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EXPOSITIONS PASSEES
MONDE
Année 2003

         


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ALLEMAGNE

BERLIN : Palais Martin Gropius Bau
"
Fissures dans le Mur "
Du 19 mars au 4 mai  2003


En 1962, un an après la construction du Mur de Berlin, l'écrivain ouest-allemand Gunter Grass écrivait déjà : "Aucune frontière ne pourra arrêter les artistes, car ce sont des passeurs de murs". "Mauerspruenge" ou "Fissures dans le Mur " est le titre de l'exposition organisée au Palais Martin Gropius Bau de Berlin qui rassemble nombre d'éléments pour illustrer ce que furent les échanges artistiques entre les deux Allemagne avant la chute du Mur en 1989.
Cette exposition, installée à proximité des restes du Mur,  retrace ce que furent ces 27 années de stratagèmes pour contourner les entraves et les suspicions du régime communiste à l'égard de l'ouest.


Murs de Berlin  1989 - peinture anonyme © Photo de Francesco et Alessandro Alacevich 

C'est ainsi que le chanteur et guitariste est -allemand Wolf Biermann, en 1976, alors qu'il donne un concert à Cologne, à l'ouest, se trouve déchu de sa nationalité par les dirigeants communistes de la RDA et provoque de nombreuses réactions d'opposition à cette décision des deux côtés du Mur.
Certains y voient alors l'un des signes annonciateurs de la fin du régime, mais ce n'est qu'en 1986 pour que la RFA et la RDA parviennent à signer un accord culturel officiel, alorsque depuis des années les artistes de part et d'autres du Mur communiquent  et échangent entre eux malgré tout.
Cette exposition s'organise ainsi en diverses salles consacrées chacune à un mode d'expression artistique, peinture, dessin,  cinéma, livres, musique, mais aussi télévision.
Présentée à Leipzig, à l'est, et à Essen à l'ouest , cette exposition s'installe à Berlin comme un symbole majeur . On y découvre par exemple que les artistes de la RDA ayant réussi à l'ouest, telle la chanteuse de rock Nina Hagen est alors considérée comme étant de la RFA . On cherche à oublier d'où elle vient, c'est à dire de la RDA qu'elle a fui avec sa mère, à l'âge de 17 ans.
La fin du parcours de l'exposition conduit le visiteur dans un labyrinthe dont les murs branlants veut rappeler que la police secrète de la RDA, la Stasi, gardait une méfiance toute particulière à l'égard des artistes, les surveillait et n'hésitait pas à les traquer à toute occasion, avec le jeu permanent de la suspicion quand certains artistes dissidents officiels, n'hésitaient pas pour acheter leur tranquilité à devenir des indicateurs.

Illustration : Murs de Berlin 1989 - peinture anonyme   Photo de Francesco et Alessandro Alacevich 
" Mémoire d'un art perdu"  - © Editions Gremese  1991

ALLEMAGNE

TUBINGEN : Kunsthalle
" Macke et les Expressionnistes "
Du 18 janvier au 6 avril 2003


Acteur important de l'avant-garde européenne du début du XXème siècle, August Macke (1887-1914) avait organisé à Bonn en août 1913, une exposition intitulée " Les Expressionnistes Rhénans", où il avait réusit à réunir pour la première fois une quinzaine de jeunes artistes modernistes de l'époque. Cette exposition avait constitué le point de départ l'avant-garde artistique Rhénane, par une présentation d'oeuvres très marquées par le fauvisme et par les tendances futuristes, au nombre desquelles figuraient des oeuvres entres autres de Ernst Moritz Engert (1892-1986), Heinrich Campendonk (1889-1957), Franz Seraph Henseler (1883-1918), Joseph Kölschbach (1892-1947), Helmuth Macke (1891-1936), Carlo Mense (1886-1965), Heinrich Nauen (1880-1940), Clara-Maria Nauen-Malachowski (1880-1943), Olga Oppenheimer (1886-1941),  William Straube (1871-1954), ou Hans Thuar (1887-1945).

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August Macke lui même avait au cours de ses voyages en France été marqué par l'oeuvre de Seurat, mais également par Matisse, et à Munich en 1910, il s'était lié d’amitié avec Franz Marc, puis avec  Kandinsky, Klee et d’autres membres du “Blaue Reiter” avec lesquels il avait exposé en 1911 et 1912.
Lors d'un autre séjour à Paris en 1912 avec Franz Marc, il avait rencontré également Robert Delaunay, par lequel il avait été également  impressionné notamment par sa série sur les fenêtres, dont il adopta ensuite le principe des contrastes simultanés pour trouver des énergies de couleur.  

La tendance expressioniste s'était développée en Rhénanie depuis 1909, mais l' influence de la peinture française avait plus particulèrement marqué August Macke, qui partagé entre les impressionnistes et le fauvisme, vouait une admiration particuliere  pour Henri Matisse. L'orphisme de Delaunay aux couleurs radiantes et rougeoyantes, inspiraient également ses compositions personnelles et en peu d'années il parvint a produire avec ces influences diverses un oeuvre de densité et de vigueur incomparables, d'influence majeure dans le mouvement expressionniste rhénan dont il fut l'un des maîtres.
Macke était très impliqué dans le secteur de la politique culturelle, en combattant pour une reconnaissance de l'art moderne, mais la théorie en tant que telle lui était étrangère. C'est  sa façon ouverte et facile de présenter ses conceptions expressionnistes, qui lui avait amenés de nombreux contacts artistiques et amis avec l'appui desquels il s'était impliqué par exemple aussi dans "l'Exposition Internationale du Sonderbund" à Cologne en 1912, avec des oeuvres modernes, parmi lesquelles des toiles de Cézanne, ou de Van Gogh, entre autres artistes, toujours dans le but d'offrir une vue des développements les plus récents dans l'art de l'époque.

Ce sont ainsi 170 oeuvres, comprenant des peintures, des aquarelles et des dessins qui sont présentées, lesquelles nous replongent dans l'effervescence de ce que fut l'exposition des expressionnistes rhénans, organisée en été 1913 par August Macke, dans son objectif de défendre les expressions nouvelles de l'art moderne. La majorité des oeuvres prêtées proviennent du Kunstmuseum Bonn, mais également de collections publiques et privées de divers pays européens, et des Etats-Unis.

