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EXPOSITIONS PASSEES
FRANCE & REGIONS
Année 2002

 
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|| EXPOSITIONS PARIS et ILE DE FRANCE || EXPOSITIONS FRANCE et REGIONS || EXPOSITIONS AUTOUR DU MONDE ||

 || Le mONDE dEs ARTS ||

ANTIBES : Musée de la Carte Postale
" Francisque Poulbot ou l'Eternelle Jeunesse"
Du 1er octobre au 31 décembre 2002


 Francisque Poulbot : © Musée de la Carte Postale Antibes

 

 


Francisque Poulbot qui est né en 1879 à Saint-Denis (Seine Saint-Denis), est mort le 16 septembre 1946 à Paris. Entre ces deux dates se situent les créations d’un artiste dont les œuvres furent si appréciées et si représentatives de l’ univers de l’enfance, qu’au bout du compte, l’on désigna sous le nom de " petit poulbot " tout gamin malicieux, enjoué, espiègle, débordant de vie et se comportant en digne héritier du " Gavroche " des Misérables de Victor Hugo.
Nous sommes en présence de l’un des rares cas où le nom propre du créateur est devenu un nom commun pour qualifier des personnages s’assimilant directement à ses œuvres.
Ce style immédiatement reconnaissable et reconnu par une large audience populaire n’est certainement pas le fait du hasard. C’est pour son auteur le résultat d’une longue observation et d’une imprégnation des mœurs et coutumes dans le " maquis " de la Butte Montmartre au début du XXème Siècle, tout comme dans le domaine des cabarets qu’il avait coutume de fréquenter pour y admirer les éléments de décoration de ceux qui allaient s’avérer être ses Maîtres : Steinlen et Toulouse Lautrec.

Dessinateur de presse de 1895 (date de la parution de sa première œuvre) dans le journal " Le Pêle- Mêle", jusqu’à 1946 dans " Benjamin ", sa participation à d’innombrables revues se décline dans un inventaire particulièrement impressionnant.
Catherine Saint Martin et François Solo (caricaturiste contemporain), ont réalisé l’ approche la plus complète possible de cette immense activité. Les passionnés pourront se reporter à leur excellent dictionnaire intitulé : " 5000 dessinateurs de presse et quelques supports " aux éditions Te Arte .

Simples reprises de dessins de presse ou résultats d’une création spécifique, les œuvres de Francisque Poulbot se retrouveront tout naturellement éditées en cartes postales.La carte postale, modeste œuvre d’art accessible à tous, convient parfaitement au climat qui émane des scènes enfantines où excelle l’ artiste. On remarque tout de suite la simplicité et la justesse du trait qui traverse les années sans prendre une seule ride. Les propos qu’il prête aux enfants sont souvent espiègles, incisifs mais toujours dénués de méchanceté (gratuite). Habillée d’humour et de légèreté, c’est une grande leçon d’humanisme qui se dégage de l’ ensemble de cette production.

Christian Deflandre.


Illustration : Francisque Poulbot : © Musée de la Carte Postale Antibes

NICE : Musée Matisse
" Matisse - Terrus : histoire d'une amitié : 1905-1917 "
Du 5 octobre au 31 décembre 2002


Henri Matisse : " La Femme au Chapeau. Mme Matisse " 1905 Huile sur toile  © Coll. Part.


Le Musée Matisse de Nice présente dans le cadre de ses "Ateliers de Recherche", une exposition consacrée à un sujet jamais étudié: l' histoire d' une amitié entre Henri Matisse et le peintre catalan Etienne Terrus (1850-1922), qui durera jusqu'en 1917, et qui sera à l’origine d’un nouveau mouvement pictural " le fauvisme".
Matisse, et André Derain avaient décidés de se rendre à Collioure sur les traces de Paul Signac qui y avait séjourné en 1887, fortement influencés qu'ils étaient tous deux par ses recherches pointillistes. Matisse, en avait réalisé l'un de ces chefs d'oeuvres de jeunesse avec sa toile intitulée "Luxe, calme et volupté ", peinte fin 1904, en référence à un poème de Baudelaire : "L'invitation au voyage".

Henri Matisse qui arrive à Collioure en mai 1905, rencontre quelques jours après Etienne Terrus, dont il dit dans une lettre, "j'ai rencontré un peintre des indépendants, ami de Luce, qui s'appelle Terrus et qui est très agréable de compagnie ". André Derain rejoint Matisse quelques semaines plus tard .  "Avec mon mari, écrit Amélie Matisse, ils travaillent ferme malgré la forte chaleur ".
C'est par
cette rencontre avec Etienne Terrus et par cette fusion entre eux, que durant l’été, avec des discussions de travail, entourés de leurs amis artistes, tels Camoin, Manguin, Marquet, dont le sculpteur Maillol dira que ses couleurs sont "comme des notes de Mozart", que nait l'idée que les couleurs doivent servir non pas à décrire un paysage mais à procurer une sensation à l'artiste, comme à celui qui regarde son oeuvre. " On ne peut pas vivre dans un ménage trop bien fait, un ménage de tantes de province, dit Matisse. Alors, on part dans la brousse, pour se donner des moyens plus simples qui n'étouffent pas l'esprit. " ? C'est de ce sentiment et de cette émulation que naîtra dés l’automne suivant, la naissance d’un nouveau mouvement pictural, que l'on appellera " le fauvisme".
Mais ce n'est pas seulement l'histoire de cette amitié que racontent les lettres inédites et les soixante-dix-sept pièces de cette exposition, créée par le Musée d' Elne, dans les Pyrénées-Orientales, où est né et mort etienne Terrus, mais c'est également celle d'une rencontre décisive entre deux artistes, qui donne un éclairage particulier à l'origine du "fauvisme".
Mais elle est également un hommage à Etienne Terrus dont l'oeuvre est restée longtemps anonyme,
lui qui entré aux Beaux-Arts de Paris en 1882, à l'âge de dix-sept ans, expose  pour la première fois à Perpignan à vingt cinq ans et décide de s'établir définitivement à Elne en voulant vivre en harmonie avec la nature et avec son art, en conservant ses amitiés avec Matisse qui est revenu sur Paris, mais également avec le sculpteur Aristide Maillol établi à Banyuls-sur-Mer, Pablo Picasso et le poète Max Jacob, ou encore avec Vlaminck et Derain installés un temps aussi dans le Roussillon.

Illustration : Henri matisse : " La Femme au Chapeau. Mme Matisse " 1905 Huile sur toile  © Coll. Part.

