ANTIBES : Musée de la Carte Postale
" Francisque Poulbot ou l'Eternelle
Jeunesse"
Du 1er octobre au 31 décembre 2002
Francisque Poulbot qui est né en 1879 à Saint-Denis
(Seine Saint-Denis), est mort le 16 septembre 1946 à Paris. Entre ces deux dates se
situent les créations dun artiste dont les uvres furent si appréciées et si
représentatives de l univers de lenfance, quau bout du compte,
lon désigna sous le nom de " petit poulbot " tout gamin
malicieux, enjoué, espiègle, débordant de vie et se comportant en digne héritier du
" Gavroche " des Misérables de Victor Hugo.
Nous sommes en présence de lun des rares cas où le nom propre du créateur est
devenu un nom commun pour qualifier des personnages sassimilant directement à ses
uvres.
Ce style immédiatement reconnaissable et reconnu par une large audience populaire
nest certainement pas le fait du hasard. Cest pour son auteur le résultat
dune longue observation et dune imprégnation des murs et coutumes dans
le " maquis " de la Butte Montmartre au début du XXème Siècle, tout
comme dans le domaine des cabarets quil avait coutume de fréquenter pour y admirer
les éléments de décoration de ceux qui allaient savérer être ses
Maîtres : Steinlen et Toulouse Lautrec.
Dessinateur de presse de 1895 (date de la parution
de sa première uvre) dans le journal " Le Pêle- Mêle",
jusquà 1946 dans " Benjamin ", sa participation à
dinnombrables revues se décline dans un inventaire particulièrement
impressionnant.
Catherine Saint Martin et François Solo (caricaturiste contemporain), ont réalisé
l approche la plus complète possible de cette immense activité. Les passionnés
pourront se reporter à leur excellent dictionnaire intitulé : " 5000
dessinateurs de presse et quelques supports " aux éditions Te Arte .
Simples reprises de dessins de presse ou
résultats dune création spécifique, les uvres de Francisque Poulbot se
retrouveront tout naturellement éditées en cartes postales.La carte postale, modeste
uvre dart accessible à tous, convient parfaitement au climat qui émane des
scènes enfantines où excelle l artiste. On remarque tout de suite la simplicité
et la justesse du trait qui traverse les années sans prendre une seule ride. Les propos
quil prête aux enfants sont souvent espiègles, incisifs mais toujours dénués de
méchanceté (gratuite). Habillée dhumour et de légèreté, cest une grande
leçon dhumanisme qui se dégage de l ensemble de cette production.
NICE : Musée Matisse
" Matisse - Terrus : histoire d'une amitié :
1905-1917 "
Du 5 octobre au 31 décembre 2002
Le Musée Matisse de Nice présente dans le cadre de ses "Ateliers
de Recherche", une exposition consacrée à un sujet jamais étudié: l' histoire d'
une amitié entre Henri Matisse et le peintre catalan Etienne Terrus (1850-1922), qui durera jusqu'en 1917, et qui
sera à lorigine dun nouveau mouvement pictural " le fauvisme".
Matisse, et André Derain avaient décidés de se rendre à Collioure sur les traces de
Paul Signac qui y avait séjourné en 1887, fortement influencés qu'ils étaient tous
deux par ses recherches pointillistes. Matisse, en avait réalisé l'un de ces chefs
d'oeuvres de jeunesse avec sa toile intitulée "Luxe, calme et volupté ",
peinte fin 1904, en référence à un poème de Baudelaire : "L'invitation au
voyage".
Henri Matisse qui arrive à Collioure en mai
1905, rencontre quelques jours après Etienne Terrus, dont il dit dans une lettre,
"j'ai rencontré un peintre des indépendants, ami de Luce, qui s'appelle Terrus et
qui est très agréable de compagnie ". André Derain rejoint Matisse quelques
semaines plus tard . "Avec mon mari, écrit Amélie Matisse, ils travaillent
ferme malgré la forte chaleur ".
C'est par cette rencontre avec Etienne Terrus et par cette fusion entre eux, que durant lété, avec
des discussions de travail, entourés de leurs amis artistes, tels Camoin, Manguin, Marquet, dont le sculpteur Maillol dira que ses
couleurs sont "comme des notes de Mozart", que nait l'idée que les couleurs
doivent servir non pas à décrire un paysage mais à procurer une sensation à l'artiste,
comme à celui qui regarde son oeuvre. " On ne peut pas vivre dans un ménage trop
bien fait, un ménage de tantes de province, dit Matisse. Alors, on part dans la brousse,
pour se donner des moyens plus simples qui n'étouffent pas l'esprit. " ?
C'est de ce sentiment et de cette émulation que naîtra dés lautomne suivant, la
naissance dun nouveau mouvement pictural, que l'on appellera " le
fauvisme".
Mais ce n'est pas seulement l'histoire de cette amitié que
racontent les lettres inédites et les soixante-dix-sept pièces de cette exposition,
créée par le Musée d' Elne, dans les Pyrénées-Orientales, où est né et mort etienne
Terrus, mais c'est également celle d'une rencontre décisive
entre deux artistes, qui donne un éclairage particulier à l'origine du
"fauvisme".
Mais elle est également un hommage à Etienne Terrus dont l'oeuvre est restée longtemps
anonyme, lui qui entré aux Beaux-Arts de Paris en
1882, à l'âge de dix-sept ans, expose pour la première fois à Perpignan à vingt
cinq ans et décide de s'établir définitivement à Elne en voulant vivre en harmonie
avec la nature et avec son art, en conservant ses amitiés avec Matisse qui est revenu sur
Paris, mais également avec le sculpteur Aristide Maillol établi à Banyuls-sur-Mer,
Pablo Picasso et le poète Max Jacob, ou encore avec Vlaminck et Derain installés un
temps aussi dans le Roussillon.