Illustration : August Macke " Femme en Manteau Vert " 1913 - Huile sur toile 44 x 43,5  cm 
© Museum Ludwig Cologne

ALLEMAGNE

BERLIN : Brücke Museum
" Macke et les Expressionnistes Rhénans"
  Du 28 septembre au 5 janvier 2003


Acteur important de l'avant-garde européenne du début du XXème siècle, August Macke (1887-1914) avait organisé à Bonn en août 1913, une exposition intitulée " Les Expressionnistes Rhénans", où il avait réusit à réunir pour la première fois une quinzaine de jeunes artistes modernistes de l'époque. Cette exposition avait constitué le point de départ l'avant-garde artistique Rhénane, par une présentation d'oeuvres très marquées par le fauvisme et par les tendances futuristes, au nombre desquelles figuraient des oeuvres entres autres de Ernst Moritz Engert (1892-1986), Heinrich Campendonk (1889-1957), Franz Seraph Henseler (1883-1918), Joseph Kölschbach (1892-1947), Helmuth Macke (1891-1936), Carlo Mense (1886-1965), Heinrich Nauen (1880-1940), Clara-Maria Nauen-Malachowski (1880-1943), Olga Oppenheimer (1886-1941),  William Straube (1871-1954), ou Hans Thuar (1887-1945).
August Macke lui même avait au cours de ses voyages en France été marqué par l'oeuvre de Seurat, mais également par Matisse, et à Munich en 1910, il s'était lié d’amitié avec Franz Marc, puis avec  Kandinsky, Klee et d’autres membres du “Blaue Reiter” avec lesquels il avait exposé en 1911 et 1912.
Lors d'un autre séjour à Paris en 1912 avec Franz Marc, il avait rencontré également Robert Delaunay, par lequel il avait été également  impressionné notamment par sa série sur les fenêtres, dont il adopta ensuite le principe des contrastes simultanés pour trouver des énergies de couleur.  

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La tendance expressioniste s'était développée en Rhénanie depuis 1909, mais l' influence de la peinture française avait plus particulèrement marqué August Macke, qui partagé entre les impressionnistes et le fauvisme, vouait une admiration particuliere  pour Henri Matisse. L'orphisme de Delaunay aux couleurs radiantes et rougeoyantes, inspiraient également ses compositions personnelles et en peu d'années il parvint a produire avec ces influences diverses un oeuvre de densité et de vigueur incomparables, d'influence majeure dans le mouvement expressionniste rhénan dont il fut l'un des maîtres.
Macke était très impliqué dans le secteur de la politique culturelle, en combattant pour une reconnaissance de l'art moderne, mais la théorie en tant que telle lui était étrangère. C'est  sa façon ouverte et facile de présenter ses conceptions expressionnistes, qui lui avait amenés de nombreux contacts artistiques et amis avec l'appui desquels il s'était impliqué par exemple aussi dans "l'Exposition Internationale du Sonderbund" à Cologne en 1912, avec des oeuvres modernes, parmi lesquelles des toiles de Cézanne, ou de Van Gogh, entre autres artistes, toujours dans le but d'offrir une vue des développements les plus récents dans l'art de l'époque.

Ce sont ainsi 170 oeuvres, comprenant des peintures, des aquarelles et des dessins qui sont présentées ici, qui nous replongent dans l'effervescence de ce que fut l'exposition des expressionnistes rhénans, organisée en été 1913 par August Macke, dans son objectif de défendre les expressions nouvelles de l'art moderne. La majorité des oeuvres prêtées proviennent du Kunstmuseum Bonn, mais également de collections publiques et privées de divers pays européens, et des Etats-Unis.

Illustration : August Macke " Promenade à trois " 1914 - Huile sur toile 56 x 33  cm  © Coll. Part.


AUTRICHE

VIENNE : Musée de l'Albertina
" Albrecht Dürer"
Du 8 septembre au 30 novembre 2003
Prolongation jusqu'au 8 décembre 2003


Cette grande exposition du Musée de l'Albertina propose pour la première fois depuis plus de trente ans une présentation chronologique de l'ensemble de l'oeuvre d'Albrecht Dürer (1471-1528) en réunissant 200 oeuvres du maître de la Renaissance, dont 16 tableaux et 140 dessins issus de la collection des réserves de l' Albertina lui même .
La précédente exposition de cette importance s'était tenue  à Nuremberg, en 1971, à l'occasion du 500e anniversaire de la naissance du peintre dans cette ville.  Le musée de Vienne détient en effet la plus riche collection d'oeuvres de Dürer au monde grâce à son créateur, le Duc Albert de Sachsen-Teschen, qui avait obtenu de l'empereur François II, les oeuvres du peintre allemand.


Albrecht Dürer " Autoportrait à l'âge de 13 ans " 1485 - dessin à la mine d'argent © Musée de l'Albertina Vienne

Par les prêts du British Museum et de la National Gallery de Londres, du Prado à Madrid et du Metropolitan Museum de New York, l'exposition propose   une présentation parallèle des dessins et tableaux du même sujet, éclairant les différentes phases de la création de l'artiste. Un portrait esquissé de l'empereur Maximilien Ier, est mis en regard ainsi du portrait peint du même empereur, prêté par le Kunsthistorisches Museum de Vienne, tandis que plus loin, un remarquable portrait de Saint Jérôme, prêté par la National Gallery est presenté avec le croquis d'un vieillard, qui a servi de dessin préparatoire pour ce tableau.

Maître du portrait, de la peinture des paysages et des animaux ainsi que des scènes religieuses, Albrecht Dürer avait commencé à apprendre la précision et le goût du détail qui caractérisa toute son oeuvre, dans l'atelier d'orfèvrerie de son père à Nuremberg où il avait fait son apprentissage dès son plus jeune âge. C'est à 13 ans qu'il réalise son premier auto-portrait, présent ici à l'Albertina, qui est considéré comme le premier auto-portrait de l'histoire de l'art européen.
Grand observateur de la nature, il fît de nombreux voyages au travers l'Europe, chose rare à cette époque, pour réaliser des aquarelles et des tableaux de paysages. C'est ainsi qu'iI  voyage à Venise en 1494, avant de revenir à plusieurs reprises en Italie et qu'il effectue également une visite de la Hollande dans les années 1520-1521, d'où il reviendra avec un journal de voyage. De retour à Nuremberg, il entreprendra de peindre des paysages, avec une inspiration totalement novatrice pour son époque, et sera ainsi le premier peintre à traiter abondamment de thèmes non religieux.

Illustration : Albrecht Dürer " Autoportrait à l'âge de 13 ans " 1485 - dessin à la mine d'argent © Musée de l'Albertina Vienne

AUTRICHE

VIENNE : Österreichische -  Musée du Belvédère -
" Gustav Klimt- Paysages "
Du 23 octobre au 23 février 2003


"Gustav Klimt – Paysages" est la toute première exposition au monde consacrée uniquement aux sujets de paysage dans l’œuvre de Gustav Klimt. Les œuvres présentées au public, pour certaines d’entre elles pour la première fois visibles en Autriche, proviennent autant de musées et de collections privées d’Europe que des Etats Unis. L’exposition présente non seulement l’intégralité des phases ainsi que les nombreux aspects de la peinture de paysage dans l’œuvre de Klimt, mais illustre également son importance dans la production globale de l’artiste.
Les paysages de Klimt envoûtent par leurs coloris chatoyants, ils fascinent par le choix de leurs sujets et entraînent l’observateur dans un monde artistique harmonieux. Les paysages conduisent au cœur de la technique artistique de l’artiste. Notre regard est emporté sans heurts par les représentations artistiques, car elles ne parlent là ni de femmes superbes, ni d’amour et de haine, ni de maladie ou de mort.
"Gustav Klimt – Paysages " apporte aux expositions précédentes un éclairage nouveau autant sur des questions formelles que sur la thématique de l’identité et de la compréhension du rôle de l’artiste.

