DUSSELDORF : Kunstsammlung Nordrhein Westfalen
" La Révolution Surréaliste
"
Du 20 juillet au 24 novembre 2002
Cette importante exposition, après le Centre Georges
Pompidou à Paris, présente la plus vaste rétrospective consacrée au surréalisme
depuis plus de trente ans, avec la présence d'un ensemble des oeuvres majeures du plus
influant des courants artistiques du XXème siècle, sur l'histoire de l'art, la
littérature, la poésie, la pensée philosophique et politique de ce siècle.
Cette exposition qui a pu réunir plus de 600 oeuvres de 60 artistes différents, s'ouvre
sur le début du mouvement dans les années 1920 et s'achève sur les années 1940, qui a
vu de nombreux artistes être contraints à l'exil aux Etats-Unis.
Avec des noms tels que Giorgio de Chirico, Max Ernst, Masson, Magritte, Dali, Mirò,
Giacometti, Man Ray ou encore Bellmer, tous les peintres les plus engagés dans le
surréalisme sont présents dans cet ensemble de présentation monographique, qui
s'organise autour des thèmes dominants de ces artistes : "Rêve",
"Nuit", "Ville", "Histoire", "Erotisme",
"Blasphème".
BERLIN : Palais Martin Gropius-Bau
" Le Classicisme Grec : idée ou réalité "
Du 1er mars au 2 juin 2002
Les Musées Nationaux Allemands qui organisent au Martin-Gropius-Bau de Berlin, cette
importante exposition sur "Le Classicisme Grec" est au centre de diverses
manifestations culturelles organisées à Berlin et dans le Land de Brandebourg, sur ce
même sujet .
Ce sont plus de six cents oeuvres et objets d'arts en provenance des musées du monde
entier, qui illustrent ici l'époque classique de la Grèce, dont l'influence rayonna
partout dans tout le monde méditerranéen. Les arts plastiques, l'architecture, mais
aussi la philosophie, et la tragédie, sont les manifestations d'une grandeur de la
Grèce à cette époque et plus particulièrement d'Athènes, qui constituèrent des
modèles de référence pour le monde antique.
Cette exposition, en huit étapes allant de l'Athènes du Vème siècle avant l'ère
chrétienne, jusqu'à son influence sur le classicisme de l'Empire Romain, offre une large
présentation de l'époque, et veut faire ressortir les influences du classicisme
hellénique sur les siècles qui suivirent, et ses répercussions encore dans les
différents contextes culturels au cours de l'histoire moderne.
C'est ainsi que des monuments de marbre et de
bronze, des éléments d'architecture de temples célèbres de l'Acropole, des vases en
céramiques illustrés de scènes de la vie quotidienne des Athéniens, sont réunis,
ainsi que des objets funéraires trouvés dans les tombeaux, des objets en provenance des
ateliers des artistes et des artisans, qui montrent l'intensité et la richesse de
la créations artistique à cette époque faite d'un grand soucis de perfection, et
de beauté, mais montrent aussi ce que furent les conquêtes intellectuelles et politiques
de la Grèce avec en contrepartie négative, l'exploitation, l'exclusion, la guerre,
la violence et l'esclavage.
BERLIN : Neue Nationalgalerie
" Andy Warhol "
Jusqu'au 06 janvier 2002
Andy Warhol (1930-1987), le grand maître du Pop Art, fait l'objet ici d'une grande
rétrospective qui permet au public d'admirer près de 160 oeuvres, dont de nombreuses
parmi elles sont en provenance de collections privéees, et demeurent peu connues ou sont
montrées pour la première fois.
Certaines peintures, dessins et films présents, proviennent aussi de divers musées du
monde, et en particulier du Museum of Modern Art de New York (MOMA), dont la série les
"Treize hommes les plus recherchés", qui est réunie aussi pour la première
fois depuis 35 ans .
Au nombre des séries est présente aussi celle des
célèbres boîtes de soupe Campbell's, mais on peut aussi y découvrir les portraits
d'"Elvis Presley" et de "Mao", réalisés dans les annnées 1960,
ainsi que des séries de photos de presse retouchées par l'artiste telles "Bombe
Atomique", "Accident de voitures", "Suicide", ou encore
"Chaise électrique".
Cette rétrospective souligne l'importance et l'influence qu'Andy Warhol a eu sur l'art
actuel, et situe l'artiste américain, au rang et à la place qui lui revient dans
l'histoire de l'art moderne, au delà des caricatures d'artiste et de provocateur dans
lesquelles il fût souvent ramené, avant que d'être réellement reconnu.
BRUGES : Groeninge Museum
" Jan Van Eyck et les primitifs
flamands "
Du 15 mars au 30 juin 2002
Jan Van Eyck (1390-1441) fut considéré comme l'un des plus grands artistes de son temps.
Car s'il n'existe qu'une quarantaine de tableaux attribués officiellement à ce peintre,
dont vingt seulement sont présentés ici, cette exposition met en relief les relations
intenses que les primitifs flamands eurent avec les peintres du sud qu'ils aient été
italiens, espagnols, portugais ou français , jusqu'à les influencer de manière
déterminante.
Intitulée " Jan Van Eyck et les primitifs flamands ", l'exposition couvre les
années 1430 à 1530, soit un siècle de rétrospective artistique, et démontre la
richesse des liens culturels entretenus entre les artistes de l'époque sur le plan de
l'inspiration thématique, des représentations esthétiques, et des des techniques.
Van Eyck qui fut considéré comme l'un des plus
grands artistes de son temps, et qui s'est engagé au service de Jean de Bavière, passe
à celui de Philippe le Bon en 1425 comme valet de chambre, devient peintre de cour, ce
qui lui permet de voyager au travers toute l'Europe et de rencontrer ainsi au travers les
principaux maîtres des pays du Sud.
QUEBEC : Musée de la Civilisation
" Xi'an, Capitale Eternelle "
Jusqu'au 02 septembre 2002
Cette exposition intitulée "Xi'an Capitale Eternelle" brosse non seulement le
portrait de cette ville, qui fût la première capitale de la Chine, et qui a dominé
l'empire pendant près de 1 200 ans, mais elle reconstitue les grands moments de
lhistoire chinoise : la vie rituelle, avec la dynastie des Zhou, lunification
de lempire avec la dynastie des Qin et la vie de l'empereur Quin Shihuang (259-210
av J.C.) qui parvint, au prix de nombreuses et sanglantes batailles, à unifier le pays et
à édifier la Grande Muraille de Chine, lédification de lempire et la
dynastie des Han, qui fût l'une des plus brillantes de la civilisation chinoise pour
avoir établi une période humaniste, et donné le pouvoir aux artistes et aux lettrés,
et le bouddhisme avec les dynasties des Han aux Tang, et enfin le cosmopolitisme,
avec la dynastie des Tang.
Cette exposition, réunit différents chefs
d'oeuvre, en provenance de Chine, et de la région Shaanxi, près de Xi'an au nord du
pays, où ont été mis au jour, en 1974, plus de 7000 guerriers de terre cuite,
dont cinq d'entre eux seront présentés ici.
L'HOSPITALET DE LLOBREGAT : Centre Culturel Tecla Sala " Dora Maar "
Du 24 juin au 29 septembre 2002
Cette grande rétrospective consacrée à Dora Maar, de son vrai nom Théodora
Markovic, photographe et peintre, nous offre le privilège de découvrir le talent trop
méconnu de cette femme qui fut le modèle, la compagne de Pablo Picasso et l'égérie des
surréalistes, et dont une seule exposition avait été réalisée jusque là, en 1990 à
Paris.
Ce sont, pour l'occasion plus de 200 pièces, photographies en noir et blanc, oeuvres de
l'artiste elle même, tableaux de Picasso et oeuvres de plusieurs surréalistes qui ont
été rassemblés en provenance de nombreuses collections privées, et de divers musées
Cette exposition nous fait découvrir l'univers photographique de Dora Maar qui emprunte
à la fois au surréalisme et au photo-reportage de rue, avec des vues de Paris des
années trente.
Une série de photos totalement exceptionnelles nous font découvrir également les
différentes étapes en cours de réalisation du "Guernica" de Picasso, dans son
atelier de la Rue des Grands Augustins à Paris, en 1937.
Dora Maar qui est connue comme l'un des modèles
privilégiés de Picasso, et comme sa compagne durant quelques années, de 1936 à 1943,
s'installe ensuite près d'Avignon où elle se retire dans une maison pour y vivre seule
dans une profonde solitude. Elle meurt en juillet 1997, dans un appartement délabré de
la Rue de Savoie à Paris, où l'on retrouve de nombreuses oeuvres inconnues de Picasso.
Elle devient célèbre pour le grand public suite à la vente aux enchères d'octobre
1998, où nombre de ses photographies et de ses biens, sont dispersés, parmi lesquels de
nombreux ouvrages dédicacés par des amis poètes et artistes, mais aussi des peintures,
des dessins, des collages et des bijoux de Picasso.
Morte à l'âge de 90 ans, elle était réputée pour sa beauté et pour son élégance,
mais aussi par ce qu'elle était une femme engagée qui fréquenta le groupe Octobre où
elle côtoya de nombreux artistes surréalistes, tels Paul Eluard, André Breton et Jean
Cocteau, mais aussi des photographes célèbres tels Brassaï, Cartier-Bresson ou encore
Man Ray.
MADRID : Musée Thyssen-Bornemisza
" Alfred Sisley : Poète de l'Impressionnisme "
Jusqu'au 15 septembre 2002
L'objet de cette grande exposition du Musée Thyssen -Bornemisza consacrée au peintre
paysagiste franco-britannique Alfred Sisley (1839-1899), est de remettre à son vrai
niveau, cet artiste qui à partir des années 1880, fut peu à peu éclipsé, et sans
doute injustement par les oeuvres de Degas, de Monet, et de Renoir. Cette présentation
permet de voir ce poète de l'impressionisme sous un nouveau jour, en mettant en avant
la sensibilité toute particulière de l'artiste pour les paysages anglais du début
du XIXème siècle. Alfred Sisley qui a passé quatre années à Londres, avant que de
devenir peintre a été fortement impressionnée par l'oeuvre de John Constable, notamment
dans sa manière de travailler les paysages, les nuages, le ciel, et les personnages dans
la composition de ses toiles.