LABASTIDE ROUAIROUX : Musée du
Textile
" Maroc. Tapis de tribus"
Jusqu'au 17 novembre 2002
Invitation au voyage, cette exposition permet de partir à
la découverte de la culture berbère, au travers de somptueux tapis dont la plupart
datent du XXème siècle, et issus de collections privées et publiques. La mise en scène
inspirée de l'habitat traditionnel marocain, par ses couleurs, ses portes sculptées et
ses fontaines, s'articule aurour de 4 espaces, qui symbolisent les 4 régions du Maroc, en
partant du Nord ouest pour se terminer au Sud : le Moyen Atlas Oriental, le Moyen Atlas
Occidental, le haut atlas prolongé par le djebel Siroua, l'Anti Atlas et le Haouz de
Marrakech.
Y sont présentées des oeuvres textiles caractéristiques des principales tribus, que
celles-ci soient transhumantes, ou sédentarisées, proches des villes ou éloignées dans
les montagnes, parmi lesquelles les Beni Jelidassen, les Beni Sadden, les Marmoucha, les
Guerouane, les Aït Sougou, les Zaïane, les Rehamna, les Aït Bou Ichaouen, et d'autres
encore.
Ces tapis sont noués, tissés ou de
technique mixte. Ils sont réalisés en laine, en poil de chèvre, de dromadaire. Ils ont
un épais duvet ou bien sont tissés à plat, selon l'usage auquel ils sont destinés.
Tapis de réception, tapis de bât, tenture, couvetrture, telles sont les illustrations de
cette exposition. La culture berbère
essentiellemnt orale, faite de poèmes, de fables et de contes, s'illustre magnifiquement
sur ces tapis grâce aux coloris, aux motifs et aux symboles de l'univers et de
fécondité, que les femmes marocaines ont reproduits au grès de leur inspiration.
Au delà de cet univers artistique, l'exposition montre comment l'influence urbaine, par
l'arrivée du Tapis de Rabat
d'origine ottomane, s'est faite sentir sur les créations textiles berbères. Elle rend
aussi hommage à ces femmes qui n'ont de cesse de transmettre aux générations futures,
leur culture par le biais de cet art que constitue le tissage.
NICE : Musée National Message
Biblique Marc Chagall
" Les Della Robbia "
Du 29 juin au 11 novembre 2002
Les Della Robbia était une dynastie de sculpteurs dans la Florence des Médicis, qui
avait acquit sa réputation grâce à la terre cuite émaillée qu'elle produisait et à
une technique qu'elle avait découverte et dont elle conserva longtemps le secret .
Nombres de monument, d'églises en Toscane ou en Ombrie possédent des exemples de ces
sculptures de madones, de saints, d'anges, dont les coloris, le modelé, l'éclat sont
autant de témoignages de la spiritualité de l'époque.
Florence, en effet dans la seconde moitié du XVème siècle est une ville dont les
richesses proviennent du commerce de la laine et de la soie, de l'industrie du tissage, et
en font une ville importance sur le plan économique.
Tout comme les Médicis, Luca della
Robbia (1399 -1482) est issu d'une famille de drapiers, mais il préfère se consacrer à
la sculpture. Il se met au service des familles riches de Florence et contribue à
lembellissement des décors des palais et des églises, dont par exemple les reliefs
en marbre de la "Tribune des chants" dans la cathédrale de Florence. Reconnu
comme un sculpteur de grand talent, il invente une technique de sculpture en terre cuite
émaillée qui fait sa renommée dans ce domaine. Il est rejoint par un neveu Andrea della
Robbia (1435-1525), qui diversifie cette technique pour l'appliquer à la réalisation de
retables, ou de décors en médaillons comme ceux qui ornent le portique de
lHôpital des Innocents à Florence, puis par ses fils Giovanni (1469-1529) et Luca
(1475-1548 ) qui réalisent le décor du cloître de la Chartreuse de Galluzzo.
Le secret de la technique est un jour révélé par
lune des femmes du clan Della Robbia, lequel voit alors l'apparition de sculpteurs
rivaux utiliser ce même procédé. La décadence de la famille commence alors, tandis
qu'elle est frappée en 1527, par l'épidémie de peste qui gagne Florence et sa région.
Luca Della Robbia parvient alors en France pour rejoindre son frère cadet Girolamo
(1488-1566), qui depuis 1517 travaille au service de François Ier.
Napoléon III avait fait l'acquisition en 1862
à Rome, dune partie de la collection du Marquis de Campana et avait permis ainsi au
Musée Louvre de faire entrer ces figurines dans les collections du musée avant
quelles ne soient dispersées dans différents musées français.
Ce sont ainsi cinquante de ces figurines choisies parmi les plus remarquables des Della
Robbia, qui sont réunies dans cette exposition, au côté de sculptures d'éléments
architecturaux, et d'objets liturgiques.
DAOULAS : Centre Culturel
" Les Mondes Dogon"
Du 25 avril au 4 novembre 2002
L'Abbaye de Daoulas présente ici ce que fut l'expédition française de 1930 à 1932 en
pays Dogon au centre du Mali, à l'intérieur de la Boucle du Niger, expédition qui
servit de source à l'ethnologie française de terrain, pour mieux connaître cette partie
de l'Afrique Noire. Les pièces qui furent rapportées par les explorateurs
français sont à l'origine de la naissance du Musée de l'Homme à Paris.
Les Dogons qui ne sont plus qu'au nombre de 200.000 vivent répartis entre différents
clans dans de multiples villages, implantés le long des falaises de Bandiagara.
Leurs mythes primitifs et complexes remontent à des temps anciens et s'expriment au
travers des ustensiles, des objets rituels et un art très riche liés à ces croyances et
à des traditions ancestrales.
Ce sont 200 pièces de l'art et de l'artisanat
Dogon qui sont donc présentés, et permettent d'approcher de plus près cette culture qui
demeure encore assez peu connue du public, mais dont il faut espérer qu'elle puisse
survivre dans son intégrité, et ne perdre son identité, tant elle est depuis que cette
région est au patromoine mondial de l'UNESCO, l'objet de la curiosité sur place de
touristes de plus en plus nombreux en mal d'aventure et de sensation.