LABASTIDE ROUAIROUX : Musée du Textile
" Maroc. Tapis de tribus"
Jusqu'au 17 novembre 2002

Affiche de l'exposition : détail d'un sac à grains milieu du XXème siècle - Tribu Aït Bou Ichaouen - Haut Atlas   © Coll. Part. - Cliché E. Ossart .

 


Invitation au voyage, cette exposition permet de partir à la découverte de la culture berbère, au travers de somptueux tapis dont la plupart datent du XXème siècle, et issus de collections privées et publiques. La mise en scène inspirée de l'habitat traditionnel marocain, par ses couleurs, ses portes sculptées et ses fontaines, s'articule aurour de 4 espaces, qui symbolisent les 4 régions du Maroc, en partant du Nord ouest pour se terminer au Sud : le Moyen Atlas Oriental, le Moyen Atlas Occidental, le haut atlas prolongé par le djebel Siroua, l'Anti Atlas et le Haouz de Marrakech.
Y sont présentées des oeuvres textiles caractéristiques des principales tribus, que celles-ci soient transhumantes, ou sédentarisées, proches des villes ou éloignées dans les montagnes, parmi lesquelles les Beni Jelidassen, les Beni Sadden, les Marmoucha, les Guerouane, les Aït Sougou, les Zaïane, les Rehamna, les Aït Bou Ichaouen, et d'autres encore.

Ces tapis sont noués, tissés ou de technique mixte. Ils sont réalisés en laine, en poil de chèvre, de dromadaire. Ils ont un épais duvet ou bien sont tissés à plat, selon l'usage auquel ils sont destinés. Tapis de réception, tapis de bât, tenture, couvetrture, telles sont les illustrations de cette exposition.
La culture berbère essentiellemnt orale, faite de poèmes, de fables et de contes, s'illustre magnifiquement sur ces tapis grâce aux coloris, aux motifs et aux symboles de l'univers et de fécondité, que les femmes marocaines ont reproduits au grès de leur inspiration.
Au delà de cet univers artistique, l'exposition montre comment l'influence urbaine, par l'arrivée du
Tapis de Rabat d'origine ottomane, s'est faite sentir sur les créations textiles berbères. Elle rend aussi hommage à ces femmes qui n'ont de cesse de transmettre aux générations futures, leur culture par le biais de cet art que constitue le tissage.

Illustration :
Affiche de l'exposition : détail d'un sac à grains milieu du XXème siècle - Tribu Aït Bou Ichaouen - Haut Atlas   © Coll. Part. - Cliché E. Ossart .

NICE : Musée National Message Biblique Marc Chagall
" Les Della Robbia "
Du 29 juin au 11 novembre 2002


Les Della Robbia était une dynastie de sculpteurs dans la Florence des Médicis, qui avait acquit sa réputation grâce à la terre cuite émaillée qu'elle produisait et à une technique qu'elle avait découverte et dont elle conserva longtemps le secret .
Nombres de monument, d'églises en Toscane ou en Ombrie possédent des exemples de ces sculptures de madones, de saints, d'anges, dont les coloris, le modelé, l'éclat sont autant de témoignages de la spiritualité de l'époque.
Florence, en effet dans la seconde moitié du XVème siècle est une ville dont les richesses proviennent du commerce de la laine et de la soie, de l'industrie du tissage, et en font une ville importance sur le plan économique.

Luca Della Robbia : " Caritas " -Terre cuite émaillée  © Musée National

Tout comme les Médicis, Luca della Robbia (1399 -1482) est issu d'une famille de drapiers, mais il préfère se consacrer à la sculpture. Il se met au service des familles riches de Florence et contribue à l’embellissement des décors des palais et des églises, dont par exemple les reliefs en marbre de la "Tribune des chants" dans la cathédrale de Florence. Reconnu comme un sculpteur de grand talent, il invente une technique de sculpture en terre cuite émaillée qui fait sa renommée dans ce domaine. Il est rejoint par un neveu Andrea della Robbia (1435-1525), qui diversifie cette technique pour l'appliquer à la réalisation de retables, ou de décors en médaillons comme ceux qui ornent le portique de l’Hôpital des Innocents à Florence, puis par ses fils Giovanni (1469-1529) et Luca (1475-1548 ) qui réalisent le décor du cloître de la Chartreuse de Galluzzo.
Le secret de la technique est un jour révélé par l’une des femmes du clan Della Robbia, lequel voit alors l'apparition de sculpteurs rivaux utiliser ce même procédé. La décadence de la famille commence alors, tandis qu'elle est frappée en 1527, par l'épidémie de peste qui gagne Florence et sa région. Luca Della Robbia parvient alors en France pour rejoindre son frère cadet Girolamo (1488-1566), qui depuis 1517 travaille au service de François Ier.

Napoléon III avait fait l'acquisition en 1862 à Rome, d’une partie de la collection du Marquis de Campana et avait permis ainsi au Musée Louvre de faire entrer ces figurines dans les collections du musée avant qu’elles ne soient dispersées dans différents musées français.
Ce sont ainsi cinquante de ces figurines choisies parmi les plus remarquables des Della Robbia, qui sont réunies dans cette exposition, au côté de sculptures d'éléments architecturaux, et d'objets liturgiques.

Illustration : Luca Della Robbia : " Caritas " -Terre cuite émaillée © Musée National

DAOULAS : Centre Culturel
" Les Mondes Dogon"
Du 25 avril au 4 novembre 2002


L'Abbaye de Daoulas présente ici ce que fut l'expédition française de 1930 à 1932 en pays Dogon au centre du Mali, à l'intérieur de la Boucle du Niger, expédition qui servit de source à l'ethnologie française de terrain, pour mieux connaître cette partie de l'Afrique Noire. Les pièces  qui furent rapportées par les explorateurs français sont à l'origine de la naissance du Musée de l'Homme à Paris.
Les Dogons qui ne sont plus qu'au nombre de 200.000 vivent répartis entre différents clans dans de multiples villages, implantés le long des falaises de Bandiagara.
Leurs mythes primitifs et complexes remontent à des temps anciens et s'expriment au travers des ustensiles, des objets rituels et un art très riche liés à ces croyances et à des traditions ancestrales.

Artisanat Dogon : porte de grenier à mil  © Musée des Arts Africains  Paris

Ce sont 200 pièces de l'art et de l'artisanat Dogon qui sont donc présentés, et permettent d'approcher de plus près cette culture qui demeure encore assez peu connue du public, mais dont il faut espérer qu'elle puisse survivre dans son intégrité, et ne perdre son identité, tant elle est depuis que cette région est au patromoine mondial de l'UNESCO, l'objet de la curiosité sur place de touristes de plus en plus nombreux en mal d'aventure et de sensation.

