Le mONDE dEs ARTS

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EXPOSITIONS PASSEES
A PARIS & EN ILE DE FRANCE
Année 2002


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EXPOSITIONS PARIS et ILE DE FRANCE || EXPOSITIONS FRANCE et REGIONS || EXPOSITIONS AUTOUR DU MONDE

 || Le mONDE dEs ARTS ||

PARIS : Galerie Artemis Fine Arts
" Rembrandt - L'Art de l'Estampe : morceaux choisis"
Du 21 novembre au 20 décembre 2002

Rembrandt : "Antiope et Jupiter " 1659 - Eau Forte, pointe sèche et burin  © Artemis Fine Arts


Cette exposition constitue un évènement exceptionnel dans le monde de l'art ancien en France, par la présentation d'un ensemble rare de 35 estampes réunies  par la Galerie Artemis Fine Arts sous le titre "Rembrandt Harmensz. Van Rijn (1606-1669). L'Art de l'Estampe : morceaux choisis".
Ce genre de présentation, ordinairement réservée au cercle restreint des collectionneurs et des professionnels, est ici ouverte au plus large public, et lui permet de découvrir l'oeuvre gravé de l'un des plus grands artistes du XVIIème siècle.
La gravure à l'eau forte est un procédé qui existait avant l'artiste. Mais Rembrandt invente avec elle une écriture graphique totalement originale et nouvelle, qui fera de lui un génie dans l'histoire de l'art, et dont peut identifier  immédiatement l'appartenance au travers la technique utilisée.

L'estampe est un art difficile, mais elle donne un contenu fascinant, et rempli de séduction à l'oeuvre de Rembrandt, totalement emprunt à la fois d'intimité et d'émotion profonde.
Cette exposition permet d'approcher au plus près l'art de l'estampe et le génie de l'artiste, et convie le plus large public à cette double découverte particulièrement éclairante chez Rembrandt de la technique d'une oeuvre identifiée à l'homme.
" Dans l'histoire de l'art graphique, il arrive rarement qu'on puisse identifier complètement une technique au génie d'un seul artiste; cependant, on peut dire que la gravure à l'eau-forte, au XVIIème siècle, c'est Rembrandt" (K.G. Boon, ancien Directeur du Cabinet des Estampes du Rijksmuseum d'Amsterdam, dans son livre "Rembrant, gravure, oeuvre complet "1978).

Illustration : Rembrandt : "Antiope et Jupiter " 1659 - Eau Forte, pointe sèche et burin  © Artemis Fine Arts

PARIS : Fondation Mona Bismarck
" Les Maîtres de la Lumière -
Peintres de plein air en Californie : 1890 - 1930"
Du 26 septembre au 14 décembre 2002


Pour la première fois en Europe, la Fondation Mona Bismarck permet aux visiteurs de découvrir une soixantaine de tableaux  d'artistes impressionnistes et néo-impressionnistes américains, de la fin XIXème et du début du XXème siècle en provenance du Irvine Museum de Californie, ou de collections particulières.
C'est ainsi qu'au travers des oeuvres représentant les vastes paysages inhabités de la Côte Ouest américaine, comme chez Edgar Alwin Payne (1883-1947), les rochers battus par la mer de George Gardner Symons ( 1862-1930), les immenses campagnes en fleurs de Granville Redmond (1872-1935), ou les scènes plus intimistes de femmes portant ombrelles, ou prenant le thé, comme chez Guy Orlando  Rose (1867-1925), ou Meta Gressey ( (1882-1964), toutes marquées par les influences de la peinture française, l’impressionnisme, le pointillisme ou le réalisme, on découvre ici les noms de peintres qui purent dès 1890, présenter leurs créations au Salon de Paris, et affirmer ainsi leur particularité alors que les peintres impressionnistes français étaient eux mêmes pour certains, comme Paul Cézanne, l’objet des plus vives critiques,

Guy Orlando Rose : " L'Ombrelle Verte " 1914 - Huile sur toile - © Coll. Part.

La représentation de la lumière, comme en France, est alors pour ces peintres, le centre d'interêt principal tant dans les représentations de la nature et des effets de la vibration des couleurs que dans les scènes intimistes. Des oeuvres telles que " Coucher de soleil " de John Frost (1890-1937), ou "Nocturne" de Granville Redmond  illustrent cette recherche, au même titre que les scènes confidentielles telles que "Sous le poivrier " réalisée en 1927 de Meta Cressey, ou "L' Ombrelle Verte" de Guy Orlando Rose.
Des peintres tels que Paul Dougherty (1877-1947), Bruce Nelson (1888-1952), Armin Carl Hansen (1866-1957), ou George Gadner Symons, avec une superbe  "Southern California Coast", de leur côté représentent la nature et les côtes de Californie tandis Franz Arthur Bischoff (1864-1929) , Donna Norine Schuster (1883-1953), avec ses couleurs fauves du "Port de Los Angeles" peint en 1929 ou Sam Hyde Harris (1899-1977), avec les "Chantiers navals de San Pedro " en 1925, représentent de leur côté l'activité des hommes ou encore les paysages industriels de villes portuaires, tandis que Frank Myers avec "Laguna Beach " ou encore "Garden Party" de Joseph Raphael font penser à certaines toiles de Courbet, Manet, Renoir, Signac ou Sisley.

Il est vrai que pour la première fois en 1883, une exposition impressionniste, avec des oeuvres de Monet, Pissaro et Sisley, s'était déroulée à Boston, et avaient attirés de nombreux peintres californiens, dont certains vinrent ensuite à Paris pour s'inscrire à l'atelier de Claude Monet. Guy Orlando Rose par exemple s’installe entre 1904 et 1912 à Giverny, et revient en Californie à partir de 1914 pour y peindre par exemple ses oeuvres les plus représentatives telle que "Les Eucalyptus de Laguna " ou "L' Ombrelle Verte" où apparaît parfaitement l'influence impressionniste.
Cette exposition a ainsi le mérite de nous rappeler l'importance de ces maîtres de la peinture impressionniste américaine, qui tout en étant fortement influencés par la peinture française de l'époque, n'en restent pas moins distants et indépendants à la fois dans des compositions originales et dans le travail particulier qu'ils ont des tonalités et des couleurs.

Illustration : Guy Orlando Rose : " L'Ombrelle Verte " 1914 - Huile sur toile - © Coll. Part.

PARIS : Maison de la Culture du Japon
" Isamu Noguchi . Sculptural Design : 1904-1988 "
Du 24 septembre au 14 décembre 2002


L'artiste américano-japonais Isamu Noguchi (1904-1988) avait une conception très élargie de la sculpture, car pour lui, la sculpture s'appliquait également au mobilier, aux luminaires, aux décors d'intérieurs, aux décors de théâtre, ou encore aux espaces et aux jardins publics.
"Tout est sculpture, disait-il. Je considère tout matériau qui prend librement vie dans l'espace comme une sculpture."
Il s'agit ici de la première grande exposition consacrée à cet artiste, éternel voyageur entre l'Orient et l'Occident, dont le nom est connu dans le monde entier surtout pour ses "akaris", ses luminaires et ses lampes en papier.

samu Nagushi : Exposition Sculptural Design  © Maison de la Culture du Japon

C'est à New York, qu'il découvre l'art occidental, et c'est ensuite par les quelques mois qu'il passe à Paris dans l'atelier de Constantin Brancusi, qu'il parvient  dans son expression artistique à une approche multiculturelle et pluridisciplinaire.
Il reste néanmoins marqué par ses origines asiatiques et en particulier par la peinture chinoise et l'artisanat japonais.
Puisant dans la pensée orientale et en particulier dans la conception japonaise de l'esthétisme, il ne fait pas de hiérarchie entre les arts plastiques et les arts appliqués comme on le fait en Occident. Ses recherches s'attachent à faire la synthèse entre l'utilitaire de l'objet et son esthétique, à ne pas réduire l'objet à sa seule fonction pratique, mais a lui trouver une forme artistique. La beauté est pour lui la synthèse des ces deux fonctions. C'est en cela une véritable démarche créatrice qu'il a eu tout au long sa vie et de son oeuvre, dans tous les domaines qu'il a pu approcher, tant dans les décors de théâtre qu'il réalise au milieu des années 30 pour le Modern Dance Theater auprès de la chorégraphe Martha Graham à New York, que dans les mobiliers, chaises et tables en forme de sculptures qu'il crée à entre les années 1940 et 1950, dans la conception qu'on lui confie de jardins publics ou d'espaces urbains, ou encore dans la création de luminaires.