Cette rétrospective sur l'oeuvre impressionniste de Sisley est la deuxième grande
exposition consacrée à ce peintre en Europe depuis un siècle, après la grande
exposition qui lui avait été consacré en 1992 à la Royal Academy de Londres et au
Grand Palais à Paris en 1993, et avant qu'elle ne passe par le Musée des Beaux Arts de
Lyon l'automne prochain.
Ce sont quelques 72 oeuvres souvent méconnues du
grand public qui ont été choisies et prêtées par différents musées et par des
collectionneurs particuliers, parmi d'autres, de France, des Etats-Unis, d'Allemagne, du
Canada, d'Ecosse, d' Italie, de Roumanie, ou d'Espagne, en dehors des oeuvres du Musée
d'Orsay et de Rouen dont la cession n'a pas été autorisée.
Ce choix a été réalisé afin de montrer l'apport de Sisley dans la progression du
mouvement impressionniste à partir de 1860, ainsi que l'évolution de son style et des
solutions qu'il apporte aux problèmes de l'impressionisme.
L'exposition, présentée de manière chronologique, montre les premières oeuvres de
Sisley réalisées entre 1860 et 1870, en particulier des paysages de Fontainebleau, de
Montmartre, puis d' Argenteuil, de Louveciennes ou encore de Bougival, puis sa seconde
période à Marly-le-Roi de 1870 à 1874 et les dernières années à Moret-sur-Loing de
1880 à 1899, où il s'est retiré en raison de ses difficultés financières. Elle montre
également que son oeuvre n'a pas subi de déclin à partir des années 1880, comme on a
pu le prétendre quelquefois et il suffit de s'arrêter devant les paysages de cette
période ou devant les paysages du Pays de Galles, qu'il peint encore deux ans avant sa
mort, pour s'en convaincre.
BILBAO : Musée Guggenheim
" Paris, Capitale des Arts : 1900- 1968"
Du 21 mai au 03 septembre 2002
L'exposition " Paris, capitale des arts : 1900-1968 " réunit deux cents
quatre-vingts oeuvres en provenance des plus grands musées ou de collections privées du
monde entier, pour rappeler que durant près de soixante-dix ans, Paris fut le centre
mondial de la création artistique, avant que New York, à partir des années soixante ne
prenne le relais . La force créatrice, l'inspiration, le génie issu de
l'impressionnisme, convergent en provenance de différents pays, et fleurissent en ce
début du XXème siècle aux quatres coins de Paris : Montmartre, Montparnasse,
Saint-Germain-des-Prés et le Quartier Latin, où on assiste à l'émergence des plus
grands artistes, avec des toiles qui sont présentées ici au côté de réalisations
d'artistes moins connus, et qui deviendront les chefs d'oeuvres emblématiques que l'on
connaît.
C'est ainsi que se mêlent par exemple le
"Portrait d'Olga", peint par Picasso en 1923, au côté des oeuvres sombres de
Marie Laurencin, le tableau de Marcel Duchamp de 1919, reproduisant la Joconde avec des
moustaches, sous le titre "LHOOQ", don de Duchamp à Louis Aragon au début des
annnées 1930, ou encore les dessins d'Antonin Artaud de 1946.
FORT WORTH : Kimbell Art Museum
" Piet Mondrian "
Jusqu'au 8 décembre 2002
L'artiste hollandais Piet Mondrian (1872-1944) fut l'un des pionniers les plus influents
de la peinture abstraite. Cette grande exposition permet de découvrir cette période qui
mena l'artiste de la figuration la plus réaliste, à l'abstraction et au cubisme
abstrait.
Avec quelques cent dix oeuvres, en provenance pour la plupart, du Gemeentemuseum de La
Haye, on retrouve le parcours qui conduit Mondrian entre 1892 et 1914 de ses débuts
figuratifs en Hollande aux premiers moments de l'abstraction.
Mondrian qui est entré à l'Académie Nationale des
Beaux-Arts d'Amsterdam en 1892, subit d'abord l'influence de l'Ecole de La Haye, en
travaillant la forme, le style, la lumière et
l'espace par des oeuvres naturalistes et des paysages académiques, tel un tableau
"Au Stadhouderskade à Amsterdam " peint en 1898, représentant dans des
tonalités bleues et grises les bords d'un canal .
Piet Mondrian est alors un peintre réaliste très soucieux de représenter la réalité
et la nature dans tous ses aspects, car c'est elle qui permet l'accés aux révélations
spirituelles et aux "vérités supérieures", selon une pensée traditionnelle
liée au protestantisme. Natures mortes et paysages de campagne sont ses sujets dominants,
mais il construit à partir de 1897, des oeuvres faites de lignes claires, par
l'utilisation qu'il developpe du crayon noir, de l'aquarelle, de la gouache, dans des
dominantes bleues, grises ou brunes, dans des oeuvres souvent mélancoliques.
A partir de 1904, sa peinture change et les paysages laissent la place à des scènes
d'intérieurs avec l'abandon des tonalités nuancées au profit de longs aplats de
couleurs.
Sous l'influence de peintres tels que Cornelius Spoor, Jan Sluyters ou Jan Toorop, il se
tourne progressivement vers le fauvisme comme en témoigne des oeuvres telles que "Le
Nuage Rouge" de 1907, "Moulin dans la Clarté du Soleil "en 1908, ou encore
"Dévotion", "Crépuscule", "L'Arbre Bleu". Mais il
s'interresse aussi au divisionnisme de Signac, dans des oeuvres telles que
"Dunes", ou à un certain expressionnisme de Van Gogh dans une oeuvtre
telle que " Le Pommier en Bleu".
Il poursuit également une réflexion philosophique sur le rôle de l'artiste, en quête
de permanence et d'universel, et considère que l'artiste doit saisir l'essence des
choses, et s'échapper du matérialisme qui conduit à la simple retranscription ou
imitation de la nature, dans les limites de la perception ."
Après des toiles qui célèbrent la couleur, succèdent des uvres dans lesquelles
Mondrian explore avant tout les lignes. "Phare à Westkapelle" réalisé en 1910
fait entrevoir la direction que Mondrian prendra ensuite. "Je trouve vraiment que la
grande ligne est l'élément primordial dans une chose, c'est ensuite que vient la
couleur " , dit-il..
Adepte de théosophie, il s'engage dans des compositions fondées sur l'ésotérisme et la
spiritualité tel que dans l'énigmatique triptyque " Evolution" qu'il peint en
1910, qui représente l'évolution de la femme entre la réalité matérielle vers la
vérité mystique. Car Mondrian cherche à faire de sa peinture un langage universel, dont
il considère qu'elle doit rendre compte des réalités essentielles au-delà des
apparences sensibles.
Lors d'une exposition à Amsterdam, en 1912, il découvre le cubisme et décide alors de
s'installer à Paris pour rejoindre le groupe des peintres "cubistes". C'est au
cours de cette période parisienne, entre 1912 et 1914, qu'il passe d'un cubisme figuratif
à un cubisme plus abstrait dans lequel les objets perdent leur fonction figurative pour
ensemble de lignes formelles horizontales et verticales, mêlées aux couleurs primaires
dans un espace à deux dimensions. Il poursuit l'exploration des mêmes thèmes, comme les
arbres et les façades d'immeubles, telles "Pommier en Fleurs " , en 1912, et
"Composition Ovale en Plans de Couleurs" en 1914.
"Je sentis que seuls les cubistes avaient découvert le bon chemin, et pendant
longtemps, je fus très influencé par eux", écrira plus tard Mondrian.
En 1914, il retourne aux Pays-Bas pour l'été, mais la déclaration de la guerre
l'empêche de revenir à Paris. Il connaît alors une renommée internationale, car il est
considéré comme
l' inventeur d'une forme d'art "universelle".
Cette exposition présente une période qui n'est pas la plus connue du peintre, mais elle
permet de saisir la lente évolution vers l'abstraction à laquelle de nombreux artistes
succomberont à sa suite tout au long du XXème siècle.
NEW YORK : Metropolitan Museum of Art
" Paul Gauguin : l'attrait de l'exotisme "
Du 20 juin au 20 octobre 2002
Le Metropolitan Museum of Art de New York, dans cette importante rétrospective
rend hommage à Paul Gauguin
( 1848-1903), et à une oeuvre avant tout éprise de liberté, de nature, de solitude et
de simplicité.
Intitulée " Paul Gauguin dans les collections new-yorkaises -L'attrait de l'exotisme
-", cette exposition qui rasssemble 120 oeuvres, dont 63 en provenance des
fonds du Metropolitan Museum et les autres de divers musées américains ou collections
privées new-yorkaises, couvre toute la vie de Gauguin et son parcours de peintre à
Paris, puis avec ses séjours en Bretagne, en Provence, à la Martinique, à Tahiti et aux
Iles Marquises.
Il est vrai que le peintre sera longtemps plus
apprécié aux Etats-Unis qu'en France, et que sa première exposition à New York se
tient dès 1913 à l'Armory Show. Le Metropolitan Museum et le Musée de Brooklyn
acquièrent quelques uns de ses tableaux dès 1920, et en 1929, il est à l'affiche de la
première exposition inaugurale du Musée d'Art Moderne, au côté de Cézanne , Van Gogh
et Seurat.
Plusieurs tableaux majeurs, sont au nombre des oeuvres qui ont été rassemblées,
telles ses " Baigneuses Tahitiennes", le "Je vous salue Marie"
ou" Les Hommes et les chevaux blancs", mais également des oeuvres moins
connues, détenues par des collectionneurs privés, ainsi que des sculptures, des
céramiques, des lithographies et de nombreux dessins. On peut également découvrir des
objets en bois, travaillés et sculptés par l'artiste, comme une canne en buis avec une
silhouette de femme, tel qu'on en fabriquait alors en Bretagne, ou encore, une coque de
noix de coco gravée et sculptée et signée par Gauguin lors de l'un de ses voyages à
Tahiti
NEW YORK : Metropolitan Museum of Art
" Thomas Eakins "
Jusqu'au 15 septembre 2002
Cent trente cinq oeuvres de Thomas Eakins (1844-1916), peintre réaliste et photographe
américain, qui fut longtemps un artiste maudit et boudé par l'Amérique puritaine
témoignent dans cette exposition d'un attachement de l'artiste à la nature humaine, à
la fois dans sa plastique corporelle, mais, aussi dans sa dimension intellectuelle.