Illustration : Artisanat Dogon :
porte de grenier à mil  © Musée des Arts Africains  Paris

NICE : Musée d'Art Moderne et Contemporain
" Rétrospective Niki de Saint-Phalle "
Du 16 mars au 27 octobre 2002

Illustration : Niki de Saint-Phalle " Tir à la Carabine "  1961 matériaux divers 330 x 210 cm ©  Musée des Beaux Arts Nice


Le Musée d'Art Moderne et d'Art contemporain de Nice accueille cette grande rétrospective Niki de Saint Phalle, dont l'objet est de faire redécouvrir l'oeuvre atypique de cette artiste engagée dans le féminisme à partir des années 1960, et dans le mouvement du Nouveau Réalisme.
Ce sont 325 oeuvres qui sont présentées ici, parmi lesquelles les 170 oeuvres, 63 peintures et sculptures et une centaine d'oeuvres sur papier, gravures et lithographies, qu'elle a offerte au Musée de Nice en octobre dernier.

Née à Neuilly sur Seine en octobre 1930 , fille d'un banquier français et d'une mère américaine, elle s'appele de son vrai nom Catherine Marie-Agnès Fal de Saint-Phalle, dite Niki de Saint-Phalle. Elle avait suivi ses parents aux Etats Unis dès son plus jeune âge, pour habiter ensuite New York à partir de 1937. Très marquée par ses visites au Metropolitan Museum of Art à New York, elle s'interesse à la création artistique très tôt.
En autodidacte, et n'ayant jamais suivi d'enseignement artistique, elle commence à peindre dans les années 1950. Impressionnée par l'oeuvre de Gaudi en 1955 lors d'une visite à Madrid et à Barcelone, elle décide de  faire de la sculpture. Elle dira plus tard" Je n'ai jamais fait l'Ecole des Beaux Arts. La sculpture pour moi, ce n'est pas la culture, mais une manière de vivre".


Elle se fait connaître par une première exposition personnelle où elle réalise  une "action painting" intitulée "Tirs à la carabine", dans laquelle le visiteur tire à la carabine sur des sachets remplis de peintures variées qui coulent sur la toile ou sur des couches de plâtre en relief. Elle ait des assemblages d' objets coupants ou encore des assemblages de divers objets religieux, angelots, crucifix qu'elle couvre de peinture dorée.
Elle sculpte également à partir de 1965 ses premières "Nanas" , dont le sculpteur suisse Jean Tinguely avec lui réalise les armatures métalliques qu'elle couvre d'abord de  de papier mâché, de plâtre et de tissus. Ses "Nanas",   avec leurs formes énormes, rebondies, et colorées, réalisées en papier mâché à ses débuts,puis dans le polyuréthanne ensuite, la rend célèbre alors dans le monde entier. Devenue membre du groupe des Nouveaux Réalistes, elle épouse l'artiste suisse Jean Tinguely en secondes noces en 1971,, avec qui elle réalise des sculptures monumentales pour des commandes de musées, telle l' énorme "Elle" de 25 m de long du Musée de Stockholm en 1966, présentant un sexe béant qui sert d'entrée aux visiteurs.
Parallèlement, elle poursuit un travail personnel de recherche plastique qui lui permet d'être  exposée à Paris, à  Londres, à Amsterdam, à Munich et à New York , mais elle doit aussi sa célébrité par la "Fontaine Stravinsky" ou "Fontaine des Automates"Place Saint-Merri, près du Centre Georges Pompidou, à Paris, qu'elle réalise avec JeanTinguely .
Après la disparition de Jean Tinguely en 1991, elle réalise ses premiers "tableaux éclatés", série de peintures en mouvement, en mémoire de son mari, puis elle compose la sculpture "Les Footballeurs" pour le Musée Olympique de Lausanne, et s'installe en 1994 à San Diego en Californie.
Les oeuvres dont elle a fait don au Musée de Nice, que l'on découvre dans cette exposition  est le résultat d'un concours de circonstance qui l'avait amené déjà à vouloir faire don à la France, il ya dix ans d'une partie de ses oeuvres. La France était restée muette à cette proposition. Alors elle s'était adressée à la Ville de Hanovre qui avait acceptée cette offre et explique le fait que cette ville possède désormais le premier Musée du monde conssacré à Niki de Saint-Phalle. Est venu s' ajouter à cet incident, la disparition il y
a trois ans de la sculpture " La Paysanne " dans les murs du Centre Georges Pompidou, une oeuvre de trois mètres de haut et pesant plus d'une centaine de kilos, qui était l'une de ses premières "Nanas", et qui n'a jamis été retrouvée.C'est pourquoi, de dépit, elle fit le choix du Musée de Nice pour sa deuxième donation, ville où à une époque, elle avait rencontré Yves Klein, Arman, et Ben.
Cette rétrospective s'explique ainsi par le fait que le Musée se trouve aujourd'hui en possession de quelques 170 oeuvres, estimées à environ 15 millions d'euros, et qu'il est devenu le deuxième musée, après celui de Hanovre, à posséder autant d'oeuvres de Niki de Saint Phalle.

Illustration : Niki de Saint-Phalle " Tir à la Carabine "  1961 matériaux divers 330 x 210 cm
©  Musée des Beaux Arts Nice

BORDEAUX : Musée des Beaux Arts
" Albert Marquet. La Collection du Musée de Bordeaux"
Du 31 mai au 15 septembre 2002
>>> Prolongation jusqu'au 20 octobre 2002

Albert Marquet :" La Passerelle à Sainte Adresse " Huile sur carton 50 x 61 cm © Coll. Part.


Le Musée des Beaux-Arts de Bordeaux rend hommage dans cette exposition à Albert Marquet (1875-1947), et présente l'ensemble de sa collection composée de 40 oeuvres peintes et 59 dessins, pour constituer l'une des plus importantes expositions consacrée à cet artiste, depuis quelques années.
Albert Marquet qui est né à Bordeaux dans une famille d'origine modeste fut élève de Gustave Moreau, mais rencontra également à l'Ecole des Arts Décoratifs Henri Matisse avec lequel il se lia d'amitié. Parallèlement à une formation académique, l' artiste commença à peindre dans la mouvance impressionniste, mouvement dont il n'oublia jamais les leçons. Cependant dès 1898, il adopta une palette privilégiant la couleur pure et annonçait ainsi déjà le fauvisme. 