Gustav Klimt, jusque là homme des villes, peint ses premiers paysages dans l’atmosphère détendue de ses fréquents séjours d’été au sein du Salzkammergut, ainsi qu’à Bad Gastein et au bord du lac de Garde en Italie. L’artiste, habitué aux succès plus qu’aux déconvenues, traverse à ce moment une crise existentielle profonde après la fameuse dispute des " peintures de la Faculté " (Fakultätsbilder-Krise). La crise dura de 1894 – 1903 et au cours de celle-ci les plafonds peints à l’Université de Vienne furent tant critiqués par le corps professoral, qu’en 1905 Klimt se décida à racheter son œuvre.
Klimt se présente déjà comme novateur dans le domaine de l’art. Il s’élève contre les conventions de l’époque et oppose au monde figé des images de l’historisme ambiant son symbolisme personnel. Alors que l’artiste cherche à rendre conscient le pouvoir occulte de l’Eros et de l’intuition refoulée, il représente dans les Peintures de la Faculté la puissance sombre de l’existence humaine et son incontrôlabilité, attaquant par là de front l’appréhension scientifique du positivisme ainsi que le libéralisme dominant de l’époque.


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Les critiques à l’égard de ses œuvres touchent Klimt profondément. La crise des Peintures de la Faculté mène à une nouvelle orientation de son œuvre. Klimt, jusqu’alors oscillant entre ses revendications et son retrait, décide finalement d’orienter son travail dans le privé. Il réalise des portraits de la haute société, recoit une demande pour la décoration du Palais Stoclet à Bruxelles et place les paysages au centre de son activité picturale. Face aux troubles rencontrés, l’artiste répond par la prise de distance, autant par rapport au public que par rapport à ses objets.
Autant les premiers paysages sont encore clairement marqués par " l’ambiance paysagiste ", autant les suivants deviennent fortement influencés par le Pointillisme. Le matériel possède une existence propre et l’assemblage des points colorés en une surface lumineuse reflète la fonction, la structure des objets représentés (fleurs, feuilles…). Les années 1899-1900 amènent à Vienne les premières œuvres de Théo von Rysselberghes et Paul Signac, mais également celles de Nabis comme Denis, Vuillard, Bonnard, Roussel ou Maillol, dont on retrouve une forte influence dans les paysages de Klimt.

Les Nabis ne cherchent pas, par des thèmes ou des motifs définis, à illustrer une atmosphère consciemment choisie, mais plutôt à rapporter, par la mise en scène esthétique de l’œuvre, la découverte, la création et l’apparition du monde à travers un langage valable et durable. Les Nabis tirent formellement les conséquences de leurs prédecesseurs. Après l’accentuation de la couleur pure par Seurat, après l’utilisation de la force d’expression de la couleur en grandes surfaces plates par Gauguin, à la suite des recherches de Cézanne au sujet des principes de structure des rendus de la nature et de l’intégrité de l’expression par Van Gogh, les Nabis cherchent à rendre et à gagner le pari de la matérialisation artistique des expériences de l’âme. La nature doit être représentée à travers des formes et des couleurs équivalentes, la durée doit par la technique devenir " image ".La recherche de Klimt sur la spiritualité interne de la représentation, notamment son talent pour le subtil, les valeurs et la chromatique suivent cette voie...

La palette de Klimt reste claire, pure, subtile, exempte de tout contrastes brutaux. Jamais l’artiste n’utilise de vernis, afin de conserver intacte la clareté des pigments. Gustav Klimt était conscient que le renforcement des accords de couleur appaise la construction de la composition. Les paysages de Klimt brillent ainsi de la luminosité rayonnant des profondeurs de la couleur...

Le but recherché par Klimt dans ses paysages était de créer un monde d’harmonie ; la floraison de la Nature trône au-dessus des concepts temporels de l’Homme et de sa mortalité, nulle part ne se trouve un rappel du passé. Les tableaux de paysages referment autant une puissante force significative qu’un achèvement festif. Ainsi se laisse définir que Klimt, par là même intimement lié à Schoppenhauer et Nietzsche, était convaincu que l’Art est le plus haut moyen de reconnaissance, d’apaisement de toutes les peines, par sa Beauté.

Stephan Koja

Illustrations :
En haut : Gustav Klimt " Allée dans le parc du Château Kammer " 1912 - Huile sur toile,
110 x 110 cm -signé l.u.: Gustav Klimt - © Galerie Autrichienne - Belvédère, Vienne

En bas : Gustav Klimt
"Eglise à Cassone " 1913 Huile sur toile © Coll. Part.

voir page " Gustav Klimt "

AUTRICHE

VIENNE : Musée du Belvédère - Musée Baroque
" Fran
z Xaver
Messerschmidt "
Du 11 octobre au 9 février 2003

Franz Xaver Messerschmidt : " Un fou évident  "1770 Albâtre  © Galerie du Belvédère Vienne


Franz Xaver Messerschmidt (1736-1783) fut sans doute l'artiste le plus original dans le monde de la sculpture autrichienne du XVIIIème siècle. Il aura  incarné le génie mais également la folie, réunis dans une oeuvre à la fois classique, mais en partie curieuse et totalement différente des normes artistiques dans la sculpture de cette époque .
Totalement académique d'un côté, mais par ailleurs stupéfiante et parfois accablante, l' oeuvre de ce grand maître du baroque, mérite qu'on la redécouvre.
L' Österreichische Galerie a pu ainsi rassembler quelques 65 oeuvres en provenance de différents musées nationaux et internationaux, afin de montrer au public ce qui constitue probablement la plus grande des expositions jamais consacrée à cet artiste énigmatique.

Ses sculptures sont marquées en effet du plus parfait classicisme dans les bustes en marbre, en albâtre ou en plomb qu'il réalise de ces contemporains tels les portraits de "Gerard van Swieten" de 1772 , de  "Herzog Albert von Sachsen-Teschen" en 1780 ou encore la sculpture en pied de "Maria Theresia als Königin von Ungarn" réalisée en 1764-1765. Mais l'autre aspect de l'oeuvre qui interpelle le visiteur, est celui qui met en scène des bustes de visages grimaçants, ou illustrant les traits de caractère de certains personnages reproduisent jusqu'à la caricature ce que furent les découvertes faites par une de ces nouvelles prétendues sciences, appelée plus tard la morphopsychologie.
L'exposition montre ce que furent les différentes phases de cet artiste baroque au travers les divers aspects les plus opposés de sa production, mais montre également par ailleurs ce que fut la vie tragique du sculpteur.