Né à Philadelphie, c'est à l'Académie de Pennsylvanie qu'il étudie le dessin en
faisant des copies d'antiques, et des études de nu, tout en suivant des cours d'anatomie
et des cours de chirurgie, à laquelle il a faillit se consacrer. Il se tourne finalement
vers l'art et vient à Paris, suivre des cours de dessins à l'Ecole des Beaux-Arts,
dans les ateliers de Gérôme et de Bonnat, pour perfectionner ses études du nu, et
apprendre aussi le modelage pour mieux appréhender l'anatomie.
Parallèlement, il apprend la peinture.
SAINT LOUIS : The Saint-Louis Art Museum
" Henri Matisse - Ellsworth Kelly : Dessins de plantes "
Jusqu'au 14 juillet 2002
Après son séjour à Paris, cette exposition présente la rencontre apocryphe entre Henri
Matisse, le grand maître français de lart de la première partie du XXème
siècle, et Ellsworth Kelly artiste américain, qui a vécu à Paris quelques années, et
qui est aujourd'hui l'une des figures majeures de lart abstrait.
C'est la rencontre entre les mêmes passions chez ces deux artistes pour le dessin des
plantes, des fleurs, des algues, des feuillages et des végétations dans une démarche
qui les rassemble ici, mais qu'au final de la création tout oppose.
Henri Matisse, dès 1900 et plus tard dans les années 40, cherche par le dessin à
explorer et reproduire les innombrables formes et figures de la nature, au travers des
traits simplifiés à l'extrême dans des figures décoratives
Ellsworth Kelly de son côté est envoûté par le motif végétal qui lui sert de modèle
et dont il recherche les formes les plus abstraites.
Cette exposition souligne les affinités créatrices
entre ces deux démarches qui consiste par le dessin à reproduire la fragilité et
l'architecture délicate de la fleur ou de la feuille où apparait la matérialité même
du végétal dans sa forme naturelle, sa matière, sa consistance, ses aspérités, ses
imperfections, et ses infinies nuances, dans une recherche décorative chez Matisse, et
dans une volonté dépuration objective chez Kelly, qui l'entraîne vers
l'abstraction.
NEW YORK : Neue Galerie 1048 Fith Avenue New
York, NY 100 028 (Tél. 00.1.212.628.6200)
" New Worlds : German and Austrian Art, 1890-1940 "
Jusqu'au 18 février 2002
A quelques pas du Metropolitan Museum, la "Neue Galerie" au coin de la
86ème Rue et de la 5ème Avenue, propose un nouveau lieu destiné à la
présentation d'oeuvres d'arts du XXème siècle.
Dans un hôtel particulier , tout près de Central Park, la "Neue Galerie", en
référence à la Neue Galerie de Vienne, fondée en 1923, où Gustav Klimt exposait, se
veut être le lieu de présentation de toute une tendance de l'art du XXème siècle qui
commence avec la Sécession de l'Ecole de Vienne, jusqu'à l'expressionisme et au
dadaïsme.
L'immeuble qui abrite "La Neue Galerie" a été construit en 1914 dans un style
louis XIII et rénové récemment par l' architecte allemande Annabelle Selldorf
Le maître des lieux est le peintre autrichien Gustav Klimt, avec une présentation de
plusieurs de ses oeuvres dans un décor et un style appartenant au décor viennois de son
époque, fait de bois sombre et de parquet ciré dans lequel éclate l'oeuvre impertinente
du peintre.
On peut y admirer le " Portrait de la
Baronne Elisabeth Bachofen-Echt ", peint en 1914, " La Maison
Forestière à Weissenbach sur l'Attersee, de 1912, " La Danseuse "
réalisée vers 1916-1918, mais aussi des oeuvres d' Egon Schiele, tel que " Paysage
de Rivière avec deux arbres " de 1913 ou "Le Portrait du peintre Karl
Zabovsek" de 1910, des oeuvres d 'Oskar Schlemmer dont " Cinq
Nus" de 1929.
Dans une salle entièrement consacrée au dadaïsme, on peut encore y admirer entre autres
des oeuvres d'Otto Dix tel le " Portrait de l'avocat Dr Fritz Glaser "
peint en 1921, de George Grosz, de Max Beckmann, de Ludwig Mies Van Der Rohe,
ou encore Marcel Breuer.
NOTTINGHAM : Lakeside Art Center
" Rubens : dessins d'Italie "
Du 21 septembre au 8 décembre 2002
Cette exposition de la Galerie Djanogly au Lakeside Art Center est consacrée à
Peter Paul Rubens (1577-1640), sans doute l'un des artistes les importants de l'histoire
de l'art occidental. Ce sont plus de 70 oeuvres d'art qui ont été rassemblées ici par
la Galerie Nationale d'Ecosse à Edimbourg, avec des portraits, des peintures
allégoriques et religieuses, des paysages, mais également des motifs décoratifs, des
tapisseries, et des livres pour illustrer le talent débordant et diversifié de Rubens.
Les oeuvres de jeunesse furent essentiellement des
oeuvres d'inspiration religieuse, réalisées comme pour participer à l'oeuvre de
l'église catholique contre le protestantisme. Mais nommé diplomate Peter Paul Rubens a
beaucoup voyagé alors entre les Pays Bas, l'Italie, l'Espagne, la France, et
l'Angleterre, période pendant laquelle son art a beaucoup évolué en se distinguant par
de vigoureuses oppositions colorées dans lesquelles la lumière jouait un grand rôle,
sans doute sous l'influence de ses voyages, en Italie particulièrement entre 1600 et
1608.
Ce sont ses liens avec l'Italie que cette exposition
retrace. Elle est la première de ce genre à se tenir en Grande -Bretagne, en montrant
comment Rubens a copié, étudié et adapté le travail des artistes italiens, non
simplement en ces années de voyages, mais également ensuite durant toute sa vie. Car en
dehors de la réalisation de copies d'oeuvres de la la Renaissance Italienne, Rubens est
intervenu également sur des originaux et des copies réalisées par d'autres artistes en
participant à améliorer leurs techniques de travail et de dessin. C'est ce que montre
cette exposition qui rassemble nombre de dessins d'artistes italiens de l'époque,
largement marqués par l'influence de Rubens.
Par ailleurs les oeuvres exposées prouvent que Rubens n'a pas simplement imité l'art
italien mais il a eu également un dialogue avec les artistes de cette époque par la
réalisation d'adaptations qui attirérent à lui des disciples et des collectionneurs
durant son vivant. Ces copies peintes n'ont jamais été vendues et les nombreux
dessins ont contribués à ses travaux d'études que Rubens a poursuivi de longues années
par un dialogue continu avec l'art italien en enrichissant ainsi sa propre créativité.
LONDRES : The National Gallery
" Vêtements et drapés en peinture "
Du 19 juin au 8 septembre 2002
Bien qu'il passe souvent inaperçu, le tissu joue un rôle essentiel dans la peinture et
au travers l'histoire de la peinture. Il constitue un élément qui permet d'approcher et
d'identifier l'époque, le sujet, le style d'une composition réalisée par un artiste.
Cette exposition de la National Gallery explore certaines des manières dont les artistes
occidentaux ont employé les vêtements et les draperies en tant qu'éléments expressifs
dans la peinture depuis le milieu du XVème jusqu'au milieu du XXème siècle.
Par la présentation thématique qui en a été choisie, le visiteur peut effectuer une
visite panoramique au travers cinq siècles de peinture européenne.
La nudité d'abord depuis le moyen-âge,
représenté par des images de femme a montré l'influence indubitable de la mode d'une
époque. En effet les artistes ont peint le corps nu de la femme par la représentation,
qui était de peindre un idéal féminin au travers la forme créée par leurs vêtements.
Ainsi en peignant la femme, ils la peignaient sous une forme idéalisée dans une nudité
naturelle, dans des représentations qui étaient la manière de faire de l'époque.
Les peintres du XVIème siècle libérés des vêtements et des drapés, ont ensuite
commencé à accentuer l'existence du tissu, en lui donnant de la matière et du volume
afin de souligner l'impact émotif ou psychologique des compositions. Le drapé a
également commencé à apparaître dans les portraits. A partir de la deuxième partie du
XVIIème, le drapé est devenu un peu théâtral, dans des figures et des arrangements de
costumes soulignant les caractères des personnages dans leurs dimensions artificielles.
Avec l'époque romantique, c'est une impulsion nostalgique et un retour vers le
classicisme antique, dans un mouvement néo-classique faisant l'éloge de la simplicité
et la vertu. C'est ainsi que les vêtements et les drapés suggérent la finesse des
textures que l'on trouvait sur les statues grecques et romaines, tandis que les
vêtements masculins longtemps amples et associés à la tenue féminine, sont peu à peu
repensés et évoluent vers le costume simple et élégant .
Au XIXème siècle, les vêtements entre les femmes et les hommes se différencient, vers
des vêtements flamboyants pour les femmes, marqués de sensibilité, de sensualité
et d'émotion, d'imagination, tandis que pour l'homme la tenue reste sombre et
fonctionnelle.
La forme et le sentiment chez les peintres européens du début du XXème siècle ont
subordonné la représentation du vêtement à la représentation et au traitement formel,
traitant les habits comme n'importe quel autre élément de leur compsition. Ils les
utilisent comme des modèles de couleur, pour donner de l'émotion et de l'expression,
mais aussi pour produire des effets subjectifs aux compositions.
LONDRES : Tate Britain
" Matisse - Picasso "
Du 11 mai au 18 août 2002
Cette exposition "Matisse-Picasso" qui rassemble quelques 130 oeuvres, peintures
et sculptures de deux des plus grands artistes de la peinture du XXème siècle, fait le
pari de rassembler deux peintres que tout opposait.
La force calme et déterminée de Matisse contraste avec la vitalité et le bouillonnement
de Picasso. Ce sont les tempéraments de l'homme du nord et de l'homme du sud, qui
rassemblés au travers de leurs oeuvres présentes ici, montrent le rapport ambigu et
opposé entre les deux artistes, où l'on voit au fil des toiles et des années passées,
que la modernité de la création n'a pas toujours été du côté de Picasso, au même
titre que le classicisme n'a pas toujours été du côté de Matisse.