Au Salon d'Automne de 1905, Marquet participe avec son ami Matisse à la première exposition fauve et présente en 1907, sa première exposition particulière. Son oeuvre, marquée par une grande sensibilité, évolue très vite ensuite après sa période fauve vers une palette plus nuancée mais toujours remplie de lumière, et de transparence quand il s'agit de peindre des paysages ou les bords de mer.
Ses compositions privilégient également les paysages urbains. qu'il peint depuis les verrières de ses ateliers successifs, tous situés sur les quais, lorsqu'il habite à Paris.
Ses oeuvres révèlent son goût et sa fascination pour les ambiances, les atmosphères, qui montre son extrême sensibilité d'observation et des compositions faites de sérénité très typiques de son art de peindre.
Albert Marquet était également un grand amateur de voyages. Ayant découvert  d'abord le Maroc et Tanger au cours de deux voyages en 1911 et en 1913, il visite ensuite en 1920 l'Algérie qui deviendra en quelque sorte sa seconde patrie. En 1923, il visite aussi la Tunisie, et quelques années plus tard en 1928, l'Égypte.
Mais c'est l'Algérie qui lui crée les plus fortes émotions, et qui l'amène ensuite à retourner souvent à Alger. Ses toiles reflètent à chacun de ses voyages et du temps qui passe qui passe ses préoccupations et ses découvertes. Grâce à sa femme Marcelle Martinet, il n'a pas de contraintes matérielles. Il peut ainsi voyager, donner libre cours à son inspiration et peindre.
En 1941, il acquiert une maison à  Djenan Sidi Saïd, qu'il appelle "sa campagne". Ce lieu est pour lui une source d'inspiration importante, et lui permet de développer une palette très riche en motifs et en couleurs durant les années de guerre.
C'est donc à la présentation des différentes périodes de la vie et de l'oeuvre de l'artiste que nous convie cette très belle et très riche exposition

Illustration : Albert Marquet : " La Passerelle à Sainte Adresse " Huile sur carton 50 x 61 cm © Coll. Part.

ARLES : Fondation Vincent Van Gogh
" Francis Bacon : Van Gogh sur la route de Tarascon "
Du 10 juillet au 6 octobre 2002

Francis Bacon : "Etude pour un portrait de Van Gogh II" 1957 huile sur toile 198 x 142 cm © Thousand Oaks Californie


Les oeuvres de Francis Bacon (1909-1992) présentées ici pour la première fois en France, portent sur le thème des "autoportraits de Van Gogh marchant sur la route de Tarascon" réalisées entre 1951 et 1957 par l'artiste britannique.
Ces huit toiles qui ont pu être rassemblées par la Fondation Van Gogh d'Arles est une véritable gageure, car elle permet de voir ensemble des oeuvres, qui n'avaient pas été présentées depuis l'exposition de la Hanover Gallery de Londres en 1957.
Cette exposition s'ajoute d'une oeuvre intitulée "Hommage à Van Gogh" réalisée en 1958, par Bacon, et des deux "Etudes pour un portrait de Van Gogh" en provenance de la Hirshhorn Collection de Washington. D'autres toiles en provenance des Etats Unis, de la Tate et de la Hayward Gallery à Londres, mais aussi d'Allemagne, de Suède, du Centre Pompidou à Paris ou de collections particulières complètent cette exposition  exceptionnelle. Des portraits photographiques de Francis Bacon réalisés par Peter Beard, Perry Ogden, Lewinski ou Benson sont également présentés.

Cette série de tableaux peints par Bacon, est directement inspirée de l'oeuvre de Vincent Van Gogh réalisée en 1888 et intitulée "Autoportrait sur la route de Tarascon", détruite par les bombes qui tombèrent sur le Musée de Magdebourg à Dresde durant la Seconde guerre mondiale. Francis Bacon avait conservé en mémoire ce tableau, marqué et fasciné qu'il avait été par cet autoportrait où Van Gogh se reproduit tel un personnage errant sous un soleil de plomb le long d'une route avec un carton à dessins sous le bras, et un sac sur le dos.
Francis Bacon voulut reproduire dans cette série, cette fascination et cette sensation
d' incandescence qu'il eut devant l'oeuvre de Van Gogh en la conduisant jusqu'à son extrême.  Différentes études dont l'"Etude pour un portrait de Van Gogh II " de 1957, s'arrête à nouveau à la retranscription de cette incandescence par des couleurs rouges et jaunes données au paysage, par les ocres chauds et rougeoyants de la route, le bleu vif du ciel, et traduire les brûlures accablantes du soleil sur le   peintre aux pas lents, le long d'un chemin aux arbres morts.


Illustration :  Francis Bacon : "Etude pour un portrait de Van Gogh II" 1957 huile sur toile 198 x 142 cm
© Thousand Oaks Californie


CAEN : L'Abbaye aux Dames
" Camille Claudel "
Du 2 août au 6 octobre 2002


Le génie créateur de Camille Claudel, artiste passionnée, mais aussi inspiratrice, modèle, confidente, et maîtresse de Rodin, on le sait aura été occulté par la gloire de son maître et par une intensité créatrice qui l'aura conduit à la solitude obsessionnelle, à la névrose, au délire de persécution et finalement à l'asile.
Artiste maudite, incomprise, presque oubliée, elle est revenue dans nos mémoires par la magie du cinéma, sous les traits d'Isabelle Adjani.

C.Claudel "Torse de femme" Bronze 1884 © Coll. part.


On redécouvre aujourd'hui la parfaite maîtrise de sa  technique et du détail qui font l'originalité de son œuvre dans l'histoire de la sculpture, par rapport à celle de son éminent maître qui ne sera resté finalement qu'un classique.
Cette exposition permet au travers 47 de ses s
culptures, en provenance de collections particulières, de mesurer la densité et la richesse de son inspiration et de sa passion pour la sculpture.
Illustration : Camille Claudel  :  "Torse de femme"  Bronze 1884
© Coll. part


voir page " Camille Claudel "

CAP D'AGDE : Musée de l'Ephèbe
"Saveurs et senteurs antiques"
Jusqu'au 30 septembre 2002

Oenoché à bec treflé © Musée Archéologique Cimiez de Nice

Oenochoé à bec treflé
© Musée Archéologique Cimiez  Nice


Le Musée de l’Ephèbe du Cap d’Agde, niché dans son écrin de verdures aux essences méditerranéennes, accueille une superbe exposition dont l' originalité, au travers la présentation de plus de 220 pièces archéologiques, dont certaines présentées pour la première fois au public, est de nous faire découvrir sur ce que fut dans l'antiquité Gréco-romaine, l'usage, la production et le commerce des produits les plus utilisés à cette époque, dans les échanges entre les pays du pourtour méditerranéen. Le vin, l'huile, le miel, les épices, les plantes aromatiques, les encens, les parfums, les élixirs sont au centre d'un commerce extrêmement dense en effet, successivement entre les étrusques, les grecs, les romains avec l'ensemble des habitants du sud de la Gaule, puis de la Gaule romaine, au travers un port de commerce très important que fut Agde entre le VIème siècle avant J.C.et le IVème siècle après J.C.