Illustration :
Franz Xaver Messerschmidt : " U
n fou évident "1770 Albâtre  © Galerie du Belvédère Vienne


BELGIQUE

BRUGES : Musée Groeninge
" Le siècle de Van Eyck "
Du 24 janvier au 30 juin 2003


Cette exposition montre la place essentielle occupée par le maître flamand Jan Van Eyck (1390-1441), dans la peinture européeenne du  XVème siècle, et combien il a pu influencer de nombreux artistes à commencer par Dürer, jusqu'à Giorgione et Le Titien, tant il a su devenir le maître de la peinture à l'huile, dont on dit qu'il fut l'inventeur.
Le raffinement de son travail réside dans le fait
qu'il travaille longuement les couleurs à l'aide de multiples couches de glacis transparents, qui permettent d'obtenir des reliefs, des reflets, des profondeurs dans les vêtements des personnages qu'il peint, des brillances dans les objets ou encore dans les pierres précieuses  qu'il reproduit. Il élève également au plus haut pour son époque, l'art du portrait, dont il représente les personnages dans des effets de lumière qui semble leur donner vie, et une quasi réalité aux objets.

Jan Van Eyck  : " Vierge au Chanoine Van der Paele " 1436 - Huile sur bois 122 x 157,8 cm - © Musée Groeninge Bruges

Jan Van Eyck qui reste à l'écart des recherches de peintres contemporains italiens, comme  Masaccio ou Alberti, montre une immense virtuosité dans l'utilisation des couleurs vives, comme des couleurs ternes ou grises qui donnent un relief et une profondeur à ses oeuvres et le rapprochera de la découverte de la perspective, qui sera inventée à la même époque par les Italiens.
Cette exposition présente ainsi douze tableaux du génie flamand, protégé de Philippe le Bon, Duc de Bourgogne, et démontre l'impulsion que l'art de Van Eyck dont en particulier celui du portrait, donne à la peinture européenne.

Parmi les oeuvres présentées , " L'Annonciation ", "Portrait de l'homme au chapeau bleu "," Le portrait du Cardinal Albergati ", " Vierge au Chanoine van der Paele"," Marguerite Van Eyck" sont mis en regard de quelques 130 oeuvres choisies d'artistes, tels que Niccolo Colantonio, Antonello de Messine, Fra Angelico, Bellini,  Ghirlandaio, ou encore avec celle du peintre français Jean Fouquet, avec sa" Vierge à l'Enfant ", pour souligner la place éminente et essentielle de Jan Van Eyck dans l'histoire de la peinture


Illustration : Jan Van Eyck  : " Vierge au Chanoine Van der Paele " 1436 - Huile sur bois 122 x 157,8 cm -
© Musée Groeninge Bruges


CANADA

MONTREAL : Musée des Beaux Arts
" Edouard Vuillard "
Du 18 mai au 24 août 2003


Cette rétrospective est la plus grande exposition jamais consacrée à Edouard Vuillard (1868-1940 ). Ce sont quelques 230 oeuvres qui sont présentées, dont la majorité provient de collections particulières. Certaines n'ont jamais encore été vue par le grand public :des tableaux, mais aussi des décors pour les intérieurs de maisons bourgeoises parisiennes ou des photographies de ses proches que l’artiste réalisa à partir de 1897, des affiches et des cartons de décors de théâtre d’avant-garde.
Organisée chronologiquement, cette exposition donne au  visiteur la possibilité de découvrir l’oeuvre de Vuillard dans toute sa diversité et sa richesse. Grand admirateur des classiques - de Vermeer, Watteau et Chardin -, artiste inclassable comme son ami le peintre Pierre Bonnard, il s'est intéressé à tous les mouvements de son époque sans appartenir à aucune école, fauve ou cubiste comme ses contemporains Henri Matisse ou Pablo Picasso.

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Au travers les petits formats aux constructions colorées proches des Nabis, jusqu’aux portraits des années trente dans lesquels il annoncait les thèmes favoris qui seront ceux d' Edward Hopper plus tard, avec des scènes d' hommes et de femmes d’affaires dans leurs bureaux, Edouard Vuillard, homme renfermé apparaissait plutôt assez indifférent à son époque en réalisant ses scènes d'intérieurs qu'il affectionnait beaucoup.
Mais à partir de 1900, Edouard Vuillard avait un peu abandonné cette thématique, pour se consacrer à la découverte de la nature et des voyages. C'est ainsi qu'il avait découvert au travers un séjour en Suisse en particulier, sur les bordures du Rhin, et dans les campagne et les villages du canton de Vaud, de nouvelles sources d'inspiration au travers des paysages qu'il réalise alors dans de nombreux tableaux où les couleurs deviennent vives et les portraits plus lumineux dans leur univers familier.
Il renoue en peignant ces scènes d'extérieur, avec les années 1894, lorqu'il avait composé en particulier la fameuse série des neufs panneaux intitulés “Jardins Publics”, rassemblés d'ailleurs ici dans une seule salle pour la première fois depuis 1906.


Edouard Vuillard qui s'interresse très tôt à la photographie, prend également beaucoup de plaisir à réaliser des clichés qu'il prendra par centaines, dans sa famille, mais également en extérieur, lesquelles lui servent d'aide-mémoire pour la réalisation de certaines de ses toiles. Un certain nombre de ces photos sont donc présentées ici, avec notamment celles qui saisissent le visage de sa mère, dont il a peint souvent le portrait dans son atelier de couture ou les photos de ses amis Pierre Bonnard ou l'écrivain Tristan Bernard.
Cette imposante exposition s'attache à montrer ainsi une oeuvre beaucoup plus diversifiée et créatrice que celle que l'on retient communément de Vuillard, dont l'oeuvre intimiste domine il est vrai, et reste surtout célèbre pour ses scènes familiales où les personnages apparaissent comme figés dans des pièces lourdement décorées.

Illustration : Edouard Vuillard : " Sous les Arbres  " ( détail) - panneau de la série " Jardins Publics" 1894  - détrempe sur toile 212 x 96 cm -
© Musée des Arts Cleveland
© ADAGP, Paris.

CANADA

MONTREAL : Musée des Beaux Arts
" L’invitation au voyage.
L'avant-garde française de Gauguin à Matisse "
Du 31 janvier au 27 avril 2003


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Cette "Invitation au voyage" est une découverte de 75 oeuvres de la peinture française conservées au Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg. Bonnard, Cézanne, Denis, Derain, Gauguin, Matisse, Picasso, Rodin, et plusieurs autres impressionnistes, qui ont marqués les débuts de la modernité artistique.
Cette exposition montre sous un jour nouveau ce que fût la transition vers le modernisme qui marquera le début du XXème siècle en France, mais également l'ensemble de l'art occidental.