NICE : Musée d'Art Moderne et Contemporain
" Rétrospective Niki de Saint-Phalle "
Du 16 mars au 27 octobre 2002
Le Musée d'Art Moderne et d'Art contemporain de Nice accueille cette
grande rétrospective Niki de Saint Phalle, dont l'objet est de faire redécouvrir
l'oeuvre atypique de cette artiste engagée dans le féminisme à partir des années 1960,
et dans le mouvement du Nouveau Réalisme.
Ce sont 325 oeuvres qui sont présentées ici, parmi lesquelles les 170 oeuvres, 63
peintures et sculptures et une centaine d'oeuvres sur papier, gravures et lithographies,
qu'elle a offerte au Musée de Nice en octobre dernier.
Née à Neuilly sur Seine en octobre 1930 , fille d'un
banquier français et d'une mère américaine, elle s'appele de son vrai nom Catherine
Marie-Agnès Fal de Saint-Phalle, dite Niki de Saint-Phalle. Elle avait suivi ses parents
aux Etats Unis dès son plus jeune âge, pour habiter ensuite New York à partir de 1937.
Très marquée par ses visites au Metropolitan Museum of Art à New York, elle s'interesse
à la création artistique très tôt.
En autodidacte, et n'ayant jamais suivi d'enseignement artistique, elle commence à
peindre dans les années 1950. Impressionnée par l'oeuvre de Gaudi en 1955 lors d'une
visite à Madrid et à Barcelone, elle décide de faire de la sculpture. Elle dira
plus tard" Je n'ai jamais fait l'Ecole des Beaux Arts. La sculpture pour moi, ce
n'est pas la culture, mais une manière de vivre".
Elle se fait connaître par une première exposition personnelle où elle réalise
une "action painting" intitulée "Tirs à la carabine", dans
laquelle le visiteur tire à la carabine sur des sachets remplis de peintures variées qui
coulent sur la toile ou sur des couches de plâtre en relief. Elle ait des assemblages d'
objets coupants ou encore des assemblages de divers objets religieux, angelots,
crucifix qu'elle couvre de peinture dorée.
Elle sculpte également à partir de 1965 ses premières "Nanas" , dont le
sculpteur suisse Jean Tinguely avec lui réalise les armatures métalliques qu'elle couvre
d'abord de de papier mâché, de plâtre et de tissus. Ses "Nanas",
avec leurs formes énormes, rebondies, et colorées, réalisées en papier mâché à ses
débuts,puis dans le polyuréthanne ensuite, la rend célèbre alors dans le monde entier.
Devenue membre du groupe des Nouveaux Réalistes, elle épouse l'artiste suisse Jean
Tinguely en secondes noces en 1971,, avec qui elle réalise des sculptures monumentales
pour des commandes de musées, telle l' énorme "Elle" de 25 m de long du Musée
de Stockholm en 1966, présentant un sexe béant qui sert d'entrée aux visiteurs.
Parallèlement, elle poursuit un travail personnel de recherche plastique qui lui permet
d'être exposée à Paris, à Londres, à Amsterdam, à Munich et à New
York , mais elle doit aussi sa célébrité par la "Fontaine Stravinsky" ou
"Fontaine des Automates"Place Saint-Merri, près du Centre Georges Pompidou, à
Paris, qu'elle réalise avec JeanTinguely .
Après la disparition de Jean Tinguely en 1991, elle réalise ses premiers "tableaux
éclatés", série de peintures en mouvement, en mémoire de son mari, puis elle
compose la sculpture "Les Footballeurs" pour le Musée Olympique de Lausanne, et
s'installe en 1994 à San Diego en Californie.
Les oeuvres dont elle a fait don au Musée de Nice, que l'on découvre dans cette
exposition est le résultat d'un concours de circonstance qui l'avait amené déjà
à vouloir faire don à la France, il ya dix ans d'une partie de ses oeuvres. La France
était restée muette à cette proposition. Alors elle s'était adressée à la Ville de
Hanovre qui avait acceptée cette offre et explique le fait que cette ville possède
désormais le premier Musée du monde conssacré à Niki de Saint-Phalle. Est venu s'
ajouter à cet incident, la disparition il y a trois ans de la
sculpture " La Paysanne " dans les murs du Centre Georges Pompidou, une oeuvre
de trois mètres de haut et pesant plus d'une centaine de kilos, qui était l'une de ses
premières "Nanas", et qui n'a jamis été retrouvée.C'est pourquoi, de dépit,
elle fit le choix du Musée de Nice pour sa deuxième donation, ville où à une époque,
elle avait rencontré Yves Klein, Arman, et Ben.
Cette rétrospective s'explique ainsi par le fait que le Musée se trouve aujourd'hui en
possession de quelques 170 oeuvres, estimées à environ 15 millions d'euros, et qu'il est
devenu le deuxième musée, après celui de Hanovre, à posséder autant d'oeuvres de Niki
de Saint Phalle.
BORDEAUX : Musée des Beaux Arts
" Albert Marquet. La Collection du Musée de
Bordeaux"
Du 31 mai au 15 septembre 2002 >>> Prolongation jusqu'au 20 octobre
2002
Le Musée des Beaux-Arts de Bordeaux
rend hommage dans cette exposition à Albert Marquet (1875-1947), et présente l'ensemble
de sa collection composée de 40 oeuvres peintes et 59 dessins, pour constituer l'une des
plus importantes expositions consacrée à cet artiste, depuis quelques années.
Albert Marquet qui est né à Bordeaux dans une famille d'origine modeste fut élève de
Gustave Moreau, mais rencontra également à l'Ecole des Arts Décoratifs Henri Matisse
avec lequel il se lia d'amitié. Parallèlement à une formation académique, l' artiste
commença à peindre dans la mouvance impressionniste, mouvement dont il n'oublia jamais
les leçons. Cependant dès 1898, il adopta une palette privilégiant la couleur pure et
annonçait ainsi déjà le fauvisme.
Au
Salon d'Automne de 1905, Marquet participe avec son ami Matisse à la première exposition
fauve et présente en 1907, sa première exposition particulière. Son oeuvre, marquée
par une grande sensibilité, évolue très vite ensuite après sa période fauve vers une
palette plus nuancée mais toujours remplie de lumière, et de transparence quand il
s'agit de peindre des paysages ou les bords de mer.