Ainsi au travers les "cinq sens ", la vue, l'odorat, l'ouie, le toucher et le goût, cette exposition nous invite à un parcours dans ces temps de l'antiquité et éveille de façon originale nos propres sens non seulement à la curiosité de ce que pouvaient être la vie quotidienne, les arts de la table, les goûts et les senteurs, mais encore nous fait découvrir  la fabrication des parfums, des aromates, des mets, et l'ensemble des arts et des objets liés au transport, à la conservation, à l'utilisation des vins, des aliments, ou des onguents : amphores, vases, fioles et autres askos, lécythes, oenochoes, ou balsamaires richement décorés.
A l'issue de l'exposition, un thermopolium, taverne où l'on vendait alors des boissons chaudes, et un triclinium, petite salle à manger avec des lits, tels qu'on les trouvait à Pompéi, proposent aux visiteurs une dégustation des produits que l'on consommait à l'époque  : le vin d'arthémise ( vin où a macéré de l'absinthe avec du miel), le mulsum ( vin avec du miel, de la cannelle, du poivre et du thym), l'hydromel, la cervoise, ou la posca pour les enfants (boisson à base d'eau fraîche aromatisée au vinaigre), ou encore, le salsum ( pâté de poisson servi sur une tranche de pain), le moretum ( fromage frais de brebis avec des pignons, des amandes et du miel), ou la patina ( gâteau de poire).

BELFORT : Tour 46
" Fernand Léger : de la couleur et des couleurs"
Du 24 mai au 22 septembre 2002

Fernand Léger : " Composition aux Trois Figures" 1932  Huile sur toile 182 x 230 cm


Cette exposition est un hommage à Fernand Léger (1881-1955), par la réunion d'une soixantaine d'oeuvres, en provenance notamment de la Donation Jardot faite à la Cité de Belfort.
Le choix des oeuvres présentées démontre une fois encore quelle était l'importance de la couleur pour le peintre, et davantage quelle était la fascination qu'elle produisait sur lui, lui qui la considérait comme une "matière première, un élément vital, un essentiel comme l'eau et le feu, indispensable à la vie", ainsi qu'il l'avait déclaré en 1933 lors d'une conférence au Kunstmuseum de Zurich.

En dehors de la matière, les sujets que sont le modernisme et le  machinisme sont  également au centre de l'oeuvre de Fernand Léger, admiratif qu'il est des techniques, des engins et des machines agricoles symboles de force et de puissance, et moyens d'une libération des hommes. Ses séjours qu'il effectue aux Etats Unis et particulièrement à New York, entre 1940 et 1945, sont pour lui un éblouissement et la révélation d'un nouveau monde possible grâce au machinisme et à la technologie. L'homme lui-même dans son activités au quotidien, dans la rue, dans sa vitalité, dans sa créativité, intéresse l'artiste et est le centre d'interêt de nombreuses de ses oeuvres, car il est également la vie.
L'exposition laisse place également au travail d'illustrateur du peintre, et à son travail d'édition, et permet de révéler s'il le fallait encore, la force poétique mais aussi le génie de l'artiste, qui  a su comprendre l'évolution du monde contemporain.

lIlustration :
Fernand Léger : " Composition aux Trois Figures" 1932  Huile sur toile 182 x 230 cm
©
Musée National d'Art Moderne - Centre Georges Pompidou Paris

STRASBOURG : Musée des Beaux Arts
" Théodore Chasseriau, un autre romantisme"
Du 19 juin au 21 septembre 2002


Le peintre Théodore Chassériau (1819 -1856) n'avait pas fait l'objet d'exposition importante et d'aucune rétrospective en France depuis 1933. Après l'exposition aux Galeries Nationales du Grand Palais à Paris, cette présente exposition rassemble 46 tableaux, 60 dessins et 16 eaux-fortes, pour présenter un aperçu différent et complémentaire de l'art de Chassériau.
Parmi ces 46 tableaux, quatre sont exposées en permanence au Musée des Beaux-Arts, au sein de la section XIXème siècle comportant divers  tableaux de Corot. Il s'agit d'un "Intérieur de Harem", un des thèmes orientaux favoris de Chassériau, de l'extraordinaire "Mazeppa "et de deux esquisses pour Othello, qu'accompagnera la série des eaux-fortes sur ce thème.

Pour les dessins, 40 d'entre eux ne seront exposés qu'à Strasbourg, en provenance du Louvre dont deux en provenance du Getty Museum et du Musée des Beaux-Arts de Dijon.
Grâce à ces dessins, la maîtrise du dessinateur que fut Chasseriau apparaît parfaitement. Qu'il s'agisse du portraitiste éblouissant -19 dessins dont l'étude pour le fascinant "Portrait de Mlle de Cabarrus"-, du spectateur de la nature ou du peintre réalisant des compositions profanes et religieuses.

 

Théodore Chasseriau: " La Toilette d'Esther" 1841  Huile sur toile  45 x 35 cm  © Musée du Louvre Paris

Le parcours ici a été conçu de manière à faire ressortir diverses facettes de l'art de Chassériau.
A l'intérieur de chaque section thématique ressortent les évolutions et les constantes perceptibles pendant la courte
carrière du peintre. Cela est particulièrement frappant pour ses  portraits (salle 9 et 10).
Sa méthode qui consiste à utilisant des ressources graphiques et picturales, en particulier pour les grands décors, est mise en valeur (salles 6 et 7). De même que les deux faces de l'Orientalisme de Chassériau sont mise en évidence : d'un côté l' Orient brutal, de la conquête coloniale, face à un Orient "ethnographique". Le thème féminin est permanent dans son oeuvre où la douleur n'est jamais loin de la sensualité (salle 8). Des oeuvres au statut parfois encore indéfini -esquisses ou oeuvres (in-) achevées ?- parlent à notre sensibilité par leur « expressionnisme » (salle 13).
Occupant la presque totalité du Musée l'exposition laisse quatre salles pour présenter une petite partie de ses collections permanentes en liaison avec Chasseriau, avec la présence de ses contemporains et amis avec des oeuvres emblématiques, une esquisse de Delacroix, des oeuvres de peintres orientalistes, telle celle de son ami Marilhat, ou des bronzes de Barye,  un tableau de Courbet,  une importante peinture de Gustave Doré, "Les Martyrs chrétiens " de 1871, prêtée par le Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg .

L'exposition a été conçue, telle qu' au XIXème siècle, et selon cette époque où les musées s'inspiraient dans leur accrochage des palais, tels ceux de Rome que Chassériau avait visité, en mélangeant les écoles et les périodes, comme on le faisait alors.