Cette exposition qui rassemble quelques 80 oeuvres dans une mise en scène de Robert Wilson, ami de l'artiste, nous invite à découvrir chez un univers totalement en dehors des classifications habituelles, que Isamu Nogushi lui même qualifait de design sculptural.

Illustration : Isamu Nagushi : Exposition Sculptural Design  © Maison de la Culture du Japon

PARIS : Fédération de Paris du PCF
" Une Collection Politique ?
Fonds d'art contemporain de la Fédération de Paris
du Parti communiste Français  ( 1954-1978 ) "
Du 5 au 27 octobre 2002

Marcel Duchamp : "LHOOQ" 1919  Huile sur toile © PCF.


Sous l'intitulé "Une collection Politique?", le grand public peut découvrir pour la première fois ce que fût la richesse de la collection d'art de la Fédération de Paris du PCF, qui présente dans ses murs 93 oeuvres d'artistes célèbres, amis, militants ou sympathisants, sur les 350 oeuvres, dont certaines anonymes, qui ont pû être répertoriées par Alain-Georges Leduc, commissaire de cette exposition, professeur à l'Ecole Nationale d'Art, historien et écrivain.
Ces oeuvres offertes ou laissées au parti entre 1954 et 1978, s'étaient amassées et dormaient dans une cave de ce qui fut le premier siège du Parti Communiste Français au 120, Rue Lafayette dans le Xème arrondissement de Paris. Elles s'ajoutent aux oeuvres plus connues laissées par certains artistes, comme cette oeuvre de Marcel Duchamp intitulée " LHOOQ", représentant le Joconde affublée d'une moustache, donnée au PCF par Louis Aragon, à la fin des années 50, pour attester que c'est assurément une exposition à voir.

"Cette idée de montrer cette collection dans sa disparité, avec des oeuvres de plasticiens contemporains remonte à il y a un an " , nous indique Alain-Georges Leduc. Depuis la mort de Staline, jusque dans les années 1966-1968, le réalisme socialiste avait été progressivement abandonné comme référence esthétique au PCF. En 1966 dans sa résolution d’Argenteuil, le parti avait d'ailleurs décidé de rompre le carcan inféodant la culture et l'art aux fins et à l'idéologie du parti. Depuis 1954 et jusqu'en 1978, les liens s'étaient progressivement développés avec nombre d'artistes dont les critères esthétiques très différents du réalisme, ne constituaient plus un obstacle.
C'est ainsi que dans les lieux où ils ont parfois été réalisés, des dessins ont été retrouvés, des calicots, des lithographies, des esquisses, des toiles d’artistes pour certains aujourd'hui oubliés, mais aussi des pièces uniques, dont par exemple une lithographie de Lurçat, et diverses oeuvres signées de Tal Coat, de Picasso, de Vieira da Silva, de Messagier, de Masson, de Cremonini, de Pignon, d
e Cueco, ou encore cette huile sur toile de Roberto Matta de 1974 intitulée "Le vif du sujet" longtemps accrochée au mur d'un bureau, avant que d'être remisée à la cave.
Des oeuvres aujourd'hui disparues reviennent en mémoire par le biais de certains courriers retrouvés, par les articles de  vieux numéros de "L'humanité", ou par le souvenir de ceux qui étaient là à cette époque : tel se souvient d'un portrait de Staline réalisé par Picasso en 1953, tel autre d'un Pignon-Ernest, tandis que certaines oeuvres sont retrouvées parfois, comme l'une d'entre elle dernièrement, dans une vente aux enchères.
Ce sont près de quarante personnes, qui autour d'une association "Les Caves du 120", ont travaillé à l'inventaire, au nettoyage, à l'encadrage de ces oeuvres pour l'exposition. Dans les membres cette association figurent entres autres, le peintre Pignon-Ernest, le photographe Willy Ronis, l’architecte Chemetov, ou l’historienne Madeleine Rebérioux.

Illustration : Marcel Duchamp : "LHOOQ" 1919  Huile sur toile © PCF.

PARIS : Musée Maillol - Fondation Dina Vierny
" Robert Rauschenberg, oeuvres récentes
"
Du 06 juin au 14 octobre


Robert Rauschenberg : " Orphic Ditty - Salvage Series " 1984 - Acrylique et collage sur toile 206 x279 cm  © Coll. Part.


Robert Rauschenberg est sans doute l'un des peintres américains les plus importants de notre époque.
Né en 1925, il a fait l'essentiel de ses études au Kansas City Art Institute, puis au Black Mountain College en Caroline du Nord de 1948
à 1949 avec le peintre Josef Albers. C'est à partir de 1950, qu'il se fait connaître par ses illustrations de "L'Enfer "de Dante, alors achetées par le Museum of Modern Art de New York. Il réalise sa 1ère exposition en 1951, puis voyage en Europe et en Afrique du Nord, pendant les 2 années suivantes. De retour New York, il développe sa technique des collages, et expose en 1953, à New York ses toiles “All White” et “All Black”. De 1953 à 1955, il expérimente des collages et assemblages faits de ficelles et de cordes, de papiers, oiseaux empaillés, et même de pierres et de roches.
La période suivante qui va de 1958 à 1961 est celle des “combine-paintings”où il colle des accessoires, et des objets hétéroclites  en recherche de textures et de couleurs sur des fonds tachistes, cela en réaction à l’Expressionnisme Abstrait de l’Action Painting. Il va jusqu'à supprimer le fond, ce qui donne lieu aux prémices  du Pop’Art.

Il se trouve reconnu à l'échelle internationale avec le Grand Prix de la Biennale de Venise qu'il obtient en 1964 devant le peintre français Roger Bissière tandis que ses oeuvres sont disputées par les galeries et les musées du monde entier.
Après la mort de Jackson Pollock en 1956, il donne un nouveau souffle à la peinture américaine, et développe l'utilisation de différentes autres techniques telles que la sérigraphie, la photographie, la gravure, ajoutés à la peinture et aux objets collés sur différents supports comme le bois, le métal, le papier.
Après 1976, il revient à la création d’objets, de tissus aux  textures variées, qu'il assemble sur des panneaux muraux selon des techniques différentes, et en 1985, il crée le "Rauschenberg Overseas Cultural Interchange", qui consiste à faire tourner dans différents pays les oeuvres de ses 20 dernières années 
Peu connu du grand public français, il incarne cependant aujourd'hui avec Jasper Johns l'un des pôles les plus significatifs de la peinture américaine actuelle, avec sa conception événementielle de la peinture. Pour lui " l'art a tout à voir avec la vie, mais il n'a rien à voir avec l'art", et "mon ambition, dit-il, n'est pas de continuer à peindre des oranges pourries, mais de faire du bon journalisme".
Cette exposition proposée par le Musée Maillol, porte sur les oeuvres récentes de l'artiste réalisées entre 1995 et 2002.

Illustration :
Robert Rauschenberg : " Orphic Ditty - Salvage Series " 1984 - Acrylique et collage sur toile
206 x279 cm  © Coll. Part.

PARIS : Musée National de la Marine
" Pirates !"
Jusqu'au 14 octobre 2002

Illustration d'après P. Turpin :"Escadre de Perse" (détail) © LMDA- P.T.