Ses compositions privilégient également les paysages urbains. qu'il peint depuis les
verrières de ses ateliers successifs, tous situés sur les quais, lorsqu'il habite à
Paris.
Ses oeuvres révèlent son goût et sa fascination pour les ambiances, les atmosphères,
qui montre son extrême sensibilité d'observation et des compositions faites de
sérénité très typiques de son art de peindre.
Albert Marquet était également un grand amateur de voyages. Ayant découvert
d'abord le Maroc et Tanger au cours de deux voyages en 1911 et en 1913, il visite
ensuite en 1920 l'Algérie qui deviendra en quelque sorte sa seconde patrie. En 1923, il
visite aussi la Tunisie, et quelques années plus tard en 1928, l'Égypte.
Mais c'est l'Algérie qui lui crée les plus fortes émotions, et qui l'amène ensuite à
retourner souvent à Alger. Ses toiles reflètent à chacun de ses voyages et du temps qui
passe qui passe ses préoccupations et ses découvertes. Grâce à sa femme Marcelle
Martinet, il n'a pas de contraintes matérielles. Il peut ainsi voyager, donner libre
cours à son inspiration et peindre.
En 1941, il acquiert une maison à Djenan Sidi Saïd, qu'il appelle "sa
campagne". Ce lieu est pour lui une source d'inspiration importante, et lui permet de
développer une palette très riche en motifs et en couleurs durant les années de
guerre. C'est donc à la présentation des différentes périodes de la vie et de l'oeuvre
de l'artiste que nous convie cette très belle et très riche exposition
ARLES :
Fondation Vincent Van Gogh
" Francis Bacon : Van Gogh sur la route de
Tarascon "
Du 10 juillet au 6 octobre 2002
Les oeuvres de Francis Bacon (1909-1992) présentées ici
pour la première fois en France, portent sur le thème des "autoportraits de Van
Gogh marchant sur la route de Tarascon" réalisées entre 1951 et 1957 par l'artiste
britannique.
Ces huit toiles qui ont pu être rassemblées par la Fondation Van Gogh d'Arles est une
véritable gageure, car elle permet de voir ensemble des oeuvres, qui n'avaient pas été
présentées depuis l'exposition de la Hanover Gallery de Londres en 1957.
Cette exposition s'ajoute d'une oeuvre intitulée "Hommage à Van Gogh"
réalisée en 1958, par Bacon, et des deux "Etudes pour un portrait de Van Gogh"
en provenance de la Hirshhorn Collection de Washington. D'autres toiles en provenance des
Etats Unis, de la Tate et de la Hayward Gallery à Londres, mais aussi d'Allemagne, de
Suède, du Centre Pompidou à Paris ou de collections particulières complètent cette
exposition exceptionnelle. Des portraits photographiques de Francis Bacon réalisés
par Peter Beard, Perry Ogden, Lewinski ou Benson sont également présentés.
Cette série de tableaux peints par
Bacon, est directement inspirée de l'oeuvre de Vincent Van Gogh réalisée en 1888 et
intitulée "Autoportrait sur la route de Tarascon", détruite par les bombes qui
tombèrent sur le Musée de Magdebourg à Dresde durant la Seconde guerre mondiale.
Francis Bacon avait conservé en mémoire ce tableau, marqué et fasciné qu'il avait
été par cet autoportrait où Van Gogh se reproduit tel un personnage errant sous un
soleil de plomb le long d'une route avec un carton à dessins sous le bras, et un sac sur
le dos.
Francis Bacon voulut reproduire dans cette série, cette fascination et cette sensation
d' incandescence qu'il eut devant l'oeuvre de Van Gogh en la conduisant jusqu'à son
extrême. Différentes études dont l'"Etude pour un portrait de Van Gogh II
" de 1957, s'arrête à nouveau à la retranscription de cette incandescence par des
couleurs rouges et jaunes données au paysage, par les ocres chauds et rougeoyants de la
route, le bleu vif du ciel, et traduire les brûlures accablantes du soleil sur le
peintre aux pas lents, le long d'un chemin aux arbres morts.
CAEN : L'Abbaye aux Dames
" Camille Claudel "
Du 2 août au 6 octobre 2002
Le génie créateur de Camille Claudel, artiste passionnée, mais aussi inspiratrice,
modèle, confidente, et maîtresse de Rodin, on le sait aura été occulté par la gloire
de son maître et par une intensité créatrice qui l'aura conduit à la solitude
obsessionnelle, à la névrose, au délire de persécution et finalement à l'asile.
Artiste maudite, incomprise, presque oubliée, elle est revenue dans nos mémoires par la
magie du cinéma, sous les traits d'Isabelle Adjani.
Le Musée de lEphèbe du Cap dAgde, niché dans son écrin de verdures
aux essences méditerranéennes, accueille une superbe exposition dont l' originalité, au
travers la présentation de plus de 220 pièces archéologiques, dont certaines
présentées pour la première fois au public, est de nous faire découvrir sur ce que fut
dans l'antiquité Gréco-romaine, l'usage, la production et le commerce des produits les
plus utilisés à cette époque, dans les échanges entre les pays du pourtour
méditerranéen. Le vin, l'huile, le miel, les épices, les plantes aromatiques, les
encens, les parfums, les élixirs sont au centre d'un commerce extrêmement dense en
effet, successivement entre les étrusques, les grecs, les romains avec l'ensemble des
habitants du sud de la Gaule, puis de la Gaule romaine, au travers un port de commerce
très important que fut Agde entre le VIème siècle avant J.C.et le IVème siècle après
J.C.
Ainsi au travers les "cinq sens ", la vue, l'odorat, l'ouie, le toucher
et le goût, cette exposition nous invite à un parcours dans ces temps de l'antiquité et
éveille de façon originale nos propres sens non seulement à la curiosité de ce que
pouvaient être la vie quotidienne, les arts de la table, les goûts et les senteurs, mais
encore nous fait découvrir la fabrication des parfums, des aromates, des mets, et
l'ensemble des arts et des objets liés au transport, à la conservation, à l'utilisation
des vins, des aliments, ou des onguents : amphores, vases, fioles et autres askos,
lécythes, oenochoes, ou balsamaires richement décorés.