Le musée des Beaux-Arts de Strasbourg possède une des plus importantes collections de peintures anciennes en région. Toutes les écoles sont représentées des Primitifs (Giotto) à Courbet et Carpeaux, en passant par Memling, Botticelli, Piero di Cosimo, Raphaël, Véronèse, Corrège, Lucas de Leyde, Greco, Rubens, Champaigne, Largillierre, Boucher, Canaletto, Tiepolo et Goya.


Illustration : Théodore Chasseriau  " La Toilette d'Esther " 1841 Huile sur toile 45 x 35 cm
© Musée du Louvre Paris


voir "Communiqué"

TROYES : Musée Saint-Loup
" Gustave Le Gray 
: l'émotion photographiée"
Du 28 juin au 16 septembre 2002

Gustave Le Gray : " La Grande Vague-Sète " 1857 Cliché sur papier albuminé  © Coll.Part.

 


Gustave le Gray (1820-1882), fut l'un des premiers pionniers de la photographie. Le Musée Condé de Chantilly, avait proposé au printyemps la présentation des photographies de Gustave Le Gray en provenance de la collection ayant appartenu à Henri d’Orléans, Duc d’Aumale (1822-1897), lequel avait fait don à l’Institut de France du Château de Chantilly en 1886, de ses collections de peintures, de ses dessins et de ses livres précieux, mais également de son imposante collection de photographies anciennes. 

Le fonds photographique du Musée Saint-Loup de Troyes qui constitue le second fonds d'importance après celui de Chantilly conserve une importante collection de photographies   anciennes, dont 73 clichés de Gustave Le Gray sur papier datant en majorité de la deuxième moitié du XIXème siècle, remarquables tant par la période ( clichés de 1856 à  1858), que par les sujets traités : marines, nuages et camp militaire de Châlons sur Marne.
Dans la présentation de Chantilly, on retrouvait les photographies d'oeuvres d'art prises par Gustave Le Gray telles "La Joconde" de Léonard de Vinci photographiée au Musée du Louvre, ainsi que de nombreux portraits, et on trouvait également un grand nombre de photographies de marines prises par Le Gray, acquises par le Duc d'Aumale en 1856 à Londres.

Ici, c'est toute l'émotion, la force et la générosité de l'artiste qui se dégagent, dans des photographies moins connues, dont la série de nuages, mais aussi de quelques clichés plus  cèlèbres tel que celui de " La Vague Brisée" présente dans cette superbe exposition.

Illustration : Gustave Le Gray : " La Grande Vague
-Sète " 1857 Cliché sur papier albuminé  © Coll.Part.

AIX LES BAINS : Musée Faure
" Henri Matisse : femmes assises"
Du 21 juin au 15 septembre 2002


Le Musée Faure a pu rassembler un grand nombre de gravures et de lithographies réalisées par Henri Matisse entre 1906 et 1936, en provenance de différents musées français sur le thème des femmes assises. Dans le prolongement de l'amour qu'il avait pour la peinture, mais aussi pour le dessin, Matisse s'interessa également aux différentes techniques de la gravure : eau forte, pointe sèche, lithographie, ou encore gravure sur linoléum ou monotype.
C'est à partir de 1903 qu'il commence à utiliser ces différentes techniques au travers un nombre important de liseuses, d'odalisques, de nus, qu'il réalise, et qui lui permet de faire des recherches de modelés, des exercices de traits stylisés, en recherche de réduction et de simplification des lignes entre les années 1910 et 1920.

Henri Matisse  " Nu assis aux bras levés" 1924 Lithographie 61 x 47 cm © Musée d'Art Moderne New York

A partir de 1922, Henri Matisse, s'arrête davantage aux techniques de la lithographie, avec lesquelles il développe toutes les possibilités que lui offrent l'utilisation du noir et de toutes les variantes du gris et du blanc, pour des oeuvres plus riches et plus précises dans les détails. En 1929, il en revient aux eaux-fortes représentant des nus, dans lesquelles, ce sont les lignes qui reprennent l'avantage sur la texture qu'il avait travaillée par exemple par la lithographie, et il se consacre également à l'illustration de livres, telles les eaux-fortes qu'il réalise pour les poèmes de Stéphane Mallarmé, pour des oeuvres de Montherlant, ou plus tard pour des poèmes de Ronsard destinés à  des éditions en tirages limités.
Cette exposition permet ainsi d'observer, voire de découvrir l'évolution entre ces différentes techniques utilisées par l'artiste et la mise en évidence de sa puissante écriture graphique.

Illustration : Henri Matisse  " Nu assis aux bras levés" 1924 Lithographie 61 x 47 cm
© Musée d'Art Moderne New York


TOULOUSE : Musée des Augustins
" Lubin Baugin, un grand maître retrouvé "

Du 27 juin au 9 septembre 2002

Lubin Baugin : "La vierge, l'Enfant Jésus et Saint Jean" Huile sur  bois " 34 x 26 cm © Musée des Beaux Arts Nancy


Lubin Baugin (1608-1663)  est l'un des derniers grands peintres français du XVIIème siècle à n'avoir pas encore fait l'objet d'une étude approfondie et d'une grande exposition.
Après l'exposition inaugurée et présentée au Musée des Beaux-Arts d'Orléans, l'artiste est présenté aujourd'hui au Musée des Augustins à Toulouse.
En effet, pour la première fois, ce sont une cinquantaine de tableaux qui ont été rassemblés, pour permettre de mieux faire connaître l'oeuvre de ce grand peintre oublié, et de dévoiler la personnalité subtile et plutôt étonnante de Lubin Baugin.

Parmi ses oeuvres de jeunesse, il faut en particulier retenir ses natures mortes qui comptent parmi les plus belles et les plus surprenantes du genre en France, telles " Nature Morte à l'Echiquier ", ou " Nature Morte aux Gaufrettes " ou encore " La Coupe de Fruits" au Musée de Rennes .
Plus tard ce sont ses " Vierges à l'enfant" qui lui ont assuré de son vivant une réputation de peintre remarquable, ainsi que de grandes compositions religieuses comme celle de Notre Dame de Paris, de par les empreintes de délicatesse et d'élégance propre à Le Corrège et à Parmesan, de sensibilité, et de tendresse, héritées
de l'Ecole de Fontainebleau, qui caractériseront principalement ses compositions.