Elle démontre en quoi la résurgence du classicisme et l’incidence du " primitivisme" sur la culture européenne, ont pu créer des liens entre le symbolisme, le post-impressionnisme, le fauvisme et la naissance de l’art moderne.
Cette "Invitation au voyage" commence donc avec l’A
ge d’Or de la mythologie gréco-romaine, que l’on retrouve dans les œuvres de Bonnard et de Stéphane Denis, se poursuit dans la Provence et la Côte d'Azur ensoleillées dont l' intensité de la lumière inspire tant les Fauves, dont Matisse, Derain, Marquet, mais aussi sur les plages de Tahiti, représentées par Gauguin, puis avec les arts "primitifs", qui influencèrent tant Picasso.
Beaucoup de ces oeuvres n’ont jamais été présentées au Canada, ni même en dehors de la Russie, et constituent donc un événement majeur.


Illustration :
Paul Gauguin : Nave Nave Moe (Eau délicieuse / Douces rêveries) 1894 -Huile sur toile marouflée 73 x 98 cm
© Musée de l'Ermitage St-Pétersbourg


CHINE

HONG KONG : Musée d'Histoire de Hong Kong
" Trésors des Dynasties Quin et Han"
Du 27 novembre au 30 mars 2003


Les découvertes archéologiques faites en Chine depuis une dizaine d'années et la préservation de ces vestiges qui peuvent  être attribuées au développement économique et à la stabilité du pays, permettent de présenter aujourd'hui dans de grandes expositions, ce qu'est la richesse culturelle et historique de la Chine.
Ainsi cette exposition intitulée "Trésors des dynasties Quin et Han ( de 221 av. J.C. à 200 ap. J.C.) : la Guerre et la Paix- organisée par le Bureau provincial des vestiges culturels du Shaanxi et le Département des services culturels de la Région de Hong Kong, présente au public plus de cent objets d'art précieux du patrimoine culturel chinois, dont certains n'ont jamais été exposés ni en Chine ni à l'étranger.

Art Chinois : Guerrier de l 'armée souterraine de l'Empereur Quin Shihuang  259 -210 av.J.C ©

Ce sont en effet des objets et des statues en terre cuite de guerriers et de chevaux, provenant des dynasties Qin et Han qui sont présentées ici, y compris deux statues en terre cuite à l'effigie d'un général d'armée et d'un acrobate, qui ont été transportées à Hong Kong pour l'occasion, mais également des objets retraçant les découvertes archéologiques faites dans le Shaanxi depuis d'une dizaine d'années.
Cette exposition révèle et montre ainsi que la dynastie Han (de 206 av. J.-C. à 220 ap. J. -C.) avait atteint un niveau de développement culturel très brillant grâce à une période de stabilité, en particulier sous le règne des empereurs Wen et Jing.

Illustration : Art Chinois : Guerrier de l 'armée souterraine de l'Empereur Quin Shihuang  259 -210 av.J.C
. ©


ESPAGNE

MADRID : Musée du Prado
" Vermeer et l'intérieur hollandais "
Jusqu'au 18 mai 2003


L'exposition "Vermeer et l'intérieur hollandais "à l'affiche du Musée du Prado à Madrid réunit neuf des chefs d'oeuvre de Johannes Vermeer (1632-1675), soit près d'un tiers de la production du maître de Delft, estimée à 35 tableaux.
Elle prolonge les précédentes expositions de New York et de Londres voici deux ans et de celle de Washington et de La Haye en 1995, en présentant les peinture d'intérieurs de Vermeer dans un contexte géographique plus large englobant les peintres des Pays-Bas, en rapprochement avec "les Ménines" de Velazquez, l'une des oeuvres capitales de la pinacothèque de Madrid.

Joannis Vermeer  " La Lettre d'amour "  1667 (détail) Huile sur toile 44 x 38,5 cm  © Rijksmuseum Amsterdam

Cette exposition du mythe Vermeer, peintre de la lumière, de l'espace et de la composition géométrique, avec des tableaux célèbres et emblématiques tels que "L'Art de peindre " ou "Lectrice à la fenêtre", mis en rapport avec les peintres néerlandais Gerrit Dou, Pieter de Hooch , Gerrit Ter Bosh, Jan Steen, Gabriel Metsu, Frans van Mieris, Nicolas Maes ou Emmanuel de Witte, complètent cette vision de l'intérieur hollandais, de la seconde moitié du XVIIème siècle, avec des oeuvres en provenance principalement des Musées de New York, de Los Angeles, d' Amsterdam, de Dresde, de Berlin ou de Vienne.

Illustration : Jo
annis Vermeer  " La Lettre d'amour "  1667 (détail) Huile sur toile 44 x 38,5 cm  
© Rijksmuseum Amsterdam 

ESPAGNE

BILBAO : Musée Guggenheim
" Rubens et son époque.
Les Trésors du Musée de l'Ermitage
"

Du 1er octobre au 13 février 2003


Le Musée Guggenheim s'est associé au Musée National de l'Ermitage à St Pétersbourg   pour présenter ici ce que fut l'influence de Peter Paul Rubens (1577-1640) sur son époque.
Admirateur du Titien, et ayant suscité les vocations de Van Dyck et de Frans Snyders, Rubens est un peintre dont le talent fut immédiatement reconnu, et dont le talent débordant et diversifié en firent l'un des plus grands maîtres de l'histoire de la peinture.
Les oeuvres de jeunesse qui sont principalement d'inspiration religieuse, se caractérisent par de vigoureuses oppositions colorées dans lesquelles la lumière joue un grand rôle. Il crée par cette technique un nouveau langage dans la peinture de l'époque, enrichi par ses voyages en Italie, et en Espagne entre 1600 et 1608.
Il réalise un certain nombre d'oeuvres pour l'Archiduc Albert et l'infante Isabelle au Pays Bas, et attire dans son atelier de nombreux élèves avant que d'épouser Jan Brandt, une fille d'avocat d'Anvers. En 1622, il reçoit commande de Marie de Médicis, veuve d'Henri IV, pour la décoration d'une galerie du Louvre sur le thème de " La Vie de La Reine", ainsi que de nombreuses autres commandes, telles des cartons de tapisserie pour Louis XIII, et il entame une carrière diplomatique à partir de 1623.

Peter Paul Rubens : " Portrait de la Camériste de l'Infante Isabelle " 1625  Huile sur  bois 64 x 48 cm © Musée de l'Ermitage Saint Pétersbourg

Le décès de Jan sa femme en 1626 l'affecte profondément et le conduit se met à voyager, en Hollande, en Espagne, en Angleterre. Son contact avec d'autre pays, et un second mariage en 1630 avec Hélène Fourment, fille d'un négociant en tapisseries, contribuent à faire évoluer son style vers une palette plus chaude et des thèmes plus intimes ou plus lyriques. C'est une période où il réalise également des portraits, ou des compositions où apparaissent la joie, le bonheur, la sensualité, l'hymne à la vie. En 1636, il reçoit du Roi Ferdinand d'Espagne une commande de 112 tableaux pour illustrer les "Métamorphoses " d'Ovide, et peint en 1637 l'une de ses dernières oeuvres célèbres " Les Horreurs de la Guerre", avant que de mourir quelque temps après en 1640
Le Musée National de l'Ermitage à St Pétersbourg qui détient l'une des plus importantes collections au monde de Baroque Flamand permet ici de découvrir la figure de Rubens et de ses contemporains, avec la possibilité d'admirer une sélection de peintures et de dessins flamands du XVIIème siècle les plus représentatifs de sa collection.
Des scènes de chasse, des scènes historiques et bibliques, mais aussi des natures mortes, et des portraits composent cette exposition, qu'ils soient de Rubens, ou de certains de ses disciples, mais des pièces de bijouterie, des camées, des gravures sur ivoire, des cristaux, des émaux et des tapisseries, illustrent également le contexte artistique, culturel et historique de l'époque.