Les oeuvres présentées face à face, paysages,
portraits et natures mortes, montrent non pas totalement une rivalité, mais une
émulation qui naît entre les deux artistes, à partir des années 1910, peu après que
Picasso et Matisse ne se soient rencontrés chez Gertrude Stein en 1906.
Matisse qui est de 12 ans plus âgé que Picasso, est alors déjà un peintre reconnu pour
son oeuvre fauviste, mais Picasso qui est né en 1881, apparaît déjà comme un peintre
surdoué.
Dès lors c'est un "échange" permanent entre les deux peintres, qui faute de ne
pas s'aimer, tout au moins s'observent dans l'évolution de leur art et se reconnaissent
une certaine admiration mutuelle.
Lorsque Matisse quitte Paris en 1917 pour s'installer à Nice, Picasso de son côté
s'engage davantage dans le mouvement surréaliste, ce qui éloigne davantage encore les
deux hommes.
Mais ils poursuivent par l'entremise de leurs oeuvres un dialogue passionnel, par lequel
ils se jaugent, se mesurent, se copient, en travaillant à distance, et dans le temps sur
des thèmes semblables. C'est ainsi par exemple qu'une oeuvre telle que " Les Trois
Musiciens " de Picasso " peinte en 1923, constitue une réponse à "La
leçon de piano" réalisée en 1916 par Matisse, une composition assez abstraite
faite de bandes de différentes couleurs, où semble transparaître sa critique, et sa
vision du cubisme.
Après la Seconde Guerre Mondiale, Picasso se rapproche de Matisse, en lui rendant
quelquefois visite, et en s'installant en 1948 à Vallauris, non loin de chez lui. La
guerre a apaisés les deux hommes, qui s'acceptent mutuellement dans leurs différences et
s'avouent leur admiration respective.
LONDRES : Royal Academy of Arts
" Paris, Capitale des Arts :
1900- 1968"
Jusqu'au 19 avril 2002
L'exposition " Paris, capitale des arts : 1900-1968 " réunit deux cents
quatre-vingts oeuvres en provenance des plus grands musées ou de collections privées du
monde entier, pour rappeler que durant près de soixante-dix ans, Paris fut le centre
mondial de la création artistique, avant que New York, à partir des années soixante ne
prenne le relais . La force créatrice, l'inspiration, le génie issu de
l'impressionnisme, convergent en provenance de différents pays, et fleurissent en ce
début du XXème siècle aux quatres coins de Paris : Montmartre, Montparnasse,
Saint-Germain-des-Prés et le Quartier Latin, où on assiste à l'émergence des plus
grands artistes, avec des toiles qui sont présentées ici au côté de réalisations
d'artistes moins connus, et qui deviendront les chefs d'oeuvres emblématiques que l'on
connaît.
C'est ainsi que se mêlent par exemple le "Portrait d'Olga", peint Picasso en
1923, au côté des oeuvres sombres de Marie Laurencin, et non loin de là, le tableau de
Marcel Duchamp de 1919, reproduisant la Joconde avec des moustaches, sous le titre
"LHOOQ", don de Duchamp à Louis Aragon au début des annnées 1930, ou encore
les dessins d'Antonin Artaud de 1946.
LONDRES : Hayward Gallery
" Paul Klee, la nature de la création "
Jusqu'au 1er avril 2002
La Hayward Gallery a réunit dans cette exposition qui constitue une véritable
rétrospective, une centaine d'oeuvres de Paul Klee (1879-1940), et présente la parcours
créatif de ce peintre qui a tant influencé l'art moderne.
En six étapes, depuis le voyage initiatique du peintre en Tunisie en 1914 avec Louis
Moilliet et August Macke, jusqu'à sa dernière période (1937-1940), où affaiblit
par la maladie le peintre, produit des compositions très épurées, le visiteur
découvre chaque étape du processus de création de Paul Klee, accompagnée par les
considérations de l'artiste sur l'art et sur la créativité, publiées à Bâle en 1956
.
Cette exposition montre comment Paul Klee a clarifié la notion d'abstraction au début du
XXe siècle, davantage que Picasso, Matisse, Braque Kandinsky ou Mondrian en démontrant
que les éléments que sont les formes, les couleurs, les lignes ne sont pas
seulement des outils servant à la composition, mais qu'ils sont des éléments
constituants par eux mêmes l'oeuvre.
Paul Klee très souvent commençait d'abord par le
dessin d'une grille, qui lui permettait de poser les formes et les lignes, et qui lui
donnait ensuite l'intuition et l'automatisme du graphisme à quoi s'ajoutait ensuite
l'expression figurative.
C'est ainsi que des oeuvres telles que " Le Jardin de Roses" peint en 1920,
" La Clé Brisée" réalisée en 1938 ou l' " Enlacement "
de 1939, qui sont d'authentiques chefs d'oeuvres sont présentes ici au nombre des oeuvres
qui ont été choisies, en provenance de différents musées allemands, au côté de
nombreuses oeuvres prêtées par la Fondation Paul Klee de Berne, qui illustrent la
période du peintre au Bauhaus.
LONDRES : Tate Modern
" Andy Warhol "
Jusqu'au 1er avril 2002
Cette grande rétrospective de la Tate Modern de Londres consacrée à Andy Warhol
(1928-1987), a pour but de mettre en avant les aspects les moins connus de l'oeuvre de
l'artiste surnommé le pape américain du Pop Art.
Considéré par certains comme le génial chroniqueur du mode de vie américain ou par
d'autres comme un artiste opportuniste exploitant l'image des célébrités, il reste
quinze ans après sa mort en 1987, un artiste controversé, qui ne laisse personne
indifférent.
Il est né en 1929 à Pittsburgh, mais n'arrive qu'assez tard dans le monde de l'art.
Cette exposition permet de découvrir ses premiers dessins, présentés ici selon un ordre
chronologique, les portraits qu'il réalise dans son atelier de New York dans les années
1950, mais aussi les oeuvres des années 1960 qui ont fait sa gloire, avec son "Elvis
Presley" en pose de cow-boy, ou encore son " Mao", son "Elizabeth
Taylor en Cléopâtre, et son "Jackie Kennedy" réalisée peu après
l'assassinat en 1963 du Président John Kennedy.
Le "Portrait de Marilyn Monroe" avec ses
32 versions, et ses célèbres "Boîtes de soupe Campbell's" de 1967, sont aussi
présentes, de même que des oeuvres plus noires de Warhol composées de séries de
photos de presse illustrant la mort : une femme gisant dans une voiture, un suicidé se
jetant d'un immeuble, un corps dans une ambulance accidentée, un pied écrasé sous les
roues d'un camion, mais aussi des oeuvres beaucoup moins connues de l'artiste, dans
le domaine du film, et des vidéos.
Plus de 200 de ces oeuvres sont réunies dans cette rétrospective, représenatnt son
parcours sur une cinquantaine d'années, et qui montrent Andy Warhol chroniqueur et
critique souvent, mais faisant aussi souvent l'apologie cynique ou froide de la société
américaine, avec un regard nouveau, et affûté sur les travers et le temps de la vie
moderne : la gloire, le pouvoir, la richesse, le sexe, qui font de lui un témoin
spectateur de la réalité historique de son époque.
LONDRES : Tate Britain
"Exposed : The Victorian Nude "
Jusqu'au 27 janvier 2002
La Tate Britain présente une exposition intitulée "Exposed : The Victorian
Nude ", qui concerne les oeuvres d' artistes anglais du XIXème siècle, peintres et
sculpteurs, qui en pleine époque Victorienne, n'hésitent pas à montrer leurs
contemporains envahis de pensées érotiques, et qui représentent sans hésiter, femmes
et hommes, nus, dans de nombreuses compositions, qui venaient s'installer dans les
riches demeures des lords et des banquiers de l'époque.
C'est ainsi qu'avant de s'éclipser devant la déferlante de la mode impressionniste qui
préfèra la peinture et le plein air, les sensations et les impressions, davantage que la
suggestion des drapés des bains turcs, des nus voilés en atelier, et de la sculpture,
cette tendance connaissait un véritable succés avec les peintures par exemple de
nombreux nus sensuels, suggestifs, troublants, lascifs, érotiques, mais aussi parfois
impudiques, indécents, ou pervers, la fin de siècle approchant.
Les oeuvres de peintres tels qu' Arthur Hacker
(1858-1919), Dante Gabriel Rossetti (1828-1882), Joseph Noël Paton (1821-1901), Herbert
Schmalz (1857-1935), mais encore d' Alma Tadema, de Sargent, de Burne-Jones, de
Calderon, de Whistler, ou John Everett Millais, présentés à la Tate Britain,
témoignent de cette période de la peinture et de l'art du XIXème siècle, en réaction
contre la sévérité de l'ère victorienne, mais en proie aussi aux questions de
moralité, de sexualité et de désir .
L'exposition de la Tate Modern de Londres, " Surréalisme : désir illimité
", nous montre ce que fût
l' effervescence créatrice des surréalistes en littérature et dans les arts plastiques,
mais aussi dans le théâtre, le cinéma, la photo, la publicité, jusqu'à leurs
positions dans l'action politique.
Toiles, photographies, culptures, dessins, textes et films réunis dans le cadre de cette
exposition, montrent combien les surréalistes ont pu devoir à la psychanalyse de Sigmund
Freud, et à ses disciples, tel Adler ou Jung, qui ouvrirent à la connaissance l'âme
humaine, par la découverte de l'insconscient.
André Breton et Louis Aragon se rencontrent pendant la guerre, en 1917, alors qu'ils
étaient mobilisés au Val-de-Grâce, en tant qu'étudiants en médecine. Ils découvrent
les secrets de l'inconscient, et se révoltent contre l'horreur et l'absurdité de la
guerre, dans leur apprentissage de la médecine, et s'insurgent tous deux contre le
pragmatisme et le rationalisme, pour porter en avant leur croyance avant tout à la vie,
et à l'esprit de l'homme. D'abord par l'écriture, mais ensuite par la peinture,
les jeunes artistes explorent les expériences de la beauté, de l'amour, de la
sexualité, de l'érotisme, de l'insconscient, par diverses méthodes.