Illustration : Lubin Baugin : "La vierge, l'
Enfant Jésus et Saint Jean" Huile sur  bois " 34 x 26 cm
© Musée des Beaux Arts Nancy

LYON : Musée des Beaux Arts
" L'Ecole de Barbizon"
Du 22 juin au 9 septembre 2002

Jules Dupré " Paysages avec vaches" 1850 Huile sur toile 90 x 117 cm © Musée de l'Ermitage St Petersbourg


Dans cette exposition, le Musée des Beaux Arts de Lyon rassemble une centaine d'oeuvres, qui démontrent que les peintres impressionnistes n'ont pas eu le monopole de la peinture en plein air, mais davantage, que les peintres de Barbizon, derrière Théodore Rousseau et Jean François Millet , tous épris de nature, et de réalisme, plantaient les uns après les autres leurs chevalets dans la campagne autour de Fontainebleau, pour exprimer leur amour de la liberté, de la vie campagnarde et de ses paysages bucoliques.

Entre 1840 et 1860, se réunissent et se rencontrent ainsi à Barbizon, à l'Auberge Ganne, les plus grands paysagistes de l'époque, tels Troyon, Huet, Nanteuil, Corot, Caruelle d'Aligny, Diaz de la Pena, Daubigny, Desgoffe, Dupré, qui vont dans la campagne et dans la forêt à la recherche des émotions et des lumières qui en font en fait les véritables précurseurs de l'impressionnisme.
Monet, Renoir et Cézanne firent vite oublier la plupart de ces artistes, pourtant consacrés par Charles Baudelaire ou Théophile Gautier, dont l'histoire de la peinture en a fait en
quelquesorte des peintres "intermédiaires".
C'est une injustice que le Musée des Beaux Arts de Lyon ici contribue à réparer, ceux là qui furent également les inventeurs du respect de la nature, et quelque part les premiers écologistes à vouloir protéger les paysages en les fixant sur la toile, tout en protestant contre les agissements des hommes à la défigurer, à l'exploiter et à provoquer des déséquilibres. Théodore Rousseau écrivait déjà en 1872 : "L'homme s'agite dans son ignorance, intervertit l'ordre dans la nature et rompt les équilibres "


lIlustration :  Jules Dupré " Paysages avec vaches" 1850 Huile sur toile 90 x 117 cm
© Musée de l'Ermitage St Petersbourg

STRASBOURG : Musée d'Art Moderne et Contemporain
" Joaquin Torres-Garcia, Rétrospective"
Du 24 mai au 8 septembre 2002


L’exposition rétrospective de Torres-Garcia ( Montévideo 1874-1949), présentée au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg offre au public une vision complète de l’œuvre de ce créateur d’avant-garde en rassemblant une centaine de pièces, des tableaux et sculptures, dessins et jouets, provenant d’une part de collections privées, et d’autre part des collections des plus grands musées français et étrangers (dont le Musée National d’Art Moderne à Paris, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, le Museu d’Art Contemporani à Barcelone, le Museo Centro de Arte Reina Sofia à Madrid, le MoMA à New York ou encore la Fondation Torres-Garcia à Montevideo en Uruguay).

Cette manifestation demeure la première grande exposition de Torres-Garcia présentée dans un musée français depuis celle de 1975, organisée au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Elle s’attachera à présenter l’ensemble des travaux de Torres-Garcia tout en réservant une place particulière au séjour parisien de l’artiste, de 1926 à 1934.

Joaquin Torres-Garcia : " Figure de femme assise" 1936 Huile sur carton 49x 39,5 cm  © Coll. Part.

Durant cette période il rencontre les principaux acteurs de l’abstraction géométrique : Arp et Van Doesburg - historiquement liés à la Ville de Strasbourg -, Domela, Hélion ou encore Mondrian. Membre fondateur du Groupe "Cercle et Carré en 1930" aux côtés de Michel Seuphor, il développe à Paris un constructivisme synthétique entre abstraction pure et valeurs archaïques précolombiennes, entre la règle et l’aléatoire. Une section présentera des œuvres de ces artistes d’avant-garde et mettra en lumière la place de Torres-Garcia dans l’activité artistique de l’époque. L’accent sera mis également sur les jouets de bois fabriqués par l’artiste parallèlement à sa production picturale, qui furent présentés pour la première fois à la Galerie Dalmau à Barcelone en 1918. Cette section permettra de souligner l’action pédagogique de Torres-Garcia, qui, à son retour en Uruguay en 1935, créa une Association pour un Art Constructif, école et centre intellectuel, véritable organe de diffusion de ses idées.

Cette rétrospective sera l’occasion d’éditer un important catalogue d’environ 280 pages auquel collaboreront des spécialistes du monde entier et qui rassemblera pour la première fois en France une anthologie des textes de Torres-Garcia.

Illustration : Joaquin Torres -Garcia : " Figure de femme assise" 1936 Huile sur carton 49 x 39,5 cm
© Coll. Part.

GIVERNY : Musée d'Art Américain
"Jasper Johns
: l'oeuvre gravé 1960 - 2000 "
Du 23 juin au 8 septembre 2002


Le Musée d'Art Américain de Giverny présente ici une rétrospective de l'oeuvre de l'un des peintres américains contemporains les plus renommés, qu'est Jasper Johns. On y découvre toutes les techniques de gravures utilisées par l'artiste entre les années 1960 et 2000, bien connu pour ses peintures de drapeaux américains et ses sculptures de boîte de bières, au travers une série d'oeuvres graphiques : estampes, lithographies, sérigraphies, eaux fortes, comme autant d'oeuvres qui en font l'un des artistes les plus influents sur le mouvement du pop'art.

Jasper Johns : " Land's End " 1978  Eau forte et couleurs - 106  x75 cm © Coll. Part.


Ce sont une soixantaine d'oeuvres ou copies que l'on découvre dans cette exposition qui peuvent montrer l'influence qu'il a pu exercer sur d'autres artistes tels que Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Claes Oldenbourg, Tom Wesselman, James Rosenquist, Robert Indiana, David Hockney ou Peter Blake, entre d'autres.
Jasper Johns qui né à Augusta en Géorgie en 1930, suit des cours à l'université de Columbia en Caroline du Sud,  puis s'installe à New York en1949, où il suit des cours dans une école d'art, pour faire de la publicité, et vit de différents petits métiers. Après son passage à l'armée, à la fin de 1954, il rencontre Robert Raushenberg et John Cage, avec lesquels il se lie d'amitié, et commence à peindre ses séries de lettres et de chiffres. 
En 1955, il détruit une partie de ses oeuvres antérieures, et se met à peindre les séries bien connues de drapeaux américains, ou de cibles, tout en travaillant à la réalisation de boutiques de luxe. En 1958, la Galerie de Castelli de Lion à New York organise sa première exposition individuelle avec succès.
Avec les années 60, Jasper Johns se concentre sur l'emploi d'objets de la vie courante dans son art et il moule par exemple une sculpture composé de deux bidons de bière qu'il intitule "bronze peint" et incorpore de vrais objets à ses toiles. Son art prend peu à peu les objets de la vie quotidienne comme matière de ses compositions. C'est la naissance du pop'art.