A l'issue de l'exposition, un thermopolium, taverne où l'on vendait alors des
boissons chaudes, et un triclinium, petite salle à manger avec des lits, tels qu'on les
trouvait à Pompéi, proposent aux visiteurs une dégustation des produits que l'on
consommait à l'époque : le vin d'arthémise ( vin où a macéré de l'absinthe
avec du miel), le mulsum ( vin avec du miel, de la cannelle, du poivre et du thym),
l'hydromel, la cervoise, ou la posca pour les enfants (boisson à base d'eau fraîche
aromatisée au vinaigre), ou encore, le salsum ( pâté de poisson servi sur une tranche
de pain), le moretum ( fromage frais de brebis avec des pignons, des amandes et du miel),
ou la patina ( gâteau de poire).
BELFORT : Tour 46
" Fernand Léger : de la couleur et des
couleurs"
Du 24 mai au 22 septembre 2002
Cette exposition est un hommage à Fernand Léger (1881-1955), par la réunion
d'une soixantaine d'oeuvres, en provenance notamment de la Donation Jardot faite à la
Cité de Belfort.
Le choix des oeuvres présentées démontre une fois encore quelle était l'importance de
la couleur pour le peintre, et davantage quelle était la fascination qu'elle produisait
sur lui, lui qui la considérait comme une "matière première, un élément vital,
un essentiel comme l'eau et le feu, indispensable à la vie", ainsi qu'il l'avait
déclaré en 1933 lors d'une conférence au Kunstmuseum de Zurich.
En dehors de la matière, les sujets que
sont le modernisme et le machinisme sont également au centre de l'oeuvre de
Fernand Léger, admiratif qu'il est des techniques, des engins et des machines agricoles
symboles de force et de puissance, et moyens d'une libération des hommes. Ses séjours
qu'il effectue aux Etats Unis et particulièrement à New York, entre 1940 et 1945, sont
pour lui un éblouissement et la révélation d'un nouveau monde possible grâce au
machinisme et à la technologie. L'homme lui-même dans son activités au quotidien, dans
la rue, dans sa vitalité, dans sa créativité, intéresse l'artiste et est le centre
d'interêt de nombreuses de ses oeuvres, car il est également la vie.
L'exposition laisse place également au travail d'illustrateur du peintre, et à son
travail d'édition, et permet de révéler s'il le fallait encore, la force poétique mais
aussi le génie de l'artiste, qui a su comprendre l'évolution du monde
contemporain.
STRASBOURG : Musée des Beaux Arts
" Théodore Chasseriau, un autre
romantisme"
Du 19 juin au 21 septembre 2002
Le peintre Théodore Chassériau (1819 -1856)
n'avait pas fait l'objet d'exposition importante et d'aucune rétrospective en France
depuis 1933. Après l'exposition aux Galeries
Nationales du Grand Palais à Paris, cette présente exposition rassemble 46
tableaux, 60 dessins et 16 eaux-fortes, pour présenter un aperçu différent et
complémentaire de l'art de Chassériau.
Parmi ces 46 tableaux, quatre sont exposées en permanence au Musée des Beaux-Arts, au
sein de la section XIXème siècle comportant divers tableaux de Corot. Il s'agit
d'un "Intérieur de Harem", un des thèmes orientaux favoris de Chassériau, de
l'extraordinaire "Mazeppa "et de deux esquisses pour Othello, qu'accompagnera la
série des eaux-fortes sur ce thème.
Pour les dessins, 40 d'entre eux ne seront exposés qu'à Strasbourg, en provenance
du Louvre dont deux en provenance du Getty Museum et du Musée des Beaux-Arts de Dijon.
Grâce à ces dessins, la maîtrise du dessinateur que fut Chasseriau apparaît
parfaitement. Qu'il s'agisse du portraitiste éblouissant -19 dessins dont l'étude pour
le fascinant "Portrait de Mlle de Cabarrus"-, du spectateur de la nature ou du
peintre réalisant des compositions profanes et religieuses.
Le parcours ici a été conçu de manière à
faire ressortir diverses facettes de l'art de Chassériau.
A l'intérieur de chaque section thématique ressortent les évolutions et les
constantes perceptibles pendant la courte
carrière du peintre. Cela est particulièrement frappant pour ses portraits (salle
9 et 10). Sa méthode qui consiste à utilisant des ressources graphiques
et picturales, en particulier pour les grands décors, est mise en valeur (salles 6 et 7).
De même que les deux faces de l'Orientalisme de Chassériau sont mise en évidence : d'un
côté l' Orient brutal, de la conquête coloniale, face à un Orient
"ethnographique". Le thème féminin est permanent dans son oeuvre où la
douleur n'est jamais loin de la sensualité (salle 8). Des oeuvres au statut parfois
encore indéfini -esquisses ou oeuvres (in-) achevées ?- parlent à notre sensibilité
par leur « expressionnisme » (salle 13).
Occupant la presque totalité du Musée l'exposition laisse quatre salles pour présenter
une petite partie de ses collections permanentes en liaison avec Chasseriau, avec la
présence de ses contemporains et amis avec des oeuvres emblématiques, une esquisse de
Delacroix, des oeuvres de peintres orientalistes, telle celle de son ami Marilhat, ou des
bronzes de Barye, un tableau de Courbet, une importante peinture de Gustave
Doré, "Les Martyrs chrétiens " de 1871, prêtée par le Musée d'Art Moderne
et Contemporain de Strasbourg .
L'exposition a été conçue, telle qu' au XIXème siècle, et selon cette époque
où les musées s'inspiraient dans leur accrochage des palais, tels ceux de Rome que
Chassériau avait visité, en mélangeant les écoles et les périodes, comme on le
faisait alors.