L'expression "automatique" met la
main dans le prolongement immédiat de l'inconscient et des pulsions qui le traverse, soit
par l'écriture, soit par le graphisme. A la suite de Breton, d'Aragon, de Tzara,ou encore
de Benjamin Perret, Georges Bataille, ou Paul Eluard qui explorent ce monde par
l'écriture, André Masson, Matta, Joan Miro, mais aussi Max Ernst, Salvador Dali, René
Magritte, Georges Malkine, ou Paul Delvaux, essaient de leur côté par la figuration de
trancrire l'émotion, la douleur, le fantasme, le rêve dans les expressions diverses
offertes par l'art. Man Ray, Giacometti, Picasso, Bellmer, Marcel Duchamp, Dominguez,
Molinier, Bunuel et bien d'autres encore s'engouffrent dans la brèche ouverte par la
découverte d' Eros et de Thanatos.
Le thème de l'érotisme chez les surréalistes, choisit par la Tate Modern de Londres
montre cette obsession qui envahit la démarche des écrivains, des peintres, des
photographes ou encore d'un cinéaste tel Luis Bunuel, qui délivrent les subjectivités,
les excès, les souffrances, les jouissances des hommes, comme autant de volonté
d'actes de délivrance.
BOMBAY : Musée National
" Les Picasso des Collections Françaises : 1900-1972"
Jusqu'au 30 mars 2002
L'Inde reçoit pour la première fois une exposition consacrée à Picasso. Plus de
120 tableaux, dessins, gravures, sculptures et céramiques du grand maître du
XXème siècle sont en effet présentés à New Delhi puis à Bombay du 15 février au 30
mars prochains.
L'exposition intitulée "Les Picasso des Collections Françaises : 1900-1972 "
recense les étapes et l'itinéraire de Picasso, depuis la "Période Bleue"
jusqu'à ses dernières oeuvres.
Ces expositions permettront au public indien d'apprécier pour la première fois, les
caractéristiques du parcours et créations du maître, avec une présentation de films,
une exposition de photos et une présentation de livres.
Les oeuvres exposées proviennent de plusieurs grands musées français, dont le Musée
Picasso, le Musée d'Art Moderne, le Centre Georges
Pompidou à Paris et des Musées d'Antibes, d'Arles, de Grenoble, de Lyon, de
Saint-Etienne, de Troyes, entre autres, et des collections de Bernard et de Claude
Picasso.
FLORENCE : Galerie des Offices
" Masaccio et les peintres de son époque"
Jusqu'au 20 octobre 2002
Dans le cadre du VIème centenaire de la
naissance de Tomasso di Ser Giovanni dit Masaccio, la Galerie
des Offices à Florence, rend hommage dans cette exposition, à l'un des artistes les plus
important de la Renaissance italienne. Artiste génial, né à San Giovanni
Valdarno le 21 décembre 1401, mort en 1428 à Rome, Masaccio est considéré comme
le premier grand réformateur de la perspective dans la peinture de la Renaissance, car il
est le premier peintre a avoir représenté les lignes de fuite de la perspective à
l'aide de règles géométriques. Il est un véritable novateur, car il romp avec les
séductions du gothique, et réalise l'introduction du naturalisme en peinture, en
proposant une nouvelle esthétique de la perspective et en refusant l'anecdotique de
l'ornement. Suite à Giotto et accompagné dans sa démarche par son ami et son protecteur
Donatello, mais aussi par Brunelleschi, Masaccio dans sa quête d'une nouvelle
organisation plus rationnelle et moderne de la peinture à son époque est surtout le
génial peintre de la Chapelle Brancacci, dans l'église Santa Maria del Carmine de
Florence où il travaille avec Masolino entre 1426 et 1427.
Cette présentation de l'oeuvre, dans le contexte
contemporain du peintre est articulée autour du manifeste de la Renaissance de Masaccio
lui même, " La Trinité " conservée à la Basilique de Santa Maria Novella à
Florence et comprend également de nombreux dessins, des manuscrits, des maquettes
reconstruites pour l'occasion, issues de traités scientifiques, mais aussi des
bas-reliefs, des tableaux qui retracent les diverses étapes de l'affirmation de la
perspective géométrique dans l'art.
C'est ainsi que le visiteur peut découvrir les expériences de Brunelleschi, les
travaux de Donatello et de Ghiberti, les théories de Leon Battista Alberti, mais aussi
l'esprit mathématique de Piero della Francesca, les inventions de Durer et de Galilei,
les innovations cartographiques de Stradano ou de Vasari.
Cette vaste exposition comprend près de 240 pièces exposées dans 10 sections
différentes, mais dautres expositions consacrées au mythe de Masaccio se
déroulent également au Musée dArt Sacré de Cascia di Reggello près de Florence
et durant lautomne 2002 à San Giovanni Valdarno dans la maison natale du peintre.
ITALIE
VENISE : Musée Correr
MESTRE : Centre Culturel Candiani
" Jackson Pollock à Venise "
Jusqu'au 30 juillet 2002
Les villes de Venise et de Mestre, dans la banlieue de Venise, proposent dans le cadre de
ces deux centres artistiques, la plus grande rétrospective jamais réalisée en Italie
pour le peintre américain Jackson Pollock (1912-1956), le maître du "dripping"
et de l'"action painting" dans les années 1950.
L'oeuvre de cet artiste américain est surtout célèbre pour la technique gestuelle qu'il
adopte à partir de 1947, après avoir été influencé par Picasso et par les peintres
muralistes mexicains tels José Orozco et Alfaro Siqueiros, et avoir été marqué par les
oeuvres surréalistes de Mirò et de Masson. Il est l'auteur et le chef de file d'un
certain expressionnisme abstrait développé par l'application et la projection de
peintures sur d'immenses toiles posées au sol, par de grands jets de couleur.
ROME : Musée Vittoriano
" Cézanne, le père des
Modernes""
Jusqu'au 7 juillet 2002
Le père de l'impressionnisme français Paul Cézanne (1839-1906) est à l'honneur en
Italie, dans cette grande exposition qui lui est consacrée au Musée Vittoriano de Rome
sous le titre "Cézanne, le père des modernes".
En effet, jamais Paul Cézanne n'avait eu d'exposition d'envergure en Italie depuis
l'exposition de la Biennale de Venise en 1920, où une vingtaine de toiles,
essentiellement issues de collections privées florentines, avaient alors été
présentées au public, et hormis une exposition de dessins en 1979, qui s'était déjà
tenue dans la capitale.
Cela souligne l'importance que revêt cette présentation pour laquelle 63 des oeuvres du
maître ont été réunies en provenance de différents musées français, dont le Musée
Granet, le Musée d'Aix-en-Provence, le Musée d'Orsay à Paris, et de musées étrangers
comme le Metropolitan Museum of Art de New York, le Kunsthaus de Zurich, le musée
Pouchkine à Moscou, mais aussi de plusieurs musées japonais et de quelques collections
privées.
VENISE : Palazzo Grassi
" De Puvis de Chavannes à Matisse et Picasso "
Jusqu'au 16 juin 2002
Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898) peut être considéré comme l'un des plus grands
inspirateurs de l'art du XXème siècle à l'égal de Manet, de Monet ou de Cézanne.
Il est un peintre un peu oublié aujourd'hui pour avoir été relégué par la critique
depuis des années dans la catégorie des peintres "pompiers", et
"symboliste" alors qu'il a eu une influence considérable, de par la nature de
son oeuvre, sur la peinture européenne et même aux Etats Unis.
Le pari audacieux de cette exposition du Palazzo Grassi sous l'égide de la Direction du
Musée d'Orsay à Paris est de redonner à Puvis de Chavannes, le rôle essentiel qu'il a
eu en tant que "passeur" dans le domaine de la peinture et de la sculpture entre
le reste de classicisme du XIXème et le modernisme du XXème siècle.
Ce sont près de 220 oeuvres, peintures, dessins, sculptures qui réunies, autour de
celles de Pierre Puvis de Chavannes, et en provenance de musées d'une vintaine de pays,
témoignent d'une oeuvre originale, en dehors de tous les tendances artistiques de son
époque, ni académique, ni impressionniste, ni réaliste, et dont les régles
esthétiques reposent sur des lignes synthétiques, une absence de perpective, des
contours finement tracés et des couleurs satinées, dont les influences seront
déterminantes. Les choix de ses compositions sont également d'une dimension
particulière par rapport aux lignes de son époque, puisqu'il peint des allégories, et
des scènes mythologiques, aux messages d'harmonie, de paix, de beauté, ou de sagesse.
Reconnu par les plus grands
artistes de son époque, en commençant par Van Gogh qui le considérait comme son
maître, mais aussi Rodin, Renoir, Monet, Gauguin, Signac, ou Bourdelle, c'est davantage
la critique de l'époque qui à l'issue du Salon de 1864, s'exaspère de ses références
symboliques et s'acharne à ne voir qu'une oeuvre hermétique et sans caractère.
Son influence artistique est pourtant majeure, quand on y regarde de plus près,
sur l'oeuvre par exemple de Georges Seurat, dont " Une Baignade à Asnières
" peinte en 1883 ou "Un Dimanche à la Grande Jatte" de 1884, où l'on peut
retrouver les postures figées et pérennes des personnages. Cette influence on peut la
retrouver également chez Paul Gauguin, dans des oeuvres telles que "Jeunes Baigneurs
" de 1888, mais aussi chez Maurice Denis, Félix Vallotton ou encore Paul Cézanne
avec ses "Baigneuses". Pablo Picasso lui même reprendra des thèmes chers à
Puvis de Chavannes, tel " Femme et Enfant au bord de la mer" peint en 192, en
miroir à " La Charité " peinte en 1887, et Matisse utilisera également
certains thèmes décoratifs empruntés à ses peintures murales. L'influence de Puvis de
Chavannes dépassera également les frontières, pour se retrouver par exemple dans des
oeuvres du peintre Ferdinand Hodler, mais aussi chez Edvard Munch, chez Fernand Khnopff,
ou chez Vilhelm Hammershoï, qui chacun à leur manière ont rejetés le réalisme,
simplifié les compositions et les formes, oublié les perpectives et les profondeurs,
pour donner une primauté au sujet central.