Dans les années 70, l'oeuvre de Johns se déplace vers des travaux monochromatiques et des séries de peinture composées de hachures et de croix dans des formes géométriques, tandis que les les années 80, il se  concentre sur des thèmes plus autobiographiques en incorporant des objets personnels dans son travail. Dans une démarche totalement différente de celle de Marcel Duchamp et mouvement de Dada en France dans les années 20, il ne détourne pas le sens des objets, tels qu'un porte-bouteille ou un urinoir, pour leur donner une autre valeur et un autre référent, mais il incorpore les objets communs dans sa peinture comme une réaction contre l'expressionisme abstrait peu accessible au grand-public et sans aucun repère iconographique.A sa suite plusieurs artistes américains du pop'art prendront le thème des objets journaliers  en les dépeignant sous une forme plus commerciale : images des boîtes de potage de soupe Campbell, ou des  hamburgers en grands formats, ou encore des sculptures composé d'objets comme des machines à écrire. Les thèmes de ces artistes ne sont pas de critiquer la société de consommation ou du commerce, mais d'extraire un modèle artistique par l'emprunt qu'ils font à la société et aux médias. y compris par exemple en détournant les techniques d'impression de la bande dessinée ou encore de la publicité.
Il obtient le Grand Prix de la Biennale de Venise en 1988, avec une oeuvre intitulée " Les Quatre Saisons" qui consacre son oeuvre et le reconnaît mondialement comme l'un des plus grand artistes contemporains.


Cette excursion ici dans l'oeuvre graphique de Jasper Johns montre la grande variété d'inspiration de l'artiste, mais également des techniques utilisées, qui commencent par l'utilisation des motifs iconiques que sont les chiffres et les lettres de l'alphabet, en passant par les séries des cibles et des drapeaux, jusqu'à des oeuvres où apparaissent des motifs aléatoires et abstraits composés avec des rayures ou encore des copies qui mettent en référence l'histoire de l'art et les articles personnels significatifs de sa vie .

Illustration : Jasper Johns : " Land's End " 1978   Eau forte et couleurs - 106  x75 cm © Coll. Part.

STRASBOURG : Musée d'Art Moderne et Contemporain
" Silvia Bächli - Cabinet d'art graphique"
Du 24 mai au 8 septembre 2002

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L’œuvre de Silvia Bächli est de la nature d’un journal intime : sortes d’"instantanés" perceptifs de la vie quotidienne, sensations fugitives et réminiscences qui s’organisent peu à peu à travers le dessin, en formes simples ou complexes, selon la signification que le quotidien diffuse au travers de la perception. Fragments de corps, objets isolés se rapprochent les uns les autres pour former une image globale s’articulant en de multiples signifiants.
Le dessin, à l’encre, à la gouache, à la craie ou au fusain, mais toujours en noir sur fond blanc, est le mode d’expression presque exclusif de Silvia Bächli. Son travail consiste en séries de dessins, dont le dénominateur commun est le noir, présentés parfois en feuilles séparées ou, plus souvent, regroupés selon une disposition étudiée avec soin et qui est le fruit de combinaisons déterminées par l’espace, par les parois et par l’environnement où les œuvres sont exposées.
Née en 1956 à Baden (Suisse), Silvia Bächli vit à Bâle et Paris et enseigne à l’Ecole des Beaux-Arts de Karlsruhe.

"Dans mes dessins,dit-elle, il est rarement question de signification symbolique. Il s’agit simplement de ce qui est montré. De brefs moments de sensation, de fugitives visions, l’œil qui s’attarde un peu plus longtemps sur quelque chose que nous connaissons tous, mais auquel nous n’accordons d’habitude pas autant d’attention […] Ou : la raison d’un dessin peut être simplement le jeu avec la ligne, comme la mélodie d’un saxophone".
Organisée en collaboration avec le Domaine de Kerguehennec – avec une présentation différente dans chaque lieu – cette exposition constituera la première monographie consacrée à l’artiste par un musée français.

En 1987, Jean-Christophe Amman lui avait consacré une exposition personnelle à la Kunsthalle de Bâle. Ses travaux ont été présentés depuis dans de nombreux musées et centres d’art en Europe.

ISSOUDUN : Musée de l'Hospice Saint Roch
" Serge Poliakoff : Peintures et gouaches "
Du 14 juin au 2 septembre 2002

Serge Poliakoff : "Composition" 1955 Huile sur toile 130 x 97 cm

 


Cette exposition qui fait suite à l'importante rétrospective de Dunkerque, consacrée à l'oeuvre du peintre français d'origine russe Serge Poliakoff  (1900 -1969), présente sur une période allant de 1938 à 1968, près de soixante-dix oeuvres d'un des maîtres de la couleur et de l'abstraction du XXème siècle.
Composée d'un ensemble de toiles de différents musées européens, belges et allemands notamment, et d'un certain nombre d'oeuvres en provenance de différentes collections privées, on peut également découvrir deux tapisseries exceptionnelles des Gobelins réalisées d'après des cartons de l'artiste .

Serge Poliakoff, qui est né à Moscou, quitte la Russie en pleine guerre civile, et arrive à Paris en 1923. Pour vivre, il joue de la musique dans les restaurants russes de la capitale, et y rencontre Robert Delaunay, et Wassily Kandinsky .
En dehors de ses talents de musicien, Poliakoff pratique aussi la peinture à l'huile, la gouache et l'aquarelle, en réalisant des compositions faites d'éléments géométriques, vivement colorés et découpés selon une inspiration fortement marquée par le futurisme. Ses oeuvres de 1938 à 1952 sont fortement imprégnées d'abstraction géométrique et d'un art informel, avec un agencement imbriqué de formes aux lignes diagonales, verticales ou horizontales soulignées de couleurs intenses et vives.
Après cette première période, et jusqu'à sa mort en 1969,  il développe dans l'ensemble de ses oeuvres un jeu complexe de camaïeux et d'imbrications de formes structurées en jouant sur l'intensité lumineuses et la juxtaposition de couleurs aux textures granuleuses, épaisses, ou  fluides afin de renforcer encore les teintes.
Son art et ses talents de coloristes, il les utilise aussi pendant cette période, à la réalisation de décors pour des ensembles de faïence et d'émaux composés pour la Manufacture de Sèvres, aujourd'hui très recherchés.


Illustration : Serge Poliakoff : "Composition" 1955 Huile sur toile 130 x 97 cm
© Musée National d'Art Moderne Paris


TOULOUSE : Musée des Jacobins
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