Illustration : Peter Paul Rubens : " Portrait de la Camériste de l'Infante Isabelle " 1625  Huile sur  bois
64 x 48 cm © Musée de l'Ermitage Saint Pétersbourg

ESPAGNE

MADRID : Musée Thyssen-Bornemisza
" Robert et Sonia Delaunay : 1907-1941 "
Du 9 octobre au 12 janvier 2003

 

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Cette exposition consacrée à Robert Delaunay (1885-1941) et Sonia Terk-Delaunay (1885-1979), depuis 1907, année charnière de l'apparition du "cubisme" avec la présentation des "Demoiselles d'Avignon "de Picasso jusqu'à la mort de Robert en 1941, constitue une véritable rétrospective de l'artiste, dans laquelle l'oeuvre de Sonia occupe une grande place, à l'égal de ce que fut son rôle, son influence dans le parcours de son mari, et son propre trajet en tant qu'artiste.
Avec l'appui du Musée National d'Art Moderne de Paris, de la Succession Delaunay, et la participation de la Fundation Caja de Madrid, et le Musée Thyssen-Bornemisza, cette exposition, rappelle les différents étapes du parcours du couple d'artistes, avec pour principal objectif de montrer au travers la présentation des 70 oeuvres présentes, la contribution essentielle qui a été la leur dans la peinture moderne.
Dans sa première exposition en 1904, Robert Delaunay, qui a alors 19 ans, présente des paysages impressionnistes, puis il s'inspire de Gauguin, et du fauvisme, avant que de rencontrer au Salon d'Automne la même année, Matisse, Picabia, et Kandinsky. L'oeuvre de Seurat l'impressionne également, mais c'est en 1907, année de sa rencontre avec Sonia, puis avec la découverte de Picasso, que Robert Delaunay se met à développer une oeuvre abstraite fondée essentiellement sur la force de la couleur, de la lumière et sur le mouvement,  que Guillaume Apollinaire baptisera du nom d' "orphisme" ou de "cubisme orphique".

Au travers une conception théorique des couleurs que Robert étudie, et inspirée des travaux du chimiste Michel-Eugène Chevreul, il en arrive à la conclusion que la force de la lumière, son paradigme, son immatérialité, ne peuvent se représenter picturalement qu'au travers des couleurs. Sa méthode de représentation de la lumière, fut son principe artistique fondamental depuis 1912, année où il publia " Lumière", un texte théorique qui eut une grande influence sur les artistes de son époque, et qui fut peu après, publié et traduit en allemand par Paul Klee.
Sonia, de son côté qui s'était faite connaître  en 1913 par l'illustration pour Blaise Cendrars de " La Prose du Transibérien", en partageant la démarche picturale de Robert, se consacre également à une carrière de créatrice de tissus, par des carton
s sur lesquels sont assemblés des formes et des découpes de couleurs très vives inspirées des traditions de l'Ukraine où elle est née. Elle transpose de son côté sur les tissus le résultat de recherches sur la simultanéité des couleurs.
Cette exposition retrace ainsi la démarche créatrice commune de ces deux artistes à Paris, mais évoque également leurs sept années passées
en Espagne et au Portugal,  et souligne le rôle essentiel, mais pas suffisamment reconnu en France, qu'ils ont eu
l'un et l'autre dans le développement de l'art et de la peinture moderne.

Illustration : Robert Delaunay : " Hommage à Blériot "  1914 Huile sur toile 250
x 250 cm  © Kunstmuseum Bâle

ESPAGNE

MADRID : Musée d'Art Contemporain Reine Sofia
" L'Univers de Gaudi "
Du 15 octobre au 6 janvier 2003

Antonio Gaudi : façade de la Nativité - La Sagrada Familia à Barcelone ©


La grande exposition sur "L'univers de Gaudi", dans le contexte européen de l'époque du célèbre architecte catalan, après son passage au Centre de Culture Contemporaine de Barcelone, s'est installée au Musée d'Art Contemporain Reine Sofia à Madrid.
Ce sont quelques 400 oeuvres originales qui rassemblées ici cherchent à démontrer que Gaudi (1852-1926), loin de son image d'artiste solitaire et mystique, était parfaitement en harmonie avec son époque. Les visiteurs  pénétrent dans le monde mental et esthétique de l'architecte de la Sagrada Familia ou encore du Parc Güell, du Palais Güell et de la Casa Mila de Barcelone, site classé au patrimoine mondial de l'Unesco.

Dans une première partie, intitulée, l'exposition montre les liens qui existent entre l'oeuvre de Gaudi et celle de ses contemporains comme, par exemple les artistes britanniques John Ruskin et William Morris, ou l'architecte français Eugène Viollet-Le-Duc pour ses travaux de restauration, ou encore pour le symbolisme wagnérien.
Dans une deuxième partie, c'est une reproduction virtuelle de "l'atelier de Gaudi", qui est présentée sous l'oeuvre majeure et inachevée de la Sagrada Familia, lequel a été détruit au début de la guerre civile espagnole en 1937. Un ensemble de photographies et de maquettes montre le lien de Gaudi avec Auguste Rodin et Camille Claudel,  et montre que son atelier ressemblait davantage à celui d'un sculpteur qu'à celui d'un architecte.
La dernière partie de l'exposition montre ce que fut l'influence de Gaudi sur le mouvement surréaliste à travers les expositions qui lui ont été consacrées. Depuis l'exposition de Paris en 1910, jusqu'à celle de New York en 1956, en passant par la présence de son "architecture fantastique" à l'exposition du MoMA de New York intitulée "Fantastic Art, Dada, Surrealism" de 1936. Elle montre également l'influence particulière de Gaudi sur des artistes comme Dali, André Masson, Antoni Tapiés, ou  Man Ray, mais encore sur  l'architecte Le Corbusier.

Illustration : Antonio Gaudi :  façade de la Nativité La Sagrada Familia  - Barcelone ©


ETATS UNIS


NEW YORK : Museum of Modern Art
"Max Beckmann : rétrospective"
Du 26 juin au 30 septembre 2003

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Max Beckmann (1884-1950) est considéré dans les pays anglo-saxons comme l'un des artistes les plus importants du XXème siècle. Il s'agit ici d'une grande rétrospective qui réunit au travers une présentation chronologique, plus de cent cinquante oeuvres issues des collections les plus célèbres au monde.