A la suite de l'Abbaye de Daoulas, dans le Finistère, le Musée National de la Marine au accueille, la plus grande des expositions  jamais consacrée en France à la piraterie et à la flibusterie.
Ce sont les aventures mythiques du célèbre Barbe Noire, de John Rackham ou de Francis Drake que l'on découvre, dont les lettres de gloire sont davantage l'expression d'une volonté de voguer librement sur les mers, et de lutter contre l'hégémonie de la flotte toute puissante de l'Espagne catholique.

Ces "gueux de la mer", sont surtout des hommes révoltés, qui se dressent contre l'injustice, et qui ne recherche pas tant la richesse, que le désir de vivre dignement. Sur 1000 mètres carrés, on découvre tout du monde impitoyable des pirates et des flibustiers, depuis les cartes marines jusqu'aux maquettes de navire, depuis la longue vue, jusqu'à la jambe de bois, du coffre au trésor jusqu'au pavillon noir.

Illustration : d'après P. Turpin : "Escadre de Perse" Lithographie (détail) © LMDA- P.T.

PARIS : Musée Zadkine
" Raoul Marek : La Salle du Monde-Exil"
Du 16 mai au 13 octobre  2002


Raoul Marek, artiste suisse vivant entre Paris et Berlin propose ici, au travers ses oeuvres nouvelles faites de montages photographiques de grand format, une réflexion générale et au sens large sur l'exil. L'exil au sens du départ, mais aussi au sens de l'ailleurs, au sens de l'exil personnel, comme au sens de l'exil en soi.
Sur le thème du déplacement, du transit, mais aussi de la fuite, du temps et de l'espace, les visuels qu'il présente dans le parcours de cette exposition témoignent du déplacement compris comme une séparation, une douleur, une absence, mais pour mieux se retrouver soi- même dans les voyages, les hasards, les dérives qui permettent les rencontres nécessaires entre les individus, les croisements des cultures, et les échanges de tous les savoirs.

Raoul Marek : La Salle du Monde -Exil, 2002 -. © Musée Zadkine- Raoul Marek

Illustration : Raoul Marek : La Salle du Monde -Exil, 2002 -. © Musée Zadkine- Raoul Marek

PARIS : Musée d'Orsay
"Kupka, oeuvres graphiques 1894-1912 "
Du 25 juin au 06 octobre 2002

Actuellement


Cette exposition est la première grande exposition consacrée à l'oeuvre graphique de Frantisek Kupka, et à proposer une étude approfondie de cet aspect de la période figurative de l'artiste, quelque peu oubliée derrière l'importance historique et esthétique de son oeuvre abstrait.
Frantisek Kupka né en Bohême en 1871 exprime très tôt son goût marqué pour le dessin et pour la peinture ce qui lui permet dès 17 ans de s'inscrire dans les cours du peintre suédois Alois Strudnicka (1842-1927) et d'entrer à l'Académie des Beaux Arts de Prague en 1889 d'où il sort diplômé en 1892. Il voyage ensuite en Autriche, en Scandinavie et arrive en France en 1896.
Il s'installe à Paris dans le quartier de Montmartre où l'un de ses compatriotes Alfons Mucha réside déjà, et vit en réalisant des affiches pour les pièces Sarah Bernhardt.

Frantisek Kupka  : " Femme cueillant des fleurs" 1909  - Pastel  45 x 47 cm © Musée National d'Art Moderne  Paris

Kupka décide de tenter de gagner lui aussi sa vie en étant illustrateur, mais tout en continuant de peindre. C'est ainsi qu'il réalise des affiches pour des cabarets comme "Le Chat Noir" ou "L'Ane Rouge", et qu'il travaille pour Aristide Bruant. Il s'impose rapidement alors comme l'un des principaux dessinateurs de la presse satirique, notamment pour "L'Assiette au Beurre" et qu'il devient illustrateur de textes littéraires, avant que ne s'opère son passage à l'abstraction.

Cette exposition du Musée d'Orsay permet précisément de faire progresser la connaissance de l'oeuvre de Kupka, dans cette période, mais aussi celle de l'histoire de l'illustration des années 1890 à 1914. Elle permet également de découvrir un ensemble de pastels réalisés par l'artiste dans les années 1910, qui témoignent comment il passe progressivement à l'abstraction, par des compositions où se structure cette évolution par la représentation du mouvement et par une technique procédant par une succession rapprochée de plans de couleurs.

Illustration : Frantisek Kupka  : " Femme cueillant des fleurs" 1909  - Pastel  45 x 47 cm
© Musée National d'Art Moderne  Paris

PARIS : Galerie Nationale du Jeu de Paume
"Georges Mathieu "

Du 18 juin au 06 octobre 2002

Georges Mathieu : " Grand Algorythme blanc" 1951 huile sur toile 130 x 195 cm © Coll. Part.


Cette exposition rassemble un ensemble d'oeuvres de Georges Mathieu, l'inventeur de l'abstraction lyrique, pour une relecture de certains travaux qu'il a pu  réaliser dans le cadre de diverses actions publiques et de happenings.
Ces oeuvres peu connues proviennent de divers musées d'Europe, d'Asie et des Etats-Unis, et éclairent le visiteur sur l'oeuvre autant que sur l'homme.

Georges Mathieu, en effet, après des études de Lettres, de Droit et de Philosophie à l’Université de Lille, commence à peindre en 1942. Il est l'un des premiers en France à réagir contre l’abstraction géométrique au point d'organiser dans les années 1947 des manifestations en faveur d’un art libéré de toutes les contraintes et de toutes les habitudes classiques, dans un mouvement qu'il baptise "l’Abstraction Lyrique".
Mais c'est à partir de 1954, qu'il réalise ses premières grandes toiles et voyage au Japon où il rencontre un accueil triomphal. Après un séjour aux Etats Unis, en 1959, diverses rétrospectives sont organisées autour de son oeuvre, en particulier à Cologne, à Bâle, à Genève. Il séjourne ensuite dans différents pays, tels le Brésil, l' Argentine, le Liban, en Israël, au Canada et dans quelques pays d’Europe, et à partir de 1962, il prend conscience que le  devoir majeur de l’artiste envers la cité est de de transformer son "langage" en "style", car il est persuadé de la nécessité de créer des harmonies plus heureuses entre l’homme et son milieu. Il invente alors de nouvelles formes de meubles, des bijoux, crée des tapisseries pour la Manufacture Nationale des Gobelins, dessine de la vaisselle pour la Manufacture de Sèvres, réalise des affiches pour Air-France, et des médailles et des pièces, dont celle de 10 francs pour la Monnaie de Paris. Il réalise également des sculptures monumentales comme celle du complexe sportif de Neuilly.
A partir de 1964, Georges Mathieu se lance dans un vaste combat en faveur d’une éducation ouverte à la sensibilité, au sens artistique, qui ne serait plus soumise au primat de la raison au détriment de l'émotion, ou au primat du progrès économique au détriment du progrès et de l'enrichissement culturel de l’homme, afin que celui ci puisse avoir accès aux plaisirs les plus simples et les plus diversifiées et exaltants de la vie
Après plus de cent cinquante expositions dans le monde entier, et plusieurs rétrospectives importantes à l'étranger la Galerie du Jeu de Paume propose ici, en 65 oeuvres réalisées entre 1948 et 1992, une revisitation de Georges Mathieu, quelque peu boudé par le public français depuis plus de vingt ans.

Illustration : Georges Mathieu : " Grand Algorythme Blanc " 1951 Huile sur toile 130 x 195 cm © Coll. Part.