Le musée des Beaux-Arts de Strasbourg possède une des plus importantes
collections de peintures anciennes en région. Toutes les écoles sont représentées des
Primitifs (Giotto) à Courbet et Carpeaux, en passant par Memling, Botticelli, Piero di
Cosimo, Raphaël, Véronèse, Corrège, Lucas de Leyde, Greco, Rubens, Champaigne,
Largillierre, Boucher, Canaletto, Tiepolo et Goya.
TROYES : Musée Saint-Loup
" Gustave Le Gray : l'émotion photographiée"
Du 28 juin au 16 septembre 2002
Gustave le Gray (1820-1882), fut l'un des premiers pionniers
de la photographie. Le Musée Condé de Chantilly, avait proposé au printyemps la
présentation des photographies de Gustave Le Gray en provenance de la collection ayant
appartenu à Henri dOrléans, Duc dAumale (1822-1897), lequel avait fait don
à lInstitut de France du Château de Chantilly en 1886, de ses collections de
peintures, de ses dessins et de ses livres précieux, mais également de son imposante
collection de photographies anciennes.
Le fonds
photographique du Musée Saint-Loup de Troyes qui constitue le second fonds d'importance
après celui de Chantilly conserve une importante collection de photographies
anciennes, dont 73 clichés de Gustave Le Gray sur papier datant en majorité de la
deuxième moitié du XIXème siècle, remarquables tant par la période ( clichés de 1856
à 1858), que par les sujets traités : marines, nuages et camp militaire de
Châlons sur Marne.
Dans la présentation de Chantilly, on retrouvait les photographies d'oeuvres d'art prises
par Gustave Le Gray telles "La Joconde" de Léonard de Vinci photographiée au
Musée du Louvre, ainsi que de nombreux portraits, et on trouvait également un grand
nombre de photographies de marines prises par Le Gray, acquises par le Duc d'Aumale en
1856 à Londres. Ici, c'est toute
l'émotion, la force et la générosité de l'artiste qui se dégagent, dans des
photographies moins connues, dont la série de nuages, mais aussi de quelques clichés
plus cèlèbres tel que celui de " La Vague Brisée" présente dans cette
superbe exposition.
AIX LES BAINS : Musée Faure
" Henri Matisse : femmes assises"
Du 21 juin au 15 septembre 2002
Le Musée Faure a pu rassembler un grand nombre de
gravures et de lithographies réalisées par Henri Matisse entre 1906 et 1936, en
provenance de différents musées français sur le thème des femmes assises. Dans le
prolongement de l'amour qu'il avait pour la peinture, mais aussi pour le dessin, Matisse
s'interessa également aux différentes techniques de la gravure : eau forte, pointe
sèche, lithographie, ou encore gravure sur linoléum ou monotype.
C'est à partir de 1903 qu'il commence à utiliser ces différentes techniques au travers
un nombre important de liseuses, d'odalisques, de nus, qu'il réalise, et qui lui permet
de faire des recherches de modelés, des exercices de traits stylisés, en recherche de
réduction et de simplification des lignes entre les années 1910 et 1920.
A partir de 1922, Henri Matisse, s'arrête
davantage aux techniques de la lithographie, avec lesquelles il développe toutes les
possibilités que lui offrent l'utilisation du noir et de toutes les variantes du gris et
du blanc, pour des oeuvres plus riches et plus précises dans les détails. En 1929, il en
revient aux eaux-fortes représentant des nus, dans lesquelles, ce sont les lignes qui
reprennent l'avantage sur la texture qu'il avait travaillée par exemple par la
lithographie, et il se consacre également à l'illustration de livres, telles les
eaux-fortes qu'il réalise pour les poèmes de Stéphane Mallarmé, pour des oeuvres de
Montherlant, ou plus tard pour des poèmes de Ronsard destinés à des éditions en
tirages limités.
Cette exposition permet ainsi d'observer, voire de découvrir l'évolution entre ces
différentes techniques utilisées par l'artiste et la mise en évidence de sa puissante
écriture graphique.
TOULOUSE : Musée
des Augustins " Lubin Baugin, un grand maître retrouvé"
Du 27 juin au 9 septembre 2002
Lubin Baugin (1608-1663) est l'un des derniers grands peintres français du XVIIème
siècle à n'avoir pas encore fait l'objet d'une étude approfondie et d'une grande
exposition.
Après l'exposition inaugurée et présentée au Musée des Beaux-Arts d'Orléans,
l'artiste est présenté aujourd'hui au Musée des Augustins à Toulouse.
En effet, pour la première fois, ce sont une cinquantaine de tableaux qui ont été
rassemblés, pour permettre de mieux faire connaître l'oeuvre de ce grand peintre
oublié, et de dévoiler la personnalité subtile et plutôt étonnante de Lubin Baugin.
Parmi ses oeuvres de jeunesse, il faut en
particulier retenir ses natures mortes qui comptent parmi les plus belles et les plus
surprenantes du genre en France, telles " Nature Morte à l'Echiquier ", ou
" Nature Morte aux Gaufrettes " ou encore " La Coupe de Fruits" au
Musée de Rennes .
Plus tard ce sont ses " Vierges à l'enfant" qui lui ont assuré de son vivant
une réputation de peintre remarquable, ainsi que de grandes compositions religieuses
comme celle de Notre Dame de Paris, de par les empreintes de délicatesse et d'élégance
propre à Le Corrège et à Parmesan, de sensibilité, et de tendresse, héritées de l'Ecole de Fontainebleau, qui caractériseront
principalement ses compositions.
LYON : Musée des Beaux Arts
" L'Ecole de Barbizon"
Du 22 juin au 9 septembre 2002
Dans cette exposition, le Musée des Beaux Arts de Lyon rassemble une centaine d'oeuvres,
qui démontrent que les peintres impressionnistes n'ont pas eu le monopole de la peinture
en plein air, mais davantage, que les peintres de Barbizon, derrière Théodore Rousseau
et Jean François Millet , tous épris de nature, et de réalisme, plantaient les uns
après les autres leurs chevalets dans la campagne autour de Fontainebleau, pour exprimer
leur amour de la liberté, de la vie campagnarde et de ses paysages bucoliques.