Tout le mérite et l'interêt de cette exposition est donc aussi non seulement d'étudier
l'influence et la filiation de Puvis de Chavannes, mais c'est aussi en quelquesorte
de réhabiliter dans son ampleur l'oeuvre et l'importance de cet artiste.
ROME : Centre Culturel Vittoriano
" De l'Art Nouveau à l'Expressionisme"
Jusqu'au 03 fevrier 2002
Gustav Klimt, Egon Schiele, et Oskar Kokoschka sont à l'honneur dans cette nouvelle
exposition consacrée aux trois grands peintres autrichiens, et intitulée "De l'Art
Nouveau à l'Expressionnisme" au Centre Culturel Vittoriano de Rome.
Ce sont 120 oeuvres majeures, peintures, dessins et aquarelles en provenance les plus
grands musées du monde, dont le Musée Historique et l'Albertina de Vienne et le
Metropolitan Museum de New York, mais aussi de différentes collections privées qui ont
été réunis.
Parmi les oeuvres de Gustav Klimt (1862-1918) sont présentes "Judith I"
réalisée en 1901, "Adam et Eve" peinte en 1917-18, "Nuda Veritas" en
1889, "Les trois âges de la femme" de 1905, le "Portrait d'Eugenia
Primavesi " de 1913, entres autres, soulignant le but que s'assigne à partir de 1897
le fondateur de la "Sécession" viennoise, à promouvoir "l'Art
Nouveau".
Parmi les oeuvres de Kokoschka, le "Portrait de Felix Albrecht Harta" de 1909,
le " Nu de femme assise, les mains derrière la tête" de 1903, et des oeuvres
d'Egon Schiele telles que "Mère avec deux enfants" peint en 1917, ou "Le
Portrait d' Hugo Koller" de 1918, montrent la distance que les deux peintres prennent
avec leur maître, pour s'interresser, non plus à l'éxubérance de l'apparence et de la
beauté sensuelle, mais aux tourments de la vie intérieure des individus à l'aube de la
naissance de la psychanalyse freudienne.
VENISE : Palazzo Grassi San Samuele 3231, Venezia - Tél. + 3904 15 23 16 80
" Balthus"
Jusqu'au 06 janvier 2002
La rétrospective consacrée à Balthus (1908- 2001), par le Palazzo Grassi de Venise, est
l'exposition la plus complète jamais réalisée sur le peintre, décédé le 18 février
dernier près de Montreux, en Suisse.
Ce sont en effet plus d'une centaine de tableaux sur les quelques 350 qu'il a peint qui
sont réunis dans cette exposition faites de près de 250 pièces, dont des dessins, des
aquarelles, des esquisses, sous l'autorité de la veuve du peintre Setsuko Klossowska,
Présidente de la Fondation Balthus.
Certaines oeuvres, telles que "La Chambre", ou "Le Passage du Commerce St
André", peintes en 1952 à Paris, et que le peintre n'avait jamais revues, et
son dernier tableau, resté inachevé, "La Jeune Fille à la Mandoline", sont
présentes ici.
Balthus, de son vrai nom
Balthasar Klossowski de Rola, est né à Paris le 29 février 1908, dans une famille d'un
père d'origine polonaise et d'une mère française. Il
rencontre en 1921 le poète Rainer Maria Rilke, alors qu'il n'a que douze ans et qui
l'encourage à dessiner. Par sa mère Baladine Klossowska, liée
à la famille d'André Gide, il rencontre des écrivains, mais aussi Pierre Bonnard et
André Derain, et quelques années plus tard, Antonin Artaud, dont il se sent très
proche. Parmi ses premières oeuvres, "Le Jardin du Luxembourg" qu'il
peint en 1927, où il figure des jeux d'enfants, révèle déjà une étrangeté de la
lumière, des couleurs et de l'attitude des personnages ou encore "Le Café de
l'Odéon" en 1928 et "Les Quais" qu'il réalise en 1929, donnent une
impression d'étrangeté énigmatique. Appelé parfois "le peintre du
silence", ses oeuvres montrent parfois des scènes d'un
érotisme solitaire et pervers de personnages envahis par leurs rêves.
Les thèmes de Balthus, tout comme son style demeurent les mêmes tout au long de son
oeuvre, jusqu'à des oeuvres plus récentes telles que "Le Rêve", ou "Nu
assoupi".
Picasso, son ami le considérait comme l'un des plus grands artistes du XXème siècle.
Illustration : Couverture du livre " Balthus" paru aux
Editions Flammarion . De Balthus " La Rue " ( détail) 1929
VENISE : Palazzo Grassi:
http://www.palazzograssi.it
AMSTERDAM : Van Gogh Museum
" Van Gogh et Gauguin "
Jusqu'au 2 juin 2002
Cette exposition est une première, car elle porte
sur la cohabitation de Vincent Van Gogh et de Paul Gauguin, qui s'étant lié d'amitié en
1887, décident de confronter leurs techniques, leurs sujets, leurs idées, et de
travailler ensemble à Arles. Gauguin quitte la Bretagne et rejoint Van Gogh le 24 octobre
1888, pour un échange et une rencontre qui ne durera que jusqu'en décembre 1888, en
partageant là ensemble, une minuscule maison.
Entre Van Gogh, qui veut inventer une nouvelle peinture, une peinture de l'avenir, et
Gauguin, pour qui lart doit échapper à la réalité, ce sont des échanges et des
discusssions théoriques sur l'art . Van Gogh qui est pourtant sensible aux toiles
rapportées par Gauguin des Tropiques, a plutôt une vision romantique, tandis que Gauguin
se déclare plutôt comme un primitif . Cette vie commune faite de problèmes d'argent, et
des discussions sur l'organisation matérielle quotidienne, mêlée à une émulation
entre les deux artistes sur des conceptions artistiques qui les opposent transforme leur
cohabitation en situation de tension et de conflit. La vie commune, les débats incessants
et les discordes de plus en plus fréquentes, comme à l'issue de leur visite au Musée
Fabre de Montpellier pour voir les oeuvres de Delacroix qui y sont exposées, aboutissent
le 22 décembre, à une violente querelle entre les deux hommes, alimentée sans doute par
leur consommation excessive d'absinthe, où Van Gogh menace Gauguin d'un rasoir, avant que
de se couper une partie de l'oreille gauche avec ce même rasoir. Van Gogh est
hospitalisé et Gauguin décide de quitter Arles pour Paris et ne jamais plus revoir Van
Gogh. Cette rencontre n'aura duré que neuf semaines suivies encore de quelques lettres
entre les deux artistes.
Lexposition retrace donc pour la première
fois au travers 120 oeuvres empruntées à différents musées du monde, et à plusieurs
collections privées, ce que fut d'un point de vue artistique cette période de vie
commune pour les deux peintres, et l'incidence que cette période difficile a pu avoir sur
la qualité de leurs oeuvres respectives.
Vincent Van Gogh réalisera entre autres, pendant cette période " Les
Tournesols" en août 1888, " Le Café, le soir ", et " Le Café de
nuit" en septembre, " La Maison Jaune", " la Chambre à Arles",
" Souvenir du jardin d'Etten", " Les Vignes rouges d'Arles" en octobre
et novembre ," La Chaise de Van Gogh", " Le Fauteuil de Gauguin" en
décembre et différents portaits, dont celui du " Facteur Roulin " en aout 88,
et "l'Arlésienne", en septembre, des autoportraits, dont celui de septembre
1888, et son "Autoportrait à l'oreille coupée" de février 1889.
De son côté Paul Gauguin, peindra entre autres, " Les Arlésiennes, Mistral",
" les Arbres bleus", " Les Lavandières ", " Les Vendanges",
mais également des portraits, dont "l'Arlésienne", " Madame Roulin",
" Van Gogh peignant les Tournesols", et son "Autoportrait dit : les
Misérables à l'ami Vincent".
Autant d'oeuvres exceptionnelles présentes dans cette grande exposition, sauf, à regret,
"l'Autoportrait à l'oreille coupée".
AMSTERDAM : Rijksmuseum Vincent Van Gogh
" Vincent Van Gogh à Paris : les dessins"
Jusqu'au 06 janvier 2002
Vincent Van Gogh arrive à Paris en mars1886 pour y demeurer jusqu'en février 1888, avec
son frère Théo. C'est une période charnière dans l'évolution artistique du peintre,
car ces deux années marquent une transformation radicale de l'art de Van Gogh, qui
de la grisaille de Nuenen et d'Anvers, va passer aux exaltations colorées d'Arles et de
Saint-Rémy de Provence.
C'est toute l'oeuvre sur papier de cette période qui est présentée en 124 dessins, sur
les 132 repertoriés et connus au travers le monde. Ces dessins qui sont tous
propriété du Musée Van Gogh d'Amsterdam et qui les conserve habituellement dans ses
réserves.
Vincent Van Gogh qui vient d'échouer à l'entrée à l'Académie Royale des Beaux Arts
d'Anvers, vient d'arriver à Paris. Il découvre les impressionnistes, les pontillistes,
les symbolistes et il rencontre Pissarro, Signac, Seurat, Gauguin, Emile Bernard, ou
encore Toulouse-Lautrec.
Au contact de toutes ces tendances et de tous ces
artistes, par l'intermédiare de Théo son frère, qui achète et revend des oeuvres de
Monet, Renoir, ou Sisley, il abandonne ses dessins gris et sombres ou ses teintes
terreuses, pour réaliser des vues plus fraîches ou plus vives et des toiles plus
colorées, enlevées, et de plus en plus rythmées tel que l'on peut le découvrir dans
ses natures mortes. Ses dessins évoluent eux aussi : ils sont à cette époque des vues
de Montmartre, du Jardin du Luxembourg, des boulevards et des moulins de Paris qui lui
rappellent son pays natal. Il compose aussi des scènes de la vie quotidienne, telle cette
femme accroupie au dessus d'une bassine à la manière de Degas, ou le dessin d'une femme
marchant avec son chien à la façon de Daumier, ou des autoportraits d'étude au regard
dense. On y voit disparaître les ombres et les grisailles de la mine de plomb et de
l'encre, pour voir apparaître les jeux de la lumière dans des dessins réhaussés de
peinture à l'eau.
ST PETERSBOURG : Musée de l'Ermitage
" Claude Monet à
l'Ermitage"
Jusqu'au 15 mai 2002
Le musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg présente actuellement une exposition qui
rassemble 45 des oeuvres du peintre français Claude Monet, le maître et le plus brillant
des représentants du courant impressionniste.
