lors des périodes d'accalmie, mais aussi des
oeuvres très torturées et exceptionnelles chez Camille Claudel, lorsqu'en proie au doute
elle décide de prendre ses distances à l'égard de Rodin, qui sont comme autant de
témoignages de ses souffrances intérieures, de son chagrin, et de son immense solitude.
Dossier
Camille Claudel
Fondation Pierre Gianadda
(LMDA) |
| |
|