Né à Leipzig, en Allemagne en 1884, Max Beckmann fait des études dans différentes villes d'Europe. Ses premières peintures, telle "Jeunes Hommes au bord de la mer" réalisée en 1905, le classent dans le courant "idéaliste" à la suite de Hans Van Marées et de la peinture symboliste allemande.

Le spectacle de la première guerre mondiale, à laquelle il participe comme infirmier, le bouleverse totalement et lui inspire des dessins et des gravures dont les compositions sont aussi éclatées, et noires que la réalité qu'il vit. Cette période marquera définitivement son oeuvre qui d'abord impressionniste, telle "La Nuit" qu'il peint en 1918, se veut être l'expression d'une nouvelle objectivité, mais qui   l'acheminera ensuite vers une oeuvre expressionniste jusque dans les années 1925 où il expose à Mannheim, aux côtés d'Otto Dix, Christian Schad, et de Georg Grosz.
A partir de ces années, Max Beckmann vient à plusieurs reprises en France, afin de pouvoir exposer  et de se faire connaître dans la capitale européenne de la culture qu'est Paris à cette époque. Il s'y installe en 1929, et se voit reconnu en 1931 par une grande exposition à la Galerie de la Renaissance à Paris. C'est alors une véritable émulation créatrice qui l'habite par rapport à la célébrité de  Picasso, Matisse, Fernand Léger, Georges Braque ou Georges Rouault, dont il s'inspire, et qui lui permet d'accèder à la reconnaissance également en Allemagne, par l'exposition qui lui est consacrée à la Nationalgalerie de Berlin en 1932.
Son premier triptyque "Le Départ" peint en 1933  et présenté quelques années plus tard en face du "Guernica" de Picasso au MoMA de New York, confirme sa notoriété et marque son engagement face à la situation politique de l'Allemagne. Mais après avoir été condamné comme artiste "décadent" par la propagande nazie à l'égal de Klee, Kokosckha, Ernst, Picasso, Dix, ou encore Nolde ou Kirchner, il émigre aux Pays-Bas en 1937 et écrit des articles sur le rôle spirituel de l'artiste, sur le génie solitaire, hors du temps et des événements publics. Son triptyque "La Tentation "de 1937 exprime l'évolution de son point de vue et cette nouvelle vision sur le rôle de l'artiste. Réfugié à Amsterdam, il peint la plupart des triptyques qui contribueront ensuite à sa renommée dans lesquels il peint le réel mêlé à l'allégorie, le spectacle de la vie ordinaire mêlé à la fantasmagorie.
Mais son expression artistique montre également l'influence qu'exercent les peintres français de l'époque sur son oeuvre, dont l'atmosphère dure, noire et sombre, évolue vers une certaine gaieté, une joie de vivre et une sensualité qui l'achemine vers des oeuvres symboliques telles que le "Triptyque des Argonautes", vers la fin de sa vie. Nommé à un poste d'enseignant à Saint Louis dans l'Etat du Missouri aux Etats Unis, il meurt quelque temps après à New York en 1950.
Cette exposition qui s'ouvre sur un autoportrait de l'artiste retrace l'itinéraire artistique de Max Beckmann, au travers les étapes successives de son oeuvre tout en s'arrêtant aux diverses thémes et engagements qui la traversent.


Illustration : Max Beckmann : " Autoportrait " ©

ETATS UNIS

NEW YORK : Metropolitan Museum of Art
"L'Art des premières villes -
Le troisième millénaire avant Jésus-Christ entre la Méditerranée et l'Indus"
 
Du 15 mai au 17 août 2003

Masque de Homs  1er siècle aprés J.C -  Casque de parade avec masque en forme de tête d'homme - fer argent et or - Hauteur 23 cm. © Musée National de Damas


Cette nouvelle exposition du Metropolitan Museum qui présente près de 400 objets d'art exceptionnels et uniques, prêtés par une douzaine des plus grands musées du monde constitue la plus importante des expositions consacrée à l'art mésopotamien depuis de nombreuses années. 
Elle regroupe un choix des plus beaux témoignages de l'Art de la Mésopotamie, dont des pièces telle le "Standard d'Ur", prêté par le British Museum, la "Tête de taureau" en or et lapis lazuli provenant du Musée de l'Université de Pennsylvanie ou la célèbre statue de "l'Architecte ", prêtée par le Louvre à Paris.
Elle témoigne que la culture européenne prend sa source au coeur du Moyen Orient. Tous les ancêtres des grandes religions vivaient là, ainsi que les plus grands inventeurs, ceux de la roue, ou ceux de l'écriture.Durant des siècles, la religion, la politique, l'art, les sciences, l'agriculture, le commerce, se sont développés dans cette région du monde de la Syrie ancienne.

La Syrie est occupée d'abord par les Cananéens, dont les Phéniciens sont une branche, puis par les Amorrites, les Hourrites, les Araméens. Le pays est ensuite conquis par Cyrus qui met fin à la domination assyro-babylonienne, puis par Alexandre en 332 av. J.C., puis ensuite par les Romains, avant que d'être rattaché à l'Empire d'Orient.
Il est conquis à nouveau par les Arabes vainqueurs des Byzantins, dont les Omeyyades font du pays et de Damas entre 661et 750, le centre de l'Empire musulman. Les Abbassides, délaissent ensuite la pays pour faire de Bagdad, la capitale de l'Empire, alors que les Turcs conquièrent à partir de 1076 toute la région, puis Damas, et vont jusqu'à Jérusalem, avant que de se trouver confrontés aux Croisés de la chrétienté qui fondent Antioche et le Royaume de Jérusalem de 1099 à 1291.
La région est ensuite repris par les Mamelouks qui parviennent à chasser les Francs et qui dominent le pays jusqu'en 1516, avant qu'il ne tombe entre les mains de Ottomans qui conserveront la Syrie ensuite jusqu'en 1918.
Cette exposition couvre ainsi une période qui remonte à 5000 ans, avec de nombreux objets présents qui remontent au IIIème millénaire avant Jésus Christ. Dans une superbe présentation, le visiteur peut découvrir une somptueuse collection d'objets, comprenant de nombreuses statues, des bas reliefs funéraires de Palmyre, de précieux bijoux en or, des ustensiles, des armes, un remarquable masque de soldat, " le Masque d'Homs" fait d'argent de fer et d'or, unique en son genre, des mosaïques, et la plus ancienne partition de musique jamais retrouvée, gravée sur une tablette en argile.

lIlustration  : Masque de Homs  1er siècle aprés J.C -  Casque de parade avec masque en forme de tête d'homme - fer,argent ,et or - Hauteur 23 cm. © Musée National de Damas

ETATS UNIS

NEW YORK : Metropolitan Museum of Art
" Manet - Vélasquez, la Manière espagnole"
Du 24 février au 8 juin 2003


Après Raphaël, jugé trop académique, Diego Vélasquez (1599-1660), est devenu la référence la plus élevée en matière artistique, pour les peintres français du milieu du XIXème siècle.
Son oeuvre inaugure en effet pour eux une vision plus libre de la peinture, plus proche de la vie, et plus près de la réalité des hommes.
Diego Vélasquez, par ses compositions où apparaissent des touches de couleurs vives afin de donner une plus grande réalité à ce qu'il peint, et par sa technique, est au sommet partout en Europe.