Les tableaux de Claude Monet (1840-1926), réunis pour cette occasions dont certains
proviennent des Musées d'Orsay de Paris, du Musée d'Art Moderne de New York, et du
Musée Pouchkine de Moscou, ont été choisis parmi les plus réprésentatifs des oeuvres
disponibles pour illustrer l'oeuvre de Claude Monet.
MARTIGNY : Fondation Gianadda " Berthe Morisot : 1841-
1895 "
Du 24 juin au 19 novembre 2002
Cette exposition de la Fondation Gianadda qui fait suite à la rétrospective du
Palais des Beaux-Arts de Lille, est la plus grande exposition depuis près de quarante
ans, jamais consacrée à Berthe Morisot (1841-1895). Elle réunit près de 140 oeuvres,
les plus représentatives parmi les quelques quatre cents oeuvres recensées de l'artiste.
Amie de Renoir, de Degas, de Cézanne, de Mallarmé, Berthe Morisot, fille de préfet,
bourgeoise et peintre impressionniste à ses heures, a "vécu sa peinture et peint sa
vie", comme l'a écrit Paul Valery.
Elle n'a pas eu à vivre de sa peinture. Mariée très honorablement à 33 ans, au frère d'Edouard Manet, Eugène, dont elle a eu une fille, Julie,
elle a conduit sa carrière de peintre selon son vouloir, en ignorant totalement ce que
cela pouvait avoir de choquant dans son milieu, à son époque.
Ses thèmes préférés sont les représentations du
bonheur sans ombre, tels les visages de femmes et d'enfants, les fleurs dans les jardins
d'été en privilégiant la clarté et la lumière, au risque de laisser parfois
apparaître la trame de la toile, et elle pose elle même volontiers pour ses amis
peintres. Julie, sa fille, a beaucoup servi également de modèle
à sa mère, à toutes les étapes de son enfance et de son adolescence. Ces scènes avec
enfant, en plein air, frappent par leur naturel et leur charme naturel. Ainsi "Les
Pâtés de sable" ou "Eugène Manet et sa fille dans le jardin de Bougival"
illustrent, cet attachement à la vie de famille. Des oeuvres telles que "Le
Berceau", de 1872 ou "Jeune Fille de dos à sa toilette" de 1880,
présentes ici, illustrent également la grande sensibilité
et l'intimisme de l'artiste
Cette superbe exposition propose d'ailleurs, parmi les oeuvres empruntées à différentes
collections privées ou à des musées américains, huit portraits réunis pour la
première fois et réalisés son beau-frère Edouard Manet, dont son fameux tableau "
Berthe Morisot au Bouquet de Violettes", peint en 1872.
LAUSANNE : Fondation de l'Hermitage
" L'Impressionnisme Américain :
1880-1916 "
Jusqu'au 20 octobre 2002
Cette grande exposition consacrée aux peintres impressionnistes américains a pour objet
de montrer que l'impressionisme n'est pas un mouvement aussi monolithique qu'on le croit
généralement, mais qu'il a eu des phases et subit des influences d'origines diverses,
par lesquelles la peinture américaine aura été plus marquée.
L'impressionisme qui apparaît dans les années 1860, et nait officiellement en 1874 lors
de la première exposition du groupe à Paris, a d'abord privilégié la liberté de la
couleur, mais aussi celle de la technique de la peinture par des touches successives. Ce
n'est qu'ensuite, par les compositions et les tendances données au mouvement par
Cézanne, Van Gogh, ou Gauguin, que l'on en est revenu à la forme, par des moyens divers
qui mèneront au post-impressionnisme.
Les peintres américains, auront été plus
influencés par cette étape de l'impressionnisme français à partir des années 1880, et
la plupart d'entre eux se rapprocheront davantage de la vision, réaliste et rurale, des
peintres issus de l'école de Barbizon, enrichi de la tradition paysagiste américaine,
davantage que de l'impressionnisme pur. Les peintres américains auront travaillé dans
des teintes composées, et des tonalités sombres, souvent et par des harmonies
chromatiques parfois ternes.
Il en est ainsi chez William Merritt Chase avec des compositions où la terre et le ciel
se mêlent dans une même clarté d'ocre et de bleu, chez Lowell Birge Harrison qui peint
des sous-bois ocré et romantique, ou encore chez Theodore Robinson dans une oeuvre
intitulée "Moonlight, Giverny" et Williard Leroy Metcalf dans "The Lily
Pond" dont les tonalités sont écrasées par des teintes vert émeraude mêlées au
beige ou au bleu, tandis qu'un peintre comme John Henry Twachtman dans "Snow
Scene" peint des scènes noyées dans l'ombre ou au contraire dans la blancheur très
vive chez Whistler, qui sont assez loin des scènes heureuses, nuancées, chantantes et
colorées de Claude Monet.
L'exception est Mary Cassatt (1844-1926), la seule à avoir fait partie du cercle
impressionniste parisien, et également John Singer Sargent (1856-1925) ou Frederik
Frieseke (1874-1939, dont les compositions et les couleurs demeurent plus vivantes. Mary
Cassatt, dans cette exposition reste l'interprète la plus dominante et la plus
flamboyante toutefois de cet impressionnisme américain avec des oeuvres telles que
"Mère Jeanne et sa fille aînée", une huile peinte en 1908, ou avec des
pastels, comme "Sara et sa mère admirant le bébé" de1901, ou "Jeune
Femme et son enfant" de 1914. Mary Cassatt, est en fait l'aînée de la plupart des
peintres américains, et elle est une référence pour eux, sans qu'ils puissent parvenir
à la fraîcheur de son style, issu sans doute de ses rencontres en France à partir de
1877 avec Degas, et les impressionnistes, avant qu'elle ne revienne aux Etats Unis en
1898.
Dans cette présentation qui comporte de nombreux prêts en provenance de musées
américains, et dont beaucoup sont présentés pour la première fois en Europe, aux
côtés de Mary Cassatt, il faut mentionner également des compositions naturalistes,
telle "Une Femme et un enfant endormis dans une barque sous un saule" de
Sargent, ou le "Portrait d'une femme lisant, à contre-jour", par Irving
Ramsey Wiles, qui contrastent avec les peintures et les portraits souvent sévères et
statiques propres à cette période de la peinture américaine.
VEVEY : Musée Jenish
" Kokoschka le nomade "
Jusqu'au 15 septembre 2002
La Fondation Oskar Kokoschka, du Musée Jenisch à Vevey, créée par la veuve du peintre
en 1987, présente dans le cadre de cette exposition, une grande partie de sa
collection, autour du thème des voyages. Une centaine de croquis, dessins, et tableaux rassemblés ici
restituent la vision du monde du voyageur que fut Kokoschka amoureux de l' Italie, de l' Afrique du Nord et de la Grèce. Oskar Kokoschka qui est né en
1886 à Pöchlarn près de Vienne, et est mort en 1980 à Montreux, marqué comme beaucoup
en cette période de l'histoire par les deux guerres mondiales et par l'hitlerisme, n'a eu
de cesse de parcourir par contrainte de nombreux pays en Europe, mais aussi les pays
méditerranéens. Considéré comme un représentant de "l'art dégénéré", en
1937, 417 de ses oeuvres sont confisquées par les nazis, qui se sont souvenus qu'en mai
1933, il avait protesté contre le départ forcé de Max Liebermann, professeur à
l'Académie des Beaux Arts de Prusse en raison de ses origines juives. En 1935, il avait
publiquement condamné l'invasion italienne en Abyssinie, et pris la défense de l'Espagne
républicaine en 1936.
Oskar Kokoschka qui rencontre
Alma Malher, avant qu'il n'épouse Olda Palkovska à Prague en 1934, est un artiste qui
vit de passions, de visions énergiques et colorées, et de voyages, baptisé qu'il est
par ses proches de "Peintre Pullmann", en raison de ses déplacements par le
train au travers tous les pays. Peintre, mais aussi grand dessinateur, et sans doute l'un
des plus grands coloristes du XXème siècle, il donne à ses dessins de couleurs au
crayon ou à la craie, la vigueur de sa peinture, par une interprétation des émotions et
des sentiments humains remplis de détails et de scènes animées. Il s'attache en effet
à la présence humaine, l'esprit humain, plutôt qu'au mystère de la nature.
Oskar Kokoschka, artiste expressionniste, apparaît dans cette exposition dans les
réalisations les plus apaisées de son uvre, mais ses dessins n'en restent pas
moins des dessins de peintre en proie à des angoissses intérieures, et hanté par les
effets de la lumière et des couleurs qui expriment pour lui, avant tout la vie.
SUISSE
MARTIGNY : Fondation Pierre Gianadda
" Kees Van Dongen "
Jusqu'au 9 juin 2002
La Fondation Pierre Gianadda a rassemblé ici 85 des oeuvres de Kees Van Dongen (1877-
1968) pour une présentation d'un artiste décrié dont l'oeuvre fût inégale, mais dont
il faut reconnaître aussi la flamboyance dans sa première période entre les années
1905 et 1930. Van Dongen est d'abord le peintre de Montmartre, avec la représentation de
sa vie nocturne, au travers les portraits de femmes fardées et de prostituées qu'il
réalise dans les années 1904-1909, influencé qu'il est par l'oeuvre de Toulouse
Lautrec, et de Van Gogh, mais aussi et surtout par le fauvisme de Maurice de Vlaminck et
d'André Derain qu'il rencontre en 1903.
Peintre de la femme, à mi chemin entre le fauvisme et l'expressionisme allemand, il
devient aussi à partir de 1910, et pendant de nombreuses années, un portraitiste mondain
reconnu qui peint des élégantes, des bourgeoises, des actrices, des femmes d'hommes
politiques, tandis que sa maison à Paris devient le lieu à la mode où toutes les
extravagances sont de mise.
C'est à partir de novembre 1941, que sa réputation
se ternit suite à son voyage à Berlin où il est invité par Arno Brecker le sculpteur
officiel du IIIème Reich, et à son engagement politique proche de la collaboration.