Entre 1840 et 1860, se
réunissent et se rencontrent ainsi à Barbizon, à l'Auberge Ganne, les plus grands
paysagistes de l'époque, tels Troyon, Huet, Nanteuil, Corot, Caruelle d'Aligny, Diaz de
la Pena, Daubigny, Desgoffe, Dupré, qui vont dans la campagne et dans la forêt à la
recherche des émotions et des lumières qui en font en fait les véritables précurseurs
de l'impressionnisme.
Monet, Renoir et Cézanne firent vite oublier la plupart de ces artistes, pourtant
consacrés par Charles Baudelaire ou Théophile Gautier, dont l'histoire de la peinture en
a fait en quelquesorte des peintres
"intermédiaires".
C'est une injustice que le Musée des Beaux Arts de Lyon ici contribue à réparer, ceux
là qui furent également les inventeurs du respect de la nature, et quelque part les
premiers écologistes à vouloir protéger les paysages en les fixant sur la toile, tout
en protestant contre les agissements des hommes à la défigurer, à l'exploiter et à
provoquer des déséquilibres. Théodore Rousseau écrivait déjà en 1872 : "L'homme
s'agite dans son ignorance, intervertit l'ordre dans la nature et rompt les équilibres
"
STRASBOURG : Musée d'Art Moderne et Contemporain
" Joaquin Torres-Garcia, Rétrospective"
Du 24 mai au 8 septembre 2002
Lexposition rétrospective de Torres-Garcia (
Montévideo 1874-1949), présentée au Musée dArt Moderne et Contemporain de
Strasbourg offre au public une vision complète de luvre de ce créateur
davant-garde en rassemblant une centaine de pièces, des tableaux et sculptures,
dessins et jouets, provenant dune part de collections privées, et dautre part
des collections des plus grands musées français et étrangers (dont le Musée National
dArt Moderne à Paris, le Musée dArt Moderne de la Ville de Paris, le Museu
dArt Contemporani à Barcelone, le Museo Centro de Arte Reina Sofia à Madrid, le
MoMA à New York ou encore la Fondation Torres-Garcia à Montevideo en Uruguay).
Cette manifestation demeure la première grande
exposition de Torres-Garcia présentée dans un musée français depuis celle de 1975,
organisée au Musée dArt Moderne de la Ville de Paris. Elle sattachera à
présenter lensemble des travaux de Torres-Garcia tout en réservant une place
particulière au séjour parisien de lartiste, de 1926 à 1934.
Durant cette période il rencontre les
principaux acteurs de labstraction géométrique : Arp et Van Doesburg -
historiquement liés à la Ville de Strasbourg -, Domela, Hélion ou encore Mondrian.
Membre fondateur du Groupe "Cercle et Carré en 1930" aux côtés de Michel Seuphor, il développe à Paris un
constructivisme synthétique entre abstraction pure et valeurs archaïques
précolombiennes, entre la règle et laléatoire. Une section présentera des
uvres de ces artistes davant-garde et mettra en lumière la place de
Torres-Garcia dans lactivité artistique de lépoque. Laccent sera mis
également sur les jouets de bois fabriqués par lartiste parallèlement à sa
production picturale, qui furent présentés pour la première fois à la Galerie Dalmau
à Barcelone en 1918. Cette section permettra de souligner laction pédagogique de
Torres-Garcia, qui, à son retour en Uruguay en 1935, créa une Association pour un Art
Constructif, école et centre intellectuel, véritable organe de diffusion de ses idées.
Cette rétrospective sera loccasion déditer un important catalogue
denviron 280 pages auquel collaboreront des spécialistes du monde entier et qui
rassemblera pour la première fois en France une anthologie des textes de Torres-Garcia.
GIVERNY : Musée d'Art Américain
"Jasper Johns : l'oeuvre gravé 1960 - 2000 "
Du 23 juin au 8 septembre 2002
Le Musée d'Art Américain de Giverny présente ici
une rétrospective de l'oeuvre de l'un des peintres américains contemporains les plus
renommés, qu'est Jasper Johns. On y découvre toutes les techniques de gravures
utilisées par l'artiste entre les années 1960 et 2000, bien connu pour ses peintures de
drapeaux américains et ses sculptures de boîte de bières, au travers une série
d'oeuvres graphiques : estampes, lithographies, sérigraphies, eaux fortes, comme autant
d'oeuvres qui en font l'un des artistes les plus influents sur le mouvement du pop'art.
Ce sont une soixantaine d'oeuvres ou copies que l'on découvre dans cette exposition qui
peuvent montrer l'influence qu'il a pu exercer sur d'autres artistes tels que Roy
Lichtenstein, Andy Warhol, Claes Oldenbourg, Tom Wesselman, James Rosenquist, Robert
Indiana, David Hockney ou Peter Blake, entre d'autres.
Jasper Johns qui né à Augusta en Géorgie en 1930, suit des cours à l'université de
Columbia en Caroline du Sud, puis s'installe à New York en1949, où il suit des
cours dans une école d'art, pour faire de la publicité, et vit de différents petits
métiers. Après son passage à l'armée, à la fin de 1954, il rencontre Robert
Raushenberg et John Cage, avec lesquels il se lie d'amitié, et commence à peindre ses
séries de lettres et de chiffres.
En 1955, il détruit une partie de ses oeuvres antérieures, et se met à peindre les
séries bien connues de drapeaux américains, ou de cibles, tout en travaillant à la
réalisation de boutiques de luxe. En 1958, la Galerie de Castelli de Lion à New York
organise sa première exposition individuelle avec succès.
Avec les années 60, Jasper Johns se concentre sur l'emploi d'objets de la vie courante
dans son art et il moule par exemple une sculpture composé de deux bidons de bière qu'il
intitule "bronze peint" et incorpore de vrais objets à ses toiles. Son art
prend peu à peu les objets de la vie quotidienne comme matière de ses compositions.
C'est la naissance du pop'art.