PARIS : Maison de l' Unesco - Salle Miró
" Minn Kyoung-Kap : Vers la Nature"
Du 6 septembre au 25 septembre 2002


Eusan Minn Kyoung-Kap, membre de l'Académie Nationale des Arts de Corée est considéré comme le plus grand artiste de son époque dans son pays. A l'âge de 70 ans, il a consacré les quarantes dernières années de sa vie à exprimer sa sensibilité artistique propre à sa culture coréenne, et plus particulièrement son amour et son admiration profonde pour la nature, au travers une réflexion quant à sa fragilité, et quant à son devenir incertain en raison des méfaits de l'homme.
Les différentes expositions réalisées depuis les années 1960 dans le monde, montrent une oeuvre en constante évolution, depuis l'expression figurative des forêts et des montagnes de son pays dans ses oeuvres premières, vers les étapes d'une progression insensible vers l'abstraction, qui semble le conduire au coeur même de la substance vivante des végétaux et des plantes, aujourd'hui.

Eusan Minn Kyoung-Kap : "Vers la Nature " 2002 - Peinture, huile, sur papier coréen 90 x 117 cm - © Coll. Part.

La vingtaine de tableaux présentés dans cette exposition, montre une oeuvre pionnière à vocation universelle, par rapport à l'esprit traditionnel de l'art coréen. Son approche, son esprit, et l'infini respect pour la nature qu'elle transmet touche la sensibilité de tous les hommes qui veulent bien s'arrêter un instant devant l'une de ses toiles. Eusan Minn Kyoung-Kap exprime par là dans une langue artistique qu'il adresse à tous les pays du monde, et qui se veut être compréhensible par tous, un hymne au respect nécessaire de notre nature, car essentielle à la vie, à son devenir, mais aussi à l'harmonie entre les peuples, et à la paix entre les hommes.

Illustration : Eusan Minn Kyoung-Kap : "Vers la Nature " 2002 - Peinture, huile, sur papier coréen 90 x 117 cm
- ©
Coll. Part.

PARIS : Musée du Louvre
" Ingres, les cartons de vitraux du Louvre"

Du 24 mai au 23 septembre 2002

Jean Auguste Dominique Ingres " la Vierge à l'Hostie" 1841 Huile sur toile 116 x 84 cm © Musée de l'Ermitage St Pétersbourg


Le Musée du Louvre possède la plus importante des collections d'oeuvres de Jean-Auguste Dominique Ingres (1780-1867), dont en particulier une série de 25 cartons peints par l'artiste entre 1842 et 1844 pour la réalisation des vitraux de la Chapelle Saint-Ferdinand et de la Chapelle Royale Saint Louis à Dreux.
Le Prince Ferdinand, Duc d’Orléans, fils aîné du roi, protecteur et mécène du peintre, meurt d'un accident le 13 juillet 1842 sur la route de Paris à Neuilly sur Seine. Ingres qui venait de réaliser le portrait du Prince Ferdinand, propose en sa mémoire, de dessiner les vitraux de la chapelle qui sera édifiée sur le lieu de la mort du Prince. (*)
Les cartons que l'on peut voir dans cette exposition sont ceux des vitraux qui orneront cette Chapelle et de la Chapelle Royale Saint Louis à Dreux. Par l'influence de Violet-Le-Duc, et de ses travaux de restauration des monuments anciens, le moyen âge et l'architecture sont des sujets dans l'air du temps, et les arts du vitrail, de la sculpture, de l'architecture sont au centre de grandes discussions esthétiques et pratiques auxquelles Ingres participent.

Entrés dans les collections du Louvre en 1874, ils sont très peu connus du grand public, car ayant fait l'objet d'une salle d'exposition à partir de 1925, celle ci restera très souvent inaccessible à partir de 1930, et ce n'est qu'en 1967, à l'occasion d'une rétrospective consacrée au peintre qu'on les découvrira à nouveau, pour être finalement à nouveau remisés dans une réserve.
Au début des années1980, ces cartons ressortent
pour être présentés dans les salles dédiées au XIXème siècle, lesquelles salles sont mises en rénovation en 1992, et les cartons à nouveau renvoyés dans les réserves.
C'est donc la première fois depuis lors que ces cartons réapparaissent au centre d'une exposition consacrée uniquement sur ce sujet de l'art du vitrail pour cet artiste, où Ingres montre à la fois ses références à l'Antiquité et au
Gothique au travers un certain académisme, mais également une distanciation par rapport à ces repères, en s'impliquant dans une décoration liée à la réalité de son époque.

(*) Cette Chapelle fut déplacée en 1976 Boulevard Victor-Hugo pour laisser sa place au Palais des Congrés.

lIlustration : Jean Auguste Dominique Ingres " la Vierge à l'Hostie" 1841 Huile sur toile 116 x 84 cm
© Musée de l'Ermitage St Pétersbourg

PARIS : Museum National d'Histoire Naturelle
Jardin des Plantes
" Le siècle de Théodore Monod"
Du 8 mai au 9 septembre 2002

Théodore Monod : dessin d'une antilope addax et de graminées stipagrostis ©


De nombreux dessins, documents, photos, manuscrits, correspondances, et livres nous font partager dans cette exposition, la vie, la carrière et la vision du monde de cet éminent et infatiguable scientifique, Théodore Monod
( 1902-2001), spécialiste du désert qui nous a quitté voilà près d'un an.
Il s'agit de rendre hommage ici à l'un de nos plus grands et des derniers voyageurs naturalistes français, mais aussi botaniste, océanographe, ichtyologue, et philosophe engagé dans une spiritualité mêlee de réalité profond au contact des peuples du désert. Cet hommage est accompagné également d'une importante exposition photographique, avec plus de quarante photographies de Patrick Darfin portant sur "Le Désert Blanc".

-" Voici un caillou qui pendant 100 000 ans n'a pas bougé. Pendant tout ce temps, il est resté posé sur le sol. le sable, chassé par le vent a poli un de ses côtés, l'autre face est restée intacte.
Cela prouve que ce caillou n'a pas été retourné entre le moment où il a été fabriqué par un homme qui s'en est sans doute servi pour dépecer une antilope et celui où je l'ai ramassé, il y a trois ans. Entre cet homme et moi, environ 100 000 ans se sont écoulés."
( Extrait du dialogue entre Théodore Monod et Balthus le 9 juin 1993 - " L'âge de la parole " -Archimbaud Editeur )


Illustration : Théodore Monod : dessin d'une antilope addax et de graminées stipagrostis ©

PARIS : Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme
" Marc Chagall : Hadassah"
Jusqu'au 1er septembre 2002

Illustration : Marc Chagall: "La Création du Monde- Les Quatre Premiers Jours"  Vitrail  1972 © Musée National du Message Biblique Nice


Les vitraux de la synagogue de l'Hôpital Hadassah à Jérusalem, installés et inaugurés en février 1962, sont l'une des réalisations les plus impressionnantes de Marc Chagall. Cette exposition présente quarante ans après, les croquis, esquissses, dessins et maquettes  ainsi que les vitraux d'essai qui ont précédés à la création de cette oeuvre. C'est Myriam Freund et l'architecte Joseph Neufeld qui après avoir visité sa rétrospective au Musée des Arts Décoratifs, en 1959, demandent à Marc Chagall, la création des  vitraux  de la synagogue de l'Hôpital Hadassah à Jérusalem, alors en construction.

Douze vitraux pour douze fenêtres de plein cintre sont ainsi à réaliser. Marc Chagall en s'inspirant des prophéties de Jacob et de Moïse, choisit alors le thème les douze tribus d'Israël. Il commence ses esquisses à partir de petits dessins en noir et blanc marqués par des contrastes d'ombres et de lumières. Il procéde ensuite à enrichir ce premier travail par des dessins colorés, pour chacun des vitraux à l'aide de papiers et de tissus collés. Il travaille ensuite à la colorisation des ensembles et aux études des effets de la lumière à l'aide d'aquarelles et de gouaches, en s'appuyant sur les conseils de  Charles Marq, maître verrier, à Reims.
Marc Chagall considère que le vitrail ne peut être que le  prolongement naturel de la peinture, car il dépasse le simple effet de la couleur sur la surface  plane, pour donner de la matière et de la profondeur à la couleur,  par ses effets et ses jeux de transparence. Telle est la rencontre qui nous est proposée ici, avec les préparatifs d'une oeuvre, dont on voit le cours de la création, dans ses différentes phases, et les étapes successives, qui parfois longtemps travailléees et recommencées, permettent d'aboutir à cette oeuvre achevée qu'on appelle un chef-d'oeuvre.