Les expositions de Van Dongen sont dès lors boycottées, telle la grande rétrospective
qui lui est consacrée par la Galerie Charpentier en 1942, où il présente 251 de ses
oeuvres. Ce n'est qu'en 1949 qu'il retrouve une certaine reconnaissance, avec l'exposition
franco-allemande " Le Fauvisme Français et les débuts de
lExpressionnisme Allemand " où il ne présente que des oeuvres de 1904 à
1910.
En 1967 le Musée dArt Moderne de Paris organise une nouvelle rétrospective
à loccasion de ses 90 ans, laquelle exposition est présentée à Rotterdam
quelques mois plus tard. Artiste reconnu, sa mort le 28 mai 1968, à Monaco, à l'âge de
quatre-vingt-onze ans passe inaperçue.
LAUSANNE : Fondation de l'Hermitage
" Alberto Giacometti "
Jusqu'au 12 mai 2002
.
Cette exposition clôt la célébration du centenaire d'Alberto Giacometti (1901-1966) en
présentant quelque 150 oeuvres, sculptures, peintures, dessins et lithographies portant
sur la période la plus riche et la plus mature de l'artiste, quand il revient au travail
d'après nature, à partir des annnées 1930, et surtout dans les années après guerre.
Ayant eu auparavant une période surréaliste, et travaillant de mémoire, il en revient
à l'observation directe en entretenant un doute permanent sur sa pratique d'artiste, sur
son existence mais aussi sur la destinée de l'homme.
Ce sont essentiellement les oeuvres de la période après guerre jusqu'à sa mort en 1966
qui sont donc présentées à partir de prêts exceptionnels fait par des collections
privées, dont ceux de la collection de Robert et Lisa Sainsbury, qui rencontrent
Giacometti en 1949, et avec lesquels ils
entretiendront une amitié privilégiée.
Une trentaine de sculptures, des dessins et des tableaux réunis par le couple
témoignent de cette amitié, avec les commandes, faites par les collectionneurs de
portraits de leurs deux enfants David et Elizabeth en 1955, mais aussi des acquisitions
telle que "Diego assis " en 1948, un portrait du frère de l'artiste.
Cette exposition sur deux niveaux montre ainsi le parcours d'un artiste inspiré et
marqué à la fois par l'art antique et par la modernité. Une sculpture telle que "
Mère et fille" réalisée en 1935 montre ce partage de l'artiste, qui n'oublie rien
de la symbolique où la robe longue et rigide de la mère fait contraste avec le foulard
indiscipliné nouant les cheveux de la jeune fille.
Au premier étage, des bustes de Diego au visage
émacié traduise le traitement particulier que l'artiste donne à ses portraits, de même
que la tête de Simone de Beauvoir réalisée en 1946, et qui travaille face à la pose de
son sujet.
Une salle est consacrée à des études dans l'atelier, à des esquisses de paysages, à
des dessins d'arbres et à des natures mortes qui soulignent le retour à la nature
et le dépouillement vers lequel tend l'artiste.
Un "Cheval" qu'il réalise en 1951 synthétise l'extrême auquel il aboutit
quelquefois, dans le traitement filiforme du sujet, de même que des petites sculptures
avoisinent les plus hautes. Une oeuvre telle que " Femme debout II " de 1960
montre comment Giacometti n'a jamais cessé de vouloir rendre sous l'apparence, ce qu'il
sent au dedans d'insaisissable, sous l'apparence.
Tout trahit chez Alberto Giacometti le besoin, la tension, la hâte de capter l'instant
fuyant. Les sculptures traduisent le drame de l'artiste, qui cherche à maintenir en vie
celui qui pose et dont il perçoit au final le sursis de la mort. Illustration : Affiche de
l'exposition Giacometti 2002 Fondation de l'Hermitage Lausanne
La "Villa dei Cedri" du Musée d'Art Civique de
Bellinzona dans le Tessin suisse présente actuellement une importante exposition qui
accueille 44 sculptures de la grande artiste française Camille Claudel.
Après le Kunstmuseum de Berne, il y a 17 ans, et la Fondation Gianadda de Martigny, il y
a 12 ans, cette exposition est une grande première pour les régions du Tessin et de la
Lombardie, car elle rassemble un ensemble de sculptures en provenance de collections
privées, dont en particulier plusieurs oeuvres prêtées par la petite-nièce de
l'artiste Reine-Marie Paris.
Complétée par huit sculptures d'Auguste Rodin, en provenance de la Fondation Singer à
Laren (Hollande) et du Musée d'Art Moderne de Liège (Belgique), cette exposition
démontre ce que fut la contribution de Camille Claudel à "La Porte de
l'Enfer", l' oeuvre majeure de Rodin. La "Tête d'Esclave" réalisée en
1885, présente ici, qui représente le visage d'un damné, montre la participation de
Camille Claudel à la réalisation de la célèbre sculpture de Rodin, mais davantage son
influence sur l'art du maître à cette tumultueuse époque où elle était sa muse, son
amante et sa maîtresse.
GENEVE : Musée d'Art et d'Histoire
" Henri Michaux : Frottages inédits "
Jusqu'au 21 avril 2002
Après la rétrospective du Musée Rath en 1994, le Musée d'Art et d'Histoire de Genève,
consacre une deuxième exposition à Henri Michaux, portant sur une dimension plus
limitée de son oeuvre, puiqu'elle est consacrée aux frottages provenant de carnets de
dessins retrouvés chez des collectionneurs privés.
Ce sont 56 frottages inédits à la mine de plomb que l'on peut découvrir, réalisés
durant la seconde guerre mondiale sur des carnets de papier jauni, alors que Henri Michaux
était dans le Midi de la France prostré, neurasthénique, et en proie à la maladie
mentale .
Dans ces dessins sans titre,
aux tracés légers et doux, dans une grande économie de moyens apparaissent ici et là
des tracés ressemblant à de quelconques insectes aquatiques, ou à des espèces animales
microscopiques, ou encore à des formes de batraciens, qui interrogent, stimulent
l'imaginaire, et révèlent des fluidités qui évolueraient dans de lents mouvements aux
contours sans formes. Ce mouvement, mis en oeuvre par l'artiste à partir de formes
découpées, qu'il glissait sous le papier et bougeait tout en opérant à de légers
frottages donnent des formes fluides qui sont autant d' invitations à la rêverie, à
l'absence ou à la contemplation, suscitée par le minimalisme des compositions .
FRIBOURG : Musée d'Art et d'Histoire 12, Rue Morat Fribourg - Tél. + 026/305 51 67
" Hans Fries. Un peintre au tournant d'une époque"
Jusqu'au 24 février 2002
Fils d'un boulanger, Hans Fries est né vers 1460-1465 à Fribourg. Peintre
officiel dans sa ville natale, il a travaillé aussi pour les villes de Bâle et de Berne,
au tournant d'une époque, comme le souligne le sous-titre de l'exposition, puisque
l'oeuvre de Hans Fries constitue une transition entre un art marqué par le Moyen Age
finissant, et une modernité apparaissant par des compositions annonçant le gothique.
C'est une oeuvre riche et complexe, que permet de découvrir cette exposition, par
l'utilisation qu'a faite Hans Fries, des couleurs vives, des personnages aux visages d'une
grande force expressive et la richesse des détails peints avec la plus grande précision.
Les quelques vingts panneaux peints, les
éléments de retables, et les dessins à la plume présentés ici, ainsi que les quelques
statues polychromes montrent un monde où émerge la couleur, en particulier le rouge, et
l' expressivité des visages, qui traduisent l' émotion, la foi, le sentiment, ou encore
la peur, celui du jugement dernier. Il est le peintre qui met fin aux visages froids et
patibulaires des artistes du Moyen-Age et qui annonce dans ses compositions extrêmement
structurées et construites les règles de ce que sera peu après lui, la représentation
en perspective.
SUISSE
GENEVE : Musée Ariana Avenue de la Paix 10, Genève - Tél. + 022/418 25 00
" La Lumière Ciselée.
Verres gravés d'Allemagne et de Bohême, XVIIe-XXe siècle"
Jusqu'au 14 janvier 2002
Le Musée Ariana de Genève fait une présentation d'une centaine de pièces
d'objets de verreries rares de la collection Buchecker, qui révèle l'art du verre, et
l'art de la "lumière ciselée" très en vogue au cours des XVIIème et
XVIIIème siècles en Europe.
Le graveur sur verre bavarois, Leonhard Buchecker s'installe en 1893 dans le canton de
Nidwald. Il crée aussi en Suisse une entreprise de gravure pour une clientèle
hôtelière. Mais à côté de son activité de décoration d'objets de verrerie de luxe,
Leonhard Buchecker, et son fils, collectionnent des objets de verres gravés ou
taillés venant d'Allemagne ou de Bohême. Car à partir du XVIIe siècle, après une
longue hégémonie du verre vénitien, apparaît un nouvel art du verre en Europe
centrale, celui de la taille du verre. En remplacement, en effet du verre vénitien d'une
grande fragilité, le «cristal» anglais est plus riche en plomb, et le «cristal
de Bohême», lui est plus riche en chaux qui rajoutent à la transparence, leur
solidité, et permettent aux artistes un travail de gravure et de taille, selon des
techniques utilsées par ailleurs dans la taille des pierres précieuses.
Il est vrai que ces techniques donnent aux objets des formes moins fines, que dans la
verrerie vénitienne, mais elles répondent à un goût de l'époque pour des verreries
plus épaisse, et plus robustes.
Cette exposition présente ainsi un échantillon des
différents styles de décors, avec les verreries de style bohémien, plus épaisses, les
verreries de Silésie, plus fines et raffinées, mais aussi les productions de
diverses régions : Saxe, Brandebourg, ou encore de Thuringe,...et montre comment le
passage de la Renaissance à l'âge baroque progressivement annonce le crépuscule de cet
art, et son déclin lié au recours des techniques industrielles, comme l'utilisation de
la couleur, des motifs gravés standardisés, les procédés par moulage du verre ou
encore la gravure à l'acide.
L'Art Nouveau au début du XXème siècle a permis par le travail d'Emile Gallé une
certaine renaissance des techniques du verre gravé, lié aux techniques du verre
polychrome, et renouant avec la finesse et la souplesse du verre vénitien, mais de
manière trop éphémère face à l'industrialisation, qui a quasi faît disparaître
aujourd'hui cet "art du verre".