Edouard Manet " Le Toréador Mort " 1864 Huile sur toile 75,9 x 153,3 cm © National Gallery of Art Washington

 

On admire dans son ensemble la peinture espagnole, les oeuvres de Murillo, de Ribera, de Zurbaran, mais également et avant tout celles de Goya, qui apparait alors comme l'artiste qui concrétise le mieux la transition entre le classicisme espagnol et la peinture moderne.
Cette influence
s'exerce d'ailleurs fortement sur la manière de peindre d'artistes comme Delacroix, Millet, Corot, Courbet, Degas et quelques autres, comme Ribot, Legros, Carolus-Duran ou Bonnat, mais surtout sur Edouard Manet qui compose une série importante de peintures où apparait avec vigueur cette admiration qu'il vouait à la peinture espagnole.

Cette exposition présentée au Musée d'Orsay à Paris l'hiver dernier,  se consacre ainsi, pour un peu plus d'un tiers des oeuvres présentes, à Manet et à sa
"manière espagnole" en rapport avec Vélasquez .
Elle met en regard les oeuvres des artistes contemporains d' Edouard Manet, avec celles des 'artistes espagnols les plus admirés à cette époque, pour montrer la véritable fascination des artistes français pour cette nouvelle manière de peindre. Ainsi parmi les oeuvres importantes de quelques grands maîtres, quelques tableaux de Francisco de Goya, héritier direct de Vélasquez dominent en nombre, pour montrer les filiations et les influences immédiates que l'on trouve de lui, par exemple chez Eugène Delacroix, mais surtout dans plusieurs oeuvres majeures d'Edouard Manet.
Les oeuvres présentées ici proviennent en partie du Musée du Louvre, mais également du Musée du Prado à Madrid.

lllustration : Edouard Manet : " Le Toréador Mort " -1864 - Huile sur toile   75,9 x 153,3 cm
© National Gallery of Art Washington

voir dossier " Edouard Manet "

ETATS UNIS

NEW YORK : Musée d'Art Moderne
" Matisse - Picasso "
  Du 13 février au 19 mai 2003

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Après les expositions de la Tate Britain à Londres, et du Grand Palais à Paris, cette nouvelle rencontre entre les deux grands maîtres du XXème siècle, rassemble 132 oeuvres, des peintures, mais également des sculptures et des dessins, afin de rapprocher au regard du public deux peintres qui ne s'aimaient pas et que presque tout opposait l'un à l'autre.
La force calme et déterminée de Matisse (1869-1954) contrastait avec la vitalité et le bouillonnement de Picasso (1881-1973).
Le tempérament froid de l'homme du nord, face à la fougue de l'homme du sud, sont réunis au travers nombre d' oeuvres afin de montrer le rapport ambigu et opposé qui existait entre les deux artistes, et pour déceler au fil des toiles et des années, que la modernité et la créativité n'a pas toujours été, contrairement à ce qui est souvent admis, du côté de Picasso, et à l'inverse que le classicisme n'a pas toujours été du côté de Matisse.

Les oeuvres qui sont présentées en regard, rassemblent des paysages, des portraits et des natures mortes, pour montrer non pas la rivalité qui pouvaient exister entre les deux peintres, mais plutôt un rapport de vive stimulation entre eux, qui naît à partir des années 1910, peu après que Picasso et Matisse se soient rencontrés chez Gertrude Stein en 1906.
Matisse est alors de 12 ans plus âgé que Picasso, et il est déjà un peintre reconnu pour son oeuvre fauviste.  Picasso qui est né en 1881, apparaît alors déjà comme un peintre surdoué.

Dès cette rencontre, c'est une "émulation artistique "quasi permanente qui anime les deux peintres, jusqu'à la mort de Matisse en 1954. Faute de ne pas s'aimer, les deux artistes s'observent l'un l'autre dans l'évolution de leur art, tout en se reconnaissant une certaine admiration mutuelle. Après la Seconde Guerre Mondiale, leurs oppositions finissent par s'apaiser et ils admettent mutuellement leurs différences et leurs génies respectifs.

Cette exposition montre ainsi ce que fut l'évolution des rapports entre les eux artistes qui malgré tout ne se lièrent jamais réellement d'amitié. Leur relation fut surtout un échange, un dialogue d'émulation davantage que de lutte, entre un certain nombre d'oeuvres fortes chez l'un et chez l'autre, mais qui ne s'arrêtera pas totalemnt avec la mort de Matisse, en 1954. Car "L'atelier à la Californie" de Picasso, par exemple peinte en 1955, sera une réponse et un hommage aux "Intérieurs Rouges" réalisé par Matisse en 1948, de même que le tableau "Femmes d'Alger, d'après Delacroix", peint également en 1955 par Picasso est une réponse aux Odalisques de Matisse, dont en particulier  "L'Odalisque au pantalon rouge" de 1925, ou "L'Odalisque Jaune" de 1926.
L'exposition du Musée d'Art Moderne met en regard également un oeuvre, qui n'était pas présente ni à Londres, ni à Paris, " Les Demoiselles d'Avignon " de Picasso, de 1907, face aux  " Baigneuses à la Tortue" de Matisse, réalisé en 1908.

Illustration : Pablo Picasso : " Les Demoiselles d'Avignon" 1907  Huile sur toile 243 x 233  cm
© Museum of Modern Art  New York

ETATS UNIS

WASHINGTON : National Gallery
" Edouard Vuillard"
Du 19 janvier au 20 avril 2003


Cette rétrospective dont la tournée mondiale débute à la National Gallery de Washington est la plus grande exposition jamais consacrée à Edouard Vuillard ( 1868-1940).
Parmi les quelques 230 oeuvres présentées, la majorité des oeuvres, en provenance de collections particulières, n'a jamais encore été vue par le grand public: des tableaux, mais aussi des décors pour les intérieurs de maisons bourgeoises parisiennes ou des photographies de ses proches que l’artiste réalisa à partir de 1897, des affiches et des cartons de décors de théâtre d’avant-garde.
Cette rétrospective organisée chronologiquement par le  Directeur du Musée des Beaux-Arts de Montréal, donne au  visiteur la possibilité de découvrir l’oeuvre de Vuillard dans toute sa diversité et sa richesse. Grand admirateur des classiques - de Vermeer, Watteau et Chardin - , artiste inclassable comme son ami le peintre Pierre Bonnard, il s'est intéressé à tous les mouvements de son époque sans