Illustration : Marc Chagall : "La Création du Monde- Les Quatre Premiers Jours"  Vitrail  1972
© Musée National du Message Biblique Nice


PARIS : Espace Electra
"
Méliès, Magie et Cinéma"
Du 26 a
vril au 31 août 2002


Réalisée en partenariat avec la Cinémathèque Française et la Cinémathèque Méliès, cette exposition chronologique et thématique, retrace les étapes du génie de Méliès à travers maquettes, éléments de décors, costumes de scènes, manuscrits, films, et démontre ce que fut la contribution de Georges Méliès ( 1861-1938)  pour le septième art.
La cinématographie ne porte alors que sur les films documentaires, et est essentiellement uns distraction que l'on présente dans les foires, destinée à amuser le public.
Georges Méliès, lui, ouvre en grand les portes du cinéma en apportant à cette technique : la magie,  le fantastique, le rêve, l'évasion, la fiction, qui font ce que le septième art est devenu au fil du XXème siècle.

Illustration : Georges Méliès : scène du film " Le Voyage dans la Lune" 1902  © Centre National de la Photographie

Cette exposition fête également le centenaire du film " Le Voyage dans la Lune " de Méliès et rend hommage à ce pionnier de l'histoire du cinéma, qui  dès 1897, crée le premier studio de l'histoire du cinéma à Montreuil, dans lequel , il va pouvoir inventer et utiliser tout un ensemble de machines et de mécaniques de théâtre pour procéder aux premiers truquages, pour reconstituer des décors, des trompe l'oeil, mais également des catastrophes, des explosions, des naufrages.
Parmi les nombreux films qu'il tournera, plus de 500, on retient  "Le Voyage dans la Lune" réalisé en 1902, où il montre son goût pour l'univers de Jules Verne. Méliès réalisera également en 1906 " Deux cents milles sous les mers" où dans une profusion de décors, les comédiens deviendront de véritables figures vivantes et en 1908 " le Conte de la Grand-mère et le Rêve de l'Enfant ", où il cherche à étonner le public par la reproduction d'un univers de végétation luxuriante.
Méliès sera à partir de 1923, obligé de vendre ses films pour rembourser ses dettes, période pendant laquelle, il en détruira également un grand nombre. Il sera contraint d'ouvrir une boutique de jouets et de confiseries pour survivre et rembourser ses créanciers. Certains de ses films seront retrouvés en 1929 et projetés Salle Pleyel. Il sera nommé en 1936 Président d'Honneur de la Cinémathèque, fondée par Henri Langlois et Franju.


I
llustration : Georges Méliès : scène du film " Le Voyage dans la Lune" 1902

© Centre National de la Photographie

PARIS : Musée du Louvre - Hall Napoléon
" Les artistes du Pharaon "
Jusqu' au 22 juillet  2002
>>> Prolongation jusqu'au 5 août

 Scène de la tombe de Menna  : femme qui allaite son enfant vers 1395 av. J.C - ostracon calcaire enduit et peint ©


Cette superbe exposition a pour objet de faire découvrir l'ensemble de ce qui constituait le quotidien des hommes, des ouvriers et des artistes dont la vie et le destin étaient dévolus au pharaon.
En Haute Egypte, sur la vallée occidentale du Nil, il y avait un village appelé Set Maat, aujourd'hui appelé Deir -el Medineh. Ce village, situé au pied de la Vallée des Rois, était le site, où pendant cinq siècles, entre 1500 et 1050 av. J.C., ont vécu les milliers d'artistes, architectes, décorateurs, sculpteurs qui ont creusés, édifiés, sculptés et ornés de fresques  les tombeaux pharaoniques, mais aussi les sépultures des personnages les plus importants du Nouvel Empire.

Ces artistes qui étaient appelés " les employés de la tombe", vivaient selon une organisation hiérarchisée. D'un côté, il y avait les ouvriers et les esclaves dont le travail était de creuser les tombes, de tailler et de transporter les blocs de pierre, de les mettre en place, de l'autre, il y avait les artistes, qui sculptaient les bas-reliefs dans le calcaire, les statues dans le grés, les peintres qui décoraient les murs des sépultures, gravaient les fresques et dessinaient les hieroglyphes, qui accompagnaient les défunts rois, reines ou princes dans leur vie de l'au-delà. Ces artistes et artisans honoraient les dieux, tout au long de leur vie, mais leur ouvrage terminé pour le prince ou le pharaon, ils devaient se préparer à édifier leur propre tombe.

lllustration : Scène de la tombe de Menna : femme qui allaite son enfant  vers 1395 av. J.C -
ostracon calcaire enduit et peint. ©


PARIS : Musée d'Orsay
" Piet Mondrian de 1892 à 1914.
Les chemins de l'abstraction"
Jusqu'au 14 juillet 2002


Le peintre hollandais Piet Mondrian (1872-1944) fut l'un des pionniers les plus influents de la peinture abstraite. Cette grande exposition du Musée d'Orsay sous-titrée " les chemins de  l'abstraction", nous fait découvrir cette période qui mena l'artiste de la figuration la plus réaliste, à l'abstraction et au cubisme abstrait.
Il s'agit de la première grande exposition en France sur Mondrian, depuis la grande rétrospective qui lui avait été consacrée en 1969 au Musée de l'Orangerie. Avec cent dix oeuvres, en provenance du Gemeentemuseum de La Haye, pour la plupart, on retrouve le parcours qui conduit Mondrian entre 1892 et 1914 de ses débuts figuratifs en hollande aux premiers moments de l'abstraction.

Piet Mondrian : "Nature morte au pot de gingembre II " 1912 huile sur toile 91,5 x 120 cm © Gemeetemuseum La Haye

Mondrian qui est entré à l'Académie Nationale des Beaux-Arts d'Amsterdam en 1892, subit d'abord l'influence de l'Ecole de La Haye, en travaillant la forme, le style, la lumière et l'espace par des oeuvres naturalistes et des paysages académiques, tel un tableau   "Au Stadhouderskade à Amsterdam " peint en 1898, représentant dans des tonalités bleues et grises les bords d'un canal .

Piet Mondrian est alors un peintre réaliste très soucieux de représenter la réalité et la nature dans tous ses aspects, car c'est elle qui permet l'accés aux révélations spirituelles et aux "vérités supérieures", selon une pensée traditionnelle liée au protestantisme. Natures mortes et paysages de campagne sont ses sujets dominants, mais il construit à partir de 1897, des oeuvres faites de lignes claires, par l'utilisation qu'il developpe du crayon noir, de l'aquarelle, de la gouache, dans des dominantes bleues, grises ou brunes, dans des oeuvres souvent mélancoliques.