Dans les années 70, l'oeuvre de Johns se déplace vers des travaux monochromatiques et
des séries de peinture composées de hachures et de croix dans des formes géométriques,
tandis que les les années 80, il se concentre sur des thèmes plus
autobiographiques en incorporant des objets personnels dans son travail. Dans une
démarche totalement différente de celle de Marcel Duchamp et mouvement de Dada en France
dans les années 20, il ne détourne pas le sens des objets, tels qu'un porte-bouteille ou
un urinoir, pour leur donner une autre valeur et un autre référent, mais il incorpore
les objets communs dans sa peinture comme une réaction contre l'expressionisme abstrait
peu accessible au grand-public et sans aucun repère iconographique.A sa suite plusieurs
artistes américains du pop'art prendront le thème des objets journaliers en les
dépeignant sous une forme plus commerciale : images des boîtes de potage de soupe
Campbell, ou des hamburgers en grands formats, ou encore des sculptures composé
d'objets comme des machines à écrire. Les thèmes de ces artistes ne sont pas de
critiquer la société de consommation ou du commerce, mais d'extraire un modèle
artistique par l'emprunt qu'ils font à la société et aux médias. y compris par exemple
en détournant les techniques d'impression de la bande dessinée ou encore de la
publicité.
Il obtient le Grand Prix de la Biennale de Venise en 1988, avec une oeuvre intitulée
" Les Quatre Saisons" qui consacre son oeuvre et le reconnaît mondialement
comme l'un des plus grand artistes contemporains.
Cette excursion ici dans l'oeuvre graphique de Jasper Johns montre la
grande variété d'inspiration de l'artiste, mais également des techniques utilisées,
qui commencent par l'utilisation des motifs iconiques que sont les chiffres et les lettres
de l'alphabet, en passant par les séries des cibles et des drapeaux, jusqu'à des oeuvres
où apparaissent des motifs aléatoires et abstraits composés avec des rayures ou encore
des copies qui mettent en référence l'histoire de l'art et les articles personnels
significatifs de sa vie .
STRASBOURG : Musée d'Art Moderne et
Contemporain
" Silvia Bächli - Cabinet d'art
graphique"
Du 24 mai au 8 septembre 2002
Luvre de Silvia Bächli est de la nature dun journal intime :
sortes d"instantanés" perceptifs de la vie quotidienne, sensations
fugitives et réminiscences qui sorganisent peu à peu à travers le dessin, en
formes simples ou complexes, selon la signification que le quotidien diffuse au travers de
la perception. Fragments de corps, objets isolés se rapprochent les uns les autres pour
former une image globale sarticulant en de multiples signifiants.
Le dessin, à lencre, à la gouache, à la craie ou au fusain, mais toujours en noir
sur fond blanc, est le mode dexpression presque exclusif de Silvia Bächli. Son
travail consiste en séries de dessins, dont le dénominateur commun est le noir,
présentés parfois en feuilles séparées ou, plus souvent, regroupés selon une
disposition étudiée avec soin et qui est le fruit de combinaisons déterminées par
lespace, par les parois et par lenvironnement où les uvres sont
exposées.
Née en 1956 à Baden (Suisse), Silvia Bächli vit à Bâle et Paris et enseigne à
lEcole des Beaux-Arts de Karlsruhe.
"Dans mes dessins,dit-elle, il est rarement question de
signification symbolique. Il sagit simplement de ce qui est montré. De brefs
moments de sensation, de fugitives visions, lil qui sattarde un peu plus
longtemps sur quelque chose que nous connaissons tous, mais auquel nous naccordons
dhabitude pas autant dattention [ ] Ou : la raison dun dessin peut
être simplement le jeu avec la ligne, comme la mélodie dun saxophone".
Organisée en collaboration avec le Domaine de Kerguehennec avec une présentation
différente dans chaque lieu cette exposition constituera la première monographie
consacrée à lartiste par un musée français.
En 1987, Jean-Christophe Amman lui avait consacré une
exposition personnelle à la Kunsthalle de Bâle. Ses travaux ont été présentés depuis
dans de nombreux musées et centres dart en Europe.
ISSOUDUN : Musée de l'Hospice Saint
Roch
" Serge Poliakoff : Peintures et gouaches
"
Du 14 juin au 2 septembre 2002
Cette exposition qui fait suite à
l'importante rétrospective de Dunkerque, consacrée à l'oeuvre du peintre français
d'origine russe Serge Poliakoff (1900 -1969), présente sur une période allant de
1938 à 1968, près de soixante-dix oeuvres d'un des maîtres de la couleur et de
l'abstraction du XXème siècle.
Composée d'un ensemble de toiles de différents musées européens, belges et allemands
notamment, et d'un certain nombre d'oeuvres en provenance de différentes collections
privées, on peut également découvrir deux tapisseries exceptionnelles des Gobelins
réalisées d'après des cartons de l'artiste .
Serge Poliakoff, qui est né à Moscou, quitte
la Russie en pleine guerre civile, et arrive à Paris en 1923. Pour vivre, il joue de la
musique dans les restaurants russes de la capitale, et y rencontre Robert Delaunay, et
Wassily Kandinsky .
En dehors de ses talents de musicien, Poliakoff
pratique aussi la peinture à l'huile, la gouache et l'aquarelle, en réalisant des
compositions faites d'éléments géométriques, vivement colorés et découpés selon une
inspiration fortement marquée par le futurisme. Ses oeuvres de 1938 à 1952 sont
fortement imprégnées d'abstraction géométrique et d'un art informel, avec un
agencement imbriqué de formes aux lignes diagonales, verticales ou horizontales
soulignées de couleurs intenses et vives.
Après cette première période, et jusqu'à sa mort en 1969, il développe dans
l'ensemble de ses oeuvres un jeu complexe de camaïeux et d'imbrications de formes
structurées en jouant sur l'intensité lumineuses et la juxtaposition de couleurs aux
textures granuleuses, épaisses, ou fluides afin de renforcer encore les teintes.
Son art et ses talents de coloristes, il les utilise aussi pendant cette période, à la
réalisation de décors pour des ensembles de faïence et d'émaux composés pour la
Manufacture de Sèvres, aujourd'hui très recherchés.