A partir de 1904, sa peinture change et les paysages laissent la place à des scènes d'intérieurs avec l'abandon des tonalités nuancées au profit de longs aplats de couleurs. Sous l'influence de peintres tels que Cornelius Spoor, Jan Sluyters ou Jan Toorop, il se tourne progressivement vers le fauvisme comme en témoigne des oeuvres telles que "Le nuage rouge" de 1907, "Moulin dans la clarté du soleil "en 1908, ou encore "Dévotion", "Crépuscule", "L'arbre bleu". Mais il s'interresse aussi au divisionnisme de Signac, dans des oeuvres telles que "Dunes",  ou à un certain expressionnisme de Van Gogh dans une oeuvtre telle que " Le Pommier en bleu".
Il poursuit également une réflexion philosophique sur le rôle de l'artiste, en quête de permanence et d'universel, et considère que l'artiste doit saisir l'essence des choses, et s'échapper du matérialisme qui conduit  à la simple retranscription ou imitation de la nature, dans les limites de la perception ."
Après des toiles qui célèbrent la couleur, succèdent des œuvres dans lesquelles Mondrian explore avant tout les lignes. "Phare à Westkapelle" réalisé en 1910 fait entrevoir la direction que Mondrian prendra ensuite. «Je trouve vraiment que la grande ligne est l'élément primordial dans une chose, c'est ensuite  que vient la couleur», dit-il..
Adepte de théosophie, il s'engage dans des compositions fondées sur l'ésotérisme et la spiritualité tel que dans l'énigmatique triptyque " Evolution" qu'il peint en 1910, qui représente l'évolution de la femme entre la réalité matérielle vers la vérité mystique. Car Mondrian cherche à faire de sa peinture un langage universel, dont il considère qu'elle doit  rendre compte des réalités essentielles au-delà des apparences sensibles.
Lors d'une exposition à Amsterdam, en 1912, il découvre le cubisme et décide alors de s'installer à Paris pour rejoindre le groupe des peintres "cubistes". C'est au cours de cette période parisienne, entre 1912 et 1914, qu'il passe d'un cubisme figuratif à un cubisme plus abstrait dans lequel les objets perdent leur fonction figurative pour ensemble de lignes formelles horizontales et verticales, mêlées aux couleurs primaires dans un espace à deux dimensions. Il poursuit l'exploration des mêmes thèmes, comme les arbres et les façades d'immeubles, telles "Pommier en fleur " , en 1912, et "Composition ovale en plans de couleurs" en 1914.
"Je sentis que seuls les cubistes avaient découvert le bon chemin, et pendant longtemps, je fus très influencé par eux", écrira plus tard Mondrian.
En 1914, il retourne aux Pays-Bas pour l'été, mais la déclaration de la guerre l'empêche de revenirà Paris. Il connaît alors une renommée internationale, car il est considéré comme l' inventeur d'une forme d'art "universelle".
Cette exposition présente une période qui n'est pas la plus connue du peintre, mais elle permet de saisir la lente évolution vers l'abstraction à laquelle de nombreux artistes succomberont à sa suite tout au long du XXème siècle.


Illustration : Piet Mondrian : "Nature morte au pot de gingembre II " 1912 huile sur toile 91,5 x 120 cm
© Gemeetemuseum La Haye

PARIS : Musée Rodin
" Les portraits de Victor Hugo "
Jusqu'au 7 juillet 2002


Dans le cadre du
bi-centenaire de la naissance de Victor Hugo, Le Musée Rodin présente actuellement une cinquantaine d'oeuvres qui retrace l' histoire de l'artiste et de son modèle que fut Victor Hugo.
Au côté de bronzes, de plâtres et de terres cuites, du maître de la sculpture française, des photographies sont exposés pour la première fois avec des dessins, et deux pointes sèches de Rodin représentant le portrait de Victor Hugo de trois quarts, fait en 1884 et de Victor Hugo de face, de 1885.
La dernière acquisition du Musée Rodin est une épreuve unique du premier état de la gravure du Victor Hugo de trois-quarts que Rodin dédicaça à la fois à Hugo et à Bazire.

 

Auguste Rodin : " Victor Hugo " 1884 - dessin pointe sèche  © Musée Rodin Paris

 

Illustration : Auguste Rodin : " Victor Hugo " 1884 - dessin pointe sèche  © Musée Rodin Paris

PARIS : Musée Jacquemart André 
" La passion du dessin. Dessins du XVè au XXè siècle.
La collection Jan et Marie-Anne Krugier-Poniatowski"
Jusqu'au 30 juin 2002


Le Musée Jacquemart-André présente ici la collection de Jan et Marie-Anne Krugier-Poniatowski, dont leur passion du dessin leur a permis de rassembler un nombre important d'oeuvres qui, par leur qualité intemporelle, participent d' une filiation étroite au travers les siècles, entre les différents artistes.
Cette collection qui s'est constituée depuis plus de 30 ans, réunit un nombre de dessins, donc on découvre ici en partie, près de 160 oeuvres de maîtres, mais aussi d'artistes moins connus sur une période qui va du XVème  aun XXème siècle.

Claude Gellée dit Le Lorrain : " Didon et Enée devant Carthage " - Etude . Dessin à la plume et au lavis 24,8 cm x 31 cm © Musée Bonnat  Bayonne

On peut ainsi découvrir l'évolution de la technique dans l'art du dessin entre les différentes époques au travers des oeuvres de  Bellini, Carpaccio, Rubens, Rembrandt, Poussin, de Le Lorrain, Watteau, Greuze, Boucher, Fragonard, David, Ingres, ou encore Delacroix, Géricault, Degas, Manet, Monet, Renoir, Seurat, Toulouse-Lautrec, Gauguin.
La plupart de ces oeuvres étaient jusqu'alors demeurées cachées jusque dans une exposition proposée en 1999. On les retrouve ici présentées en grande partie une nouvelle fois, mais certaines sont également montrées pour la toute première fois .


Illustration : Claude Gellée dit Le Lorrain : " Didon et Enée devant Carthage " - Etude . Dessin à la plume et au lavis 24,8 cm x 31 cm © Musée Bonnat Bayonne

PARIS : Centre National d'Art et de Culture Georges Pompidou
" La Révolution Surréaliste"
Jusqu'au 24 juin 2002

Cette importante exposition du Centre Georges Pompidou intitulée " La Révolution Surréaliste" présente la plus vaste rétrospective consacrée au surréalisme depuis plus de trente ans, avec la présence d'un ensemble des oeuvres majeures du plus influant des courants artistiques du XXème siècle, sur l'histoire de l'art, la littérature, la poésie, la pensée philosophique et politique de ce siècle.
Cette exposition qui a pu réunir plus de 600 oeuvres de 60 artistes différents, s'ouvre sur le début du mouvement dans les années 1920 et s'achève sur les années 1940, qui a vu de nombreux artistes être contraints à  l'exil  aux Etats-Unis.
Avec le nom d'artistes tels que Giorgio de Chirico, Max Ernst, Masson, Magritte, Dali, Mirò, Giacometti, Man Ray ou encore Bellmer, tous les peintres les plus engagés dans le surréalisme sont présents dans cet ensemble de présentation monographique, qui s'organise autour des thèmes dominants de ces artistes : "Rêve", "Nuit", "Ville", "Histoire", "Erotisme", "Blasphème".

Salvador Dali : "Prémonition de la guerre civile" 1936  Huile sur toile 99 x 100 cm ©  The Philadelphia Museum

C'est André Breton, qui avec Philippe Soupault, sont les inventeurs du premier texte surréaliste, avec le recueil intitulé "Les Champs Magnétiques", publié en 1919. André Breton dans le "Manifeste du Surréalisme" en 1924, définit le surréalisme comme un "automatisme psychique pur, par lequel on se propose d'exprimer soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée", et qu'il est une "dictée de la pensée en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale.Mais encore : "Le surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d'associations négligées jusqu'à lui, à la toute puissane du rêve, au jeu désinteressé de la pensée. Il tend à ruiner définitivement tous les autres mécanismes psychiques et à se substituer à eux dans la résolution des principaux problèmes de la vie"
Aux côtés des 600 oeuvres qui sont présentées, entre les peintures, les dessins, les sculptures, les photographies et les films, le visiteur peut aussi s'arrêter sur une sélection importante de manuscrits et de livres illustrés, qui témoignent de l'influence marquante du surréalisme et des liens permanents que ce mouvement a su tisser dans tous les domaines de la création artistique.


Illustration : Salvador Dali : "Prémonition de la guerre civile" 1936 Huile sur toile 99 x 100 cm
© The Philadelphia Museum

PARIS :  Musée National des Arts et Traditions Populaires
" Héros Populaires "
Jusqu'au 10 juin 2002

Publicité pour la Firme Moïse Haas Fils - Société de fils et de tissus - 1921 Mulhouse © Coll. part.


Dans la mémoire populaire, les héros personnifient et concrétisent des modèles de vie idéale ou mythique d'une époque.
L'objet de cette exposition est de montrer ce que furent et ce que sont, les idéaux et les valeurs propres à chaque époque, au travers l'histoire occidentale, depuis l'an mil juqu'à aujourd'hui, exprimés dans les exploits, les aventures et les représentations idéalisées de ces personnages au travers l'imagerie populaire, mais aussi dans les arts graphiques, la réclame ou la publicité, la peinture ou plus récemment dans la photographie.


lllustration : Publicité pour la Firme Moïse Haas Fils - Société de fils et de tissus - 1921 Mulhouse
© Coll. part.

PARIS : Musée Carnavalet
" Les Stroganoff : princes et mécènes"
Du 6 mars au 2 juin 2002

Dans le cadre des échanges avec les musées mondiaux, le Musée Carnavalet présente la collection d'art des Comtes Stroganoff, une famille de marchands et d'industriels russes, qui a réunit au fil du temps dans leur Palais de St-Pétersbourg depuis le XVIIIème siècle une collection très importante d'objets d'arts, de différentes époques.
Composée de nombreuses peintures, d'aquarelles, de gravures, mais aussi de meubles, de bijoux, et de nombreux objets rares , cette collection est aujourd'hui répartie entre différents musées, dont le Musée de l'Ermitage, le Musée Russe, le Château de Pavlovsk, sont ici présentés pour la première fois en Europe Occidentale.
'est ainsi que des oeuvres de peintres français seront présentés, notamment des tableaux de Nicolas Poussin, de Claude Lorrain, de Jacques Blanchard, de Jean-François de Troy, ou encore de Elisabeth-Louise Vigée-Lebrun, mais on pourra découvrir aussi la "Grande Coupe " en malachite sur tripode en bronze doré du Musée

Elisabeth-Louise Vigée Lebrun : " Autoportrait " 1800 Huile sur toile 78,5 x 68 cm - Musée de l'Ermitage St Petersbourg ©

de l'Ermitage, et de nombreux autres objets rares, tels des tabatières en argent, des services à thé, des émaux de Solvytchegodsk, des dessus de cheminées et des colonnettes de marbre ou de malachite, ainsi qu'un petit salon complet en provenance du Château de Pavlovsk.

Illustration : Elisabeth
-Louise Vigée Lebrun  " Autoportrait " 1800  Huile sur toile 78,5 x 68 cm   Musée de l'Ermitage St Petersbourg ©

PARIS : Galeries Nationales du Grand Palais
" Chasseriau, un autre romantisme"
Jusqu'au 27 mai 2002

Le peintre Théodore Chassériau (1819 -1856) n'avait pas fait l'objet d'exposition importante et d'aucune rétrospective en France depuis 1933. Cette présente exposition qui rassemble près de deux cents tableaux, dessins et eaux-fortes, répare cet oubli, et restaure l'image de ce peintre français dont on ne retenait le souvenir jusque là que de quelques oeuvres, marquées par ses toiles exaltant la beauté féminine et son goût pour l'orientalisme.
L'oeuvre de Chassériau, au travers l'histoire de l'art, a été jusque là souvent réduite à une influence très marquée par Ingres et Delacroix, et totalement passée sous silence la singularité et la complexité de son inspiration.
Né à Saint-Domingue d'une mère créole et d'un père diplomate, Théodore Chassériau a 12 ans lorsqu'il entre dans l'atelier d'Ingres. lI est vite remarqué par la précocité de son talent, alors qu'il réalise déjà des portraits et des scènes d'histoire. Ingres, en 1835 alors qu'il a à peine 17 ans dira de lui : "Cet enfant sera le Napoléon de la peinture".

Théodore Chasseriau: " Vénus Marine" 1839  Huile sur toile  45 x 35 cm  © Musée du Louvre Paris

Ses dons de portraitiste qu'il aura tout au long de sa courte carrière, tant en dessin qu'en peinture s'exprime au travers des oeuvres telles que "Les Deux Soeurs" qu'il réalise d'abord dans son cercle familial, puis en réalisant des portraits d'amis tel son "Portrait de Tocqueville", et son " Portrait de Lacordaire" ou parmi le milieu mondain qu'il fréqente, tel le "Portrait de Marie d'Agoult", ou "Baigneuse endormie près d'une source ", qui est le portrait réalisé en 1850 de son amie, la comédienne Alice Ozy.
Son goût pour l'histoire, s'exprime d'abord par des oeuvres portant sur la mythologie, et mettant en scène les tourments de l'homme, en proie aux amours impossibles, ou à l'injustice, thèmes chers à la période romantique, renforcé par un voyage en Italie de 1840 à 1841, à la suite duquel, il réalise  " Les Troyennes", " La Toilette d'Esther", "Andromède attachée au rocher par les Néréides", "Apollon et Daphné" ou encore "Jésus au jardin des Oliviers". Il est aussi très inspiré par l'oeuvre de Shakespeare, à partir de laquelle il réalise une série d'eaux-fortes sur Othello et Desdémone. Un voyage en Algérie en 1846, lui permet de donner une nouvelle vision de l'Orient, par laquelle, il cherche à s'exprimer, comme témoin de la vie quotidienne en Afrique du Nord.


Illustration : Théodore Chasseriau " Vénus Marine"  1839  Huile sur toile 45 x 35 cm  © Musée du Louvre Paris

PARIS :  Musée Guimet
" L'Afghanistan, une histoire millénaire "
Jusqu'au 27 mai 2002

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Cette exposition du Musée des Arts Asiatiques, démontre l'extraordinaire fécondité artistique de l'Afghanistan au travers l'histoire et le point de confluence que ce pays a représenté entre  le Bouddhisme,  l'Hellenisme, l'art de l'Islam et l'art Mongol.
Situé au carrefour de l'occident et de l'asie, l'Afghanistan a subit au travers son histoire toutes les influences, d'abord grecques, puis scythes, puis indiennes et iraniennes,  par les conquêtes successives de Darius, d'Alexandre le Grand, des califes de Bagdad, ou encore de Gengis Khan et de Tamerlan. Au centre d'une histoire bouleversée et sanglante, c'est un pays et des artistes qui ont su transformer ces influences en une synthèse artistique extrêmement riche, sans jamais dégénérer en un art déchiré et disparate entre ces influences.
Ce sont ainsi 250 objets, en provenance de divers musées français, étrangers, et de collections qui témoignent de la vivacité particulière, de la richesse et du caractère universel des arts dans ce pays.

Des objets en bronzes gréco-romains, des ivoires de l'Inde, des laques de Chine, des miniatures islamiques, des figurines grecques, des sculptures bouddhiques, jalonnent le parcours de cette exposition et retracent cette histoire si tourmentée. Pour retracer ce pays de confluence des arts et des cultures, des sceaux de bonzes, des lapis lazuli, des figurines zoomorphes de la région de Kandahar, et datant de 2800 av.J.C., mais aussi des haches cérémonielles. Des verres d'Alexandrie, des ivoires du trésor de Bégram découverts en 1937 des statues en schiste du Gandhara aux frontières du Pakistan, des bouddhas de Hadda,mais aussi des gouaches sur toiles, représentant des peintures bouddhiques figurant le dieu solaire Surya, de Bamiyan, datant du VIIe siècle, qui sont autant de témoignages du riche patrimoine artistique afghan.
Cette exposition se voulait être à l'origine une protestation contre la destruction par les Talibans des statues des Boudhas de Bamiyan et une mobilisation contre la destruction, d'un des plus grands patrimoines de l'histoire de l'humanité. Elle est devenue avec la situation actuelle un témoignage pour faire connaître à l'extraordinaire richesse et la diversité de ce patrimoine afin qu'il soit  préservé et mis en valeur.


PARIS : Palais de Tokyo
" Les Tendances de l'Art Contemporain"
Jusqu'au 26 mai 2002


Dans cette première exposition proposée par le Palais de Tokyo, dont la vocation est de réunir toutes les expressions nouvelles et possibles des arts contemporains, ce sont 20 artistes qui présentent leurs oeuvres, du Thaïlandais Gupta à l'artiste suédoise Gunilla Klingberg, et les mettent dans le contexte d'une interrogation sur les problèmes de l'art contemporain.

Le Palais de Tokyo qui a été construit de 1934 à 1937 est l'un des monuments qui reste de l'Exposition Internationale de Paris inaugurée le 27 mai 1937. Il fut le lieu du Musée d'Art Moderne jusqu'à l'ouverture du Centre Georges Pompidou, puis il devient le Musée du Cinéma d'Art et d'Essai de 1977 à 1986.  

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Après une fermeture de plusieurs années, c'est en 1999, que le Ministère de la Culture décide de le réhabiliter, pour en faire un laboratoire multi-disciplinaire consacré aux arts contemporains.

PARIS : Musée du Louvre - Aile Richelieu
" Belles et Inconnues "
Jusqu'au 24 mai 2002

Sculpture en terre cuite des Ateliers du Mans XVIIème - Musée du Louvre ©


Intitulée " Belles et Inconnues - Sculptures en terre cuite du XVIème et XVIIème siècle" cette exposition réunit une soixantaine de pièces réalisées par les ateliers de sculpture de la ville du Mans qui fut l'un des centre les plus importants de la création de sculptures en terre cuite, pendant la Renaissance.
Les ateliers du Mans étaient surtout reconnus à l'époque, par leur art et leur production dans le domaine de la statuaire religieuse destinée aux églises. 
De grandeur identique à la taille humaine pour les églises, ou de tailles plus réduites pour les cultes privés, l'essentiel des statues étaient sculptées, modelées et peintes dans la région du Mans par des familles entières d'artisans.

Cette exposition composée de près d'une soixantaine de pièces qui ont toutes été restaurées pour l'occasion, témoigne d'un art original et d'un patrimoine un peu oublié d'une région particulière de France, au travers des oeuvres anonymes, mais de grande qualité, où les oeuvres sont présentées en fonction d'une thématique liée à la symbolique religieuse : allant de la Nativité, à la Mise au tombeau, en passant par le thème de la Vierge et l'Enfant, ou celui des Etapes de la Passion du Christ ou du Cortège des Saints.

Illustration : Sculpture en terre cuite  des Ateliers du Mans XVIIème  Musée du Louvre Paris ©

VERSAILLES : Château de Versailles
" Madame de Pompadour et les arts"
Jusqu'au 19 mai 2002


La Marquise de Pompadour (1721-1764), épouse du fermier général Charles Le Normant d'Etiolles et favorite de Louis XV a été représentée par les plus grands artistes au milieu de livres, d'estampes, de meubles et d'objets d’art, montrant le rôle culturel important, tout autant que politique qu'elle a eu de son temps.
Grande admiratrice de François Boucher, elle reste néanmoins sensible, sous l’influence de son frère le Marquis de Marigny, au néoclassicisme naissant.
Pour la première fois, tous les portraits de la Marquise de Pompadour sont réunis. Nattier, Boucher, Quentin de La Tour, Liotard, Carle Van Loo, Drouais ont été les peintres de la Marquise, qui n’hésitait pas à utiliser son image, qu'elle soit peinte ou gravée, à des fins politiques.

François Boucher : "Madame de Pompadour " 1756 Huile sur toile © Alte Pinakothek Munich

Ce sont plus de 150 oeuvres d'arts qui sont sont réunies autour de ces portraits, avec des tableaux, des dessins, des sculptures, des meubles, des bijoux, des vêtements lui ayant appartenus, tel un  tableau de Chardin, un bureau en laque de Bernard Van Risen Burgh, ou des objets précieux en or, qui recréent l’univers de l'époque et nous font découvrir les goûts très personnels de la Marquise.
Pour l'occasion et dans le cadre de l’exposition, le premier appartement de la marquise, récemment restauré et remeublé, situé dans l’aile nord du château est également ouvert à la visite.


Illustration : François Boucher : "Madame de Pompadour " 1756 Huile sur toile
© Alte Pinakothek Munich

PARIS : Musée d'Orsay
" Thomas Eakins "
Jusqu'au 12 mai 2002


Cent trente cinq oeuvres de Thomas Eakins (1844-1916), peintre réaliste et photographe américain, qui fut longtemps un artiste maudit et boudé par l'Amérique puritaine témoignent dans cette exposition d'un attachement de l'artiste à la nature humaine, à la fois dans sa plastique corporelle, mais, aussi dans sa dimension intellectuelle.
Né à Philadelphie, c'est à l'Académie de Pennsylvanie qu'il étudie le dessin en faisant des copies d'antiques, et des études de nu, tout en suivant des cours d'anatomie et des cours de chirurgie, à laquelle il a faillit se consacrer. Il se tourne finalement vers l'art et vient à  Paris, suivre des cours de dessins à l'Ecole des Beaux-Arts, dans les ateliers de Gérôme et de Bonnat, pour perfectionner ses études du nu, et apprendre aussi le modelage pour mieux appréhender l'anatomie.Parallèlement, il apprend la peinture.

Thomas Eakins : " La Clinique du Docteur Gross" 1875  Huile sur toile 244 x 196 cm © Jefferson Medical College Philadelphie

Lors d'un voyage en Espagne, il est aussi très marqué par la découverte de Ribeira et de Veslasquez, et à son retour à Philadelphie il se consacre à des peintures représentant des courses d'avirons et des régates pour  approfondire encore sa connaissance de l'anatomie du corps en mouvement.
Thomas Eakins présente en 1876 dans une exposition, un oeuvre très réaliste intitulée "La Clinique du Docteur Gross", représentant un chirurgien opérant la jambe d'un patient qui provoque le scandale est lui vaut d'être exclu de cette exposition. Il reprend plus tard le thème sous une forme moins crue et se consacre à une série de toiles sur la boxe à la fin des années 1890. Nommé plus tard comme enseignant à l'Académie de Pennsylvanie, il remplace l'étude des sculptures antiques pour ses cours par celle du modèle vivant et du nu. Il découvre à cette même période la photographie qui devient pour lui un outil d'étude artistique. Des oeuvres telles que "La baignade" ou "Cow-boys dans les Bad Lands" sont directement conçues et inspirées pas ses études photographiques.En 1886, il provoque à nouveau la réaction de la pudibonderie de l'Académie et des critiques en décidant de faire poser nus des modèles masculins pour des cours de dessins et d'anatomie suivi par des femmes. Il est obligé de démissionner et  se turne par contrainte vers l'art du portrait, en représentant des modèles de la bonne société américaine : médecins, scientifiques, ethnologues, musiciens, artistes, qu'il choisit pour la représentation de leurs principes spirituels et intellectuels. C'est ainsi qu'il peint une oeuvre intitulée "Le Penseur", extrêmement sensible et représentative qui lui vaut aujourd'hui la reconnaissance d'un art qui fait de lui le plus important représentant du réalisme américain en peinture.

Illustration : Thomas Eakins " La Clinique du Docteur Gross" 1875  Huile sur toile 244 x 196 cm 
© Jefferson Medical College Philadelphie